Le 13 avril 2025 à 19:28:35 :
J'ai flingué ma vie avec les maths.
J'attends les résultats de l'agreg qui tombent dans deux semaines le 25
Si je ne suis même pas admissible je me flingue littéralement
Le pire c'est qu'au fur et a mesure des années et des topics que tu as pu faire tu pourrais te faire une idée de mon parcours.
Le pire c'est que je veux même pas être prof mais juste prouver ma valeur mathématique
Aussi éventuellement peut être admis dans un master moyen en finance / actuariat histoire de m'insérer sur le marché pro après un échec l'année dernière en master de recherche
Pourtant j'ai persisté j'ai encore envoyé un mail a un chercheur pour qu'il me prenne en stage, il m'a répondu que je n'avais pas le niveau. Pourtant ça serait mon rêve.
Une fille que j'aimais profondément est elle devenue thésarde et réussie sa thèse, elle a piétiné le peu de confiance en moi. Elle voulait que je passe le capes et remettait en cause ma réussite pour ce concours (je ne l'ai pas passé)
Le soir de la fin des écrits il y a deux mois maintenant, elle m'annonce qu'elle fréquente un autre homme, et que désormais je ne l'a verrai plus
Aujourd'hui je dois préparer ces lecons de merde qui n'ont AUCUN SENS sans même connaître les résultats
tu te mets trop la pression mon khey, et ça nuit à tes perf pour sure
Est-il déjà arrivé/penses-tu qu'il soit possible qu'une grosse conjecture ou un gros problème ouvert (
En gros j'imagine un matheux lambda qui bosserait sur un problème quasi complétement délaissé du reste de la communauté, en géométrie discrète par exemple (j'ai pris un domaine au pif). Il bosse quelques années dessus et finit par le résoudre. Il continue à creuser le sujet pour résoudre des questions annexes, et en fait à force de creuser il s'aperçoit que "eh mais en fait, mon problème initial est équivalent à tel problème d'arithmétique ! c'était pas évident à voir, c'est marrant !" "Bordel mais ce problème d'arithmétique, il était jusque là non-résolu et considéré extrêmement dur comme équivalent à Syracuse [d'après tel article de recherche]". "Bordel mais j'ai résolu Syracuse".
De la sérendipité, quoi 
Le 13 avril 2025 à 18:43:26 :
Le 13 avril 2025 à 18:29:07 :
Comment conçois-tu la nature des objets mathématiques ? Je veux dire par-là, est-ce que tu considères que ce ne sont que des constructions de l'esprit humain ou considères-tu que ces objets existent, indépendamment qu'ils soient pensés par les hommes ou non, dans une sorte de monde des idées, et que l'homme par sa réflexion, ne fait que découvrir petit à petit ce monde des idées ?Ma vision actuelle est que cette question est un mirage et qu'on s'en fout pas mal.
Les seules choses auxquelles on a vraiment accès sont des structures mentales dans nos cerveaux (idées ou sensations). On peut dès lors s'amuser à être très sceptique envers l'existence des nombres mais aussi envers celle des chaises. Ca ne nous emmène pas très loin de faire ça.
Ce qui est intéressant, c'est plutôt le point suivant. Je forge la définition d'un objet mathématique et je pose une question à laquelle je n'ai pas la réponse. J'envoie par mail la définition et la question à un collègue puis on n'interagit pas pendant un mois. Imaginons maintenant qu'il résolve la question en se relisant attentivement et que moi aussi : eh bien on tombe sur la même réponse. Il y a donc dans les maths une part qui ne dépend pas de nous.
On pourrait arguer que cette réponse est commune car elle se déduit de règles du jeu commune et que ces règles sont arbitraires. Mais ce n'est pas rendre justice à ces règles du jeu. Déjà, même sans règles du jeu, on tomberait d'accord si on cherche de bonne foi. Et par ailleurs, il se trouve que toutes les conclusions qu'on peut atteindre par ces règles du jeu peuvent être mise à profit pour créer des objets ou résoudre des problèmes physiques avec succès : donc elles trouvent un écho validant dans la réalité.
Bref, j'ai envie de dire que, à toutes fins utiles, autant se comporter comme si les objets mathématiques existaient et que, de même qu'on décide commodément de donner un nom à tel amas d'atomes mobile et de l'appeler "Médor" ou "Célestin", bah on découpe ce monde des idées commodément à l'aide de nos définitions. Qui ont une part d'arbitraire mais sont aussi dictés par la commodité, qui ne relève pas du seul décret (ce serait pas très pertinent de nommer seulement une griffe et quatre dents "Médor").
Ensuite, si le but n'est pas seulement d'avoir une part de non arbitraire mais d'être intégralement non arbitraire, on peut rejeter les objets mathématiques mais pour moi, à ce titre, on peut aussi rejeter les objets communs.
"Exister", c'est "être hors de". Et, en effet, la validité d'un énoncé mathématique n'est pas dans le locuteur, n'est pas de son ressort. Il a le choix de l'énoncé qu'il veut regarder et de comment il souhaite le formuler. Bref, on choisit comment on nomme/saisit un énoncé mathématique. Mais une fois la bestiole capturée, elle est vraie ou fausse indépendamment de nos désirs. Et on peut s'en rendre compte par la démonstration ainsi que par l'écho dans la réalité.
Merci pour cette excellente réponse !
Le 13 avril 2025 à 18:34:36 :
C'est pas vraiment une question de maths mais as-tu un avis sur l'avenir de l'IA et le calcul quantique ?On entend tout et n'importe quoi sur le sujet
La réalité, c'est que je n'en sais rien. Après, si ça t'amuse, je peux ajouter mon tout et n'importe quoi mais c'est une opinion random infondée.
Si l'IA n'est pas freinée par des problèmes de ressources ou de type "effondrement" ou whatever, alors ça peut aller très loin. Mais jusqu'où et à quelle vitesse, j'en sais rien.
Côté quantique, je sais que Gil Kalai pense qu'il y a des obstructions théoriques à l'existence d'un ordinateur quantique. En gros, il y aurait des probabilités d'erreur petites mais irréductibles ; mais, en empilant plein de couches, ces probabilités d'erreurs se démultiplieraient irrémédiablement et donneraient fatalement, en sortie du bruit plutôt qu'un signal exploitable. Selon lui, ce serait inévitable dès lors que le système fait intervenir un grand nombre de composants, ce qui serait nécessaire pour gérer des tâches complexes. Mais j'imagine qu'il n'a pas convaincu les gens si des grosses sommes continuent d'être investies dans ce domaine.
Le 13 avril 2025 à 18:37:06 :
Le 13 avril 2025 à 18:34:36 :
C'est pas vraiment une question de maths mais as-tu un avis sur l'avenir de l'IA et le calcul quantique ?On entend tout et n'importe quoi sur le sujet
j'avoue, j'ai entendu dire qu'un des objectifs de l'ia serait qu'elle puisse raisonner d'elle même. A ce moment la ca risque d'impacter le métier de chercheur notamment recherche théorique comme les maths non ?
Tout à fait, ça fait partie des scénarios possibles. Qui vivra verra 
Le 13 avril 2025 à 18:45:00 :
pourquoi tu ne crée pas une crypto ou fait pas de la cryptologie? Bref, des trucs qui pourraient te rendre riche avec tes compétences en maths ?![]()
Un mélange de raisons :
En plus, si ça se trouve, c'est pas si facile que ça de se faire de la thune dans les cryptos. Mais j'avoue que je n'ai pas besoin de le savoir, vues les raisons précédentes.
(même si je ne vois pas en quoi on ne peut pas construire la multiplication à partir de l'addition)_.gif)
Le 13 avril 2025 à 19:28:35 :
J'ai flingué ma vie avec les maths.
J'attends les résultats de l'agreg qui tombent dans deux semaines le 25
Si je ne suis même pas admissible je me flingue littéralement
Le pire c'est qu'au fur et a mesure des années et des topics que tu as pu faire tu pourrais te faire une idée de mon parcours.
Le pire c'est que je veux même pas être prof mais juste prouver ma valeur mathématique
Aussi éventuellement peut être admis dans un master moyen en finance / actuariat histoire de m'insérer sur le marché pro après un échec l'année dernière en master de recherche
Pourtant j'ai persisté j'ai encore envoyé un mail a un chercheur pour qu'il me prenne en stage, il m'a répondu que je n'avais pas le niveau. Pourtant ça serait mon rêve.
Une fille que j'aimais profondément est elle devenue thésarde et réussie sa thèse, elle a piétiné le peu de confiance en moi. Elle voulait que je passe le capes et remettait en cause ma réussite pour ce concours (je ne l'ai pas passé)
Le soir de la fin des écrits il y a deux mois maintenant, elle m'annonce qu'elle fréquente un autre homme, et que désormais je ne l'a verrai plus
Aujourd'hui je dois préparer ces lecons de merde qui n'ont AUCUN SENS sans même connaître les résultats
C'est triste.
Le terrain des études, c'est le terrain pro des jeunes. Et quand ça va mal côté pro et côté perso, alors ça tangue sévère. Ton ex semble être vraiment pas cool à te sabrer, plus encore dans la période ô combien critique de la fin d'année d'agrég 
Concernant la partie maths, je pense que c'est hélas un scénario triste qui prend facilement naissance dans le système français. Les maths sont parfois affichées comme une matière reine ; couplant ça à une ambiance élitiste et à un mood "tes diplômes te définissent", tu peux facilement en venir à t'identifier à ta réussite scolaire. Alors qu'en vérité, tu ne te résumes pas à ton intelligence, qui ne se résume pas à l'intelligence mathématique, qui ne se résume pas à ta réussite mathématique scolaire. Tu es évidemment infiniment plus vaste qu'un succès ou un échec à un concours.
D'ailleurs, concernant ta troisième phrase : non, ne fais pas ça, vraiment. Dis-toi qu'il y en a qui ont d'ailleurs le problème inverse : aller très loin dans les maths, résoudre une conjecture difficile, puis se rendre compte que "OK, so what, on s'en fiche en fait". Il y a des gens qui broient du noir de ouf dans cette direction, pourtant diamétralement opposée à la tienne.
Tu es un humain. No fake, tu es beaucoup plus vaste que les maths. Beaucoup plus vaste que cette fille. Tu trouveras des accomplissements. Tu trouveras une fille qui, elle, te comprend. Ca va aller mec 
Le 13 avril 2025 à 21:48:23 :
L'OP pk tu réponds pas à mes questions ?
Tu le sais parfaitement 


Le 13 avril 2025 à 19:44:52 :
Je suis en train de regarder la preuve que tu m'as montré, mais j'ai du mal avec les preuves qui font intervenir des objets infinis depuis que j'ai appris que deux séries pouvaient sommer exactement les mêmes éléments, mais converger vers des valeurs différentes, ça veut dire qu'une propriété de base de l'addition, la commutativité, a été perdue lors de l'opération.Si on perd la commutativité sur des additions infinies, pourquoi ne pourrait-on pas perdre la capacité à trouver un élément dans un ensemble infini?
Alors déjà, on ne perd la commutativité qu'à cause du problème "infini moins l'infini". Si tu prends des séries à termes positifs, toutes les sommes envisageables sont égales.
Tu dis que le bug vient de l'infini. On pourrait aussi, à la lumière de ce que je viens de dire, arguer qu'il vient de la soustraction. Veux-tu bannir à vie la soustraction dans tous les contextes ? Probablement pas. Pareil pour l'infini.
La situation est que les séries qui donnent n'importe quoi, c'est d'abord arriver dans les maths comme une pratique un peu yolo. On tente des choses et tant que ça marche, ça marche ; quand ça foire, on recule et tente autre chose. Ca ne veut pas dire que les séries sont à proscrire. Ca veut dire que, dans un premier temps, c'était une théorie non rigoureuse, pas fondée de manière nette et précise.
Maintenant, on a une théorie qui permet de parler d'ensembles infinis de manière très nette et précise. Dès lors, pourquoi s'en priver ? Par ailleurs, cette théorie permet de définir la notion de série convergente et de tirer au clair les pratiques yolo d'antan : de justifier la plupart des trucs qui marchent, de démystifier les arnaques dans ce qui ne marchait pas, etc 
Bref, vu de loin, ton raisonnement tient la route. Mais vu de près, à part à avoir le mot infini en commun, y a d'un côté une théorie propre et de l'autre la théorie des séries. La théorie des séries qui, jadis, n'était pas propre et qui, aujourd'hui, est propre et où des phénomènes chelous mais valables ont lieu. Donc aucune raison de rejeter les séries, et encore moins la théorie des ensembles infinis 
Le 13 avril 2025 à 21:59:58 :
Du coup je ne sais pas si ça déjà été demandé mais tu penses quoi de l'ia ? À terme ça pourrait aider les chercheurs dans leur travail
Déjà demandé et j'avais pas grand chose à dire. Ou sinon, voir un vieux pavax :
https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1253574415

Le 13 avril 2025 à 19:50:28 :
elbougnador tu t'es déjà fait voler des idées/travaux?![]()
Je ne crois pas.
J'ai plutôt été élevé à l'école bonne franquette, où on se dit qu'il y a relativement peu de chances de vol et que les rares cas où ça survient sont largement compensés par toutes les opportunités ouvertes par le fait de discuter 
Après, éventuellement se renseigner sur la réalité du terrain dans ton domaine : les idées ont-elles effectivement tendance à se faire chourer ou jamais ?
Je dis "bonne franquette" mais je ne considère tout de même pas comme anodin de parler d'un projet, surtout si c'est un projet qui est loin d'être terminé. Quand j'en parle, c'est un acte mesuré et j'essaie d'expliciter un peu les termes : par exemple, expliciter si t'es en train de tendre la main pour une collaboration ou si t'es en train de dire que c'est chasse gardée, en gros.
Non, moi, mon écueil, c'est nettement plus le plagiat par anticipation, à savoir "je plagie sans le savoir" 
Genre tu te poses une question, tu te renseignes, tu ne trouves rien dessus, t'y réfléchis 5 mois et c'est seulement là que tu te rends compte que quelqu'un a fait ça il y a 10 ans 
je fais aussi de la recherche en maths, et je suis complètement parano sur ça, ça pourrait me flinguer des potentielles collaborations je pense
![]()
Pazent 
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