

Partie 5 : etiam nocens moriar
Bon bah quand faut y aller, faut y aller…
Sous le regard impassible d’Andrei, vous vous jetez à corps perdu dans la création. Vous empoignez l’argile, la malaxez, la faite tourner plus vite que dans certaines caves dont je tairai la nature pour éviter le 410. Vous sentez la terre prendre vie dans vos mains, s’écouler, épouser les formes de vos doigts. Mille et une idées passent à travers votre esprit, de la plus absurde à la plus simple, de la plus phallique à la plus prude. Vous épuisez presque toute votre énergie dans ce combat contre la matière inerte de votre œuvre. Vous sentez tout le paradoxe de la création animant votre être. L'œuvre qui change elle même son artiste à mesure qu’elle prend vie. Une interpénétration sublime, où le beau rencontre le médiocre, où la stupidité se mêle au génie, où le politique fusionne avec les comptes public. Vous êtes presque possédé, comme dans une sorte de transe…
Non je déconne. Vous faites tout et n’importe quoi en priant pour que ça passe
Épuisé par le regard scrutateur du géant des Balkans, vous manquez de vous écrouler sur votre plan de travail une fois votre œuvre terminée. Vous regardez, fébrilement, l’argile se figer petit à petit dans sa forme finale, prête à aller au four (enfin je crois que ça marche comme ça, j’y connais que dalle en poterie
).
Andrei vous regarde, ces yeux vous dardant d’une force inouïe. Vous sentez littéralement votre esprit s’écraser sous le poids de ce regard absolu et de cette silhouette titanesque, à mesure que vous vous recroquevillez sur vous même comme un gamin pressentant la ceinture de son père après avoir fait une belle connerie.
- …
- Alors… vous… vous en pensez quoi… ?
-…
-…
- Vous… vous sentez bien ?
-…
- Pourparlers ?
- Ca pas être poterie… Ca être…
Vous sursautez au contact de ses mains puissantes qui vous saisissent aux épaules
(PUTAIN C EST FINI JE VAIS CREVER PUCEAU
)
- CA ETRE CHEF D OEUVRE !!
-… (HEINNNNNNNN !!!!!!!
)
- Quelle puissance, quelle inspiration ! Quelle maîtrise de l’argile ! Première fois depuis longtemps qu’élève parvient à impressionner Andrei !
-
- Techniques encore rudimentaires. Détails encore grossiers et hasardeux par endroits. Mais audace ! Vigueur ! Toi avoir pénétré dans argile comme berger afghan dans brebie ! L’avoir faite danser comme agent KGB fait danser gégène sur gland opposant politique ! Quelle émotion ! Quelle intensité ! Andrei encore tout ému ! Enfin apprenti valable pour Andrei !
A cette simple phrase, votre condisciple ongle-ovore sortit de sa PLS pour s’enfuir en pleurant plus vite que le 410 que va se manger ce chapitre (va falloir que je le screen celui là
). Les deux enfants contemplent impressionnés votre œuvre, tandis que votre cervelle essaye encore de décrypter ce qui a bien pu se passer.
Le reste de la séance se poursuit sans évènement particulier. Toujours sous le choc, vous vous contentez d’appliquer machinalement les consignes d’Andrei qui témoigne désormais d’un intérêt certain à votre égard.
La fin du cours arrive, et alors que vous vous apprêtiez à partir, Andrei vous fait signe de rester un instant. Une fois les deux enfants raccompagnés à leur parent par Nestor, vous vous retrouvez seul à seul avec Andrei.
- Moi très satisfait par toi. Toi avoir beaucoup de talent, jeune Célestin.
- Je sais je sais on me le dit souvent ah ah
(mais bordel qu’est ce que je raconte
)
- Oui moi penser pouvoir faire grandes choses avec toi.
Vous êtes ému par les paroles sincères du géant.
C est la première fois de votre vie que quelqu’un vous dit sincèrement que vous valez quelque chose, que vous avez du talent, que vous pouvez faire qqchose de votre vie. Le visage de pierre d’Andrei ne vous paraît plus si sévère maintenant.
- Pour cours demain soir, nous travailler sur sculpture avec modèle. Toi devoir amener quelqu’un avec toi pour servir modèle. Choix personne très important. Bon modèle aussi indispensable à sculpture que bonne argile, tout comme enfant joyeux indispensable à île vieux milliardaires show business.
- Oui oui je comprends tout à fait
(Mais il va arrêter de glisser ! Il veut 410 toute la fic ma parole
)
- Oui. Choix modèle autant révéler sur artiste que cuivre attire…
- OUI VOUS EN FAITES PAS J AI BIEN COMPRIS
- Hmmfff. Si toi amener choix modèle intéressant, moi proposer lui pour travailler avec moi sur projet personnel. Moi bien payer si ça motiver lui.
- J’en prends bonne note Monsieur Andrei.
- Parfait. Bonne soirée, petit Célestin
Vous prenez congé de votre nouveau maître, encore un peu sous le choc de cette soirée ayant prit pour ainsi dire un tournant particulier. Jamais vous n’aviez soupçonné qu’un jour vous puissiez faire carrière en tant qu’artiste… C’est peut être une opportunité inespérée… Mais plus que ça, vous repensez à Jésus et Justine, et sur la façon dont vous allez bien pouvoir recoller les morceaux avec eux. C’est pensif que vous reprenez la route de votre modeste foyer, cogitant de la marche à suivre.
Vous plongez dans votre lit, dans l’espoir de trouver le sommeil. Peut être devriez vous vous préparer un peu pour demain soir ? Et qui allez vous bien pouvoir amener avec vous pour servir de modèle ? Tant de questions qui vous taraudent loin dans la nuit, jusqu’à ce que le sommeil finisse par vous étreindre…
C’est après une nuit sans rêve que vous vous éveillez une nouvelle fois au son du coq. Cette fois-ci, c’est Jésus qui empeste l’alcool, effondré à moitié sur son lit et sur le sol. Vous décidez de vous préparer en silence et de le laisser dormir. En gage de bonne foi, vous laissez un petit qqchose à boire et à manger sur la table pour quand il se réveillera, avant de partir pour vos petits boulots quotidiens. Un des mérites du travail manuel est de vider aussi bien le corps que l’esprit. Vous ne repensez donc à aucun des récents évènements de toute la matinée.
Les cloches de midi sonnent enfin. Vous vous dirigez vers la taverne de la dernière fois pour grignoter quelque chose, tout en réfléchissant à la marche suivre pour l’après midi et la soirée. Pensif, vous mettez un instant à remarquer la silhouette familière qui vous observe :
- Phiphi ! Ca fait plaisir de te revoir ! La forme ? Toujours à la taverne à ce que je vois
- Salut Célestin ! Ca fait plaisir de te voir aussi.
- On mange ensemble ?
- Evidemment ! Viens à ma table !
- Tavernier ! Un pichet de rouge et une entrecôte pour mon copain et moi !
- Parle moi autrement du gland. T’as encore du travail je te rappelle.
- Oh pardon patron. Aller soyez sympa, c’est un copain. Vous avez qu’à mettre ça sur ma note.
- Mouai, mais après tu t’y remets fissa hein !
- Of course patron pas besoin de me le dire. Vous me connaissez bien pourtant
- Ouai justement c’est parce que je te connais que je dis ça.
- …
- Bref je vous apporte ça.
- Depuis quand tu bosses ici Philippe ?
- Depuis l’autre soir après ton départ. Le patron a accepté d’effacer mon ardoise si je bosse pour lui gratis.
- Ah ouai dur.
(putain c est vraiment un frere lui
)
- Bof t’inquiète. Et puis comme ça je mange et je bois à l’oeil.
- Ouai enfin si tu continues de faire ça, tu vas jamais la rembourser ta dette. Tu vas juste être son esclave pour le reste de ta vie
- Ah ouaiiiiii merde j’y avais pas pensé. T’es malin Célestin.
- Ouai si tu le dis.
- Mais ce boulot a pas que du mauvais. J’écoute les gens qui ont des problèmes, je leur apporte une oreille attentive. Par exemple hier soir, un chic type à passer la moitié de la soirée à noyer son chagrin dans la bibine. Il s’était disputé avec son frère ou son chien je sais plus. Ca variait en fonction de son humeur.
- Je vois. Une vraie assistante sociale.
- Je te le donne en mille. Il m’a tellement fait de la peine que je lui ai offert les boissons. Cadeau de la maison. Le patron était furax à cause de ça d’ailleurs. Je sais pas trop pourquoi
- Moi j’imagine sans mal.
- Bon sinon toi tu deviens quoi ? Des plans de prévus pour aujourd’hui ? Besoin d’un coup de main ?
- Si tu savais Philippe, si tu savais…
Double vote : chapitre un peu particulier parce que vous allez devoir choisir deux fois
à savoir ce que vous comptez faire durant l’après midi et qui vous allez amener avec vous ce soir pour le cours d’Andrei
Premier vote : que faire de votre après midi ?
Choix A : vous vous rendrez à la bibliothèque pour faire des recherches sur la sculpture et ses différents courants artistiques. Vous y trouverez peut etre l’inspiration pour impressionner Andrei
Choix B : vous retournez bosser comme d’habitude. La sculpture c’est bien gentil mais ça remplit pas encore votre assiette.
Choix C : vous vous souvenez de la conversation de la veille avec Jésus sur la mystérieuse fête foraine disparue. Et si vous en profitiez pour aller fureter dans le coin pour voir de quoi il en retourne ?
Second Vote : qui amener chez Andrei ?
Choix 1 : Vous proposez à Justine de vous accompagner. Peut être qu’une activité à deux vous permettra de lui prouver que vous n’êtes pas un mauvais bougre, voire même de vous rapprocher. En plus elle a l’air d’apprécier l’art…
Choix 2 : Vous emmenez Jésus avec vous. Plan hasardeux pour vous rabibocher, mais l’idée de servir de modèle et d’être payé pour ça lui plairait peut être ? Avec un peu de chance, ça titillera son égo, et dans le pire des cas, son porte monnaie
Choix 3 : Vous proposez à Philippo de venir avec vous. L’argent d’Andrei devrait lui permettre d’éponger ses dettes. Enfin s’il tape à l’œil du géant des Balkans… Mais vu ses goûts… particuliers, c’est bien possible.
Et un sommaire pour les nouveaux :
Chapitre 1 :
Partie 1 : https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269412339
https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269421835
Partie 2 : https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269441755
Partie 3 : https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269516483
https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269516499
Partie 4 : https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269577067
https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269577147
Partie 5 : https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269633683
Partie 5 screens : https://www.jeuxvideo.com/forums/message/1269633899


En vrai khey hésite pas à faire de la pub pour ta fic sur les autres topics de fic
celles-ci par exemple : https://www.jeuxvideo.com/forums/42-51-75969574-1-0-1-0-celestin-tu-m-entends-garde-le-controle.htm
https://www.jeuxvideo.com/forums/42-51-76055188-1-0-1-0-reveille-toi-sac-a-ronfles-j-vais-pas-te-le-repeter-en-boucle.htm
https://www.jeuxvideo.com/forums/42-51-76134695-1-0-1-0-24h-pour-se-depuceler.htm



Chapitre 1 Partie 6 : Mystères et boule de glaise
- Tiens mais j’y pense, tu serais pas dispo ce soir mon bon Phiphi ?
- Bah evidemm…
- Mon cul ouai ! Tu bosses ce soir ! Et que je te reprenne pas à vider les tonneaux de pinard en cachette
- Il semblerait que non au final…
- Attends écoute j’ai une proposition. Mon prof de poterie cherche un modèle pour une sculpture, et il paye bien en plus. Ca te dirait pas d’essayer ?
- Tu fais de la poterie Célestin ? Ouaah je savais pas que t’avais la main verte
- Mais non ! La poterie comme pour faire des pots bougre d’andouille
- Y a des mecs qui se font payer pour apprendre aux gens à boire des coups ?
- Pas faire un pot dans ce sens là
(c’est pas vrai mais il est con ce con
) ! Le pot dans lequel tu mets tes fleurs, dans lequel tu pisses. Bref le récipient quoi
- Oooooooooooooh. Je savais pas que tu voulais devenir dame pipi Célestin
-…
-…
- Y a des moments je me demande comment t’as fait pour vivre aussi vieux en étant si con Philippe.
- C est marrant. Mon père m’a dit la même chose pour mon 4e anniversaire. Après il est parti acheter du lait. Je l’ai pas revu depuis. Le lait non plus d’ailleurs.
- Bon bref. Ce que je veux dire pour la faire courte, c’est que le mec il est prêt à te payer pour servir de modèle.
- Et ça consiste en quoi comme job ?
- Ca consiste en quoi mais t’es sérieux ! Tu poses tes miches sur une chaise, tu bouges plus et tu le laisses faire une copie de toi avec de l’argile !
- Et à la fin il me paye ?
- Oui
- Et j’ai rien à faire d’autre ?
- Nope
- Il me paye juste pour poser mon cul sur une chaise en face de lui ?
- Exactement
-… Célestin…
- Oui Philippe ?
- C’est le plus beau métier du monde
-
- Personne a jamais été aussi gentil avec moi Célestin.. Je sais pas quoi te dire…
- Je sais ! Tavernier ! Apporte nous ta meilleure bouteille de pinard on va fêter ça !
- Calme toi Philippe ! Il faut encore que mon prof t’accepte !
- Mais bien sûr qu’il va dire oui ! Il trouvera jamais personne d’aussi fort que moi pour ne rien foutre le cul vissé sur une chaise ça je peux te l’assurer !
- Pour le coup je veux bien te croire. Et pour la bouteille c’est mort. Mais j’ai entendu votre conversation. Je veux bien te laisser ta soirée si tu me rapportes de quoi me rembourser. Si ça paye pas par contre, prépare à toi à récurer les chiottes à la brosse à dent.
- Pas de soucis Patron ! Comptez sur moi !
- …
- Eh eh il se fait avoir en plus. J’ai pas de brosse à dent.
-
- Bon retrouve moi à cette adresse au coucher du soleil. Et te perds pas hein
- Compte là dessus ! A ce soir Célestin !
Vous faites la bise à Philippot avant de le laisser à son après midi de corvées au bar. Pendant ce temps, vous décidez d’aller à la bibliothèque municipale chercher l’inspiration pour votre cours de ce soir.
- Section Art ? Couloir du fond jeune homme. Et ne faites pas de bruit
Vous vous dirigez vers les rayons qui vous intéressent. Par chance, vu l’heure et le jour de la semaine, la bibliothèque est pour ainsi dire quasiment vide. Vous n’avez donc aucun mal à récupérer les livres qui vous intéressent et à vous trouver un coin au calme pour vous installer.
Surréalisme, cubisme, classique, baroque, gothique… vous épluchez les bouquins en quête de la perle rare à même de magnifier Philippot ce soir face à Andrei. Toutefois vous devez reconnaître que la lecture n’est pas particulièrement passionnante. Vous décidez donc de faire une petite pause et de flâner dans les rayons de la bibliothèque.
- Tiens c’est quoi ça ? Album commémoratif fondation Néo-Espérenzia… Ca n’a pas l’air tout jeune. Ça doit dater d’il y a au moins trente ans vu l'état du bouquin... Bizarre y a pas de dates...
Vos souvenirs quant à l’histoire de la fondation d’Enochia sont flous, mais vous auriez juré qu’elle était plus récente… Vous avez beau creuser dans votre esprit, vous ne parvenez pas à vous en rappeler. Tout ce qui vous revient, c’est cette histoire de milliardaire excentrique passionné d’histoire qui voulait fonder son propre petite pays coincé au 19e siècle…. A moins que ça ne soit un militant écolo ou un Amish ? Étrange, plus vous essayez de vous en rappeler, plus les souvenirs deviennent flous…
Vous mettez ça sur le compte de la fatigue et vous vous mettez à feuilleter les pages de l’album. De vieilles photo à la teinte grisâtre caractéristique des premières heures de la photographie… Pas étonnant de trouver de telles photos dans cet album, vu que le procédé est encore d’usage dans cette uchronie Charles Ingallsienne. Soudain vous tombez nez à nez avec une photo des plus étranges…
- Mais c’est le Maire ? Il était déjà en place à l’époque… C’est étrange il n’a pas vieilli d’un poil. Et mais… mais c’est Monsieur Andrei sur cette image ! Il peut pas être si vieux que ça….
Plusieurs autres personnes apparaissent sur la photo, mais la qualité ne vous permet pas de discerner correctement leur faciès.
- ...
- Attends, il y a quelque chose d’autre là…
…
...
…
- La curiosité est le plus mignon des défauts mon joli
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHH
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Vous reprenez conscience d’un seul coup. Vous regardez autour de vous, le cœur battant à s’en rompre, à la recherche de l’apparition.
Rien hormis la bibliothécaire…
Vous regardez à nouveau la photo… Rien de particulier non plus. Ce qui avait attiré votre attention avait disparu…
- Je dois halluciner… La fatigue rien de plus. Oui c’est juste une petite absence. Ca m’apprendra à rester enfermer des heures durant à lire des vieux bouquins poussiéreux…
Vous reposez l’album photo, toujours un peu troublé toutefois.
- Aller encore un peu de recherches et ça devrait être bon…
Vous retournez dans vos traités d’histoire de l’art et de techniques de sculpture sur glaise. Toutefois, votre concentration n’est plus aussi aiguisée que tout à l’heure. Vous finissez de nouveau par flâner dans les allées et les rayons, en quête d’inspiration sous d’autres formes. Jusqu’à ce que par hasard, vous arriviez dans le rayon des littératures du monde…
JvArchive compagnon