Nous sommes en Juillet, il ne me reste plus que quelques semaines avant de retourner au pays, et déjà, une sorte de mélancolie commence à me gagner. C’est la saison des pluies. Et au Japon, quand c’est la saison des pluies, il pleut littéralement sans discontinuer.
La pluie de Kyushu est chaude est douce, aux antipodes de la pluie glaciale, aux accents métalliques de ma Bretagne ancestrale.
Shri passe la semaine à Tokyo afin de procéder aux formalités en vue de son départ avec l’ambassade du Bengladesh, aux frais de l’université. Mais même au fond du trou, le séducteur bestial qui est en lui a pu s’illustrer une dernière fois:
« This cutie was completely crazy!
-Les BBW c’est du lourd mon gars. Quand elles sont en andromaque et que tu as leurs seins sur la gueule, c’est le feu.
-Les gros seins y’a que ça de vrai ! De quelle contrée venait cette dame ?
-From Germany.
-L’autrichien des beaux-arts serait fier de toi bro.
-Ah, bro, on a tous pensé la même chose.
-Precisely my bros ! »
Malgré les déboires de Shri, nous continuions chacun de notre côté notre petit train-train. Mais quelque chose avait changé. Tout d’abord, ce n’était qu’une impression. Des signes par-ci par-là, un malaise inaudible. Et puis, je me postai en observateur actif afin de détecter moi-même les signes de tension, qui, bien qu’implicites, n’en imprégnaient pas moins nos relations. En effet, il semblerait que depuis mon retour de Corée, Arnaud fasse preuve de bien plus de défiance envers Shri, dont le malaise semble de plus en plus prégnant, y compris au sein de la dream team. De son côté, Shri est plus proche que jamais de moi. Et bien qu’Arnaud -de façon tout à fait normale, puisque nous approchons à grands pas de la fin du semestre- passe bien plus de temps avec Mejai, Shri enchaîne les propositions de sortie à deux. Ce qui n’est pas pour me déplaire : je compte bien profiter à fond de chacune de mes dernières journées dans cette ville merveilleuse, et Shri, qui a vécu quatre ans à Beppu, est le partenaire idéal pour en découvrir le moindre recoin, surtout que nous nous entendons très bien.
Il est trois heure du matin. Nous rentrons, Shri et moi, de notre QG du downtown, dans lequel nous avons passé une soirée chill autour d’une chicha.
« What will you do now bro ?
-Eh bien, je pense me poser sur la plage en écoutant un peu de musique.
-Let’s chill together bro.
-Ok. »
On discute de mon voyage en Corée :
« By the way bro, did you eat some korean pussies?
-Y… No.
Il me parle de son pays natal, le Bengladesh, qu’il m’a décrit comme un dépotoir, un enfer sur terre. Il me parle de l’Australie, son pays de cœur, dans lequel il a vécu plusieurs années.
« Pourquoi tu n’y aies pas resté du coup ? Peur des serpents et des araignées ?
-…
-Shri ?
-Let’s say that I made some mistakes. Terrible mistakes.
-Le genre d’erreurs qui vaut une expulsion en bonne et due forme ?
-Yes.
-Décidemment, tu les collectionnes.
-Haha, well seen, Cybercuck.
-Tu sais ce que j’en pense, bro. J’aurais été le premier à vouloir t’expulser. Quand on joue à ce genre de jeu, le minimum est de s’interroger sur les conséquences, parfois tragiques, de nos actes sur les victimes. On finit toujours par perdre. Et alors, on passe sacrément pour un con.
-I know bro. I caused evil and everyday in my life I’ll regret it.
»
Nous enchaînons sur son arrivée au Japon, la seconde chance extraordinaire que le destin lui offrait en dépit de ses erreurs. Très vite, la discussion se porte sur le sujet obsessionnel de Shri : Anne, une ancienne amie à lui dont il est toujours fou amoureux. Mais l’amour n’est-il pas au cœur du mal ?
Une histoire de friendzone, comme on en a tous connu. Comme moi-même j’en ai connu.
Shri reste bloqué sur le fait qu’elle lui ai un soir dit « I do have feelings for you. ». Quoi qu’il en soit, elle a tourné la page assez vite, collectionnant les amants sous le nez de Shri
« C’est chaud mec. C’est du harcèlement. Je t’aurais bloqué aussi.
-I know bro. I fucked up. I was completely mad at that time.
»
A la suite de ce blocage, il a complètement craqué. Il était tout simplement au bord du précipice. Accessoirement, ses résultats scolaires calamiteux lui ont fait perdre sa bourse d’étude. Curieusement, suite à ces événements -peut-être par pitié, sentiment que Shri exploite beaucoup - Anne et Shri ont recommencé à se côtoyer et leurs relations ont été comme normalisées un temps. Et Shri a merdé, encore, s’enfonçant dans une connerie complètement invraisemblable.
« I fucked up again. I made two big lies about myself. Two terrible lies.
-Mentir est vraiment une chose stupide. Parce que quand tu te fais cramer, tu passes sacrément pour un con. Je ne mens que quand je sais que la vérité ne sera jamais sue, sur mes pensées par exemple, ou alors je mens par omission.
-Yeah, you’re right.
-Pourquoi tu as fait ça ?
-I don’t know… To attract attention, sympathy, pity, maybe…
-Je suppose que ça s’est su ?
-Yes. My fucking uncle came and revealed the truth to everyone. That’s why I don’t speak anymore with my family. He destroyed my reputation in the whole city, and he destroyed everything I built with Anne.
-Tu as joué et tu as perdu. Quelle était la nature de ces deux mensonges ?
-I prefer keeping them for me.
-Mais tu l’as dit à Arnaud.
-Yes.
-C’est pourquoi il est en colère contre toi.
-I’m affraid, yes.
-Tu as perdu Anne avec tes conneries, et tu es en train de perdre Arnaud pour exactement les mêmes raisons. Tu te rends compte que c’est absurde ?
-Yes, I’m a compulsive lier, bro. I don’t want to lose you guys. With Arnaud and Pépé, you’re my only friends. The best friends I ever had. Half of the city hates me after what I’ve done to Anne.
»
Je pense qu’en plus d’être le symptôme du déni total dans lequel il s’était enfermé, mentir était pour Shri une façon de contrôler son environnement. En révélant des vérités comme un suzerain distribue des fiefs à ses vassaux, il cherchait à se les accaparer en leur distribuant des gages de confiance. Mais la nature du mensonge qu’avait proféré Shri était apparemment telle que cela s’est finalement avéré contre-productif.
Quelques jours plus tard, Shri nous quittait pour Tokyo, d’où il devait rejoindre son Bengladesh natal.
« I will never forget you my bros. You’re the best friends I ever had and my only ones remaining.
-Merci pour tout ce que tu nous as apporté bro.
-Je ne t’oublierai jamais, mec.
-Que la force soit avec toi !
»
Est-ce qe tu as su de la bouche d'Arnault ou de Shri la nature du mensonge qu'il n'a pas voulu te reveler ? Que devient ce brave compagnon detruit par la vie et des erreurs qu'il n'a pas su s'empecher de commettre et qui lui a valu ce retour de flammes et cette boucle infernale ?
La facon dont tu as redige ton dernier chapitre ajoute une touche melancolique, chose que j'ai moi-meme connue quand certains bon potes ou amies repartaient dans leur pays, tandis que je restais sur l'archipel et que je retournais a une routine monotone, routine qui sera brisee par la recontre de nouveaux amis temporaires eux aussi. 
Le 30 janvier 2025 à 07:03:15 :
Est-ce qe tu as su de la bouche d'Arnault ou de Shri la nature du mensonge qu'il n'a pas voulu te reveler ? Que devient ce brave compagnon detruit par la vie et des erreurs qu'il n'a pas su s'empecher de commettre et qui lui a valu ce retour de flammes et cette boucle infernale ?La facon dont tu as redige ton dernier chapitre ajoute une touche melancolique, chose que j'ai moi-meme connue quand certains bon potes ou amies repartaient dans leur pays, tandis que je restais sur l'archipel et que je retournais a une routine monotone, routine qui sera brisee par la recontre de nouveaux amis temporaires eux aussi.
J'en ai deviné un, et Arnaud m'a dit l'autre.
T'es au Japon khey?
Chapitre 31 : Surprise motherfucker !
« Tu peux pas contredire le fait que Superman est vachement plus puissant mec.
-Peu importe la puissance, Flash se déplace ,98 745 698 521 fois plus vite que la lumière, donc il le prend de vitesse !
-Surprise motherfucker !
-…
-…
-…
-Je comprends pas. C’est un tour de magie?
-Plus probablement une hallucination collective.
-T’es pas censé être à l’autre bout du continent ?
-I’m supposed to, yes. But there was a problem with the departure administrative procedure.
-Les mecs de l’ambassade avaient un seul truc à faire, et ils ont réussi à se planter.
-Quelle bande de bolosses.
-Yeah, they’re mindfucked !
»
Hélas, mille fois hélas, la joie est de courte durée, et quelques jours plus tard, Shri se rend de nouveau à Tokyo pour rentrer au Bengladesh.
Sauf que ce tocard a raté son avion. C’est à se demander s’il ne l’a pas fait exprès.
« Comment tu t’es débrouillé pour rater ton avion ? On t’a jamais appris à partir avec de l’avance ?
-I did bro, but there was an army of chinese people right in front of me in the queue. They took soooooooooooo much time.
-Du coup, tu pars quand ?
-On Saturday.
-Il y a une grosse soirée Vendredi soir au bar, juste avant que tu ne partes. Ce sera l’occasion de « finir en beauté ». Tu viendras ?
-Of course bro. I want to say farewell to you and this fucking city properly !
»
Le 30 janvier 2025 à 09:41:56 :
Le 30 janvier 2025 à 07:03:15 :
Est-ce qe tu as su de la bouche d'Arnault ou de Shri la nature du mensonge qu'il n'a pas voulu te reveler ? Que devient ce brave compagnon detruit par la vie et des erreurs qu'il n'a pas su s'empecher de commettre et qui lui a valu ce retour de flammes et cette boucle infernale ?La facon dont tu as redige ton dernier chapitre ajoute une touche melancolique, chose que j'ai moi-meme connue quand certains bon potes ou amies repartaient dans leur pays, tandis que je restais sur l'archipel et que je retournais a une routine monotone, routine qui sera brisee par la recontre de nouveaux amis temporaires eux aussi.
J'en ai deviné un, et Arnaud m'a dit l'autre.
T'es au Japon khey?
Hate de le decouvrir dans les prochains chap si t'en parle.
Oui j'y etais lors de ton Risitas et j'y suis encore actuellement _.gif)
« J’me fais un tatouage en référence à chacune de mes grandes expériences de vie. Pour que cette expérience soit gravée dans ma chair, pour que tous ces instants ne fassent qu’un avec moi jusqu’à mon dernier souffle. Tu vois ce que je veux dire, mec ?
-Ouais.
-Sauf qu’au Japon, les salons de tatouage, ça court pas les rues. C’est carrément tabou, tu vois. C’est l’apanage des yakuzas.
-Ouais je sais.
-Justement, mec. Un contact m’a donné l’adresse du salon de tatouage des yakuzas du coin. Ca te dérange pas de m’accompagner ?
-Du tout, ça me fera voir un peu de pays. »
Et c’est ainsi que nous embarquâmes dans un train à destination de Oita, la grande ville de la préfecture, de l’autre côté de la baie, en face de Beppu. Je n’y suis allé qu’une seule fois, lorsque les vieilles de la secte m’ont fait visiter leur « sanctuaire ». Une voix enregistrée répète en boucle, comme un perroquet « BE-PU, BE-PU, BE-PU ».
Arrivée sur place, nous quittons le centre ville et marchons le long d’une route, quatre ou cinq kilomètres je dirais. Le soleil japonais carresse nos visages avec douceur en cette fin d’après-midi. Ca sent la fin.
Nous quittons la route, et nous dirigeons vers la mer. On voit Beppu, face à nous. Notre foyer pour encore quelques jours.
Il y a des maisonnettes en bois le long de la plage, en marge de la ville.
Nous entrons dans l’une d’entre elle, la porte n’est pas verrouillée. Nous montons un escalier en bois, et nous retrouvons dans une salle d’attente. Quand le tatoueur, un jeune un peu frêle, vêtu simplement, marginal, se pointe, Arnaud lui explique son projet de tatouage.
Je patiente en lisant Tintin et le Lotus Bleu, l’un de mes préférés.
En début de soirée, je rejoins Shri en ville et nous filons chez le coiffeur, juste à côté du bar. Ca fait plus de trois mois que je ne me suis pas fait couper les cheveux, je ne ressemble plus à rien.
Pépé, qui en aurait également fort besoin décline :
« J’ai besoin de me reposer avant les grandes festivités de ce soir !
Quant à Arnaud, il a les cheveux longs, ce qui lui va très bien.
D’après Shri, le coiffeur a appris en autodidacte en observant simplement d’autres faire. Avec une simple paire de ciseaux, il nous réussit comme un chef. On est tout beau avant d'aller en soirée.
Tout le gratin de Beppu est présent pour la dernière soirée de Shri.
Petite spécificité de cette soirée : une piscine gonflable a été installée dans le bar, pour s’y balancer les uns les autres.
Je profite que Arnaud retire de l’argent à un ATM pour l’y coincer et lui mettre un coup de pression histoire de me chauffer. Sans rancune bien sûr.
Nous pénétrons ensuite dans le bar avec Pépé et Shri, où nous rejoignons Mejai.
L’occasion pour Arnaud et moi de lui faire découvrir le concept de Saint-Vergeron
C’est ça, l’humour à la française madame !
Nous sommes abordés par un japonais mystérieux. Bien sapé, la quarantaine, un physique on ne peut plus banal :
« Salut, ça vous dit un bière-pong ?
-Allez ! »
Associé à Pépé, je n’hésite pas de perturber honteusement mes opposants, et c’est une victoire flamboyante que je remporte aux côtés de Pépé face à Arnaud et Mejai, puis Shri et le mystérieux inconnu.
« On vous a bien niqué !
-Ce fut effectivement une franche victoire de l’Ordre en ce jour!
-You’re a cheater, Cybercuck! I want a revenge!
-C’est quand tu veux. Avec Pépé, on est imbattable.
-You did great guys! My partner appreciated playing with you guys. That’s a good point!
-Ah oui ?
-Yes, he’s a powerful yakuza!
-Stylé !
-Il est de bon ton de s’attirer les faveurs des puissants.
-Je pourrai raconter que j’ai battu un yakuza sur son propre terrain. »
Alors qu’Arnaud discute longuement avec le yakuza, je vais danser avec Feliciano, le compagnon de mon plus bel exploit ici-même
ainsi qu’avec la charmante Valeria
, avec qui, après l’avoir coursée autour de la table de bière-pong, j’enchaîne quelques collés-serrés et câlins. Je me demande s’il n’y avait pas moyen avec elle. Mais bon, j’ai fait d’autres choix qui se sont avérés sympathiques également.
Nous tombons à la renverse dans la piscine : ce pourrait être le moment idéal pour passer à l’attaque, mais au final, comme tout bon Célestin, je n’en fais rien. Peut-être parce que je l’apprécie beaucoup comme amie aussi, et que de toute manière, l’aventure sera terminée dans quelques jours.
Après avoir chillé un moment dans la piscine avec elle et Feliciano, je sors prendre l’air et en profite pour essorer mon t-shirt au-dessus d’une canalisation.
Alors que je renfile mon t-shirt tout froissé par l’humidité et l’essorage, je me fais aborder par une japonaise chaude comme la braise un peu plus âgée que moi. Je ne comprends rien à ce qu’elle dit mais elle est très avenante dans sa robe rouge bien moulante.
Nous rentrons ensemble dans le bar alors qu’elle continue à me parler.
Par contre y’a un truc un peu louche : il y a deux types en costume, dans la quarantaine, qui ne la lâchent pas d’une semelle. Ils n’interfèrent pas mais ils restent bien à proximité.
J'crois bien qu'ils m'aiment pas trop.
Elle me prend par la main, je la prends par la taille alors que nous faisons un peu de collés-serrés. Elle me tape même un gros smack sur la joue
, toujours sous le regard des deux lascars qui commencent à me mettre mal à l’aise. Aussi, je finis par lâcher l’affaire.
Je n’aurai jamais le fin mot de cette histoire, mais je suis sûr que j’ai eu affaire à la fille d’un mec puissant ou d’une célébrité locale flanquée de ses gardes du corps.
Je lui aurai bien mis une cartouche ceci étant.
Je vais papoter avec Arnaud autour d’une chicha saveur rose, mes préférées.
« Tu vois, la bangladaise, là ?
-Ouais, elle m’avait proposé une sortie il y a quelques mois.
-Ben c’est une vrai garce.
-Ah oui ? Shri m’avait dit ça, aussi. En tout cas, elle a toujours été sympa avec moi.
-En fait, Shri l’avait prise sous un aile un temps, vu qu’ils sont de la même communauté, tu vois. Et elle a fini par le balancer à Anne lorsque…
-…
-Si seulement elle savait qu’on était en train de parler sur sa gueule…
-C’est clair!
-…
-Keskia?
-Oh please keep speaking french, it’s so beautiful!
-VAPEURS DE PROUTS
-CACA POURRI
-ZIZI DE BATMAN
-Oh, thank you, it sounds very great!
Le 31 janvier 2025 à 03:15:06 :
Le 30 janvier 2025 à 09:41:56 :
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Est-ce qe tu as su de la bouche d'Arnault ou de Shri la nature du mensonge qu'il n'a pas voulu te reveler ? Que devient ce brave compagnon detruit par la vie et des erreurs qu'il n'a pas su s'empecher de commettre et qui lui a valu ce retour de flammes et cette boucle infernale ?La facon dont tu as redige ton dernier chapitre ajoute une touche melancolique, chose que j'ai moi-meme connue quand certains bon potes ou amies repartaient dans leur pays, tandis que je restais sur l'archipel et que je retournais a une routine monotone, routine qui sera brisee par la recontre de nouveaux amis temporaires eux aussi.
J'en ai deviné un, et Arnaud m'a dit l'autre.
T'es au Japon khey?Hate de le decouvrir dans les prochains chap si t'en parle.
Oui j'y etais lors de ton Risitas et j'y suis encore actuellement
Super, tu es dans quel coin? Il faudrait que je passe te faire un coucou quand je reviendrai sur l'archipel
Le 31 janvier 2025 à 15:40:34 :
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Est-ce qe tu as su de la bouche d'Arnault ou de Shri la nature du mensonge qu'il n'a pas voulu te reveler ? Que devient ce brave compagnon detruit par la vie et des erreurs qu'il n'a pas su s'empecher de commettre et qui lui a valu ce retour de flammes et cette boucle infernale ?La facon dont tu as redige ton dernier chapitre ajoute une touche melancolique, chose que j'ai moi-meme connue quand certains bon potes ou amies repartaient dans leur pays, tandis que je restais sur l'archipel et que je retournais a une routine monotone, routine qui sera brisee par la recontre de nouveaux amis temporaires eux aussi.
J'en ai deviné un, et Arnaud m'a dit l'autre.
T'es au Japon khey?Hate de le decouvrir dans les prochains chap si t'en parle.
Oui j'y etais lors de ton Risitas et j'y suis encore actuellementSuper, tu es dans quel coin? Il faudrait que je passe te faire un coucou quand je reviendrai sur l'archipel
![]()
t'y retournes quand kheys ?
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Le 31 janvier 2025 à 03:15:06 :
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Est-ce qe tu as su de la bouche d'Arnault ou de Shri la nature du mensonge qu'il n'a pas voulu te reveler ? Que devient ce brave compagnon detruit par la vie et des erreurs qu'il n'a pas su s'empecher de commettre et qui lui a valu ce retour de flammes et cette boucle infernale ?La facon dont tu as redige ton dernier chapitre ajoute une touche melancolique, chose que j'ai moi-meme connue quand certains bon potes ou amies repartaient dans leur pays, tandis que je restais sur l'archipel et que je retournais a une routine monotone, routine qui sera brisee par la recontre de nouveaux amis temporaires eux aussi.
J'en ai deviné un, et Arnaud m'a dit l'autre.
T'es au Japon khey?Hate de le decouvrir dans les prochains chap si t'en parle.
Oui j'y etais lors de ton Risitas et j'y suis encore actuellementSuper, tu es dans quel coin? Il faudrait que je passe te faire un coucou quand je reviendrai sur l'archipel
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t'y retournes quand kheys ?
« Eyh bro, you see that japanese girl? Not bad isn’t?
-Ouais.
-I f*cked her bro. I can tell you that in doggystyle, that’s something!
-Surement. Es si tu me la présentais ?
-Ehhh. No. Complicated relation, you know.
-Evidemment.
Shri, en grand prince, paye une tournée générale de shots.
Alors que tout le monde se disperse, je le prends à partie:
« Tu te fous de ma gueule Shri ?
-What’s wrong bro ?
-Je te donne de la thune pour ne pas que tu crèves de faim et toi tu l’utilises pour payer des putains de tournées générales ?!?
-Eeh, yes. Sorry bro.
-Bon, oublions ça, mais ne me refais pas le même coup. »
Je me tourne vers Arnaud:
« Même au fin fond du trou, il ne remet pas en cause son train de vie. Il préférera s’affamer que d’y renoncer. C’est aussi pour ça qu’il est autant dans la merde.
-Je suis tout à fait d’accord avec toi, mec.
»
« Tu vois, le couple, à côté de nous ?
-Ouais.
-C’est Anne et son copain.
-La fameuse Anne dont Shri nous parle jour et nuit.
-Tu penses quoi du type ?
-Aucune idée. Shri arrête pas de me dire qu’il lui a botté le cul mais à part ça je ne connais rien de lui.
-Ben crois-moi, c’est un sacré trou de balle.
»
Et là, je sais pas ce qui m’a pris, je crois que je me suis un peu trop laissé emporter par mon enthousiasme.
« T’ENTENDS CA, GROSSE MERDE ? MON POTE TROUVE QUE T’ES UN TROU DU CUL !!!
-???
-???
-Mdr ta gueule…
-SACRIPANT ! SALTIMBANQUE!
-Hey! Calm down Cybercuck! XD
-TROUFION! COQUIN! P’TIT ZIZI !
-Allez, arrête bro c’est gênant.
”
Anne et son copain quittent le comptoir, j’avais oublié qu’elle était elle-même à moitié française et qu’elle comprenait ce que je disais.
Le pauvre, il m’avait rien fait en plus.
Du coup par la suite, je me suis efforcé de faire le mec sympa avec lui. Il ne semble pas m'en avoir tenu rigueur. On a même discuté quelques jours plus tard.
“…
-Bro, I can’t believe it’s the last time I see her, after everything we lived together…
-Je comprends…
-…
-Essaie de lui parler une dernière fois. Vous êtes aujourd’hui en froid, mais vous avez compté l’un pour l’autre à un moment de votre vie. Tu dois lui dire “adieu”. Porte tes couilles bro.
-You’re right bro. I’ll try.”
Shri profite du fait qu’elle soit esseulée pour tenter une approche. Je ne le quitte pas du regard. Cet adieu, ce n’est pas à moi de le faire, mais je dois lui insuffler courage et confiance autant que je peux.
Il se mange le vent le plus monumental que je n’ai jamais vu. J’ai mal pour mon bro.
Le fait que j’ai crié sur son petit copain moins d’une heure auparavant n’a pas dû beaucoup aider.
D’ailleurs, entre deux verres, Shri m’a dit qu’il était ravi que je l’aie fait. Mais bon, je pense que Shri a tué le game bien avant, notamment ces dernières semaines, où, voyant la fin arriver, il s’était mis en tête de lui dire “au revoir” et rôdait autour de chez elle. Il avait même déposé dans sa boîte aux lettres un carnet dans lequel il notait plein de pensées personnelles -la plupart la concernant- et dans lequel il clamait notamment avoir botté le cul de son petit copain.
Quoi qu’il en soit, ce vent a été le coup de grâce pour Shri qui a fini la soirée à se bourrer la gueule comme un déchet alors que le club se vidait peu à peu. On est au petit matin. Shri part définitivement dans quelques heures. C’est une épave, ça fait réellement de la peine à voir, surtout pour une dernière fois. On doit quasiment l’amener de force sur la plage pour qu’il se calme, avec Mejai, Arnaud, ainsi qu’un collègue bangladais à lui, Pépé étant rentré plus tôt.
Le bangladais ne trouve rien de mieux à faire que de lui écraser une clope sur la nuque pour lui faire reprendre ses esprits. Je commence à me chauffer, mais Arnaud nous sépare pour ne pas que la situation s’envenime.
A l’horizon, le soleil se lève, gagnant du terrain peu à peu sur la nuit.
Shri est tellement saoul que nos adieux sont… bizarres, bâclés :
« Merci pour tout ce que tu m’as apporté, Shri. Merci de m’avoir pris sous ton aile, de m’avoir intégré, de m’avoir aidé à prendre confiance en moi. Tu m’as beaucoup appris sur la nature humaine. Tu m’as appris que l’on pouvait lier des amitiés très fortes et très sincères avec des gens avec qui tout nous oppose.
-Yeah… Thank you, Cybercuck… You’re a good guy…
-Courage, Shri. Je te promets que le temps efface toutes les peines.
-Maybe…Maybe bro…
-Adieu, vieux camarade. Puisses-tu trouver la paix.
»
« I made two big lies about myself. »
« I don’t know… To attract attention, sympathy, pity, maybe… »
« Ne le répète à personne, bro, mais ses parents sont décédés. »
« C’est pourquoi il est en colère contre toi.
-I’m affraid, yes.
»
« J’ai deviné l’un des deux gros mensonges de Shri.
-Je t’écoute.
-Il avait mentionné ses parents au début de l’échange à plusieurs reprises. A Zamami, tu nous as expliqué qu’ils étaient décédés. Sachant que ces mensonges le concernaient lui-même et visaient à susciter la pitié d’Anne, et que leur divulgation a valu à Shri de se faire rejeter par Anne, puis à s’attirer ta colère, j’en déduis qu’ils étaient fortement immoraux. J’en déduis donc que Shri vous a fait croire que ses parents sont décédés alors qu’ils sont bien en vie.
-C’est une excellente déduction. Bien joué. Tu mérites de connaître toute la vérité sur Shri.
»
Au final, Arnaud ne m’apprend pas grand-chose que Shri ne m’avait pas déjà raconté, si ce n’est que son train de vie princier confronté à ses ressources financières limitées l’ont mené à être endetté auprès de la moitié des habitants de la ville et qu’il s’est attiré de gros soucis avec ça. Enfin, il m’a révélé la nature du second mensonge que Shri avait proféré pour s’attirer la pitié d’Anne : il lui avait fait croire qu’on lui avait diagnostiqué un cancer du poumon…
Shri est bien arrivé dans son Bengladesh natal.
Mais son voyage dans l’archipel ne pouvait s’achever sans une pointe d’ironie. Son avion étant full, l’université a dû lui payer une place en catégorie « premium », alors qu’il n’a plus un rond sur lui.
Peu de temps après son arrivée, il disparaîtra, avant de réapparaître quelques semaines plus tard, nous expliquant qu’un type lui avait dérobé son téléphone en le menaçant d’un couteau.
De mon côté, je continue mon petit quotidien. La joie de retrouver mes proches, de remanger du pain et du fromage se confond avec la tristesse de la perspective de mon départ imminent de cet endroit magnifique qui m’arrachera aux meilleurs amis que je n’ai jamais eu.
Ce sentiment s’accroît alors que nous nous rapprochons du mois d’Août.
Je sens qu’Arnaud est triste d’avoir perdu Shri et d’avoir à laisser Mejai derrière lui.
Seul Pépé reste plus ou moins égal à lui-même.
La résidence se vide peu à peu. Cette résidence immense, pleine de vie, où j’ai côtoyé des gens de tous les horizons tout ce temps, qui se meurt peu à peu. Quelle tristesse, d’autant que je suis quasiment le dernier à partir.
C’est d’abord Valeria qui part, l’une des filles les plus douces et les plus gentilles qui m’aie été donné de rencontrer.
Nous faisons également nos adieux à Feliciano, le compagnon éternel de mon plus bel exploit.
Sarah, mon idéal féminin, avec qui j’aurais tant aimé découvrir les joies du couple.
Shen, mon buddy japonais avec qui j’aimais tant parler de son pays merveilleux.
Même dire au revoir aux résidents que je ne côtoyais pas particulièrement me fait un petit pincement au cœur.
Moi-même, je me résous à partir. Je rejoins mes amis pour une dernière journée avec eux.
On se promène dans Beppu.
Arnaud nous fait notamment découvrir un « 100 yens shop » où j’achète de véritables kimonos pour des prix vraiment très abordables. J’aurais pu acheter bien plus de souvenir sans me ruiner, mais ma valise n’est pas extensible à l’infini.
Nous nous rendons dans un magasin de goodies et de mangas. Nous nous séparons et l’explorons chacun de notre côté. Je repère une zone interdite aux moins de 18 ans. Je croise Pépé qui en sort tout juste :
« J’ai vu tant de choses que vous humains ne pourriez croire… »
Je m’y aventure également. C’est le musée des horreurs.
Des tentacules, des cosplays d’extra-terrestres, des meufs de 150 kilos qui tournent avec des acteurs phasmiques ou qui ressemblent à des enfants, des mecs hideux qui s’accouplent avec des avions de chasse, des orifices pénétrés par des objets énormes.
Il y a quand même une sacré brochette de zinzins dans ce pays.
On passe notre dernière soirée au Japon dans notre QG du downtown. Il n’y a plus personne, si ce n’est Arnaud, Pépé, et Mejai.
Je suis perdu à l’idée d’être arraché à ces gens que j’aime tant, et avec qui j’ai tout partagé depuis des mois.
De mon côté, le cœur n’y est plus. Je fais le zouave pour me convaincre du contraire, mais c’est vain. La tristesse reprend le dessus.
Une magnifique japonaise que je n'avais jamais rencontrée
Je vais prendre l’air et faire le tour du Red Light District, désert à une heure aussi avancée. Je marche sans but. Je découvre un petit sanctuaire en bois illuminé de lanternes. Je m’y pose longuement.
Nous avançons dans la nuit jusqu’à ce que l’heure fatidique arrive. J’accompagne mes amis jusqu’à l’hôtel qu’ils ont réservé.
C’en est trop pour moi. Je fonds en larmes alors que je fais mes adieux à Arnaud puis Pépé, les prenant longuement dans mes bras :
« Merci pour tous les gars. Vous êtes les meilleurs amis que je n’ai jamais eus de ma vie. Vous avez illuminé mon quotidien et sans vous, mon voyage aurait été complètement différent. Même si nous ne nous revoyons jamais, sachez que je vous aime très très fort.
-Pareillement chef, c’était une super aventure. Je suis heureux de l’avoir vécue avec toi.
-Toutes les belles histoires ont une fin, Cybercuck. Mais ne t’en fais pas, nos chemins se recroiseront à nouveau !
Dépité, je marche avec Mejai qui essaie de me consoler.
Nous arrivons à l’avenue principale de Beppu. Je l’enlace longuement avant qu’elle ne me quitte pour monter dans un taxi.
“Prend soin de toi Mejai.
-Dry your tears. We will see each other again, Cybercuck.
-Peut-être Mejai, peut-être…
”
Elle monte dans le taxi. Il démarre. Je le suis du regard jusqu’au bout alors qu’il disparaît dans les ténèbres de Beppu.
Cette fois, je suis seul.
J’ai commencé mon voyage seul. Et je le finis seul.
Je marche jusqu’à la plage, au pied de la résidence. Je me pose, et mets quelques musiques d’ambiance qui m’évoquent mon voyage
C’est ainsi que je finis. Seul, dans la nuit, allongé sur la plage, à pleurer en buvant de la vodka, ressassant ces quelques mois qui seront passés si vite. Trop vite.
Je ressasse ce que j’aurais pu faire de mieux, les endroits merveilleux que je n’ai pas explorés, les filles que j’aurais pu essayer de séduire, les expériences à côté desquelles je suis passé.
Il est trop tard pour les regrets, de toute manière.
Jamais à aucun autre moment je n’aurai été si heureux, si épanoui. J’avais une qualité de vie exceptionnelle. Je me suis construit le meilleur cercle social de ma vie, j’avais les meilleurs amis que je n’ai jamais eu. J’ai découvert la douceur d’un corps féminin. J’ai exploré des endroits magnifiques et hors du temps, où aucun de mes ancêtres n’est jamais allé avant moi. En fait, c’est tout simplement le seul moment de ma vie où j’ai pleinement vécu ma vie d'adulte.
Je repense à tous les gens que j’ai rencontré, qui ont tous compté pour moi d’une façon ou d’une autre, et qui m’ont tous apporté quelque chose. Tous ces visages que je ne reverrai plus pour la plupart.
Tout ces moments, seront perdus dans l’oubli, comme des larmes sous la pluie.
Le Soleil se lève sur Beppu.
Mon dernier lever de Soleil au pays du Soleil levant.
Je me traîne jusqu’au 7/11 le plus proche, les yeux rougis par les larmes. Je me brosse les dents pour me débarasser du goût infecte de vodka que j’ai en bouche.
Il est cinq heure du matin, je prends une dernière fois le bus. Direction Fukuoka. Je passe une dernière fois devant la résidence. Nous nous enfonçons dans les montagnes. Je jette un dernier regard sur Beppu, bercée par les rayons du soleil qui se lève.
Pépé a raison. Toutes les belles histoires ont une fin.


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