Après une après-midi passée à l’onsen, je suis de retour chez moi, me préparant en vue de mon dîner romantique avec Sarah.
Très jolie tout en étant très sobre, adorable, cultivée, un très léger côté kikkoojap, ainsi que beaucoup de bienveillance et de simplicité malgré toutes ces qualités, Sarah est tout simplement la fille idéale en tout point selon mes critères.
En plus, j’adore les italiennes. Ce sont selon moi les plus belles femmes au monde, et elles ont un charme incroyable. Mon amour de jeunesse avait des origines italiennes d’ailleurs.
Il me tarde de faire plus ample connaissance avec elle. Bien que cela fait quatre ans que je n’ai pas parlé avec une fille pour autre chose qu’un projet de groupe obligatoire ou pour qu’on me pompe le coding que je mettais tant d’application à écrire -à défaut de me pomper autre chose -
, je ne ressens aucune pression, tout simplement car je le sens super bien avec elle, que l’après-midi passée à l’onsen m’a parfaitement détendu, et que tout se passe comme dans un rêve pour le moment, que ce soit cette rencontre avec une fille merveilleuse
, mes deux super potes
que je me suis fait immédiatement, le bar à chicha que je vois déjà comme mon QG
, le cadre de vie exceptionnel, et tout simplement le simple fait d’être au Japon
. Bref, je me retrouve depuis quelques jours dans un état de confiance et d’épanouissement que je n’avais jamais atteint auparavant.
Il est enfin l’heure. Je me présente devant la chambre de Sarah et donne trois coups clairs et secs à la porte :
« TOC TOC TOC !
J’entends des pas. Ma bien-aimée se dirige vers la porte. Dans quelques secondes nous serrons réunis. A l’instant où cette porte sera ouverte, elle me tombera dans les bras.
Le verrou s’enclenche. La porte s’ouvre.
« Eyh! Welcome bro !
-…
-U ok bro?
-Euh… We are not in the Sarah appartment right?
-Sure we are. You should be Cybercuck.
-Yes yes it’s me.
-Nice. My girlfriend has talked to me about you. You look good bro. Please come in.
-Y... Your girlfriend?
Abasourdi, je pénètre dans l’appartement et avance.
« Hello.
- Eyh. »
Ce sera le seul mot que m’adressera Sarah de la soirée, affairée qu’elle était pour faire à manger pour tout ce monde.
Il faut dire que suis tellement sidéré que je ne fais aucun effort pour participer à la conversation, bien que je fasse de mon mieux pour garder la face.
Je passe une soirée exécrable en fait.
La seule personne qui me parle est le copain de Sarah, un bangladais vraiment sympa (le sticker ne lui rend pas honneur, le mec était bg).
Ah si, je me suis fait engueuler par une fée ministre anglaise car j’ai explosé son gâteau en voulant me couper une part.
Fort heureusement, la chambre de Sarah juxtaposant la mienne, j’arrive à chopper mon propre Wifi et à contacter Arnaud :
« Alors chef, ça se passe comme tu veux ? Tu trempes le biscuit un peu ?
- Nan ! J’ai été accueilli par son mec!
- Quoi ? C’est une rapide cette nana. On est arrivé il y a trois jours.
- Elle a déjà fait un semestre ici, ça fait des mois qu’ils se connaissent.
- Dur.
- En plus la soirée est éclatée au sol putain.
- Ben ramène ton cul, je suis à l’espace fumeur.
»
Je me dépêche de finir mon dîner, reste planté là quelques minutes histoire de ne pas passer pour un sauvage outre mesure, avant de tirer ma révérence :
« So… Thanks you it was a very good evening.
-Definitely bro, I’ll contact you when I visit France with Sarah. And by the way, we’ll invite you again.
- Yes yes it’s would be very good.
-…
-Bye bye hein.
Je sors le plus vite possible de cette soirée des enfers, la queue entre les jambes.
Je rejoins alors Arnaud, comme convenu, dans un petit local dédié aux fumeurs.
Mes potes étant tous de gros fumeurs, j’y aurai passé beaucoup de temps. Ne fumant pas et ayant horreur de la cigarette, ce n’était pas vraiment le lieu de sociabilisation rêvé pour moi, mais peu importe.
« Ah mec, quel cauchemar !
-Relax, chef. Je te présente Pépé.
-Nous avons déjà deviser une fois.
-Ouais. On est pote.
-Impec. Je te présente Shri, il est grave cool.
-Hello bro. I’m Shri. I’m from Australia.
-Enchanté! Alors c’était toi le fameux australien dont tu m’avais parlé Arnaud !
-I’ve heard that you’re a great tennis player. Let’s play together soon.
-Avec plaisir!
Et c’est ainsi que je faisais la rencontre du quatrième et dernier membre de ma dream team. Shri, le seul membre non français de ma dream team. C’est par ailleurs le seul véritable ami que je n’ai jamais eu issu d’une culture étrangère à la mienne. Effectivement, malgré le fait qu’il se présente comme australien, Shri est de culture bangladaise. Beau parleur, personnage charismatique et mystérieux, Shri, de par sa personnalité complexe, son vécu et sa culture différente de la mienne, m’aura appris bien des choses sur la nature humaine.
« Let’s go to my appartment in downtown. Will be a better place to chill.
-Allez.
Et c’est ainsi que nous rejoignîmes l’appartement de Shi, dont la porte nous était toujours ouverte. Je suis sûr que je me serais pointé bourré à trois heure du mat’ que Shri m’aurait accueilli avec un grand sourire. Il nous servit de QG durant la première partie de l’échange, et s’avèrera l’endroit idéal pour se mettre bien ensemble avant d’aller courir la gueuse au bar.
Chapitre 12 : Le temps des sakuras
Aujourd’hui, une journée est organisée avec les résidents pour profiter de l’hanami, la période de floraisons des fameux cerisiers japonais -les sakuras, qui se tient fin Mars-début Avril. A cette époque, les japonais flânent dans les parcs pour admirer ce superbe spectacle offert par mère nature.
Nous nous retrouvons dans une salle de la résidence avant de partir pour le parc.
Aucun membre de la dream team n’est présent.
L’absence de Shri est normale étant donné qu’il travaillait ce jour-là. Il avait trouvé un mi-temps dans un 7/11. En tout cas, c’est ce qu’il nous a dit.
Cependant, Arnaud et Pépé m’avaient tous les deux promis de venir.
Je leur envoie un message sur notre conversation Messenger :
« Ramenez votre cul bande de gueux ! »
Nous faisons des petits jeux à la con afin de continuer à faire connaissance entre étudiants. Gros malaise quand Gontrand le bourgeois de service doit raconter une anecdote de soirée toute pourrie qui bide totalement.
Gros malaise également quand je dois trouver un jeu de mot -en anglais- et que je balbutie que je n’en connais pas.
Qu’est-ce que c’est que ces jeux à la con aussi !
J’ai cependant remarqué les œillades discrètes d’une métisse plutôt mignonne.
Même si j’apprécie certains résidents, je ne retrouve pas ce petit quelque chose en plus qui me fait kiffer le fait d’être là, qui te fait me sentir bien et me pousse à m’ouvrir aux autres. Bref, l’absence de la dream team se fait cruellement ressentir.
J’avais bon espoir que la journée soit sauvée tant que nous étions pas parti, mais ni Arnaud ni Pépé ne se manifeste et nous décollons pour le parc.
Sur le chemin, je profite du fait que nous longeons un 7/11 pour capter du Wifi et consulter Messenger.
Pépé a laissé un message :
« Désolé khey j’ai la flemme. Paz sur toi nonobstant. »
Par contre, Arnaud ne donne toujours pas le moindre signe de vie.
Nous flânons, pique-niquons et faisons quelques activités en plein air dans le parc avec les autres résidents. Bien que l’hanami soit magnifique et que je m’abuse bien au tir à l’arc, je me laisse assez rapidement, d’autant plus que la sortie traîne en longueur.
J’essaie de sociabiliser comme je peux, mais à vrai dire, c’est vraiment histoire de passer le temps.
« Oh yes Fronce MBappé, Worldchampion.
- Hehe yes.
- In my country Indonesia, the western part supports Argentina, mine supports Brazil. So I support Brazil.
La tristesse d’être fan de foot et d’être obligé de soutenir d’autres pays tellement ton équipe est claquée au sol.
« Salut.
-Plaît-il ?
-Salut, j’ai vu que tu étais français aussi.
-A qui ai-je l’honneur?
-Moi c’est Cybercuck. Et toi?
-Sachez, cher Cybercuck, que vous vous adressez à Gontrand de la Tour, futur jeune cadre dynamique parisien. Le vouvoiement est par ailleurs de rigueur.
-Enchanté.
-Papa ayant financé cette expédition audacieuse écus sonnants et trébuchants afin de me garantir une expérience rafraîchissante et exotique au possible, je vous prierai de ne plus m’importuner si la nature de votre requête, quelle qu’elle soit, ne revêt pas de caractère impérieux. En effet, il serait quelque peu inadéquat que vous en altéreriez le caractère extraordinaire.
-Je vois. A tantôt, alors.
Pour la petite anecdote, Arnaud trouvait que ce mec était un énorme enc*lé
J’irais bien parler à la jolie métisse du groupe, mais elle parle déjà à d’autres gens, et je ne me sens pas dans les meilleurs dispositions pour l’approcher. Aussi, je m’éclipse en douce. Retour à la résidence.
Je ne monte pas directement à ma résidence et m’arrête à l’espace fumeur. Généralement, il y avait toujours au moins un membre de la dream team qui s’y trouvait.
Bingo. T-shirt Naruto orange flashy, short noir rétréci au lavage, claquettes de bledard, Pépé est posé dans le coin fumeur.
« Vous m’avez bien lâché toi et Arnaud !
-Vois le bon côté des choses, j’ai pu monter mon paladin niveau 60.
-Mmh. Et il est où Arnaud ?
-Aucune idée. »
Je jette un coup d’œil à notre conversation Messenger. Il n’a même pas vu le message que j’ai envoyé ce matin. Serait-il encore en train de dormir, à 19 heure ?https://image.noelshack.com/fichiers/2016/44/1478142991-risitas-question.png
Je me pose avec Pépé qui enchaîne clope sur clope en me parlant des vikings. J’inhale tant de fumée que mon espérance de vie en prend un sacré coup.
Heureusement, je peux m'hydrater grâce au distributeur de boissons présent dans le local.
Une demi-heure passe, puis une heure.
Encore une heure à attendre. Etant donné qu’on était censé se rejoindre il y a déjà une demi-heure pour aller manger en ville, on se décide enfin à bouger nos gros fiaks et à aller voir à son appartement. Pas un bruit. Nos sens de sorceleur ne détectant rien non plus, nous toquons à la porte.
Toujours aucun signe de vie.
Nous passons un coup de fil à Shri :
« Eyh bro, Arnaud est avec toi ?
-Not seen him at all today.
-Bordel, Arnaud a disparu.
-Oh, shit. Don’t move bros, I’m coming.”
Shri nous rejoins et un vrai travail d’investigation commence pour retrouver Arnaud.
En vrai, on a juste passé un coup de fil à Mejai
et Yi
pour savoir si elles n’avaient pas vu Arnaud. Les belles ne l’ayant pas vu, on se pose dans un salon -heureusement pour moi, Shri et Pépé sont à court de clopes - en attendant qu’il se manifeste.
La sweet revient à partir de demain soir khey
Comme je bide au moins j'ai pas la pression.
« Yo les collègues ça roule ?
-T’étais où, bordel ? T’as disparu toute la journée ! Le rendez-vous était il y a deux heures.
-Désolé les collègues. J’étais avec un match Tinder toute la journée. Du coup, cet aprèm, nous avons avons pratiqué un peu de coït. Je n’avais que quelques heures alors j’ai fait au plus vite les amis.
-Who did you fuck bro ?
-Une indienne. Tiens regarde. »
Arnaud montre le profil Tinder à Shri qui s’esclaffe :
« Bro I fucked her as well !”
Deux amis indéfectibles unis par les c*uilles, c’est si beau.
D’ailleurs pour la petite anecdote, en parcourant les profils Tinder j’étais tombé sur cette nana, je ne l’ai pas likée car les indiennes c’est pas (du tout) mon style, mais ça aurait été marrant qu’on aie tous les trois forniqué avec la même meuf.
Sur ce, nous décalons au domac comme convenu. Par ailleurs, le domac japonais vaut vraiment le détour grâce à quelques burgers bien spécifiques à l’archipel.
Le retard pris du fait du coït pratiqué tout l’après-midi par Arnaud avec son match Tinder ne nous laisse pas le temps de faire un before, aussi, nous descendons directement dans une boîte du quartier nocturne de Beppu.
La soirée est au top. L’ambiance est vraiment bonne, l’énergie dégagée par la masse fait un bien fou. On se paye des shots les uns les autres -Pépé dépense des milliers et des milliers de yens alors qu’il vit comme un moine en tant normal
- et on enchaîne quelques collé serrés avec les filles expats présentes sur place.
Je drague un peu lourdement une brésilienne en lui disant que les latinas sont « hot as hell », ce qui la fait bien rire.
Bien que je ne pêcho pas, je me sens super bien car je n’en ressens pas le besoin. Je suis épanoui et heureux, tout simplement.
Pépé arrête pas de répéter que quoi qu’il arrive à partir de maintenant, on est des frères pour la vie.
-Moi aussi je t’aime mon khey.
Je rencontre au cours de la soirée Valéria, la métisse qui me lançait des œillades l’autre jour, elle est très sympa
. Sa pote est une milf suédoise.
Alors que nous avons eu notre dose ici, nous décalons tous ensemble dans le fameux bar à chicha pour finir la soirée tranquillement.
Nous y retrouvons bien évidemment les adorables barmaids Mejai
et Yi
.
L’euphorie de la boîte de nuit laisse place à une ambiance beaucoup plus chill, familiale. Les collés serrés sauvages deviennent plus intimistes - notamment avec Valeria de mon côté. On ne consomme plus d’alcool pour s’exciter et se mettre dans l’ambiance mais pour partage un bon moment ensemble.
Alors que j’étais en train de fumer ma chicha peinard, Peter, un woke états-unien complètement bourré vient nous casser les c*uilles :
« Baguette baguette baguette!
-Va emmerder quelqu’un d’autre nom de dieu !
-Croissant croissant !
Et c’est qu’il est tactile en plus, ce con. Typiquement le Célestin horriblement forceur incapable de se tenir en soirée.
Je suis obligé de le dégager manu milirai du canapé pour qu’il nous foute la paix.
Au milieu de la soirée, alors que je prenais l’air dehors
, assis sur un des bancs de la rue couverte sur laquelle donne le bar, je me fait aborder par une bangladaise.
Quelque chose de banal pour vous peut-être, mais pour le Célestin français que je suis, se faire aborder par une fille, c’était alors une première depuis des années !
La fille n’était vraiment pas mon genre, quoique pas vilaine, mais sah, quel plaisir quand les rôles finissent par s’inverser.
D’ailleurs elle m’avait même proposé une sortie par la suite, proposition que je n’ai pas pu honorer car faite alors que je dormais à poings fermés pour récupérer de la successions de soirées inhérentes à ma nouvelle vie de yeslife.
« I fucked her bro. That’s a real b*tch. So if you fuck with her, please use a condom.
-C’était pas mon intention mais merci du conseil. »
De son côté, Arnaud use de ses dons surnaturels pour se rapprocher lentement mais sûrement de Mejai.
« Bro, this swedish milf is awesome.
-Mmh, pas mon genre.
-So, what’s your style of girl, bro?
Nous sommes interrompus par Yi alors qu’elle apporte une chicha à notre table.
« That’s my type of girls, bro.
-Good choice, bro. She’s charming.
« Personnellement, je suis un fervent défenseur de la candidature de Daenerys Targaryen au trône de fer.
-Stannis est le seul roi légitime des Sept Couronnes !
-Pourtant, la généalogie est claire et net à ce sujet…
-…
- And you, Cybercuck, what’s your type of girl ?
-My type of girl is you of course!
-You are so cute XD
-Fais pas trop le chad, toi.
-A la cool.
-Je préfère ça, poulet.
-So ?
-Well, I like the most the asian girls kawai
-Yi told me she finds you kawai!
-T’endends ça Arnaud ?
-Quel beau gosse !
-En vrai, j’y crois autant que quand ma mère me disait que j’étais le plus beau en primaire.
-La seule façon de savoir c’est de tenter chef !
-On verra bien.
Interlude : La faille des pulcos
Le premier mois de mon échange se déroule très bien. La ville de Beppu est très agréable, d’autant plus que la température commence à se monter petit à petit. Le Soleil se lève de plus en plus tôt le matin. Le vent qui fouette la baie d’Oita se réchauffe petit à petit. L’hanami est désormais derrière nous et, en ce début de moi de mai, nous entrons petit à petit dans l’été.
Mon quotidien consiste essentiellement en des journées de cours
, des séances de muscu pour générer assez d’hormones pour attirer de la gourgandine
, des sessions à l’onsen pour profiter le plus possible de cette merveille de la civilisation japonaise
, et du gaming dans ma chambre parce que je reste un Célestin
. D’ailleurs, Pépé m’avait juré de duoQ avec moi sur League of Legends mais il était trop occupé flemmard pour monter un compte
.
A ce propos, quelle dinguerie le serveur japonais de League of Legends quand tu montes un compte !
Il y a essentiellement deux types de joueurs. D’un côté, les japonais qui débutent vraiment au jeu et qui puent la merde à un niveau effroyable (normal quand tu débutes).
De l’autre, des occidentaux, chinois et coréens, expatriés qui savent donc déjà jouer au jeu mais qui doivent reprendre du début pour monter en compte sur le serveur japonais.
Il y a donc un énorme gap de niveau entre ces deux populations. Qui dit gap de niveau dit rage envers les joueurs plus faibles, et bordel, je n’ai jamais vu autant de haine que chez nos amis d’Outre-Atlantique, et dieu sait que j’en ai vu sur la faille de l’invocateur.
« An ally has been slained »
« I FUCKING HATE JAPANESE !
-…»
« 0/6/0 »
« I WISH NORTH KOREA LAUNCHES A FUCKING BOMB ON THIS COUNTRY!
-…”
« The enemy team has stolen the Nashor. »
« NAGASAKI AND HIROSHIMA WERE DESERVED !
-…»
Interlude : La faille des pulcos
Le premier mois de mon échange se déroule très bien. La ville de Beppu est très agréable, d’autant plus que la température commence à se monter petit à petit. Le Soleil se lève de plus en plus tôt le matin. Le vent qui fouette la baie d’Oita se réchauffe petit à petit. L’hanami est désormais derrière nous et, en ce début de moi de mai, nous entrons petit à petit dans l’été.
Mon quotidien consiste essentiellement en des journées de cours
, des séances de muscu pour générer assez d’hormones pour attirer de la gourgandine
, des sessions à l’onsen pour profiter le plus possible de cette merveille de la civilisation japonaise
, et du gaming dans ma chambre parce que je reste un Célestin
. D’ailleurs, Pépé m’avait juré de duoQ avec moi sur League of Legends mais il était trop occupé flemmard pour monter un compte
.
A ce propos, quelle dinguerie le serveur japonais de League of Legends quand tu montes un compte !
Il y a essentiellement deux types de joueurs. D’un côté, les japonais qui débutent vraiment au jeu et qui puent la merde à un niveau effroyable (normal quand tu débutes).
De l’autre, des occidentaux, chinois et coréens, expatriés qui savent donc déjà jouer au jeu mais qui doivent reprendre du début pour monter en compte sur le serveur japonais.
Il y a donc un énorme gap de niveau entre ces deux populations. Qui dit gap de niveau dit rage envers les joueurs plus faibles, et bordel, je n’ai jamais vu autant de haine que chez nos amis d’Outre-Atlantique, et dieu sait que j’en ai vu sur la faille de l’invocateur.
« An ally has been slained »
« I F*CKING HATE JAPANESE !
-…»
« 0/6/0 »
« I WISH NORTH KOREA LAUNCHES A F*CKING BOMB ON THIS COUNTRY!
-…”
« The enemy team has stolen the Nashor. »
« NAGASAKI AND HIROSHIMA WERE F*CKING DESERVED !
-…»
Chapitre 14 : Red Light District
En sa qualité d’archipel très étendu en latitude, le Japon est connu pour ses paysages plus fabuleux les uns que les autres. Falaises s’étendant à perte de vue fouettées par les eaux déchaînées, montagnes majestueuses, champs multicolores, forêts tropicales de bambous, îles perdues en pleine mer de Chine dans l’extrême Sud, étendues glaciales dans l’extrême Nord, et les toris, encore. Tel des gardiens veillant sur ce territoire sacré et son peuple.
Mais, moi, j’étais intéressé par autre chose. Les Distributeurs de boissons à chaque coins de rue, les lanternes en pierre au sol, les lanternes en papier accrochées au plafond, les enseignes en kanjis, les néons, les taxis vintages, les taxis hyper modernes, les écrans publicitaires fonctionnant sans discontinuer. La ville japonaise. Interminable étendue de bitume. Le rêve capitaliste devenu cauchemar. Au détour d’une allée bondée de galeries marchandes et de fast foods, temples de l’hyperconsommation tous autant qu’ils sont, un petit temple en bois, comme oublié des hommes, hors du temps, immuable face à ce monde moderne qui accélère encore et encore, de façon complètement hystérique.
J’aime la ville japonaise. Je suis capable de m’émerveiller devant la moindre rue de ce pays merveilleux, pour des raisons assez indicibles. Aussi, le soir, en rentrant de soirée ou sur un coup de tête, il m’arrivait de me perdre dans la ville, de marcher sans but sous une légère mais chaude pluie d’été en écoutant un peu de musique « japanese dark cyberpunk »
Généralement, je finissais la nuit dans un onsen hyper-moderne ouvert 24 heures sur 24, non loin de chez Shri.
Un soir, je me suis retrouvé dans un quartier un peu spécial de Beppu : le red light district. Rappelez-vous, j’avais mentionné le fait que Beppu avait une spécificité. Eh bien voilà, Beppu a son propre Red Light District.
Fasciné par cet endroit, autant du fait de son esthétique très cyberpunk que de sa nature particulière, j’ai déambulé dans le quartier, jusqu’à me faire aborder par une femme. Japonaise, de longs cheveux noirs, fin trentaine début quarantaine. Vêtue d’une Jupe et d’un veston noirs, chemisier blanc, une tablette à la main. Une milf très désirable en somme.
« Konban wa.
-Konban wa.
-Massage ? Very good !
-Massage ?
-Very sweat massage !
-…
-…
-Ok ! Alonzykoi !
Complètement hypnotisé par cette femme, le cœur battant à toute vitesse, je la suis dans un club très classe. Très lumineux, des murs immaculés. Le personnel, exclusivement masculin, est vêtu de façon très classe. Les mecs sont stylés dans leurs costumes. Alors que la femme qui m’a mené ici s’éclipse, je suis pris en charge par ces derniers.
« Amerikajin desu ?
-Iie, furansujin desu.
-Ok, yokoso.
-Arigato.
On me fait payer pour le massage (16 000 yens, soit 130€ à l’époque, pour une heure), on me donne un ticket et on me demande de patienter en salle d’attente.
Les mecs sont clairement au petit soin avec moi, ils m’apportent même mon soda préféré au melon.
Un des mecs qui tient le salon vient me voir dans la salle d’attente :
« Si d’aventure il venait à y avoir rapport sexuel entre vous et la masseuse, je vous prie d’enfiler un préservatif.
-Ui ui.
Au bout d’un moment, le mec m’invite à me lever et à le suivre. Je m’exécute. Il écarte un rideau de perle et je me retrouve face à la milf qui m’a amené ici, un grand sourire aux lèvres.
A partir de ce moment-là, quand je réalise ce qui est sur le point d’arriver entre cette superbe femme et moi, mon cerveau principal, qui commence à manquer de sang, se désactive pour passer le relai à mon cerveau secondaire.
Toute en longueur, la pièce est partiellement plongée dans l’obscurité bien qu’il s’en dégage un côté très chaleureux. Le genre de pièce conçue pour que les gens s’y sentent bien.
On se pose sur le lit et elle me sert un peu de thé. On papote autant que la barrière de la langue nous le permet. Très avenante, souriante, et tactile avec moi, elle me met vite complètement à l’aise.
Et là elle se dessape à la cool. Première fois de ma vie que je vois une femme toute nue, je me mets à avoir la plus grosse érection de toute ma vie, truc de malade, même moi je ne reconnais pas ma propre bite alors qu’on est ensemble H24 depuis vingt-deux ans.
Je me dessape aussi.
«Oooooh, very big dick desu.
-… Ah ui ? »
Forcément, avec ce genre de commentaire, elle ne parvient qu’à renforcer mon exaltation, ce qui accentue encore plus mon excitation.
Elle m’invite à prendre une douche avec elle, apparemment complètement fascinée par ma surcroissance.
«Biggest dick in the world !
-Ah ui?”
Après qu’on se soit savonné et rincé l’un l’autre
On continue à papoter, puis on se lave longuement les dents. Nous passons enfin aux choses sérieuses. Elle m’attrape par la main et m’invite à m’allonger sur le ventre à une sorte de matelas gonflable posé à même le sol.
Et là, c’est l’extase. Elle me verse de l’huile brûlante sur le dos, les épaules et les fesses avant de frotter son corps nu contre le mien.
Elle m’invite ensuite à me retourner face à elle et commence à m’embrasser de plus belle. Je réponds à ces baisers tout en l’étreignant contre moi. Elle commence à me M+Z.
En pleine action, elle me déclare :
«Too big. But blowjob ok!”
En fait, c’était plutôt deux trois léchouilles. Je suis tellement aux anges de toute façon que je m’en fiche complètement. Je kiffe mon moment à 2000%, perdant toute notion du temps.
Au bout d’un moment, un vieux téléphonique situé dans la pièce se met à sonner, indiquant qu’il ne reste plus beaucoup de temps. On va prendre une douche ensemble.
On se sèche l’un l’autre avant de nous rhabiller. Il reste encore deux ou trois minutes alors on continue de papoter.
«Ca s’est bien passé ?
-Yes ! Perfect !
-Merci beaucoup ! A tantôt ! »
Nous sortons de la pièce où nous attend l’un des tenants du club.
“Goodbye, Big Dick Boy !”
Sur ce, elle pose un dernier baiser sur mes lèvres avant que je quitte le club, des étoiles dans les yeux et un grand sourire aux lèvres.


Chapitre 15 : Le début des emmerdes
« Cybercuck is on killing spree. »
“F*CK YOU, YOU FRENCH SURRENDER. I REPORT YOU TO RIOT”
“Ok, I report you to the japanese reimmigration department.”
-gsdgdgdvkjqdgnvigQSNAgmNV KHN%jzimegnLCZ/qf
-…”
« Yo les gars ramenez vous à l’espace fumeur, faut que je vous parle d’un truc.
-Ok mec, on arrive.
Je rejoins Arnaud à l’espace fumeur.
« Ca va mec ?
-Et comment ? Je pète le feu !
-Lourd.
-Et toi, avec Mejai, ça avance comme tu veux ?
-Ca avance, ça avance. Ce soir, je lui propose un date.
-C’est parfait ça !
Des frottements sur le sol en rythme continu annoncent l’arrivée imminente de Pépé :
“Yo!
-Yo! Ca roule Pépé ?
-Et comment ! Mon démoniste vient de débloquer le marteau des ténèbres rouges à l’instant. Je suis invincible à présent !
-Lourd.
- Bon, tu devais nous dire quoi ?
-C’est à propos de Shri. Ca va pas super fort.
-Que paso?
-Il y a eu une couille avec ses employeurs, du coup son salaire de ce mois-ci est décalé.
-…
-Et du coup, il peut pas payer son loyer.
-Ah oui, c’est emmerdant.
-Les problèmes de Shri sont nos problèmes. Combien faut-il qu’on lui avance?
-Si on met 10 000 yens chacun on sera bon.
-De toute façon c’est pas perdu, le mois prochain, il aura deux salaires et on sera bon.
-Ouep. Merci, les mecs. Vous assurez.
»
Pépé et moi sortons chacun un billet gris et le confions à Arnaud.
« T’es toujours chaud pour ce soir ?
-Ouais. On part quant tu veux, chef.
-Tu viens avec nous, Pépé ?
-Pas ce soir, je crains. Je dois lancer l’assaut final sur le dernier donjon technomancrotique des gobelins rouges dans moins d’une heure.
-Force à toi alors ! »
Les restos étant très abordables à Beppu - on commence à bien manger à partir de 700-800 yens (6€ environ), à partir de 1300 yens (10€ environ) on commence à se mettre bien, et à partir de 2000 yens (15€ environ) c’est carrément un festin - j’en fais très régulièrement, tantôt avec Shen
, tantôt avec des membres de la dream team, et notamment avec Arnaud
, Pépé ayant souvent la flemme
, et Shri n’habitant pas à la résidence - donc nous avions moins tendance à aller au resto avec lui sur un coup de tête- travaillant dans un 7/11 -et donc n’étant pas tout le temps disponible, et ne sachant pas du tout gérer ses finances.
Nous avons donc l’occasion de faire plus ample connaissance. On se confie l’un à l’autre sur nos expériences de vie, nos parcours, nos aspirations, nos peurs, nos idéologies, nos accomplissements, nos perceptions respectives de la société et du monde. On échange également beaucoup sur nos références respectives, et nous nous enrichissons mutuellement.
Nous pouvons autant avoir des discussions très sérieuses et très profondes
que des délires complètement cons
et c’est à ça qu’on reconnaît les meilleurs amis.
Ce soir, direction le yakiniku, un buffet où, pour 2000 yens, on peut manger de manière illimité pendant une heure. Les japonais y viennent pour manger un peu de tout, et ainsi, manger équilibré tout en se faisant plaisir. Mais nous, français, ne sommes pas de la même trempe. On est là pour manger le plus possible dans le temps imparti. On veut se baffrer !
Des fruits de mer et sushis frais à ne plus savoir où donner de la tête, du poulet frit, et surtout, des montagnes de porc et de bœuf à griller. Accompagné de riz et de sauce soja, c’est orgasmique.
Repus et ronds comme des ballons, on se dirige vers notre QG du centre ville. Shri nous y rejoindra plus tard.
Il sera accompagné de la charmante Valeria
et sa copine milf
, que Shri souhaiterait par ailleurs courtiser. Une soirée fort sympathique en perspective. Mais sur le chemin, je me sens moyennement bien. Je me sens lourd.
Mais pas de quoi me décourager de reprendre le chemin de la yes life, d’autant plus que je pète le feu depuis ma petite escapade dans le Red Light District.
Nous arrivons au bar. On se pose avec Mejai et Yi.
Mais très vite, ma concentration vascille, et j’ai des difficultés à rester dans la conversation.
Je fais ce que je peux pour maintenir ma concentration et conserver un semblant de normalité, mais la situation échappe complètement à mon contrôle.
Merde.
Avec tout le riz que j’ingurgite depuis plus d’un mois à tous les repas, j’ai pas chié depuis deux semaines.
Et c’est ici et maintenant que mon anus fait la révolution, alors que je suis en si bonne compagnie.
Je parviens à m’éclipser et à rejoindre les toilettes du bar sans attirer l’attention.
Heureusement, elles sont libres.
Et là, pire chiasse de ma vie. Un torrent de merde pourrie, visqueuse et incandescente, à la texture verdâtre, sors de mon anus. Je me tords de douleur alors que mon estomac, mes intestins, et mon anus me brûlent horriblement. Ma souffrance dure de longues minutes, la musique diffusée dans le club masquant mes pathétiques cris de souffrance.
J’ai beau évacuer tout ce caca en spammant le bouton de la chasse d’eau, impossible de se débarrasser de l’odeur putride.
Mon anus ce calme quelques instants. Frissonnant, très affaibli, je nettoie la scène de crime autant que faire se peut. Je sors discrètement et rejoins Arnaud. Heureusement, Mejai et Yi sont occupées avec des clients.
Et dire que Mejai ou Yi - je préfère ne pas savoir laquelle des deux a dû se sacrifier- a dû nettoyer ces chiottes après mon passage. Heureusement qu’elles n’ont -à priori- jamais su que j’étais le responsable.
Je rejoins Arnaud :
« Euh, mec, je vais pas te faire de dessin mais j’ai un petit problème. Je vais devoir te laisser.
-Bon courage, mec. Je leur dis quoi du coup ?
-Trouve un truc. N’importe quoi.
»
Je me précipite vers la sortie du bar, prêt à défoncer la porte pour m’extirper de là.
C’était sans compter sur Mejai qui s’interpose entre moi et la sortie :
« Cybercuck ! Don’t go ! It’s too early !
-Sorry… Euh… I must to go to the Pépé ! »
J’essaie de passer mais elle continue à s’agripper à moi tout en se tapant sa meilleure barre. La malheureuse ne saisit pas la gravité de la situation.
Et je sens que mon anus commence à se réveiller pour un second round, tel un volcan sur le point d’entrer en éruption.
Aussi, je suis obligé de la maîtriser physiquement tout en serrant les fesses le plus fort possible pour ne pas nous chier dessus.
« I will come back one other day, ciao bella ! »
Je m’extirpe du bar et me traîne avec l’énergie du désespoir à travers le downtown de Beppu tout en grimaçant de douleur.
Les gens s’écartent sur mon passage. Ils voient dans mon regard que je suis acculé, prêt à tout pour survivre.
Enfin arrivé en lieux sûrs, je me précipite sur mon trône et lâche une énorme bouse putride.
Ce n’est qu’une heure plus tard que je peux enfin prendre un peu de repos. Je suis exténué, mais en vie.
«T’es en vie ?
-C’est bon. J’ai survécu.
-C’est dommage que tu sois pas là, mec, la soirée est top. Ca se pécho dans tous les sens.
-Les filles ont rien remarqué ?
-Si bien sûr. T’es sorti en défonçant la porte du bar. Elles m’ont demandé si t’avais la diarrhée.
-Ah. Et toi, t’as répondu quoi?
-Je leur ai dis que t’avais mal au ventre.
-…
-Allez, à demain chef!
”
Définitivement une soirée à oublier…

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