
Nous sommes fin Mai. Après un premier « quarter » très riche en découvertes, en rencontres et en émotions, nous avions le droit à une semaine de vacances. On ne peut pas vraiment dire que nous étions harassés par les semaines de cours, mais avoir un peu de temps à consacrer à la découverte de l’archipel était vraiment appréciable !
J’avais dans un premier temps opté pour le Kansai, que je considérais comme le cœur du Japon, du fait de son patrimoine historique exceptionnel ainsi que pour Osaka qui me semble concilier parfaitement modernité et tradition. D’ailleurs, il était question que l’on y aille avec la dream team le temps d’un week-end mais ça ne s’est pas fait :
« Toujours chaud pour aller à Osaka les kheys ?
-I’m super busy right now bro, but please remind me later.
-Bien sûr bro, mais j’ai la flemme en ce moment, redis-moi la semaine prochaine !
-Avec plaisir, chef, mais ce week-end je suis avec Mejai. Redis-moi ça !
»
Ces échanges se reproduisaient quasiment toutes les deux semaines : une véritable boucle en somme.
Cependant, Arnaud
était très motivé pour aller passer du bon temps dans l’archipel d’Okinawa. Miraculeusement, Pépé
était chaud aussi. Cependant, empêtré dans ses histoires de fric, Shri
ne pouvait pas se permettre de venir avec nous :
« As soon as I get my money, I take a plane to join you my bros.”
Nous trouvâmes un vol aller-retour pour trois fois rien. Et c’est ainsi que nous prîmes un bus à destination de l’aéroport de Fukuoka, d’où nous embarquions dans un petit avion rose décoré de petits personnages à mi-chemin entre des télétobbies et des pokemons :
« C’est quoi ça ?
- Il me semble bien que c’est le vaisseau qui doit nous mener à bon port.
-Débrouillez-vous comme vous voulez, mais il est hors de question que je prenne un avion rose par contre.
-Mdrrr fait pas le con et embarque.
-Je me souviendrai que vous m’avez forcé à embarquer contre mon gré !
»
Nous décollons et partons plein Sud, aux confins méridionaux de l’empire.
L’archipel d’Okinawa se trouve à mi-chemin entre Kyushu et Taïwan, en pleine mer de Chine. Au bout de deux heures et demi environ de vol, nous atterrissons à Naha, la ville principale de la préfecture d’Okinawa. Naha est environ trois fois plus grosse que Beppu en termes de population, aussi, c’est la première véritable ville asiatique que je visite que nous pourrions qualifier de métropole, si l’on exclut mon intronisation sectaire à Oita. Dès la sortie de l’aéroport, et malgré le fait que le soleil se soit déjà couché, on se rend compte qu’il fait encore très, très, chaud, et surtout, extrêmement lourd.
J’ai jamais eu aussi chaud de ma vie sérieux.
Nous prenons le tramway, puis marchons une dizaine de minutes pour rejoindre la zone résidentielle dans laquelle se trouve notre Airbnb. Le quartier semble relativement pauvre. Très sombre -les seules sources de luminosité proviennent des appartements mitoyens ainsi que d’un 7/11 situé un petit peu plus loin, des rues étroites, des enseignes qui semblent à l’abandon depuis des années, des câbles entremêlés au-dessus de nos têtes. Des chats déguerpissent à notre arrivée dans un miaulement strident.
Il faut savoir que Okinawa n’a été incorporé au Japon que au cours de l’ère Meiji, à la fin du dix-neuvième siècle, époque où le Japon a pris un réel envol technologique, rattrapant son retard par rapport à l’Occident en la matière et devenant la puissance dominante en Asie.
Avant cette incorporation, l’archipel, connu alors comme l’archipel Ryukyu, était donc indépendant de ses voisins chinois et japonais, aussi bien sur le plan politique que culturel. Ainsi, visiter Okinawa depuis le Japon donne l’impression de visiter un pays étranger avec une culture qui lui est propre, à mi-chemin entre les deux empires, même si la base (devise, langue etc) est bel et bien japonaise.
Nous le constatons dès notre entrée dans le airbnb, un appartement typiquement japonais avec notamment ses portes et fenêtres coulissantes et son sol en bambou. La décoration, de très bon goût, fait par contre plutôt penser à la Chine me semble-t-il.
L’appartement est spacieux, confortable, et dispose d’un équipement moderne. Et surtout, il est climatisé, une bénédiction autant qu’un impératif tant la chaleur et l’humidité sont élevées sur cette île. La démarcation entre l’intérieur et l’extérieur de la rue, démarquée par le seuil de notre porte, est impressionnante en termes de chaleur et d’humidité.
Les jours qui suivent, nous entreprenons de visiter la ville. Nous commençons par le château de Shuri, qui est tout simplement l’un des monuments les plus beaux que je n’ai jamais visité. Cœur du royaume Ryukyu, le château évoque bien plus l’empire du milieu que l’empire du soleil levant de par son architecture. Ses couleurs très vives, son architecture nouvelle pour moi, ainsi que les sculptures en bois qui en ornent la devanture, me laissent sans voix.
L’intérieur, et notamment la salle du trône, valent également le détour. Je suis époustouflé par le raffinement des thèmes draconiques arborés dans cette salle.
Nous passons les quelques jours suivants à explorer la ville, alternant les aires urbaines commerciales,
- en bon gaijin, je m’y suis trouvé un petit chapeau en bambou que je ressors à chaque fois que je vais en Asie, et qui amuse beaucoup la population locale
- et les différents jardins de la ville, où s’entremêlent influences japonaises et chinoises sur fond de végétation du Pacifique.
Le 19 janvier 2025 à 15:58:56 :
Ah khey je me souviens avoir lu ta première version que j'avais adoré![]()
Merci pour ton message khey ça fait trop plaisir
C'est génial de se replonger dans ton histoire, y'avait plein de détails que j'avais complètement oublié
Il faut dire que j'ai rajouté pas mal de détails que j'avais oublié ou que je n'avais pas jugé bon d'inclure lors de la première écriture 
Es-tu revenu à Beppu ?
Non. A vrai dire j'ai un peu peur d'y aller sans mes trois kheys - qui ont chacun leurs propres problèmes dans la vie qui rend peu probable qu'ils puissent m'y accompagner dans un futur proche - de me sentir terriblement seul, et de ne plus m'y sentir chez moi.
Par contre je me suis fait deux très beaux voyages en Thaïlande et au Vietnam les deux années précédentes 
As-tu revu tes kheys suite à ton topax ?
Mon seul moyen de revoir Shri serait d'aller le voir dans son pays, ce qui ne sera pas une balade de santé, mais il faudrait que je me force à sortir de ma zone de confort un jour
J'ai revu Arnaud il y a quelques années, et on discute de temps en temps par messages.
Par contre je reviens de trois ans en Belgique, j'y ai revu Pépé a plusieurs reprises, on a passé de très belles journées à se balader et à bavarder ensemble. Il n'a pas changé du tout, et après quatre ans sans se voir, c'est comme si on ne s'était pas vu depuis quatre jours. Avec lui, c'est au-delà d'une simple amitié, j'ai une réelle affection pour lui.
T'en es où maintenant dans ta vie ? Est-ce que t'es épanoui et satisfait dans ta vie ?
Dison que je sors de trois belles années mais que je traverse une passe difficile.
J'ai passé les trois dernières années à travailler entre Paris et Bruxelles pour un groupe du CAC40. J'ai revu Pépé comme dit plus haut. J'ai rencontré mon meilleur ami, un khey d'ici, et je voyais une fille de temps en temps. C'était pas ma meuf mais elle était sympa et on baisait bien.
Bref, j'étais plutôt pénard là-haut
Cependant, mon khey et la fille, tous deux en perte de sens, sont partis loin. En outre, j'estime avoir fait le tour de mon taff en Belgique. Aussi, rongé par une grande solitude, j'ai décidé de rentrer en France, chez mes parents. J'avais deux pistes en France très prometteuses pour rester dans le groupe, avec à chaque fois un poste bien rémunéré et intéressant à la clef. Malheureusement, la fortune s'est retournée contre moi et je suis arrivé à chaque fois deuxième, à chaque fois écarté au profit d'une femme
Et je me rend compte maintenant à quel point être sans emploi peut être une situation pernicieuse. Je n'ai pas la moindre motivation pour rechercher un emploi. Je suis inquiet pour l'avenir et triste.
Chapitre 22 : Au bout du monde
« Bordelent, bougez-vous le cul, bande de gueux ! Ca fait une heure que je suis debout !
-Tête dans le cul…
-Déstresse un peu, Cybercuck. Qu’est-ce qui presse comme ça ?
-Je sais pas. Notre bateau qui part dans un quart d’heure peut-être ? Je vous rappelle que c’est le temps qu’il nous faut pour aller au port.
-Alors, on est parfaitement dans les temps. »
Sur ce, Pépé se lève mécaniquement et se met en ordre de marche.
Je dois secouer un peu Arnaud. Je lui balance ses fringues à la figure :
« Tu as vingt secondes pour enfiler ça ! »
Nous franchissons le seuil de la porte. 7 heure du matin et il fait déjà terriblement chaud.
Nous filons vers le port de Naha à grandes enjambées, et après s’être trompé de terminal, nous arrivons enfin à bon port, complètement trempés de sueur.
Chaud pour les pauvres passagers qui ont dû supporter nos effluves de transpiration de bon matin…
Nous embarquons sur un bateau blanc de taille moyenne et filons dans la section passager. Le bateau lève l’encre.
A une minute près, on serait resté sur le quai comme des ânes.
La section étant composée de rangées de deux sièges, je m’installe avec Arnaud, tandis que Pépé s’installe derrière nous et tombe presque instantanément dans les bras de Morphée.
“T’as pas décroché un mot depuis tout à l’heure. Ca va ? Mal dormi?
-J’ai fait une putain de paralysie du sommeil, mec.
-Et ça consiste en quoi, au juste?
-J’ai été visité par une puissance obscure dans mon sommeil, mec. Une créature tout droit sortie de mes pires cauchemars.
-…
-De longs membres décharnés, une longue faux rouillée, une cape en lambeaux, un visage émacié...
-…
-J’ai ressenti en elle une puissance incommensurable. La puissance des ténèbres qui entourent cette île, bro. Je peux la ressentir au plus profond de mon être.
-Et qu’est-ce qu’elle t’a raconté, cette créature ? Elle t’a fait un signe ?
-Tu dormais le cul pointé en l’air. Et c’est ton cul qu’elle m’a montré.
-Ca avait l’air plutôt léger comme apparition.
-Ca a rien de léger du tout, mec. C’est terrifiant.
»
Nous voguons une petite heure en pleine mer de Chine. Nous finissons par accoster dans le port de Zamami, une petite bourgade japonaise éponyme de l’île sur laquelle elle se situe.
Le petit village, îlot de civilisation perdu dans cette immensité tropicale à la végétation luxuriante, semble ne pas être à sa place. Et pourtant, même ici, au bout du monde, nous retrouvons les fameux distributeurs de boissons, plus utiles que jamais. En effet, même s’il ne fait pas aussi chaud qu’à Naha, l’humidité est littéralement écrasante (plus de 80%), et j’ai l’impression que mon corps pèse le double de sa masse.
Nous entreprenons l’ascension de l’île, ce qui nous offre une bonne vue sur le village, en contrebas.
La vue est impressionnante depuis le sommet de l’île malgré le mauvais temps. A ce moment-là, j’ai vraiment le sentiment d’avoir atteint le bout du monde, que jamais je ne pourrais aller plus loin encore de chez moi.
« Sacrée vue.
-Très inspirant.
-C’est magnifique, chef.
-Si Shri parvient à nous rejoindre, il faudra qu’on revienne.
-Il viendra pas, il a plus une tune.
-Il était pas question qu’il vende sa caisse pour remplir ses caisses ?
-Il a jamais eu de caisse.
-Ah, j’ai rien compris, moi.
-C’est ce que j’avais compris également.
-Il peut pas se faire aider de ses parents ? Des australiens qui envoient leur fils faire ses études au Japon doivent avoir les moyens, non ?
Arnaud nous explique alors que les parents de Shri sont décédés. Je suis assez troublé, Shri m’ayant parlé d’eux au présent quelques semaines auparavant, mentionnant des relations compliquées. Qu’il m’aie menti sur un sujet aussi sensible par pudeur n’est pas délirant, mais ce n’est pas la première fois que je comprends les choses entourant Shri différemment d’Arnaud.
Et le fait que Pépé aie compris la même chose que moi est bien la preuve que cette incompréhension n’est pas due au fait que je suis un tocard.
A moins que Pépé soit aussi tocard que moi.
Nous redescendons vers le village puis, alors que le soleil réapparaît, nous longeons la côte.
Nous marchons jusqu’à nous retrouver sur une plage déserte.
Ma propre plage sur une île paradisiaque, avec mes deux meilleurs amis, je suis comblé.
Je me jette dans l’eau transparente. J’éprouve un bien fou à me raffraîchir dans cette eau dont la température est idéale.
Alors qu’Arnaud et Pépé pataugent sur le rivage, je remarque la présence d’un corbeau qui rôde auprès de mon sac à dos.
Sans me laisser le temps de réagir, il y plonge son bec, et en arrache le repas que j’avais préalablement acheté au 7/11, balançant dans son geste mon téléphone portable et mes lunettes dans le sable.
« Mais quel enfoiré !
-Sacrément intelligent, le bestiau!
Cela ne douche pas mon enthousiasme trop longtemps et je retourne profiter des eaux de la mer de Chine.
Je jette un coup d’œil à mes camarades restés sur le sable et j’aperçois Arnaud assis en tailleur avec Pépé penché sur lui. Les deux me semblent assez statiques, tendus.
Et dieu sait que pour les inquiéter, il faut qu’il se passe quelque chose de vraiment grave- surtout Pépé.
Je rejoins le rivage et j’aperçois un putain de frelon, mesurant au moins sept centimètres, posé sur l’oreille d’Arnaud.
“Ahhhhhh c’est quoi cette horreur?!? Qu’est-ce qu’il branle sur ton oreille?
-Ben écoute, il se met bien, quoi. Par contre, il est agrippé super fort ce salopard.
-On se moque de Shri quand la moindre mouche le fait paniquer, mais tout compte fait, c’est grâce à son instinct de survie que ses ancêtres ont survécu à ces affreuses bestioles tout ce temps…
-Nous ferions mieux de ne pas l’exciter. Nous ignorons les capacités de cette créature.
-Arghhh
-Khey, tu saignes.
-Ce salopard est en train de me bouffer l’oreille.
De longues minutes s’écoulent, Arnaud grimaçant alors que son oreille continue de pisser le sang.
Je propose de claquer l’insecte sur Arnaud, il refuse, à raison puisque le frelon finit par laisser l’oreille d’Arnaud avant de repartir vers la végétation d’où il est venu.
Comme quoi, même au paradis, tout n'est pas rose.
L’heure du voyage de retour se rapprochant, nous quittons la plage et retournons au port pour rentrer à Naha. Alors que nous sommes sur le bateau du trajet retour, nous commençons à payer le fait de ne pas avoir pris de crème solaire alors que nos peaux toutes plus écarlates les unes que les autres commencent à chauffer dur.
Le 19 janvier 2025 à 18:55:19 :
Le 19 janvier 2025 à 15:58:56 :
Ah khey je me souviens avoir lu ta première version que j'avais adoré![]()
Merci pour ton message khey ça fait trop plaisir
![]()
C'est génial de se replonger dans ton histoire, y'avait plein de détails que j'avais complètement oublié
Il faut dire que j'ai rajouté pas mal de détails que j'avais oublié ou que je n'avais pas jugé bon d'inclure lors de la première écriture
Es-tu revenu à Beppu ?
Non. A vrai dire j'ai un peu peur d'y aller sans mes trois kheys - qui ont chacun leurs propres problèmes dans la vie qui rend peu probable qu'ils puissent m'y accompagner dans un futur proche - de me sentir terriblement seul, et de ne plus m'y sentir chez moi.
![]()
Par contre je me suis fait deux très beaux voyages en Thaïlande et au Vietnam les deux années précédentesAs-tu revu tes kheys suite à ton topax ?
Mon seul moyen de revoir Shri serait d'aller le voir dans son pays, ce qui ne sera pas une balade de santé, mais il faudrait que je me force à sortir de ma zone de confort un jour
![]()
J'ai revu Arnaud il y a quelques années, et on discute de temps en temps par messages.![]()
Par contre je reviens de trois ans en Belgique, j'y ai revu Pépé a plusieurs reprises, on a passé de très belles journées à se balader et à bavarder ensemble. Il n'a pas changé du tout, et après quatre ans sans se voir, c'est comme si on ne s'était pas vu depuis quatre jours. Avec lui, c'est au-delà d'une simple amitié, j'ai une réelle affection pour lui.![]()
![]()
T'en es où maintenant dans ta vie ? Est-ce que t'es épanoui et satisfait dans ta vie ?
Dison que je sors de trois belles années mais que je traverse une passe difficile.
![]()
J'ai passé les trois dernières années à travailler entre Paris et Bruxelles pour un groupe du CAC40. J'ai revu Pépé comme dit plus haut. J'ai rencontré mon meilleur ami, un khey d'ici, et je voyais une fille de temps en temps. C'était pas ma meuf mais elle était sympa et on baisait bien.![]()
Bref, j'étais plutôt pénard là-haut![]()
Cependant, mon khey et la fille, tous deux en perte de sens, sont partis loin. En outre, j'estime avoir fait le tour de mon taff en Belgique. Aussi, rongé par une grande solitude, j'ai décidé de rentrer en France, chez mes parents. J'avais deux pistes en France très prometteuses pour rester dans le groupe, avec à chaque fois un poste bien rémunéré et intéressant à la clef. Malheureusement, la fortune s'est retournée contre moi et je suis arrivé à chaque fois deuxième, à chaque fois écarté au profit d'une femmeextérieure au groupe. Malheureusement, il n'y a pas de médaille d'argent pour le second dans ces cas-là. Je me retrouve donc depuis quelques jours sans emploi et sans la moindre piste. ![]()
![]()
Et je me rend compte maintenant à quel point être sans emploi peut être une situation pernicieuse. Je n'ai pas la moindre motivation pour rechercher un emploi. Je suis inquiet pour l'avenir et triste.![]()
Ah khey effectivement tu me décris une vie assez éloignée de la bulle romantique que sont les "études" à l'étranger.
Je te soutiens car tu m'as l'air vraiment d'un bon gars donc j'espère que tu trouveras le bon chemin 
C'est cool en tout cas que tu ais pu te régaler en Belgique et revoir tes kheys. Peut-être est-ce justement le moment de ressortir de ta zone de confort comme tu l'as fait lors de ce voyage au Japon ? Je suis qu'il y a un tas d'opportunités qui t'attendent
Le 20 janvier 2025 à 15:16:32 :
Le 19 janvier 2025 à 18:55:19 :
Le 19 janvier 2025 à 15:58:56 :
Ah khey je me souviens avoir lu ta première version que j'avais adoré![]()
Merci pour ton message khey ça fait trop plaisir
![]()
C'est génial de se replonger dans ton histoire, y'avait plein de détails que j'avais complètement oublié
Il faut dire que j'ai rajouté pas mal de détails que j'avais oublié ou que je n'avais pas jugé bon d'inclure lors de la première écriture
Es-tu revenu à Beppu ?
Non. A vrai dire j'ai un peu peur d'y aller sans mes trois kheys - qui ont chacun leurs propres problèmes dans la vie qui rend peu probable qu'ils puissent m'y accompagner dans un futur proche - de me sentir terriblement seul, et de ne plus m'y sentir chez moi.
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Par contre je me suis fait deux très beaux voyages en Thaïlande et au Vietnam les deux années précédentesAs-tu revu tes kheys suite à ton topax ?
Mon seul moyen de revoir Shri serait d'aller le voir dans son pays, ce qui ne sera pas une balade de santé, mais il faudrait que je me force à sortir de ma zone de confort un jour
![]()
J'ai revu Arnaud il y a quelques années, et on discute de temps en temps par messages.![]()
Par contre je reviens de trois ans en Belgique, j'y ai revu Pépé a plusieurs reprises, on a passé de très belles journées à se balader et à bavarder ensemble. Il n'a pas changé du tout, et après quatre ans sans se voir, c'est comme si on ne s'était pas vu depuis quatre jours. Avec lui, c'est au-delà d'une simple amitié, j'ai une réelle affection pour lui.![]()
![]()
T'en es où maintenant dans ta vie ? Est-ce que t'es épanoui et satisfait dans ta vie ?
Dison que je sors de trois belles années mais que je traverse une passe difficile.
![]()
J'ai passé les trois dernières années à travailler entre Paris et Bruxelles pour un groupe du CAC40. J'ai revu Pépé comme dit plus haut. J'ai rencontré mon meilleur ami, un khey d'ici, et je voyais une fille de temps en temps. C'était pas ma meuf mais elle était sympa et on baisait bien.![]()
Bref, j'étais plutôt pénard là-haut![]()
Cependant, mon khey et la fille, tous deux en perte de sens, sont partis loin. En outre, j'estime avoir fait le tour de mon taff en Belgique. Aussi, rongé par une grande solitude, j'ai décidé de rentrer en France, chez mes parents. J'avais deux pistes en France très prometteuses pour rester dans le groupe, avec à chaque fois un poste bien rémunéré et intéressant à la clef. Malheureusement, la fortune s'est retournée contre moi et je suis arrivé à chaque fois deuxième, à chaque fois écarté au profit d'une femmeextérieure au groupe. Malheureusement, il n'y a pas de médaille d'argent pour le second dans ces cas-là. Je me retrouve donc depuis quelques jours sans emploi et sans la moindre piste. ![]()
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Et je me rend compte maintenant à quel point être sans emploi peut être une situation pernicieuse. Je n'ai pas la moindre motivation pour rechercher un emploi. Je suis inquiet pour l'avenir et triste.![]()
Ah khey effectivement tu me décris une vie assez éloignée de la bulle romantique que sont les "études" à l'étranger.
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Je te soutiens car tu m'as l'air vraiment d'un bon gars donc j'espère que tu trouveras le bon chemin
C'est cool en tout cas que tu ais pu te régaler en Belgique et revoir tes kheys. Peut-être est-ce justement le moment de ressortir de ta zone de confort comme tu l'as fait lors de ce voyage au Japon ? Je suis qu'il y a un tas d'opportunités qui t'attendent![]()
Merci pour ton message qui m'est d'un grand réconfort khey
J'ai postulé à un VIE à Bangkok, on verra ce que ça donne
Le 20 janvier 2025 à 17:00:04 :
J'ai tout lu, j'attends la suite avec impatience.
Le retour à la réalité en France est toujours difficile à supporter après avoir vécu une experience aussi intense avec des gars sûrs pareils..
Merci khey, je poste un chapitre quasiment tous les jours. Stickeriser, ça prend un temps fou.
C'est vrai que le retour a été un peu difficile. Ca a pris le temps mais en trouvant sa place et en rencontrant les bonnes personnes, ça peut très bien se passer 
Le 20 janvier 2025 à 17:50:07 :
Le 20 janvier 2025 à 15:16:32 :
Le 19 janvier 2025 à 18:55:19 :
Le 19 janvier 2025 à 15:58:56 :
Ah khey je me souviens avoir lu ta première version que j'avais adoré![]()
Merci pour ton message khey ça fait trop plaisir
![]()
C'est génial de se replonger dans ton histoire, y'avait plein de détails que j'avais complètement oublié
Il faut dire que j'ai rajouté pas mal de détails que j'avais oublié ou que je n'avais pas jugé bon d'inclure lors de la première écriture
Es-tu revenu à Beppu ?
Non. A vrai dire j'ai un peu peur d'y aller sans mes trois kheys - qui ont chacun leurs propres problèmes dans la vie qui rend peu probable qu'ils puissent m'y accompagner dans un futur proche - de me sentir terriblement seul, et de ne plus m'y sentir chez moi.
![]()
Par contre je me suis fait deux très beaux voyages en Thaïlande et au Vietnam les deux années précédentesAs-tu revu tes kheys suite à ton topax ?
Mon seul moyen de revoir Shri serait d'aller le voir dans son pays, ce qui ne sera pas une balade de santé, mais il faudrait que je me force à sortir de ma zone de confort un jour
![]()
J'ai revu Arnaud il y a quelques années, et on discute de temps en temps par messages.![]()
Par contre je reviens de trois ans en Belgique, j'y ai revu Pépé a plusieurs reprises, on a passé de très belles journées à se balader et à bavarder ensemble. Il n'a pas changé du tout, et après quatre ans sans se voir, c'est comme si on ne s'était pas vu depuis quatre jours. Avec lui, c'est au-delà d'une simple amitié, j'ai une réelle affection pour lui.![]()
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T'en es où maintenant dans ta vie ? Est-ce que t'es épanoui et satisfait dans ta vie ?
Dison que je sors de trois belles années mais que je traverse une passe difficile.
![]()
J'ai passé les trois dernières années à travailler entre Paris et Bruxelles pour un groupe du CAC40. J'ai revu Pépé comme dit plus haut. J'ai rencontré mon meilleur ami, un khey d'ici, et je voyais une fille de temps en temps. C'était pas ma meuf mais elle était sympa et on baisait bien.![]()
Bref, j'étais plutôt pénard là-haut![]()
Cependant, mon khey et la fille, tous deux en perte de sens, sont partis loin. En outre, j'estime avoir fait le tour de mon taff en Belgique. Aussi, rongé par une grande solitude, j'ai décidé de rentrer en France, chez mes parents. J'avais deux pistes en France très prometteuses pour rester dans le groupe, avec à chaque fois un poste bien rémunéré et intéressant à la clef. Malheureusement, la fortune s'est retournée contre moi et je suis arrivé à chaque fois deuxième, à chaque fois écarté au profit d'une femmeextérieure au groupe. Malheureusement, il n'y a pas de médaille d'argent pour le second dans ces cas-là. Je me retrouve donc depuis quelques jours sans emploi et sans la moindre piste. ![]()
![]()
Et je me rend compte maintenant à quel point être sans emploi peut être une situation pernicieuse. Je n'ai pas la moindre motivation pour rechercher un emploi. Je suis inquiet pour l'avenir et triste.![]()
Ah khey effectivement tu me décris une vie assez éloignée de la bulle romantique que sont les "études" à l'étranger.
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Je te soutiens car tu m'as l'air vraiment d'un bon gars donc j'espère que tu trouveras le bon chemin
C'est cool en tout cas que tu ais pu te régaler en Belgique et revoir tes kheys. Peut-être est-ce justement le moment de ressortir de ta zone de confort comme tu l'as fait lors de ce voyage au Japon ? Je suis qu'il y a un tas d'opportunités qui t'attendent![]()
Merci pour ton message qui m'est d'un grand réconfort khey
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J'ai postulé à un VIE à Bangkok, on verra ce que ça donne![]()
J'espère que tu seras pris alors khey c'est une dinguerie
J'avais aussi demandé à faire un échange au Japon mais ils m'ont pas pris
Bon au final j'suis allé en Espagne et c'était génial mais j'aimerais sortir mes couilles et aller à l'autre bout du monde comme toi khey, ton histoire est inspirante 
Le 20 janvier 2025 à 18:24:02 :
Le 20 janvier 2025 à 17:50:07 :
Le 20 janvier 2025 à 15:16:32 :
Le 19 janvier 2025 à 18:55:19 :
Le 19 janvier 2025 à 15:58:56 :
Ah khey je me souviens avoir lu ta première version que j'avais adoré![]()
Merci pour ton message khey ça fait trop plaisir
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C'est génial de se replonger dans ton histoire, y'avait plein de détails que j'avais complètement oublié
Il faut dire que j'ai rajouté pas mal de détails que j'avais oublié ou que je n'avais pas jugé bon d'inclure lors de la première écriture
Es-tu revenu à Beppu ?
Non. A vrai dire j'ai un peu peur d'y aller sans mes trois kheys - qui ont chacun leurs propres problèmes dans la vie qui rend peu probable qu'ils puissent m'y accompagner dans un futur proche - de me sentir terriblement seul, et de ne plus m'y sentir chez moi.
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Par contre je me suis fait deux très beaux voyages en Thaïlande et au Vietnam les deux années précédentesAs-tu revu tes kheys suite à ton topax ?
Mon seul moyen de revoir Shri serait d'aller le voir dans son pays, ce qui ne sera pas une balade de santé, mais il faudrait que je me force à sortir de ma zone de confort un jour
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J'ai revu Arnaud il y a quelques années, et on discute de temps en temps par messages.![]()
Par contre je reviens de trois ans en Belgique, j'y ai revu Pépé a plusieurs reprises, on a passé de très belles journées à se balader et à bavarder ensemble. Il n'a pas changé du tout, et après quatre ans sans se voir, c'est comme si on ne s'était pas vu depuis quatre jours. Avec lui, c'est au-delà d'une simple amitié, j'ai une réelle affection pour lui.![]()
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T'en es où maintenant dans ta vie ? Est-ce que t'es épanoui et satisfait dans ta vie ?
Dison que je sors de trois belles années mais que je traverse une passe difficile.
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J'ai passé les trois dernières années à travailler entre Paris et Bruxelles pour un groupe du CAC40. J'ai revu Pépé comme dit plus haut. J'ai rencontré mon meilleur ami, un khey d'ici, et je voyais une fille de temps en temps. C'était pas ma meuf mais elle était sympa et on baisait bien.![]()
Bref, j'étais plutôt pénard là-haut![]()
Cependant, mon khey et la fille, tous deux en perte de sens, sont partis loin. En outre, j'estime avoir fait le tour de mon taff en Belgique. Aussi, rongé par une grande solitude, j'ai décidé de rentrer en France, chez mes parents. J'avais deux pistes en France très prometteuses pour rester dans le groupe, avec à chaque fois un poste bien rémunéré et intéressant à la clef. Malheureusement, la fortune s'est retournée contre moi et je suis arrivé à chaque fois deuxième, à chaque fois écarté au profit d'une femmeextérieure au groupe. Malheureusement, il n'y a pas de médaille d'argent pour le second dans ces cas-là. Je me retrouve donc depuis quelques jours sans emploi et sans la moindre piste. ![]()
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Et je me rend compte maintenant à quel point être sans emploi peut être une situation pernicieuse. Je n'ai pas la moindre motivation pour rechercher un emploi. Je suis inquiet pour l'avenir et triste.![]()
Ah khey effectivement tu me décris une vie assez éloignée de la bulle romantique que sont les "études" à l'étranger.
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Je te soutiens car tu m'as l'air vraiment d'un bon gars donc j'espère que tu trouveras le bon chemin
C'est cool en tout cas que tu ais pu te régaler en Belgique et revoir tes kheys. Peut-être est-ce justement le moment de ressortir de ta zone de confort comme tu l'as fait lors de ce voyage au Japon ? Je suis qu'il y a un tas d'opportunités qui t'attendent![]()
Merci pour ton message qui m'est d'un grand réconfort khey
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J'ai postulé à un VIE à Bangkok, on verra ce que ça donne![]()
J'espère que tu seras pris alors khey c'est une dinguerie
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J'avais aussi demandé à faire un échange au Japon mais ils m'ont pas pris![]()
Bon au final j'suis allé en Espagne et c'était génial mais j'aimerais sortir mes couilles et aller à l'autre bout du monde comme toi khey, ton histoire est inspirante
Merci pour le Risitas mon bon khey 
J'ai aussi fait une partie de mes études en double diplôme au Japon, et je m'y suis expat y 2 ans. J'y suis encore mais je me pose des questions sur si je me vois rester ici plus long terme. La trentaine arrive et le choix est compliqué ahi
T'as quel âge du coup ? Tu recherches du taf à l'étranger uniquement ?
Le 21 janvier 2025 à 08:26:50 :
Merci pour le Risitas mon bon khey
J'ai aussi fait une partie de mes études en double diplôme au Japon, et je m'y suis expat y 2 ans. J'y suis encore mais je me pose des questions sur si je me vois rester ici plus long terme. La trentaine arrive et le choix est compliqué ahiT'as quel âge du coup ? Tu recherches du taf à l'étranger uniquement ?
Je me verrai pas vivre au Japon perso. Niveau interactions sociales c'est très moyen. J'avais en fait très peu d'interactions avec des japonais.
J'ai vingt-sept ans, et non je cherche un taff en France principalement.
« Yo, les gars, y’a des marseillais que j’ai rencontrés sur Beppu qui sont de passage ici. Ils me proposent de sortir ce soir. Vous en êtes ?
- Je vais faire l’impasse pour ce soir. Cette expédition à Zamami m’a fort harassé.
- Pourquoi pas. La nightlife de Naha a l’air sympa.
- Ça marche. Par contre, je te préviens, ils sont un peu beaufs sur les bords.
- C’est noté.”
Cet avertissement bien en tête, je quitte donc l’appartement avec Arnaud. On s’arrête au 7/11 pour prendre de quoi nous hydrater. S’hydrater convenablement est très important dans un endroit aussi chaud et humide que Naha.
Nous traversons Naha. La nuit est étouffante.
On se pose dans un parc en attendant les marseillais.
Ces derniers nous rejoignent. Pascal
est grand et filiforme, Pierre
est beaucoup plus trapu.
Très vite, je me rends compte que ce sont effectivement d’énormes beaufs.
Mais je n’imaginais pas que ce serait à un tel point. Beaucoup parmi nous - moi compris
- avons une certaine part de beauferie, plus ou moins prononcée selon le contexte.
Mais ces deux lascars outrepassaient largement mes limites en termes de beauferie.
Si les bribes de discussions que j’ai eues avec Pascal
m’ont malgré tout donné l’impression d’avoir à faire à un type intelligent - qui parle un japonais correct, ce qui est très notable, Pierre
le tirait clairement vers le bas.
« Eyh, petit, t’as déjà essayé le pied-nuque ?
-C’est quoi?
- Cherche sur Internet!
-(cherche sur Internet)
-Hum.
-Ah, oui, intéressant.
-Mdr!
-Tiens, un match sur Tinder. Attendez les gars, je lui envoie un message.
-…
-…
-Hin hin hin…
-DO YOU WANNA PRACTISE PIED NUQUE WITH ME????”
Dépassé par ce niveau de beauferie, je ne parviens pas à m’intégrer et laisse le soin à Arnaud de faire la conversation pour nous deux. Je sens cependant que lui-même n’est pas tout à fait à l’aise et semble jouer un rôle pour rester à leur niveau.
Je me rabats sur le whisky et profite du wifi d’une supérette locale pour regarder Roland-Garros, qui se déroule en ce moment-même dans mon pays natal, à l’autre bout de la planète. Je me souviens que c’était Nadal-Goffin.
Le liquide tiède s’écoule en moi, me brûlant la gorge et la poitrine, me laissant un goût âcre en bouche. La chaleur et l’humidité extrêmes n’aidant pas, ma tête commence vite à tourner.
Après une petite demi-heure à picoler, nous nous dirigeons vers le Red Light District de Naha. Alors que celui de Beppu est calme, presque intimiste, celui-ci est largement plus dense et animé.
Des mecs dorment à même le trottoir, complètement ivres, sans être dérangés le moins du monde par les passants qui ne semblent même pas relever. Ils se contentent de passer à côté comme on évite un sac poubelle entreposé sur un trottoir.
« Apparemment, ce club est grave cool.
-Ok. »
On passe la sécurité
avant de faire la queue pour rentrer.
Une états-unienne tient le comptoir (Okinawa est une base militaire américaine, d’où la présence d’une forte population états-unienne sur l’île).
“Hey, madame, quatre places s’il te plait.
-Ok. Two thousand yen please.
-Filez-moi cinq-cent yens chacun les mecs.
-(Donnent cinq-cent yens chacun)
-Voilà madame.
-It’s two thousand each.
-AH!
-…
-Bon, j’espère qu’ya d’la bonne s*lope. Merci madame !
-Enjoy the party.”
« S’il vous plaît, monsieur.
-Ui ?
-Vous ne pouvez pas rentrer en sandales, cela pourrait s’avérer dangereux pour vous.
-Ok, je fais quoi du coup ?
-Enfilez donc ça.
-Vous voulez vraiment que j’aille en boîte avec ça ?
-…
-Au point où en est déjà la soirée, hein. »
Je pénètre dans le club à la suite de mes compatriotes, chaussé de mes superbes crocs. Notre billet chèrement payé nous donne le droit à une malheureuse petite boisson.
La salle est grande. La musique n’est pas trop mauvaise. La piste de danse est dominée par une estrade, où se trémoussent des jeunes femmes à la plastique digne des plus belles déesses grecques trop bonnes, émoustillant mes pulsions.
Tout autour de la piste centrale, à la même hauteur que l’estrade, se trouve la zone VIP, où des vieux japonais en costard ont l’air de prendre du bon temps avec les mêmes femmes qui se trémoussent sur la piste.
J’essaie de m’enjailler comme je peux, mais ça ne prend tout simplement pas. D’ailleurs, la seule personne qui semble disposer à s’enjailler avec moi est une sorte de trap kikoojap.
Je ne ressens aucunement le genre d’euphorie des soirées passées dans mon fameux bar à chicha à Beppu.
Même Arnaud semble sur la retenue.
« En vrai, c’est pas ouf comme soirée.
-Regarde-moi ces deux beaufs.
»
Postés en surplomb d’un couple de japonais qui dansent enlacés, ils leur crachent dessus et se tapent des barres en les regardant se demander d’où ça vient.
Je file en douce, récupère mes chaussures et retourne dans la rue.
Bon, ben, il n’y a plus qu’un moyen de sauver la soirée.
« C’est ici pour les massages ?
-Tout à fait, veuillez attendre ici. »
Je m’exécute, prenant place sur un banc alors que le type de l’accueil passe un coup de fil. Au bout de quelques minutes, il m’invite à retourner dans la rue, où une voiture et son chauffeur m’attendent.
Nous roulons en silence quelques minutes jusqu’à un bâtiment, à l’extérieur du Red Light District. J’entre dans ce dernier. Je suis pris en charge par un autre type, je le paie, puis passe en salle d’attente.
Au bout de quelques minutes, une milf japonaise vient me chercher et m’invite à la suivre.
Pas particulièrement belle, mais niveau formes c’est quelque chose!
Nous montons des escaliers avant de pénétrer dans une petite salle obscure. Elle m’invite à prendre une douche, puis à m’allonger sur le ventre sur un matelas gonflable en plastique. Elle me verse de l’huile brûlante sur le dos avant de frotter son corps nu contre le mien.
Avec ma peau brûlée par le soleil de Zamami, c’est juste parfait.
Elle m’invite à me retourner, et là ni une ni deux elle s’empale d'un coup sur mon Z.
Trois minutes plus tard je suis dehors.
Une heure plus tard je rentre à l’appartement.
« Ben alors, t’en as mis du temps pour rentrer. Tu t’es perdu en chemin ?
-Je… Je regardais les étoiles.
-Une passion soudaine pour l’astronomie ?
-Euh… Oui, précisémment.”
« Je me suis pas occupé du bus pour rentrer à Beppu depuis Fukuoka. On devrait peut-être s’en occuper avant de rentrer ?
-T’inquiète, on s’en occupera quand on sera à Fukuoka.
-Comme vous le sentez, les mecs.
-Laissez-moi vérifier, par acquis de conscience.
-(Vérifie les horaires des bus sur l’Internet)
-Le dernier bus part trente minutes après notre arrivée. Ça devrait le faire.
»
Après avoir abandonné notre confortable Airbnb -que nous mettons un point d’honneur à rendre dans un état impeccable, nous nous dirigeons vers l’aéroport de Naha, alors que le ciel okinawais se couvre de nuages particulièrement menaçants. Après avoir avalé un burger, nous embarquons à destination de l’archipel principal. Le petit avion décolle. Alors que l’archipel okinawais se fait de plus en plus petit, je me remémore les images de ce voyage aux confins du monde, dans cet archipel magnifique au croisement de ces deux civilisations millénaires que sont le Japon et la Chine. La chaleur écrasante, le confort d’une maison japonaise, le bonheur de passer du temps avec mes meilleurs amis, une ville qui dégage à la fois de folie -à l’image de son Red Light District
Et pourtant, j’ai comme un sentiment de frustration qui commence à naître en moi. J’aurais pu en faire plus. Longer longuement les côtes sauvages de l’île principale, explorer les vestiges du royaume Ryukyu au-delà de Naha…
Je suis tiré de mes rêveries par de violentes secousses. L’avion traverse de fortes perturbations. Je suis pas serein
, ce qui n’est absolument pas le cas de Pépé, qui, confortablement enfoncé dans son fauteuil à côté du mien, dort à poings fermés.
Nous nous posons à Fukuoka avec dix minutes de retard. Il fait déjà nuit noir - en Asie, la nuit commence plus tôt.
« Bon les gars, on a vingt minutes pour trouver notre bus, alors on fonce ! »
Je m’élance à travers l’aéroport, flanqué de mes deux collègues, sous le regard amusé des japonais. Hors de question de louper le dernier bus pour Beppu.
Nous arrivons à l’arrêt de bus de l’aéroport. Il reste dix minutes avant le départ.
« On fait une pause clope.
-Tu plaisantes ?
-Calmos. On est dans les temps.
-…
-J’en ai besoin aussi. On va faire ça rapidement.
-Je vous laisse quatre minutes et pas une seconde de plus.
»
Aussi surprenant que cela puisse paraître, nous nous retrouvons très exactement neuf minutes et quelques secondes plus tard devant le bus en direction de Beppu.
« C’est ici le bus pour Beppu ?
-Vous y faites votre rentrée à l’université demain ?
-C’est ça.
-Le bus est rempli de vos petits camarades de l’université qui rentrent eux aussi de vacances.
-Ok c’est cool, on peut avoir trois billets ?
-Je regrette, mais ça fait trois jours qu’il n’y a plus de places.
-…
-Bonne soirée messieurs.
-…
-Naturelle est la sélection.
- Une clope je vais fumer.
»
« Bon, on fait quoi maintenant ? On essaie de chopper un train ?
-A cette heure-là, je doute fort qu’il y aie encore des trains pour Beppu.
-On essaie de trouver un hôtel sur place?
-On a des examens demain à la première heure bro.
-Bordelent !
-Le plus simple c’est de rentrer en taxi.
-Mais ça va nous coûter une blinde !
-On devrait s’en sortir pour quarante balle chacun je dirais.
-Bon, c’est raisonnable. Allons-nous renseigner auprès de celui-ci.
»
« Konban wa.
-Bonsoir. C’est combien pour aller à Beppu ?
-Laissez-moi faire le calcul…
-…
-40 000 yens.
-Bordelent, ça fait pas quarante balles chacun ça !
-A-t-on vraiment le choix ?
-On a pas le choix, Cybercuck.
-Vous avez raison les gars.
»
C’est ainsi que nous embarquons dans le taxi blanc au design futuristique, direction Beppu.
Pendant l’heure et demi que dure le trajet, j’ai les yeux rivés sur le compteur, dépité par le montant de notre facture qui explose de seconde en seconde.
Nous finissons par retrouver la douceur d’un Dimanche soir à Beppu. Bien qu’il fasse chaud, c’est largement plus supportable qu’à Naha. Le chauffeur nous dépose à Beppu Station. Dans sa générosité, le chauffeur nous fait un petit rabais pour que nous tombions pile poil à 40 000 yens. Nous le réglons, nous dépouillant des derniers billets que contiennent nos bourses.
Nous nous séparons. Arnaud va rejoindre Mejai au bar.
Pépé retourne dans son donjon
Quant à moi, je me déniche un petit resto pas cher pour conclure définitivement ces vacances dont je me souviendrai un petit moment.
Chapitre 25 : Routine Japonaise
Avec notre retour à Beppu, nous reprenons le cours de nos vies quotidiennes.
Pépé continue d’explorer ses mondes imaginaires.
A mon immense stupéfaction, j’apprends que Feliciano est en couple avec une Greta, que j’avais croisée dès mon arrivée à la résidence (chapitre 5). Plutôt belle fille, quoique pas à mon goût, mais aussi froide que la tombe d’un baleinier.
« Comment un mec aussi coolos que Feliciano peut se retrouver avec une nana comme ça ?
- Ce genre de meufs ne sont souvent froides qu’en apparence, ça ne m’étonne pas qu’elles soient attirée par ce genre de gars. »
D'ailleurs, il y a plein de couples qui se forment, peut-être poussés par la fin du semestre qui commence à se rapprocher. C'est beau et terrible à la fois.
Mejai m’avait affirmé que Yi me trouvait « very attractive », mais bon j’y crois autant que quand ma maman me disait que j’étais le plus beau à l’école primaire.
Elle est d’ailleurs en couple avec un japonais tout à fait charmant. Un pote de Shri et Arnaud. C’est d’ailleurs lui qui, sous l’influence de Shri, nous a fait rentrer Pépé et moi dans le cercle restreint du fameux bar à chicha, avec notamment des soirées privées avec alcool gratuit.
Après l’épisode de la thaïlandaise, c’est un peu mort avec la plupart des filles de mon cercle social de toute manière, mais ça valait trèèèèèèèèès largement le coup.
Tout compte fait, bien que je la trouve assez charmante, nous n’avons pas plus d’atomes crochus que ça.
De son côté, Arnaud file le parfait amour avec Mejai.
Dès que je le croise dans la rue, je m’amuse à me bagarrer avec lui comme un gamin, ce qui surprend Mejai autant que ça l’amuse
De mon côté, je reste fidèle à ma petite routine cours/muscu/tennis/gaming/exploration/onsen/soirées.
Je me traîne jusqu’à la résidence, un sac en papier macdounald à la main, encore épuisé de ma soirée de la veille, déshydraté par le soleil de plomb du Japon et par l’alcool que je n’ai pas encore tout à fait traité. J’ai la bouche pâteuse et le cigare au bord des lèvres.
« Hello !
- Yo…
-How are you ?
-V…Very good.
Je passe devant la jeune fille et commence à me traîner dans les escaliers quand j’ai un éclair de lucidité.
Une jolie japonaise vient de m’aborder, et moi, je l’ignore et trace mon chemin. Je suis pas net quand même.
Ni une ni deux, je fais volte-face et retourne sur mes pas.
Disparue.
J’ai beau chercher dans toute la résidence, je ne la reverrai plus jamais.
Elle est apparue comme par enchantement, et disparue dans le néant.
Je retourne dans mes quartiers, ruminant en pensant à tous les petits haifu que nous aurions pu avoir ensemble.
Je fais ma crotte puis vérifie mes message
« Hey bro are you available for a party tonight?
-Et comment je suis available!?!
Il faut dire que ce fut une période extrêmement propice aux soirées. Même si je devais faire attention car mes réserves de cash commençaient à diminuer. Quel pied n’empêche !
Quitter la soirée vers trois heures du mat’, laisser l’adrénaline et l’excitation redescendre en traversant la ville tranquillement sous un ciel dégagé clairsemé d’étoiles, saluer les rares promeneurs nocturnes se baladant à vélo, rejoindre l’onsen ouvert en continu à côté de chez Shri, prendre une bonne douche pour se décrasser, avoir tous les bassins pour soi, se poser dans un sauna à 80°C en regardant un animé des années 90, ne rien y comprendre mais kiffer le moment quand même, avant de finir la nuit dans le bassin extérieur, au sommet du bâtiment, sous une légère pluie d’été qui fait s’élever un peu de vapeur d’eau de ton bassin, le tout accompagné d’un léger fond d’instruments à corde traditionnels. Quel pied !
Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, si ce n’est que cette période a vu le début de la descente aux enfers de Shri.
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