CHAPITRE 96
LA PASSERELLE DE SPASIMATA
Proche de l'arrivée, nous aimerions pique-niquer avec Léo pour manger. Connaissant déjà le parcours, Léo m'indique que nous déjeunerons à la fameuse passerelle de Spasimata, un lieu mythique du GR20 grâce au film les Randonneurs de Benoît Poelvoorde.
En descendant la vallée, on voit déjà au loin qu'il y a du monde. D'ailleurs, il n'y a pas que des randonneurs puisqu'on peut y accéder à pied par Bonifatu pour les citadins.
Mais cet endroit, c'est aussi mythique pour une autre raison. Il signe la fin du GR20 pour les groupes qui sont avec un guide. En effet, beaucoup d'organisateurs s'arrêtent ici d'un point de vue logistique. Et donc beaucoup ignorent que le GR20 continue en réalité plus loin, en passant par Carrozzu, Orto Di Piobu et Calenzana. Ceux qui font ces étapes sont ceux en liberté ou ceux qui vont dans le sens conventionnel Nord-Sud.
Si vous vous en souvenez, le groupe de l'année dernière, on leur avait dit qu'il s'était fait avoir sur ça et ils étaient bien dégoûtés.
Bref en arrivant à la passerelle, on traverse chacun notre tour avec Léo. C'est agréable la sensation, les passerelles au GR20 c'est toujours un kiff, ça fait trampoline.
Au moment où je traverse, j'aperçois le groupe d'Olivier qui sont déjà installés en dessous vers les chutes d'eau et magnifiques cascades. Ils pique-niquent et on est content de les voir ! On va aller les rejoindre pour la pause. On va bien se régaler, on va même en profiter pour se baigner vu qu'on a le temps, il n'est que 11h, on a toute l'aprème pour arriver au refuge, qui n'est qu'à 20 minutes environ.
Alors que je fais coucou au groupe de la passerelle, Léo me suit et fait semblant de vouloir passer au dessus de la barrière pour plonger, ce qui ne manquera pas de faire rire le groupe.
Sauf qu'en descendant après la passerelle la petite rive, y a les deux vieilles biques qui sont pas loin aussi et qui sont déjà assises vers une chute d'eau.
-OH ! OHEE CELESTIN ON EST LA !!!!!! VENEZ MANGER AVEC NOUS !!!
-OH ! Euh non non ! On va aller manger plus loin nous !
Après cette réponse sèche, j'ai regretté un peu de les avoir remballé. J'ai senti que ça les avait vexé. C'est la dernière fois de notre vie qu'on les a vu. On ne les reverra plus jamais, puisqu'elles partaient à Bonifatu après, et non à Carrozzu. Leur GR20 s'arrête ici.
On rejoint le groupe qui a fini de manger, on mange donc seul avec Léo pendant qu'ils se baignent à une vingtaine de mètres dans la belle piscine naturelle :
C'est toujours ce qu'on se dit avant de mettre un orteil dans l'eau glacée
De loin, on aperçoit le groupe qui essaient d'entrer tant bien que mal.
-OWAA LA VACHE ! C'EST GLACEE DE CHEZ GLACEE
Alors que les deux filles entrent assez facilement :
Olivier qui lance un énorme jet d'eau avec son bras dans le dos de Pierre, qui n'a rien vu venir. Ce dernier a lâché un cri refroidissant les os à des kilomètres de distance :
-HHHHHHHHHHHHHHWWWWOUUUUUUUUUUUUUUUUUUAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
Mais venons-en aux choses plus sérieuses : on ne reverra plus jamais le groupe.
Olivier nous annonce qu'ils s'arrêtent ici à Bonifatu, car ils sont en groupe. Certains n'étaient pas au courant que le GR20 continuait plus loin.
On est énormément triste avec Léo, c'était nos compagnons du soir, ceux qui nous redonnaient de la force, du rire, de la joie, nos souvenirs !
Si on finit le GR20, on ne fêtera jamais la victoire, le triomphe avec eux quel dommage !
Mais d'un autre côté, on se sent comme à Koh Lanta, on dure plus longtemps que la plupart, on continue, on se sent maintenant des anciens. Peu de monde va continuer, beaucoup de ceux qu'on a connu vont sortir aujourd'hui du circuit et peu continueront l'aventure. ça on le saura ce soir au campement... enfin au refuge.
-C'était un vrai plaisir de vous rencontrer les gars, je dis ça sérieusement. On aurait aimé continuer avec vous. Je suis triste mais content de retrouver mon confort ce soir.
-Léo, Célestin, nos chemins se séparent, mais qui sait un jour, peut-être que nous nous recroiseront sur le parcours. Je vais me reposer à Bonifatu et la semaine prochaine je repars dans l'autre sens avec un nouveau groupe.
Tout le monde nous dit au revoir. Les voir partir, remonter la rive et prendre à gauche dans la descente de Bonifatu, c'est terriblement émouvant. C'est comme quand on quitte la maison de ses parents qu'on a aimé un jour. C'est fou ce sentiment alors qu'il y a que quelques jours, on ne les connaissait pas. On s'attache tellement vite sur ce type d'aventure...
Mais l'important : c'est QU'ON EST TOUJOURS LA AVEC LEO ! ET QUE NOTRE PERIPLE A NOUS SE POURSUIT.
Musique d'ambiance
https://youtu.be/piYsFZWmM18?t=81
CHAPITRE 97
LA PARENTHESE ENCHANTEE
Sur la route de la descente en amont de la passerelle de Spasimata, que j'évoquais dans le chapitre 96, nous avions doublé un père et sa fille, que l'on avait déjà croisé sur notre route auparavant. Peut-être que vous vous souvenez d'eux :
Il s'agissait de la fille qui "trainait" son père parce qu'il n'allait pas assez vite. Le bougre était fatiguée et la meuf l'enguelait pour qu'il fasse plus d'effort. Une vraie dominatrice au premier abord on se disait.
Dans la descente, quand on les a doublé avec Léo, elle nous a laissé passer avec son père, et elle n'a eu aucune once de vergogne a le clasher devant nous. J'ai eu de la peine pour lui.
Alors que le groupe d'Olivier était parti, on a essayé de se mettre à l'eau avec Léo dans la petite piscine naturelle vers la passerelle.
Et la fille et le père se sont mis proche de nous pour faire de même. Et là, alors qu'on avait les pieds dans l'eau avec Léo, la fille s'allonge sur le rocher juste en face de nous et commence à lire son bouquin, tout en nous regardant.
La honte, impossible de rentrer dans l'eau tellement elle est gelée. Même Léo, qui pourtant lui est assez résistant à la douleur et à l'eau froide, n'a pas réussi.
Le père qui a essayé de nous imiter... a essayé. En vain.
La meuf n'aura jamais essayé de rentrer dans l'eau. Peut-être qu'elle ne sait pas nager, mais heureusement en réalité parce que si elle avait réussi, on aurait été humilié à vie.
On passera plusieurs heures à prendre un bain de soleil et à mettre les jambes dans l'eau. L'eau froide, rien de tel pour les muscles et pour guérir aussi ma blessure. C'est vraiment agréable.
Il fait tellement chaud que j'ai décidé de faire ma lessive. La piscine naturelle avait en fait un léger déversement vers une autre piscine naturelle et ainsi de suite, laissant passer un filet d'eau sur des rochers. J'ai sorti mes t-shirts sales de mon sac à dos et j'ai tout trempé dans l'eau, avant d'essorer, et de laisser sécher sur le rocher. On est comme à Koh-Lanta ici, avec les moyens du bord.
On est pas bien là sans déconner ? Petites meufs, en calebut, ptit soleil, avec les potes, au milieu de nul part en Corse, presque au bout du GR20... Ah je pensais à vous mes petits kheys
Au bout de quelques heures on décide de repartir, il doit être 15h30. On remonte la rive et on arrive assez rapidement au refuge de Carrozzu.
La mission du jour est donc accomplie, nouvelle étape validée, il nous reste 2 étapes à faire et on aura terminé.
A l'accueil, on a un type sympa mais qui a l'air déconnecté de la réalité, dans son monde.
-Salut les gars, bienvenue. Vous êtes en autonomie ? C'est quoi vos noms ?
-Ah oui, je vous vois. Ok, pour vous expliquer, repas à 19h, vous choisissez n'importe quel tente, ça ira pour vous ? Ah oui, et si vous voulez, on vend des gâteaux au chocolat ici, et on fait aussi des bières un peu spéciale, à base de citron ou de menthe suivant vos préférences...
On ne testera pas le gâteau au chocolat mais les bières en revanche... On est là.
Avant cela, on choisit une tente, et on va au fond du campement, proche du départ demain. Par contre c'est une horreur ce refuge dans le sens ou le sol est envahi de fourmis, partout, dans toute la zone.
Tu restes debout sans bouger pendant 5 secondes, tu verras une vingtaine de fourmis sur tes jambes.
heureusement, on a de la place dans une tente sur pilotis.
Mais les fourmis sont quand même présentes. ça fait rire que tout le monde autour de nous se bat avec ces diables de fourmis.
Y en ils sortent des tentes en tapant des enormes coup de pieds vers le sol et en lançant des petites insultes à tout va : "LÂCHEZ NOUS BANDE DE P**** de FOURMIS DE MER**"
Après une petite sieste, on découvre que la fille et son père sont là aussi, au refuge. Enfin quelqu'un qu'on reconnaît qui ne part pas direction Bonifatu.
Qu'est-ce-qu'elle est belle la fille sérieux...
A suivre
https://youtu.be/YUaxVQPohlU?t=4
CHAPITRE 97
LA PARENTHESE ENCHANTEE
Sur la route de la descente en amont de la passerelle de Spasimata, que j'évoquais dans le chapitre 96, nous avions doublé un père et sa fille, que l'on avait déjà croisé sur notre route auparavant. Peut-être que vous vous souvenez d'eux :
Il s'agissait de la fille qui "trainait" son père parce qu'il n'allait pas assez vite. Le bougre était fatiguée et la meuf l'enguelait pour qu'il fasse plus d'effort. Une vraie dominatrice au premier abord on se disait.
Dans la descente, quand on les a doublé avec Léo, elle nous a laissé passer avec son père, et elle n'a eu aucune once de vergogne a le clasher devant nous. J'ai eu de la peine pour lui.
Alors que le groupe d'Olivier était parti, on a essayé de se mettre à l'eau avec Léo dans la petite piscine naturelle vers la passerelle.
Et la fille et le père se sont mis proche de nous pour faire de même. Et là, alors qu'on avait les pieds dans l'eau avec Léo, la fille s'allonge sur le rocher juste en face de nous et commence à lire son bouquin, tout en nous regardant.
La honte, impossible de rentrer dans l'eau tellement elle est gelée. Même Léo, qui pourtant lui est assez résistant à la douleur et à l'eau froide, n'a pas réussi.
Le père qui a essayé de nous imiter... a essayé. En vain.
La meuf n'aura jamais essayé de rentrer dans l'eau. Peut-être qu'elle ne sait pas nager, mais heureusement en réalité parce que si elle avait réussi, on aurait été humilié à vie.
On passera plusieurs heures à prendre un bain de soleil et à mettre les jambes dans l'eau. L'eau froide, rien de tel pour les muscles et pour guérir aussi ma blessure. C'est vraiment agréable.
Il fait tellement chaud que j'ai décidé de faire ma lessive. La piscine naturelle avait en fait un léger déversement vers une autre piscine naturelle et ainsi de suite, laissant passer un filet d'eau sur des rochers. J'ai sorti mes t-shirts sales de mon sac à dos et j'ai tout trempé dans l'eau, avant d'essorer, et de laisser sécher sur le rocher. On est comme à Koh-Lanta ici, avec les moyens du bord.
On est pas bien là sans déconner ? Petites meufs, en calebut, ptit soleil, avec les potes, au milieu de nul part en Corse, presque au bout du GR20... Ah je pensais à vous mes petits kheys
Au bout de quelques heures on décide de repartir, il doit être 15h30. On remonte la rive et on arrive assez rapidement au refuge de Carrozzu.
La mission du jour est donc accomplie, nouvelle étape validée, il nous reste 2 étapes à faire et on aura terminé.
A l'accueil, on a un type sympa mais qui a l'air déconnecté de la réalité, dans son monde.
-Salut les gars, bienvenue. Vous êtes en autonomie ? C'est quoi vos noms ?
-Ah oui, je vous vois. Ok, pour vous expliquer, repas à 19h, vous choisissez n'importe quel tente, ça ira pour vous ? Ah oui, et si vous voulez, on vend des gâteaux au chocolat ici, et on fait aussi des bières un peu spéciale, à base de citron ou de menthe suivant vos préférences...
On ne testera pas le gâteau au chocolat mais les bières en revanche... On est là.
Avant cela, on choisit une tente, et on va au fond du campement, proche du départ demain. Par contre c'est une horreur ce refuge dans le sens ou le sol est envahi de fourmis, partout, dans toute la zone.
Tu restes debout sans bouger pendant 5 secondes, tu verras une vingtaine de fourmis sur tes jambes.
heureusement, on a de la place dans une tente sur pilotis.
Mais les fourmis sont quand même présentes. ça fait rire que tout le monde autour de nous se bat avec ces diables de fourmis.
Y en ils sortent des tentes en tapant des enormes coup de pieds vers le sol et en lançant des petites insultes à tout va : "LÂCHEZ NOUS BANDE DE P**** de FOURMIS DE MER**"
Après une petite sieste, on découvre que la fille et son père sont là aussi, au refuge. Enfin quelqu'un qu'on reconnaît qui ne part pas direction Bonifatu.
Qu'est-ce-qu'elle est belle la fille sérieux...
A suivre
https://youtu.be/YUaxVQPohlU?t=4
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CHAPITRE 98
LE REFUGE DE CARROZZU
Je me souviens des douches sur ce refuge. Elles sont pas loin de notre tente sur pilotis, juste en face de nous. Elles étaient bouillantes et il y avait une araignée qui m'a bien fait flippé.
Je l'avais vu au dernier moment heureusement, au dessus de moi, au moment de sortir. J'ai évidemment rien dit au pauvre bougre qui attendait derrière la porte son tour.
On a ensuite fait une bonne sieste avec Léo dans la tente pour reprendre des forces. On avait du temps devant nous.
A mon réveil Léo me faisait la remarque qu'il m'a vu continuer à marcher pendant mon sommeil, que mes pieds bougeaient tout seul ahi
En bougeant ma tête sur le côté, j'aperçois un trou dans la paroi de la tente. Je regarde à l'intérieur et j'aperçois que notre voisinage ne sera autre que le père et sa fille.
:
ça me donnait déjà des idées dans la tête cette histoire...
Bref, en se levant, on reprend nos esprits en compagnie des fourmis et on s'asseoit sur notre petite terrasse privée sur pilotis. On est juste à côté de ceux qui arrivent de Orto Di Piobu, c'est leur deuxième jour en partant de Calenzana, donc dans le sens inverse de nous.
Et là petit spectacle, on découvre une famille qui arrive : le père, la mère et les deux enfants frère et soeur qui arrivent avec les maillots respectifs suivant : BENJI FATHER GR2023, MOTHER GR2023, FLO BROTHER 2023 AND ALEX SISTER 2023.
-Ayaa ils se sont fait des maillots personnalisés !
-Qu'est ce qu... Pourquoi la fille chiale comme ça ?
-AH NON ALEX JE T'INTERDIS DE PLEURER MAINTENANT HEIN !
-CE N'EST QUE LE DEBUT. Les jambes ne sont encore peut-être pas prêtes, mais ça va venir avec le temps ! On s'est préparé toute l'année pour ça on ne va pas commencer à abandonner maintenant !
-Arrête ton délire bordel, si demain c'est pareil, j'arrête tout !
-Mon délire ???? Calme-toi Alex ! C'est la colère qui parle à ta place. Tu exagères tout, tu n'es pas dans ton état normal.
-Mais qu'est ce tu parles ??? T'as vu UN PEU LE TERRAIN ??? LE MOINDRE FAUX PAS ET C'EST LA MORT JE TE SIGNALE
Avec Léo on aura bien retenu cette phrase, on en parle encore aujourd'hui : "le moindre faux pas et c'est la mort".
Musique d'ambiance
https://www.youtube.com/watch?v=aD0I-iiUi80&ab_channel=07702077621
Alors que Léo était mort de rire, je dois avouer que la nana disait vrai, sur la plupart du GR20, tu te rétames c'est une potentielle chute mortelle, tu peux te fracasser le crâne sur un rocher, il faut faire très attention. Mais hé... C'est le GR20 quand même ! La rando la plus difficile d'Europe !
De l'autre côté, je vois la meuf qui étend ses affaires sur un fil entre deux arbres, maillot etc...
Ils sont pas très bavard ceux-là, ils ne nous parlent pas. Peut-être ont-il encore la haine qu'on les ai dépassés tout à l'heure.
La meuf était dégoûté que son père ne soit pas au niveau, je me souviens qu'elle a fait une remarque à son père : "mais papa regarde... tout le monde nous dépasse là !!"
ça décrit un peu le personnage.
Bref, on va reprendre une petite bière avec Léo, et on regarde autour de nous... Y a plus grand monde qu'on connaît maintenant. Les Belges, Olivier et son groupe, le couple Belge au début de l'aventure, et enfin les deux vieilles biques... Ils ont tous terminé leur aventure à Bonifatu.
On a l'impression d'être revenu au premier jour où personne ne se connaît.
Mais surtout, on voit beaucoup de gens qui commencent seulement le GR20, on le voit à leur visage, il n'y a plus grande monde qui va dans notre sens...
Un canadien roux avec sa copine Ukrainienne nous demandent si ils peuvent s'asseoir avec nous à notre table pour passer le temps. Ce n'est pas de refus, on se fait un peu chier là... On va pouvoir bavarder un peu avec eux :
On fait connaissance avec eux et on une bonne entente arrive rapidement. On se pose les questions basiques de ce qu'on fait dans la vie, du pourquoi on est là au GR20 etc...
-Nous on est venu faire le GR20 parce que c'est notre mariage.
-Oui, c'est notre voyage de noces
-Oui. C'est pas très luxueux comme voyage de noces, on sait, mais ça a son charme...
-Oui ce n'est pas faux. Mais quoi de mieux que le GR20 pour se retrouver entre amoureux ? En pleine nature !
-C'est vrai ! Et vous faites le GR en entier ?
-Oui, et ils nous restent que deux jours de marche, on vient du Sud.
-C'est vrai ?? Wahouu ! Félicitations !
-Et vous ? On ne s'est jamais croisé aux autres refuges, j'imagine que vous venez du Nord ? De Calenzana ?
- Exact, ce n'est que le début et ce n'est pas facile on doit l'admettre. Mais on est ensemble c'est le principal. Et puis on doit le faire en entier comme vous haha, on est encore loin du Sud !
-C'est normal, les deux premiers jours sont difficiles. Si vous passez les deux prochains jours, vous devriez y arriver, c'est le plus difficile.
Comme Léo a la connaissance parfaite du parcours, il explique au couple les différentes possibilités qu'ils rencontreront, le choix entre les variantes et les chemins classiques du GR20, les différents refuges possibles, où ils peuvent doubler, etc...
C'est marrant parce qu'au tout début, on entend beaucoup de gens qui veulent doubler, voire tripler, mais quand on se retrouve au milieu du GR20, on entend jamais ce genre de discussion.
On décide de leur offrir un petit verre de myrte.
Ils découvrent et acceptent avec joie. En retour, le rouquin décide d'aller chercher à la tente une liqueur spéciale que l'Ukrainienne a ramené et faite par sa grand-mère. On aurait dit la liqueur d'échalotte des bronzées.
-Cette liqueur représente le cadeau de mariage qu'on partagera uniquement avec les gens qu'on apprécient sur ce parcours. Les belles rencontres. Et vous deux, vous êtes de belles personnes, ça se voit. C'est un plaisir d'inaugurer la bouteille avec vous.
-Merci beaucoup c'est très gentil, on a rencontré beaucoup de belles personnes ici aussi, vous en rencontrerez beaucoup d'autres aussi, ça ne fait aucun doute.
Quand on commence à parler comme ça, ça se voit qu'on est plus loin de la fin...
-Ohhhh c'est tellement triste que vous veniez pas avec nous et qu'on ne se retrouve pas à tous les autres refuges...
La fille est tellement belle et très tactile, elle posait sa main sur mes genoux sans aucune once de vergogne quand elle se marrait. Bordel on est loin des filles françaises butées et qui crient au fémini*** à tout bout de champ.
Sur ce, ça va être l'heure de passer à table !
On est installé sur une table de 8 personnes, le rouquin et l'Ukrainienne sont à notre table également. On est content du coup. Mais on va rencontrer aussi d'autres personnes avec qui on va bien se marrer pendant le repas.
Je me souviens surtout d'un blond qui avait sorti une vanne de malade dès le début du repas, mais impossible de me souvenir, j'arrêtais pas de rigoler. Il avait de l'humour.
Et en face de lui, y avait un type grand et un peu gros qui était crevé, au bout de sa vie :
-Cela fait deux jours que je marche, je suis parti avec un ami, il m'a lâché dès le premier jour, il a ragequit en alors qu'il disait qu'il était habitué à marcher... Je vais devoir me taper le GR tout seul.
-La loi du GR20 les gars... Une personne sur deux n'arrive pas au bout. Voyez le bon côté des choses, vous êtes la personne qui réussira
-Par contre les gars, rassurez-moi, on a fait le plus dur là hein ??
-ça dépend vous venez d'où ? ça fait deux jours que vous marchez vous dîtes ? Vous venez de Calenzana ?
-Oui !! Je pense que le plus dur est fait. Enfin j'espère... Parce que là, j'ai déjà énormément de mal à marcher... Je vois pas comment on faire pire qu'aujourd'hui en fait...
-ohohoh OHOHOHOOOOOOOO HAHAHAHAHAHAAHA
-Quoi ? Pourquoi est-ce que vous riez ??
-Parce que le pire est à venir croyez-moi ! Ce que vous venez de faire c'est de la rigolade à côté
Ses yeux se sont écarquillés comme jamais. A ce moment-là avec Léo, on savait déjà qui arriverait au bout du GR20 dans ce refuge et qui n'y arriveraient pas. On sens que parmi ceux qui débutent (quasi tout le monde dans le refuge, excepté nous et le père et la fille qui arrivent presque à la fin), ils sont décalés par rapport à nous, décalés parce qu'ils sont encore proche de la ville, encore stressés et pas encore mis à nus par la montagne. Avec Léo, on explique du mieux possible ce qui attend les autres, on essayait de les imaginer à Asco avec les rafales à 130 km/h ahiii
Dommage qu'on ne les verra pas dans l'avenir pour les voir galérer un peu... On se serait bien marrer.
Avant le début du repas, y avait aussi une gamine qui a fait une danse et un chant devant toutes les tables, c'est la petite fille du mec qui tient le refuge.
Petit malaise, mais on a applaudit
A suivre
CHAPITRE 99
LA FOLLE NUIT
Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit que ce chapitre va vous casser les couilles. Vous voulez parier ?
Le diner terminé, nous avons continué de discuter avec le jeune couple, le Canadien et l'Ukrainienne, qui sont finalement en voyage de noces au GR20. Ils ont adoré notre rencontre et c'est réciproque de notre côté.
On est parti se coucher assez rapidement. Juste avant de rentrer dans la tente, le coucher de soleil était assez fabuleux ce soir là. J'ai donc décidé de rester un peu debout, les mains dans les poches devant la tente, pour contempler la vue. C'est notre avant-dernière nuit sur le GR20, la prochaine nuit sera la dernière, il faut donc profiter. C'est la dernière fois que je me dis : "demain je vais me coucher dans un autre refuge".
Ca fait bizarre mais le fait que tout ça se termine, on y pense de plus en plus. Alors peut-être !!
ALORS PEUT-ÊTRE ON VA REUSSIR LE DEFI !
Deux jours de marche restants.
Alors que je contemple la vue, j'aperçois le père et la fille qui reviennent aussi vers leur tente.
Je les vois un peu faire du tri dans leur tente, lutter contre les fourmis au sol, à préparer les affaires pour le lendemain, etc.
Et là, je vois qu'elle pose ses chaussettes de randos sur le fil à linge.
Putain, si tout le monde dort cette nuit, c'est une occasion en or.
Au moment de se coucher, la nuit tombe et sur au moins 3 heures, les gens n'arrêtaient pas de marcher dans les cailloux autour de la tente, je sais pas ce qu'ils foutaient mais ça s'arrêtaient pas. Franchement je comprend pas pourquoi y avait autant d'aller/retour, qu'est ce qu'ils foutaient comme ça à marcher sans arrêt bordel ? La journée ne leur a pas suffit ?
Attendez un peu tout à l'heure, quand je vais me lever pour pisser, je vais bien faire exprès de faire du bruit dans la caillasse bande de crapouillasses.
En pleine nuit quand je me réveille, il fait nuit noir. Plus aucun bruit dehors. Je me lève avec ma frontale sans essayer de trop réveiller Léo. J'ouvre la fermeture éclair de la tente et je sors. A noter qu'à notre droite c'est une jolie femme qui est venue s'installer dans la tente, sans qu'elle parle français. En plus d'aller pisser, je voulais absolument emprunter leurs chaussettes (à la voisine de gauche
et à la voisine de droite).
Par chance, celle de droite avait laissé ses chaussures juste sur la terrasse en pilotis à côté de nous, très facile de récupérer les chaussettes noires. Elles étaient mouillées, elle a du marché dans l'eau. Et celle de gauche, il a fallu que je trouve le putain de fil à linge dans le noir.
Mais mission réussie ! ça fait peur parce que tu te dis que si quelqu'un te voit, t'es dans la merde. Je mets tout ça dans la poche, et je file dans les toilettes sèches. Je renifle les deux chaussettes : celle de gauche ne sent rien, mais celle de droite une puanteur totale.
Après j'ai redéposé les chaussettes respectives à leur place. Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion. J'aurais eu des regrets les kheys.
Bref, la nuit continue, froidement, mais continue. A notre réveil, la fille de gauche et son père sont déjà partis, ils ne sont plus là. On apprendra qu'ils sont restés seulement cette nuit au refuge pour partir aujourd'hui à Bonifatu.
Vous savez ce que ça veut dire les kheys ?
Léo et moi sommes les derniers depuis le départ du Sud à aller à la toute fin du Nord. Nous sommes les deux derniers survivants qui vont dans ce sens. L'impression d'être les deux derniers finalistes de Koh-Lanta.
A suivre
CHAPITRE 100
LE DERNIER COMBAT.
Avant-dernier jour. Levé un peu plus tard que les autres, beaucoup sont déjà partis parce qu'ils partent direction le Sud. Alors que Léo et moi, nous serons les seuls à continuer vers la fin du Nord. Nous ne sommes plus que les deux derniers dans ce sens, entre ceux qui ont abandonné, ceux qui sont sortis blessés et ceux qui sont sortis à Bonifatu.
Petit-déjeuner rapide au refuge. Il a l'air de faire beau encore aujourd'hui, ça fait plaisir. Surtout en compagnie des petits oiseaux :
La journée commence par une légère montée. Une envie de chier terrible me prend, je quitte Léo 20 min après avoir trouvé un coin parfait. Parfait dans le sens confortable, pas dans le sens visu, puisqu'on ne croise personne (tout le monde est parti de l'autre sens). Ceux qu'on croisera seront plutôt ceux qui font leur deuxième étape en partant du début du Nord.
On repart ensuite, et cette fois c'est une longue et difficile montée qui arrive. Léo qui disait que les deux dernières étapes étaient assez simples, bah celle-là honnêtement, elle semble dure quand même.
Aurais-je encore fait l'erreur de sous-estimer une étape ? Rappelez-vous ceci : toujours se dire que l'étape du jour est incroyablement difficile pour qu'elle vous paraisse plus simple, sinon, c'est une gifle que vous prenez. Tout est question de psychologie.
Heureusement, on est encore à l'ombre car la montagne masque le soleil. La grosse montée se fait donc au frais. Mais elle est tellement dure, qu'on décide de se faire une petite pause graines en pleine montée. On profite de l'instant en se disant que bientôt, on ne verra plus tout ça.
Je me souviens même de certains moments d'escalade. Faut pas avoir le vertige. D'ailleurs en parlant de vertige, je me souviens aussi d'un endroit avant d'arriver à Asco que j'ai oublié de vous raconter, dans la descente quand je m'étais séparé de Léo le temps d'une demi-étape. Il fallait, avec les rafales de vent, contourner un rocher avec une chaîne, y avait un endroit où il fallait s'accrocher à la chaîne et faire un saut au dessus-du vide, juste un pas, mais sans voir l'autre côté du rocher puisqu'il s'agissait d'un contournement. Endroit effrayant et sans droit à l'erreur, sinon c'est la mort. C'était encore une situation où j'avais frôlé la mort.
Bref, je reviens au récit de l'instant présent.
Après certains passages d'escalade, il fallait aussi s'abaisser, et passer sous des morceaux de rochers. Cela met le dos à rude épreuve.
Enfin, en haut de cette montagne, nous arrivons avec Léo au Bocca Immunata, une brêche située à 1865 m d'altitude. Mine de rien on a encore grimpé pas mal aujourd'hui...
J'ai encore mal au dos, comme l'année dernière, mais beaucoup moins. Cette année, j'ai mal une journée sur deux. Mais c'est peut-être lié aussi au fait que les étapes difficiles du Nord réveillent mon autre blessure à la cheville. Je n'ai pas mal le matin, mais le terrain ravive la douleur dans la journée. Il est quand même temps que le GR se termine, c'est jamais très bon de forcer sur une blessure, ça peut user de manière irréversible.
-Regarde un peu derrière toi Célestin. On commence enfin à voir tout ce qu'on a fait sur la partie Nord.
-Mais là on voit pas tout, tu verras demain, on aura un point de vue exceptionnel, on verra toutes les chaînes de montagne qu'on a gravi, une par une.
On continue ENCORE à monter, jusqu'à atteindre cette fois le Bocca Avartoli à 1898 m.
Jusque-là, l'étape était quand même assez technique. Et à présent, on est en plein soleil. Il reste du chemin, on comprend que ce sera difficile aujourd'hui.
Sur ce point, on revoit de nouveau la baie de Calvi au loin. On s'approche du but... On s'approche.
Pour le reste de la journée, on a marché énormément, on a souffert, beaucoup souffert. J'ai broyé du noir. J'ai galéré, j'ai ragé. Il a fait très très chaud et on en voyait pas le bout.
Léo avait tout simplement oublié à quel point cette étape était aussi difficile. Je comprends pourquoi le type d'hier au refuge disait qu'il ne pouvait pas imaginer une étape aussi difficile que celle là. Bordel, il n'avait pas tout à fait tord. Celle d'Asco était hors catégorie, mais ayant tellement souffert à celle-là, je la classe comme la deuxième étape la plus difficile du GR20. Oui la deuxième.
On traverse un cours d'eau et on doit remonter une dernière montagne. Léo en est certain.
-Enfin on va arriver enfin ! Bordel mais quelle journée, je croyais vraiment que ça allait être plus simple.
-Courage Célestin, c'est le Dieu du GR20 qui essaye de déverser ses dernières forces pour nous empêcher d'arriver au bout. C'est le dernier combat. Il commence à se dire qu'on va y arriver, on va bientôt le battre allez !! Il a peur alors c'est son dernier cadeau, il se dit qu'on allait quand même pas y arriver si facilement quand même !
On arrive au refuge d'Orto Di Piobbu. Le refuge est gigantesque, y a des tentes étalés partout, mais parfois loin les unes des autres, plus haute et plus basse dans la montagne. Léo ne comprend pas l'accueil et ne le reconnaît pas puisque le refuge en lui-même a pris feu dans un incendie par rapport à la dernière fois où il y avait été
Et là, il m'énerve parce qu'il ne s'arrête pas, il marche pour savoir quelle tente est la mieux, il vaut aller à l'autre bout du refuge pour ensuite revenir ici "si ça va pas là-bas".
Perso, je m'en bas les reins de où on est, j'ai plus aucune force, je lâche mon sac comme un enragé à la première tente, écoeuré par l'étape et par la chaleur extrême.
-T'as l'air d'en avoir marre...
-Désolé. L'étape m'a mis KO. Si tu veux te balader dans le refuge vas-y tout seul moi je m'arrête là. Si tu trouves mieux tu me diras.
Mon humeur est atteint. J'ai mal à ma blessure à la cheville, à mon dos, je crève de chaud, l'étape du jour m'a vraiment lessivé. Le pire c'est le dos, là je souffre comme l'année dernière.
-Un truc de malade cette étape, c'était pas prévu que ce soit aussi dur, bon sang on est encore loin de l'arrivé je vous le dis ! Ils disent que demain sera facile mais tu parles, je suis sûr qu'on va encore souffrir.
J'étais dans un état de nerf total.
Musique d'ambiance
https://youtu.be/3ExvS5rXKUA?list=RD3ExvS5rXKUA&t=6
CHAPITRE 101
LE DERNIER REFUGE
J'ai le dos explosé. Léo revient vers moi en m'annonçant qu'on prendra la tente devant laquelle je m'étais assise en arrivant. Tant mieux, ça m'évitera de remarcher pour aller dans une autre.
L'étape du jour m'a bien claqué, je la classe comme la deuxième la plus difficile du GR20 je rappelle.
Heureusement que demain c'est le dernier jour, la descente vers Calenzana. Ma douleur à la cheville est également un peu revenu compte tenu de l'étape compliquée.
Je décide de ne pas prendre de douche. Au diable la douche froide, je me la joue à la Koh Lanta, je me laverai demain à l'hôtel vu que ce sera la fin. Léo est surpris mais il décide finalement de faire de même, on va dormir comme des puants mais pas grave, on n'est plus à ça près. On appréciera davantage le confort demain.
On descend la pente vers le bar, c'est l'accueil du refuge d'Orto Di Piobbu puisque le refuge principal a brûlé dans un incendie.
C'est un jeune qui nous prend nos gamelles pour le pique-nique demain. Pas très aimable. Pas du tout même. Ca a l'air de le faire chier d'être là, il nous demande si on veut le taboulet pour le pique-nique demain.
-Encore du taboulet ? Bon, bah je crois qu'on va passer outre.
-Vous... Vous voulez pas du pique-nique ? Vous êtes sûr ?
-On mangera dans Calenzana au resto, on se passera du pique-nique.
-Ok. Bah... Vous pourrez venir prendre le petit-déjeuner. Par contre ce soir, on vous appellera pour venir manger, soyez juste là à 18h30, compris ?
-On va prendre deux bières en attendant.
On s'installe sur le banc avec Léo. Ma mauvaise humeur commence à redescendre, la bière me fait du bien, je me calme, malgré mes douleurs au dos.
-Oui, j'avais oublié qu'elle était difficile celle là aussi. Elle me paraissait moins dure dans mes souvenirs.
On ne connait personne dans le refuge, on regarde les gens autour de nous, c'est leur première journée. On écoute, on observe, ça fait passer le temps.
On ira ensuite fait une bonne sieste bien méritée dans notre tente.
-C'est notre dernière tente, notre dernière demeure, que l'on profite de cette belle soirée ensoleillée qui s'annonce.
On se réveillera vers 17h, on a sacrément dormi pour récupérer de cette étape. En sortant de la tente on aperçoit un beau coucher de soleil. C'est magnifique.
Arrivé vers 18h25, on se prépare à aller manger alors qu'on entend hurler nos noms de très, très très loin.
-LEEEEEOOOO ET CELESTIIIIIIIIIIIIIINNNNN !!!!!
-Je crois que oui, mais c'est pas encore l'heure... ?
-L'EQUIPE DE LEEEEEEO ET CELESTIIIIIIIIIIIIIIIINNNNNNNN EST PRIE DE VENIR A L'ACCUEIL !!!!!!
ça à l'air d'être urgent donc on descend la pente en vitesse. A 20m, ils recrient de nouveau.
-DERNIER APPEL !!!!!!!!! LEO ET CELESSS.. Ah les voilà !!!
-WOUUUUUUUF WOUUUUUUUUFFFFFFFFFF
-AH BAH ENFIN VOUS ÊTES LA !!!! REGARDEZ MEME LE CHIEN VOUS ENGUEULE !! ON VOUS AVAIT DIT DE VENIR A 18h30 pour MANGER !!!
Tout le monde debout devant le bar se marre et se fout de notre gueule.
-Oh ça va ! Il est 18h27 vous aviez dit 18h30 !
Léo était très vexé. Il a raison, les deux jeunes qui tiennent le refuge ne sont que des étudiants qui traitent les gens comme de la merde. C'était des co**ards.
On a mangé avec un couple vieux assez sympathique. Mais on a été viré comme des malpropres de la table parce qu'on mangeait pas assez vite ! _.gif)
Voilà le nouveau GR20, il y a tellement de monde, qu'ils font des groupes de 3 pour manger. Le groupe 1 mange à 18h30, le deuxième à 19h00 et le troisième à 19h30.
On a même pas commencé notre dessert. Léo décide de rester malgré la pression.
-Ils ne m'obligeront pas à me lever. J'ai payé pour ce repas, je le termine. Qu'ils essaient de me faire partir.
-Tu sais quoi Léo, viens quittons cet endroit nauséabond, regagnons notre tente on va emporter les desserts et manger devant le coucher de soleil. On ne va pas gâcher notre dernière soirée à cause d'abrutis.
-Prends les desserts, je vais nous chercher deux dernières bières en plus et je te rejoins.
De retour en haut vers la tente, le coucher de soleil est sublime. On a même trouvé un petit banc en bois, on s'installe dessus, on est un peu isolé du refuge, une tente un peu à l'écart on est tranquille.
-A peine un jour que les gens sont là dans leur sens et on sent déjà l'odeur de la civilisation. Celle qui pue, on ressent déjà leur stress.
-T'as raison, c'était mieux vers la montagne... C'est triste de se dire que c'est la fin. On va regagner nos vies et l'aventure va se terminer.
-On va quand même profiter demain. Tu verras, comme je te le disais l'année dernière, la dernière étape est magnifique. C'est une fin triomphante. Le parcours est exceptionnel, la nature nous dira au revoir, on va croiser tout un tas de petites choses, tout ce qu'on a croisé en version miniature, toutes les fleurs, tous les cailloux, même le sentier, on va avoir des aperçus, comme des maquettes de tout ce qu'on a connu jusqu'ici, tout réuni en une étape.
-Oui. Tu verras, la nature te félicite, tout te dit au revoir, tout te dit merci, c'est comme si les fleurs t'applaudissaient, c'est les bravo du Dieu du GR20. Ce sera magique tu peux me croire. Tu vas en prendre pleins les yeux, on va se régaler fais moi confiance.
-J'ai hâte ! Sache Léo que je suis tellement content d'avoir fait tout ça avec toi. Vraiment. Merci de m'avoir emmené ici.
-Allez santé mon pote, à cette dernière bière.
Musique d'ambiance
https://youtu.be/oBA_BZ9uD14?t=368
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