Le 04 septembre 2025 à 09:46:23 :
Après, y a quand même deux trois petites choses que tu dois révéler l'op, pour être parfaitement honnête...1) C'est un métier qui commence aux aurores (les ouvriers débarquaient à 7h après 1h30 de route. Donc se levaient à 4h du matin). Pour la vie de famille, c'est assez moyen, surtout par rapport à un cadre qui commencerait à 9h30 et qui a le temps de faire petit-déjeuner ses gamins et de les emmener à l'école.
2) C'est un métier physiquement très difficile:
- ils sont brisax à 40 ans: le dos, les genoux, les mains.
- ils sont soumis à des températures immondes: quand ils bossaient dans mes combles, en août 2024, il faisait 55°C là-dessous. Quand l'hiver est arrivé, il faisait entre -5°C et 10°C toute la journée...
- ils absorbent un maximum de saloperies (perso, c'est ce qui m'inquiéterais le plus): poussière de bois, émanations de détergents, de colle, etc. (j'ai un pote qui fait de la soudure, il me dit qu'il fait des crises d'asthme assez régulièrement).Du coup, je pense que ce sont de très bons boulots entre 20 et 40 ans. Mais dégueulasses entre 40 et 60. Certains deviennent technico-commerciaux ou administratifs pour prendre moins cher mais c'est pas possible pour tout le monde.
L'ouvrier le plus vieux sur le chantier avait 55 ans et tu sentais qu'en fin de journée, il soufflait par les naseaux. Le mec était à bout. Et leur lifestyle n'aide pas: ils fument beaucoup, boivent beaucoup. Les mecs sont globalement brisés assez vite.
Oui mais le travail a un côté salvateur parce que tu penses pas à autre chose et l'ambiance vaut le coup d'y aller
Mais il faut en effet pas être faible physiquement et avoir des points de chute si on n'est plus capables de bosser
Beaucoup deviennent formateurs en CFA en fin de carrière
Le 04 septembre 2025 à 09:25:51 PHDmort a écrit :
Ils ont une solidarité ENORME entre eux, tu découvres la vraie masculinité avec des hommes qui se soutiennent
"Quoi ? Tu as un souci sur ta caisse ? Attends mon cousin est mécano il m'a appris un peu je viens chez toi après le taf et je regarde !"
"Ton p'tit gars a besoin d'un stage ? Je peux le prendre en stage dans ma boite de maçon, si la maçonnerie l'intéresse !"
"Ta femme veut changer la cuisine ? T'inquiète pas on va récup des matériaux et on va t'aider à faire un truc qui va lui faire pétiller les yeux"Ils sont consciencieux, sympa, drôles, ils s'occupent de leurs enfants, ils ont une épouse, beaucoup deviennent des entrepreneurs, ils ont tous des centres intérêts (donc el famoso "ils sont débiles" est en réalité faux), ils gèrent de la compta, la fiscalité, ils ont des compétences en électricité bien plus qu'un prof de physique chimie
+1 
Mon grand plaisir, c'est de me rendre à Castorama le Lundi Matin. J'adore l'ambiance " Artisan " qui y règne.
Je commence par me rendre au rayon Vis et Ecrou, pour poser des questions au chef de Rayon. Mon objectif, c'est à chaque fois de lui poser une colle pour qu'il pense que je suis un EXPERT dans le domaine.
Hier, je lui ai posé des questions sur la fixation des Vis sur du contre-plaqué. Au début, il répondait puis, il m'a demandé de " tester " car il ne savait plus. Je peux vous dire que j'étais fier de moi.
J'adore aussi l'ambiance à la caisse. La douce odeur qui allie cigarette et sueur de l'artisan est toujours agréable. Je sais pas pourquoi, mais je me sens bien.
Plus généralement, il y a une très bonne ambiance dans les rayons. On sent qu'il y a un profond respect, que ce soit des employés envers la clientèle, mais aussi entre la clientèle. On se fait des signes de tête, parfois on serre les mains. On sait tous qu'on ait là parce qu'on est des pros et qu'on a du vécu.
Moi je suis au RSA, mais je suis considéré dans cet endroit. Les caissiers me regardent avec un brin d'admiration, ils se disent : " Ce jeune là, c'est sans doute un plombier. Il doit faire un boulot difficile mais il gagne bien sa vie et sait se débrouiller ". Même si généralement, je sors sans rien avoir acheté et je vais manger au restaurant Castorama.
Parlons-en de ce restaurant béni des dieux.
Les bons plats copieux d’ouvrier à prix d’ouvrier.
Je déguste de grosses portions de viande à 13.99€ avec la tartelette en dessert comme un vrai dur.
Souvent, je demande à deux artisants si je peux m’asseoir pour déguster mon steack tartare à 11.99€ et je leur raconte deux trois anecdotes «du chantier», bien que je sois au RSA, qu’ils écoutent avec admiration.
Après je leur paie le café et me tire
Quand tu rentres dans un Castorama, tu sais que tu viens pas enfiler des perles.
D'abord quand tu rentres, des effluves d'huiles, de fer et de sciures de l'entrepôt menuiserie emportent ton esprit dans une douce euphorie.
Tu sais pertinemment que durant le processus tu respires des microparticules de bois et que ton espérance de vie va diminuer à chaque passage dans l'enseigne mais tu t'en moques: là est le privilège de la virilité.
Tu vagabondes dans les différents rayons et tu rencontres des regards familiers. Les poignées de mains sont viriles, fermes, les regards des travailleurs se croisent et sans qu'un seul mot ne soit prononcé on ressent l'aura du respect. Tout pourrait s'effondrer à chaque instant et le magasin être en proie à la folie des hommes, mais c'est ce respect, arme de dissuasion massive, qui permet de maintenir la paix universelle.
Point de rencontre des artisans, ouvriers ou simples bricoleurs du dimanche, tous sont régis et animés par une seule chose: l'amour du travail bien fait.
Au détour d'un rayon tu rencontres un stagiaire, que tu reconnaîtrais entre milles employés de Casto. Les gestes sont peu précis, ses bras encore faibles et tu n'hésite pas à le mettre en difficulté en le questionnant sur le calibre du dernier arrivage d'écorce de jardin. Mais après cet échange, c'est l'indulgence qui domine ton esprit car tu sais qu'un jour, lui aussi il deviendra un homme et tu l’invites manger un bœuf bourguignon au restaurant Castorama
Castorama c'est l'école de la vie 
Le 04 septembre 2025 à 09:47:38 :
Le 04 septembre 2025 à 09:40:56 :
Le 04 septembre 2025 à 09:37:58 :
Après, c'est pas un secret que les enseignants sont sous-payés dans notre pays. Notamment les profs du supérieur (étant donné les études extrêmement longues, exigeantes et difficiles qu'ils ont faites).Quand tu découvres qu'un professeur des universités commence à 3400€ bruts, soit 2800€ nets, tu te dis que ce pays est une plaisanterie...
Certains professeurs à Harvard gagnent 350K$ / an, voire davantage.
Après on s'étonne de la fuite des cerveaux...
Sachant que comme moi beaucoup sont intervenants, maitres de conférence, assistants pendant de longues années avant d'avoir un poste de PU
Moi j'étais parti pour 15 ans d'attente pour qu'un poste se libère dans ma région
Certaines régions sont pires, comme ParisFaux, ils cumulent tkt pas il y a le salaire et ce qui tombe du labo + les avantages etc
parce que quand ils vont assister à un séminaire à chypre pdt une semaine et que leur femme/mari a posé une semaine pour aller avec c'est pas pour rien
Source je travail depuis 6 ans en université.Après si t'as un labo de merde ou que t'es dans un sous domaine de niche dont tout le monde se branle oui... no shit. Il y en avait un comme ça qui se plaignait de pas être suffisamment payé.
- Tu toucherais combien dans le privé ?
- Ah non mais c'est beaucoup trop théorique il n'y a aucun poste dans le privé...
écoute tu vas pas m'apprendre la vie
j'ai été post doc et entouré d'autres post doc
le mieux payé était autour de 2k net dans une entreprise privée et avait très peu de possibilités d'évolution
il y a aucun avantage quand tu es post doc
j'ai bossé en université
j'ai aussi fait quelques missions d'interim dans le privé (évidemment aucun poste temps plein et CDI dispo)
tu dis "domaine niche" mais c'est l'inverse, c'est les domaines généraux (ex : chimie ana, chimie orga, bio de l'environnement) qui sont bouchés
au final dans mon cas (doctorat en chimie orga) j'ai été dans de meilleures conditions en tant que DOCTORANT qu'en tant que POST DOC et c'était le cas de beaucoup de collègues
Le 04 septembre 2025 à 09:50:22 :
Il y a clairement un soucis avec les filières pro où on envoie en gros les élèves en échec scolaire, sous entendu trop cons pour dépasser le brevet. C'est tout le système scolaire qui est mal foutu.
Le fait est que quand tu sort de bac + ... ,à part dans des métiers très pointus (au hasard, médecine, ou droit), la réalité du terrain te rattrape de plein fouet.
Concrètement pour moi, étant bon élève toute ma scolarité, les filières pro n'ont jamais été une option
On me les a jamais proposées
On m'a toujours dit que c'était un truc de ksos, qu'il fallait surtout pas y aller, on nous disait de nous moquer limite des élèves qui étaient dans ces filières là, que c'était honteux et ridicule d'y aller
Voilà
_.gif)
je suis d origine portugaise, toute ma famille est dans le batiment : couvreur, plaquiste, macon, ect...
tout ce que tu dis est vrai a 100%. Ils ont tous une bonne voir tres bonne situation financiere avec belle maison en france, gros gamos, maison au portugal et meme pour certain apparts en loc (encore une fois quand t es dans le batiment tu deviens pote avec des agents immo qui te mettent sur des bons coup)
MAIS
ce sont des metiers qui te ruinent la sante, c est vraiment le gros point faible. a la 50aine ils sont tous casse, les articulations prennent vraiment cher.
Le 04 septembre 2025 à 10:01:10 :
Je suis passé de cadre à commercial, et pareil ça a tout changé
C'est quoi la diff ?
Un commercial il va parler aux clients et démarcher les gens ?
Je viens de vérifier, y a un écart de 6 ans d'espérance de vie à 35 ans entre un cadre (46 ans) et un ouvrier (53 ans)
L'écart s'est cela dit bien reserré depuis 50 ans. Car il était de 15 ans dans les années 80 
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2383438
Après, je sais qu'il y a beaucoup de "biais" dans ces études statistiques. Le métier n'explique pas à lui seul ces écarts. Les cadres sont plus souvent issus de classes sociales favorisées et ont donc par exemple une alimentation bien meilleure que celle des ouvriers.
Je vais pas me prononcer sur les métiers manuels (parce que je n'y connais honnêtement rien), mais faut savoir tourner la page dans le monde de la recherche. Y'a peu de postes et c'est un enfer pour y parvenir avec plusieurs années en contrat précaire sans aucune certitude.
Lorsque tu termines une thèse, que tu commences à rentrer doucement dans le trentaine, t'as plus envie de passer des années en étant sous-payé dans du postdoc précaire et en jouant au loto pour un poste. Et le pire, c'est qu'il y a beaucoup d'universitaires qui s'acharnent et perdent un nombre hallucinant d'années lorsqu'ils ont les compétences pour faire autre chose.
Le 04 septembre 2025 à 10:09:20 :
Je vais pas me prononcer sur les métiers manuels (parce que je n'y connais honnêtement rien), mais faut savoir tourner la page dans le monde de la recherche. Y'a peu de postes et c'est un enfer pour y parvenir avec plusieurs années en contrat précaire sans aucune certitude.Lorsque tu termines une thèse, que tu commences à rentrer doucement dans le trentaine, t'as plus envie de passer des années en étant sous-payé dans du postdoc précaire et en jouant au loto pour un poste. Et le pire, c'est qu'il y a beaucoup d'universitaires qui s'acharnent et perdent un nombre hallucinant d'années lorsqu'ils ont les compétences pour faire autre chose.
Surtout quand, à 30 ans, tu vois tes potes cadres dans le privé après seulement 5 ans d'études, gagner 2X voire 3X ton salaire 
Le 04 septembre 2025 à 10:03:37 :
C'est en raison de ta trajectoire de vie l'OP. Là t'es arrivé plus vieux, plus mature et complètement désabusé; donc t'y vois du sens. Tu peux comparer par rapport à ce que t'as vécu avant et t'es plus malin que le mec lambda.
Si t'étais arrivé la dedans a 14 ans en échec scolaire t'aurais pas du tout la meme vision.
Oui je l'entends
D'ailleurs quand les autres savent que j'ai fait un peu des études (déjà ils m'appelle "le comptable" parce que je parle bien et m'envoient parler au client) ils sont tout de suite impressionnés
Je leur dis que franchement c'est rien d'exceptionnel et qu'ils ont pas à avoir honte
D'ailleurs j'ai été peiné de voir un collège de 50 ans trembloter quand il doit remplir des fiches parce qu'il a honte/peur de faire des fautes d'orthographe et qu'on se moque de lui
Je pense que pour beaucoup on a cassé leur estime d'eux mêmes dès 14 ans en leur disant : "tu n'es bon qu'à aller te péter le dos sur un chantier + tout le monde se moquera de la voie que tu as prise, toute ta vie car tu es con"
C'est vraiment criminel ce que l'école fait à ces gens
Le 04 septembre 2025 à 10:09:09 :
Je viens de vérifier, y a un écart de 6 ans d'espérance de vie à 35 ans entre un cadre (46 ans) et un ouvrier (53 ans)L'écart s'est cela dit bien reserré depuis 50 ans. Car il était de 15 ans dans les années 80
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2383438
Après, je sais qu'il y a beaucoup de "biais" dans ces études statistiques. Le métier n'explique pas à lui seul ces écarts. Les cadres sont plus souvent issus de classes sociales favorisées et ont donc par exemple une alimentation bien meilleure que celle des ouvriers.
Si je peux parler encore une fois de ce que je vois : bière à foison sur les chantiers et clope pour les 3/4 des travailleurs donc... en effet
Mais effectivement cet aspect du taf est à prendre en compte : c'est fatigant
Le 04 septembre 2025 à 10:03:37 :
C'est en raison de ta trajectoire de vie l'OP. Là t'es arrivé plus vieux, plus mature et complètement désabusé; donc t'y vois du sens. Tu peux comparer par rapport à ce que t'as vécu avant et t'es plus malin que le mec lambda.
Si t'étais arrivé la dedans a 14 ans en échec scolaire t'aurais pas du tout la meme vision.
Oui, par ailleurs, c'est pas la même chose de devenir ouvrier en étant issu d'un milieu ouvrier et de devenir ouvrier en étant issu de la classe moyenne, voire de la bourgeoisie.
Le bourgeois a des cheat code tout au long de son parcours.
- Cheat code héritage, donc cheat code immobilier.
- A priori, en couple avec une femme qui a, elle aussi, fait des études supérieures et qui gagnent donc plus (les femmes sont terriblement endogames: une avocate ne sort pas avec un ouvrier de base, alors qu'elle pourra sortir avec un plaquiste qui était autrefois docteur en droit...)
C'est pour ça que c'est toujours un peu énervant, par exemple, ces reportages sur des bobos qui se lancent dans le food-truck. Bah oui, ils peuvent bien se le permettre! S'ils ne se payent pas pendant 2 ans et qu'ils gagnent ensuite un SMIC, ils s'en branlent un peu. La maison est payée, papa et maman veillent au grain... _.gif)
Le 04 septembre 2025 à 10:09:20 :
Je vais pas me prononcer sur les métiers manuels (parce que je n'y connais honnêtement rien), mais faut savoir tourner la page dans le monde de la recherche. Y'a peu de postes et c'est un enfer pour y parvenir avec plusieurs années en contrat précaire sans aucune certitude.Lorsque tu termines une thèse, que tu commences à rentrer doucement dans le trentaine, t'as plus envie de passer des années en étant sous-payé dans du postdoc précaire et en jouant au loto pour un poste. Et le pire, c'est qu'il y a beaucoup d'universitaires qui s'acharnent et perdent un nombre hallucinant d'années lorsqu'ils ont les compétences pour faire autre chose.
Comme je l'ai dit dans mon post, il n'y a pas de poste dans le privé en orga (ou quasi pas), peut-être que pour d'autres domaines la transition vers l'industrie/les entreprises privées est plus saine et plus aisée
Mais pour mon cas précis, c'était malheureusement des plans sur la comète
J'ai hésité à faire la passerelle vers pharmacie, ça me téléportait en 2ème année d'études de pharma, il aurait fallu que je me tape les 5 prochaines années à la faculté de pharmacie pour devenir pharmacien
Ce métier m'aurait apporté une rémunération inespérée pour mon domaine et surtout une stabilité (le secteur de la santé est en pénurie), avec mon background je pense que les années n'auraient pas été difficiles à valider pour moi
J'ai aussi hésité à passer les concours de l'enseignement ou de la fonction publique, là je n'aurais pas eu à refaire des années d'études mais il aurait fallu se mettre dedans, sa la préparation, faire les annales...
Je pense avoir fait une sorte de burn out, en tout cas j'ai fini par dire "merde" et les métiers manuels se sont ouverts comme une évidence
J'ai décidé d'aller vers plaquiste parce qu'une entreprise m'a proposé, pareil pour ma future formation en carrelage
Mon cas est relativement unique, je m'attends pas à ce que tout le monde suive ma voie, ça me convient à MOI, pour l'instant
Chacun son chemin, je fais un témoignage c'est tout
Afficher uniquement les messages de l'auteur du topic