Properce, Elegies, II, 12 (Désolé j'ai eu la flemme de traduire moi même j'ai pris une vieille trad) :
QUEL que soit l'homme qui ait représenté l'Amour sous les traits d'un enfant, qui n'admirerait point sa main ingénieuse ? Il a vu le premier que les amants vivaient sans prévoyance, et que souvent ils sacrifiaient tout leur avenir à des riens légers. De même, quand il a donné à ce dieu volage le coeur d'un homme et des ailes que le moindre souffle agite, il a senti que nous étions le jouet d'une onde mobile, qu'un souffle nous chassait toujours à son gré. La main du dieu est encore armée de flèches perçantes, et un carquois brillant résonne sur ses épaules ; car l'Amour nous frappe avant que nous soupçonnions la présence de l'ennemi, et personne n'échappe à ses traits sans blessure.
Les flèches de l'Amour et son image enfantine restent dans mon coeur ; mais sans doute hélas ! le dieu a perdu ses ailes, puisqu'il refuse toujours de s'envoler loin de moi, puisqu'il brille mes veines et me livre sans cesse de nouveaux combats. Amour, quel plaisir pour toi d'habiter un corps exténué ? Si tu connais quelque pitié, dirige ailleurs tes flèches. Il vaut mieux verser tes poisons sur de nouvelles victimes : car ce n'est plus moi, c'est une ombre vaine que tu poursuis ; et si tu l'anéantis, qui célébrera ton empire ? Oui, ma faible Muse est cependant une de tes gloires ; c'est pour te plaire qu'elle chante tour-à-tour la tête gracieuse, les doigts charmants, les yeux noirs de Cynthie, et ces pieds dont les mouvements respirent la volupté la plus douce.