tu peux mp sinon stplease ?R E.M II - LE PARADIS
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Te revoilà dans ton lit au milieu de cette nuit qui serait la dernière ici, à balancer tes mains libérées de tes plâtres -comme un rituel qui marquait la fin de chaque soirée - dans ce matelas si grand. Le repas - sans Hector encore une fois mais était-ce étonnant - fut étrange. On avait pesé ses mots après chaque bouchée de cette soupe aux vermicelles nourrie aux non-dits. Tu aurais bien voulu les remercier du bonheur que tu avais eu durant ces vacances à leurs côtés mais il en fallait du courage pour parler de ce que l'on a sur le cœur, surtout aux gens qu'on aime. Et tu en étais dénué.
Pourtant, tu espérais avoir, avant de t'en aller, une dernière occasion de t'ouvrir parce que tu ne pourrais attendre encore un an à laisser le poids de tes sentiments t'écraser. Ou au moins, si ce n'était pas une déclaration, lui dire à elle simplement, les yeux dans les yeux, désolé pour tout le mal que tu lui avais fait.
Outre le grand malheur de ta vie, il y'avait cette autre chose qui agitait tes humeurs. Marbella te faisait peur, loin de tous tes repères. Certes, il y avait Capucine mais ses autres camarades ne t'inspiraient rien que du dégoût. Et si ce n'était que ça... La vie à ses côtés, tu n'y connaissais rien. La colocation pourrait avoir raison de votre idylle. Et si elle se laissait de toi, que resterait-il ? À force d'y penser, ce voyage prenait trait d'un impossible chemin de croix. Seigneur, quel vertige ! Le saut était trop grand, tu ne pourrais t'y tenter. Imbécile, quelques jours au bras d'une belle nana et voilà que tu t'étais pris pour un autre. Mais la vérité, c'est que rien n'avait changé. Tu étais toujours le même. Tu n'étais que toi. Un lâche. Une fiotte. Misanthrope et fielleux. Tu ne pourrais partir. Tu n'étais pas prêt.
*Grr grr*
Un bruit. Comme si quelque chose grattait. Ça semblait venir de la porte. De la poignet maintenant. Elle tournait. Mais le verrou bloquait, bien heureusement. On ne toqua pas. Sans doute était-ce Eve somnambule, qui tentait de rentrer. Peut-être avait-elle aussi envie d'un ultime au revoir, elle ou l'entité qui occupait son corps dans le hasard des nuits. La poignée s'affolait encore. Que c'était dur de résister, tu mourrais d'envie de la laisser entrer. Mais tu ne le pouvais la trahir. Tu devais penser à autre chose qu'à toi pour une fois.
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- Je peux quand même m'approcher... Mais je dois pas ouvrir, c'est tout.
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Attiré par ces bruits étranges, tu te levais du lit et te dirigeait lentement à la porte où on grattait encore. Elle était sûrement là, à quelques centimètres, séparée de toi par cette porte et vos secrets. Cette porte des tentations qui te suppliait de succomber. Non, tu n'ouvrirais pas.
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Chuchotais-tu.
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- Eve. Tu es derrière la porte hein ? Je sais que tu es là, enfin ton corps en tout cas. Ton esprit lui est ailleurs, endormi quelque part... Je n'aurais jamais la force de te le dire de vives voix alors je profite que tu ne sois pas vraiment toi pour le faire. C'est bête, c'est lâche mais je pense que ça me soulage. J'ai supporté ce fardeau durar un an dans la souffrance du silence mais je ne peux tenir plus longtemps. Alors je vais tout te dire, avant que je parte, au moins le plus important.
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Tu posas la paume de ta main et ta tête sur la porte comme si c'était sur elle que tu te reposais.
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- J'ai passé la dernière année à vouloir mettre de côté ce que je sentais naître. J'ai préféré ne pas y croire au début mais ça devenait trop grand. Alors j'ai tout fait pour que ça s'arrête dans l'espoir que ça suffirait. Ça n'a pas suffi, ça m'a pris tout entier. Je n'arrivais à penser à rien d'autre qu'à cette personne qui changeait tout en moi.
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*Grr grr
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- Les jours sont passés jusqu'à que vienne bientôt l'été. J'allais revoir la cause de tous mes malheurs et ça me terrifiait. Et à l'instant où je suis revenu ici, je n'ai rien trouvé de mieux que de deverser mes fluides sur le plancher. J'étais réduit au rang de bombe à retardement.
Chaque instant avait saveur d'enfer. Je devais contrôler cette chose qui brûlait en moi, ce feu qui me consumait mais qui ne devait jamais éclater aux yeux du monde. J'ai fait du mieux que je pouvais, parfois j'ai craqué, jusqu'à défier toute morale. Je courrai à ma perte mais quelqu'un m'a aidé. Sans le savoir, elle, la cause de tous mes malheurs, m'a sauvé. Elle me sauve depuis que je suis né.
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Tu grattais la porte de tes ongles comme si ça pouvait la faire céder.
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- Eve. Je me rappelle de tous les moments que j'ai passé avec toi. Les masques confectionnées de chute de tissus, les assiettes en carton, les courses dans la clairière, le parfum d'abricot de tes cheveux, toutes ces promesses qu'on n'a pas tenu, ta passion durant la messe, tes éclats quand tu t'énerves, les lierres, les sorbets en été, les platanes, le ciel orangé de juillet, les cannellonis de Javier, les batailles de polochons, l'odeur du ruisseau, le ballet des moineaux, les crissements de la 508 de papa, et les cigares et les violons. Et tous ces souvenirs qui me donnent le sourire à la moindre évocation.
*Grr grr
- Depuis tant d'années, j'accusais ma nature d'être la racine de ce spleen qui dure mais je me trompais depuis le début. Je sais pourquoi je tiens autant à ces moments, je sais pourquoi je suis si heureux en y repensant. Tous ces souvenirs, tous ces fragments, ils ont quelque chose en commun. Eve, je sais pourquoi j'ai le mal de toi. Eve, chaque instantanée qui ravive ma mémoire est liée à toi. Eve, les plus beaux moments de ma vie, c'est toi. Eve, mon paradis, c'est toi.
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C'était dit. Quel bonheur de se sentir libéré du poids des sentiments que l'on a en soi depuis toujours. Malgré qu'il n'y avait rien d'autre derrière cette porte que l'ectoplasme de ta cousine, tu te sentais apaisé comme si c'était vraiment à elle que tu avais parlé. Qu'importe si tu partirais ou non demain, maintenant tu avais l'esprit léger.
Mais quel était ce son retenu que tu entendais derrière cette porte. On aurait dit comme des sanglots qu'on essayait de couvrir. Tu ouvris à la hâte, cassant presque le verrou. Ce fut le choc.
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Elle était là comme tu le pensais mais bien loin de l'état somnolent dans laquelle tu la croyais. Au vu du croisement approximatif de ses jambes sur le parquet égratigné, elle venait de s'effondrer. Rougie par les larmes, elle s'essuyait les yeux de la paume de sa main ou par le tee shirt immaculé dont elle s'était vêtue et qu'elle tenait pour seul parure.
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Balbutiais-tu de stupeur.
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- Je voulais... te dire... Avant que tu partes tout ce que je ne t'ai pas dit. Je... je.... je déteste ta bêtise, tes manies, ta manière de prendre tout le monde de haut alors que... tu vaux pas mieux que ceux que tu méprises... Je hais ta façon de mâcher la bouche ouverte et le bruit horrible que tu fais, je déteste te voir te curer le nez quand il y a des invités. Je déteste cette moustache qui te vieillit et toutes ses grimaces que tu fais quand tu parles. J'aurais bien laissé passer encore toutes ses choses qui te rendent affreux comme je le fais depuis des siècles si tu ne m'avais pas autant nargué...
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Sanglotait-elle comme une enfant dépassée par des émotions plus grosse qu'elle. Tous les trois mots, elle reprenait son souffle ridiculement court ce qui n'aidait pas à la compréhension de ses étranges propos. Ça t'amusait d'un sourire aimant et plein de tendresse.
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- Oui me narguer ! À me balancer ton bonheur au visage, à en faire mille fois trop pour m'énerver comme si j'en avais quelque chose à faire. Tu oublies que Capucine.. c'est moi qui te l'ai présentée !
- Oh et je déteste la façon que tu as de rien prendre au sérieux, je déteste quand tu vides l'eau chaude comme si tu vivais seul, quand tu réquisitionnes la télécommande, quand tu finis les gâteaux que j'adore. Tu es si puéril. Tu m'agaces. Je te déteste. T'es le plus grand égoïste que cette planète ait porté et je... Je suis... je suis la plus... La plus heureuse de te voir t'en aller
- C'est des larmes de joie... La joie de ne plus te voir...
- Et maintenant tu dis ses bêtises... Que tu ne pourrais pas vivre sans moi...
- C'est pas vraiment ce que j'ai dit...
- Tais-toi ! Tu as dit que tu étais en mal de moi toute l'année, que j'étais la plus belle chose qui ne te sois arrivé, que j'étais ton... ton paradis...
- Et bah je trouve ça très bête et très c*n et très fleur bleue et très ridicule et de toute façon comment peux-tu dire des choses pareilles. Ça t'amuse tant que ça d'encore te jouer de moi ?
- Je veux pas me jouer de toi.
- Alors pourquoi dire ces mots que tu ne penses même pas à part pour me mettre dans de tels états ?
- Tu crois que je ne pense pas ce que j'ai dit ?
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Sonnait Eve désolée en regardant le sol meurtri par les flots d'émotions qui la frappaient encore. Alors, tu t'accroupis lentement pour te mettre à son niveau. Tu ne savais pas si c'était la lumière que la lune reflétait mais Eve te parut particulièrement belle cette nuit là enveloppée de ce voile bleu violet auquel se mélangeait ses joues rosées et ses yeux gonflés par la légère mais visible irritation que le frottement de ses mains sur ses narines et ses arcades avaient provoqué. Tu écartais la mèche qui scindait son visage quand elle relevait le regard plongeant enfin dans le tien.
Tu vis alors quelque chose que tu ne croyais jamais voir dans ses yeux, ce même désordre que tu ressentais depuis le début des vacances à chaque fois que tu étais près d'elle. Le même que l'on a en face de l'être qu'on aime. Mais ça ne te faisait plus peur désormais. Délicatement tu rapprochais tes lèvres jusqu'à les poser sur les siennes. Douces et brûlantes, tu n'avais aucune envie de les lâcher.
Tes doigts se confondaient dans sa chevelure tentaculaire alors qu'elle enroulait ses bras autour de toi. Ça durait, sans qu'aucun de vous deux ne veuillent s'arrêter comme si une force extraordinaire vous liait l'un à l'autre.
De concert, vous vous leviez, toujours amourachés. Tu en profitais pour laisser tes lèvres découvrir ses joues encore humides de ses larmes passées, découvrir son cou enflammé pendant que tes mains s'engouffraient sous son vêtement, transparent de moiteur, moulé des lignes de sa silhouette sublime. Ce corps, tu l'avais tant imaginé, mis bout à bout des rares fois où tu l'avais entraperçu mais ça ne valait même pas un brouillon des divines proportions de sa chair que parcouraient tes mains, à présent. Ce corps plantureux aux vallées si fertiles, ses hanches, ses reins, tu chatouillais sa taille, caressais ses seins. Chaque glissement de ta peau sur la sienne devait être savourée par chacun de tes sens comme une délicieuse traversée dans le plus bel endroit au Monde mais tu voulais tout faire en même temps dans ce moment si fou. Peut-être auriez-vous pu retrouver la raison avant que ça dégénère, mais vos coeurs, comme des tambours, comme des violons, chantaient plus forts à mesure que s'épousaient vos lèvres passionnées. Ses baisers ne suffiraient pas à maitriser ce feu qui brûlait tout jusqu'à vos entrailles.
Tu saisis ses hanches et elle te sauta dessus. En califourchon sur toi, elle serra plus fort ses cuisses nues autour de ta taille comme pour éviter que quelque chose ne vous sépare. Qu'elle n'ait crainte, tu ne la laisserais pas. Plus maintenant, plus jamais. Se cachant pour la nuit des regards indiscrets, tu utilisas son dos pour refermer la porte. Tu y étais allé tellement fort que de la vibration qui traversait son corps, elle fit frissonner et ne put retenir un cri qui te rendit marteau. Le verrou mis, tu continuais, debout, à tenir, les mains sur son c*l, Eve qui enlaçait ton cou alors que vous continuiez à vous embrasser. C'était si bon, c'était si fou. Plus rien ne comptait pour vous maintenant à part la concrétisation des désirs de toute une vie.
Bientôt tu t'approchas du lit et te penchas. Eve le comprit et se laissait tomber sur le matelas bondissant légèrement. Allongée de tout son long dans cette lumière magnifique qui scindait la pénombre, le Paradis s'offrait à toi.

[12:44:16] <midfagyeslife>
Sweet en MP ou une image sur noelshack, ou un lien vers un pdf sur le topic
Yes bonne idée ça. Je vais vous mettre un screen noelshack en attendant et j'envoie en mp à ceux qui ont demandé.
Si y'a des problèmes pour lire le chapitre sur la photo dites-le sur le topic je vous envoie en mp


Le 15 octobre 2022 à 15:21:25 :
[12:44:16] <midfagyeslife>
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[23:38:53] <LeRisiSinge0>
Le 15 octobre 2022 à 15:21:25 :
[12:44:16] <midfagyeslife>
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J'aurais voulu le faire mais je peux pas. On me bloque le message avec la sweet quand je tente de vous l'envoyer.
Et ils ont refusé la restauration du message alors qu'il y a ZERO gros mot (ils m'avaient dit au départ que la suppression était due à ça).
On va devoir se contenter de la photo 
[22:01:43] <33kbps>
Et bien bravo khey
Fic de cul la plus longue que j’ai lue mais celle que j’ai préféré.
Tu sais quoi je t’offre une carte « sortir du zoo » sur le discord en preuve de ma gratitude
Merci beaucoup khey, c'est gentil de ta part. Je vous promets du lourd pour les sweets

Le 16 octobre 2022 à 21:51:08 :
Sweet
JvArchive compagnon