CHAPITRE 112 : Recharger les batteries
Furkan, brave gars qu’il était, avait compris que le moment n’était pas venu de me reparler de cette histoire. Il a voulu aller boire un verre, mais j’ai refusé, sur le coup, je savais qu’on y viendrait forcément, et franchement, je voulais passer à autre chose. Je ne sais pas si je le rends bien en l’écrivant, les kheys, mais franchement, cette histoire m’est restée en travers de la gorge : je m’étais fait prendre pour une poire, et en fait, ce qui me révulsait, c’était que sur les dizaines de kheys qu’elle devait avoir sous la main, c’était à MOI qu’elle avait pensé pour faire son petit numéro de princesse éplorée, ça me rappelait les souvenirs de jeune c*ck du collège
je passais de la colère à la déprimé à l’agacement en un rien de temps, bref, j’en avais marre, alors j’ai envoyé un message à la seule personne à qui je pouvais TOUT dire dans cette ville, et dans cette aventure.
-Tu peux passer, stp ?
-Ce soir, 19h ?
-Je te fais à manger
Ce jour-là, pour dire comme je m’en souviens, j’ai regardé la télé turque toute la journée dans un bar pas loin de chez moi, j’étais juste à côté de la télé avec un verre de soda en train d’essayer de comprendre deux vieux qui parlaient politique, b*rdel que ça cognait sur le pouvoir local mais je m’en moquais, en fait. C’est aussi là que j’ai commencé à réfléchir sur le temps passé ici… quand est-ce que je retournais en France ?
après avoir compté rapidement, je crois bien qu’il me restait quelque chose comme deux mois avant de finir le semestre, recevoir les relevés de notes officiels puis de rentrer chez moi, dans ma petite université de province, ce que je ne sentais pas extrêmement bien. Je m’étais construit mes petites habitudes et ma petite vie ici, et j’ai commencé à déprimer tout seul dans ce bar : je ne verrai plus les gens que j’avais rencontrés ici… et je déprimais, je déprimais, alors même qu’il me restait encore deux mois et des choses super à vivre…. Un mariage, une certification de langues, encore plein d’amitiés à découvrir, à approfondir, aller, haut les cœurs !
Tutku est arrivée à l’heure prévue, toute souriante et sérieuse à la fois, comme à son habitude. Elle m’a rapidement remis quelques couleurs au cœur et sur le visage, elle réussissait à chaque fois. C’est peut-être elle, me disais-je ce soir-là, qui me manquerait le plus. Nous avons rapidement mangé en discutant des cours, et j’ai tout fait pour lui montrer mes SKILLS de CHAMPION en langue turque, et je crois bien qu’elle a été sincèrement impressionnée, bah oui, le travail paie
Par la suite, elle a parfaitement compris que quelque chose n’allait pas et m’a pris à part. Cette situation, vue de l’extérieur, peut paraître très SIMP mais entre Tutku et moi, elle était normale et tout à fait naturelle : Tutku était assise au pied de mon lit, le dos contre le mur contre lequel était collé mon lit, tandis que j’étais couché de tout mon long, la tête sur ses cuisses, pendant que je parlais et qu’elle me caressait les cheveux. Aucune honte là-dedans les kheys, ces moments avec Tutku ont été parmi les plus doux de mon voyage et peut-être même de ma vie
-Oui, bon on ne va pas le nier, elle t’a clairement pris pour un toutou
-Mais ça me rend fou, pourquoi moi ?
-J’aimerais bien te dire « je te l’avais bien dit » mais je ne te le dirai pas, tu as suffisamment compris que mon conseil de te tenir loin d’elle était justifiée, mais maintenant faut voir le bon côté
-Quoi ? Y en a un ?
-Moi j’en vois un : pourquoi elle est venue vers toi alors qu’elle peut avoir littéralement n’importe quel mec ?
-Parce qu’elle pensait que j’étais un chien de la casse et que c’est avec moi que ce serait le plus facile
-Non, elle est venue vers toi parce que c’est avec toi qu’elle voulait le faire, parce que pour elle, tu as été l’un de ses meilleurs coups, l’un de ses meilleurs moments
-Mouais, j’étais peut-être le seul dispo sur sa liste
-Elle est venue devant ta porte quand même… Turkissou, tu es un garçon d’une grande douceur, très à l’écoute, et ça plaît à beaucoup, je crois que c’est ça qu’elle cherchait
-Eh bah elle cherchera plus loin, je l’ai bloquée
-Si elle t’a fait tant de mal, alors oui, bloque-la… mais si elle a vraiment souffert pour une raison ou pour une autre, ça ne ferait qu’empirer la chose
-Tu n’es plus jalouse ?
-Non, je te l’ai dit, notre relation a atteint un point où… je crois qu’aucune relation de l’un de nous deux avec quelqu’un d’autre ne pourrait nous toucher
j’ai été touché et tellement ému par ce qu’elle venait de me dire que j’ai senti un incroyable confort… et que je me suis endormi sur ses genoux. B*rdel mais quel bébé j’étais
le matin, je me suis réveillé bien couché dans mon lit, Tutku à mes côtés ; il nous était arrivé plusieurs fois de dormir ensemble, sans que rien ne se passe… mais quel type de relation c’est, ça, sérieusement ? Enfin bref, que m’importait. Durant la journée qui suivit, je lui ai reparlé du mariage et nous avons à nouveau répété la danse que j’allais devoir faire devant TOUT LE MONDE (merci Furkan
) puis nous avons enchaîné avec un ciné et un petit repas sur les rives du Bosphore. Une petite routine qu’on avait prise et qu’on aimait bien refaire de temps à autre. Evidemment, cette histoire étant centrée sur moi, je ne parle que de cela mais ce n’était pas à sens unique : quand Tutku avait des problèmes de son côté (elle avait notamment une relation très TORDUE avec son père par exemple), je m’assurais d’être toujours présent et ainsi, dans les difficultés de la vie se construisait notre relation.
Après quelques jours, le temps de digérer l’affaire Aminata, j’étais de retour dans le circuit traditionnel : je participais en cours, je m’investissais, je buvais des verres avec Furkan, Ali, ce dernier commençait à nous donner quelques petits infos sur son mariage à venir, et b*rdel il ne restait plus que DEUX SEMAINES en fait, ça allait venir à une vitesse FOLLE. Avec Furkan et Deniz, on s’était retrouvés un soir dans la villa de Furkan, juste nous trois
-Faut qu’on fasse un truc pour Ali à son mariage
-Pourquoi ?
-On est parmi ses plus proches potes, on doit faire quelque chose
-Une bonne vanne bien comme il faut ?
On a commencé à faire travailler notre imagination, et b*rdel qu’est-ce qu’on a rigolé ce soir-là ; scier les pieds de sa chaise au banquet ? Lax*tif dans son plat pour une soirée de noces bien réussie ? Créer une fausse bagarre avec ses cousins ? Accrocher un seau plein de boue au-dessus de sa place et l’arroser ? Fallait encore qu’on se décide, Ali était un gars qui se piégeait plutôt bien
Alors qu’on rigolait comme des petits foufous, je reçus un petit message sur mon portable.
-Hey ! Tu avais promis de me raconter l’EVG de mon frère ! Tu me le racontes autour d’un petit verre ???


Coucou , je poste avec mon secondaire du secondaire 
Je kiff la fic ,
J'ai une question sur Istanbul ,
Est-ce que la Marina est cool pour faire la fete ?
C'est pour amarré un Yatch 
Merci à toi 
Le 21 mars 2022 à 11:28:33 :
Suite mon khey on t'attend comme le soleil en Normandie![]()
Ne te laisse pas charmer par sa soeur juste avant son mariage .. quoi que
![]()
rien sans la bénédiction de Tutku
Le 21 mars 2022 à 18:18:09 :
Coucou , je poste avec mon secondaire du secondaireJe kiff la fic ,
J'ai une question sur Istanbul ,
Est-ce que la Marina est cool pour faire la fete ?
C'est pour amarré un Yatch
Merci à toi
là où il y a de l'eau, il y a la fête, simple.
Cimer mon khey 
Istanbul Bebek Marina , tu connais ? 
Pas envie qu'on soit dans un truc un peu paumé 
C'est dingue à quel point je me triture l'esprit sur comment ton histoire va se terminer, TOUT peut arriver.
J'imagine que le mariage d'Ali va être un point de basculement qui ouvrir le dernier acte de ton histoire.
CHAPITRE 113 : Autour de la piscine
Evidemment, Furkan a jeté un œil au-dessus de mon épaule.
-C’est Damla, ça ! Je reconnais la photo de profil
-Euh, ouais, c’est elle, ou-ou-ouais.
-Je viens de lire un truc du genre « prendre un verre », non ?
-Ouais b-b-bah forcément avec le m-m-mariage, et tu sais elle m’aide pour le c-c-c-concours de langue
-Pourquoi tu bégaies comme ça ?
-Je b-b-bégaie pas
-Si, tu bégaies
-Tu me prends par surprise aussi, eh oh, d’où tu regardes mes messages aussi
-Et donc, vous parlez devoirs ?
-Bah là j’avais promis de lui raconter l’EVG de son frère, donc on va en parler je pense, voilà
-Ouais, hein hein, ouais
-Mec, y a aucune ambiguïté, elle a un copain et tout
-Non
-Si si, elle m’en a parlé l’autre jour
-Elle n’est plus avec. Je le connais, Ali m’en a déjà parlé, c’est un schl*g
Aha.
le petit regard en coin de Furkan était très clair, il pensait sérieusement que j’étais en train de tenter un truc avec Damla, ce qui n’était pas tout dans mon esprit : ce qui venait de se passer avec Aminata était encore trop frais pour que je ne me méfie pas de toutes les femmes sur terre, sauf de ma maman en fait. En plus, vous savez les kheys, une fille qui vient de se séparer, assez au fond du trou, elle se cherche surtout un pansement et le premier mec qui passe par là peut faire l’affaire, mais mon ego en aurait pris un sacré coup. Je savais que Furkan pouvait parfaitement comprendre ce raisonnement alors je lui en ai fait part (Deniz était rentré chez lui), belle discussion sur la NATURE FEMININE autour de la piscine
-Tu sais, si ça ne va pas entre eux depuis plusieurs mois, voire plusieurs semaines, son niveau d’intérêt est tellement bas… que dans sa tête, ça fait déjà trois mois qu’elle n’est plus vraiment avec lui, tu vois ce que je veux dire ?
-Ca n’empêche qu’elle ne pense pas forcément à trouver autre chose, elle est peut-être blasée à cause de lui comme moi à cause d’Aminata.
-C’est possible, bien sûr, mais je trouve que c’est une fille qui a la tête sur les épaules et qui sait préserver le cœur des autres. Elle a dû laisser comprendre à son mec qu’il fallait qu’ils se séparent, c’est pour ça qu’elle est restée longtemps avec ; qu’il encaisse petit-à-petit
-C’est quoi comme mec ?
-Un bourrin, franchement, un âne, il a dû lui mettre la pression pour entrer dedans elle, je pense que ça l’a soûlé.
-Ouais donc l’élimination quoi : elle essaie plusieurs types de mecs, pour voir quel archétype lui va bien, en éliminant ceux qui ne lui vont pas.
-Si on veut, dans ce cas ça veut dire qu’elle est peut-être arrivée à maturité
Je sais qu’aucun de ceux qui liront ne me croira, mais avant cette soirée, je n’avais jamais vraiment envisagé Damla sous cet angle. Elle était une prof pour moi, une amie, la sœur d’un de mes meilleures potes, intouchable car en couple, bref plein de raisons qui l’avaient éliminée de mes radars. Et voilà que Furkan me mettait une pression que je n’avais pas imaginée, il me poussait à regarder Damla différemment, et forcément ça me perturbait. Une jolie fille, les kheys, on va pas se mentir, on l’envisage forcément
-Je ne sais pas, franchement, je me méfie
-Et tu as bien raison, mais va prendre ce verre avec elle, ça n’engage à rien, raconte-lui l’EVG d’Ali, ça va peut-être la dégoûter de toi
-C’est plutôt l’inverse qui devrait se produire
-Elle te dégoûte ?
-…
-Voilà, alors peut-être qu’en lui montrant ta face sombre, vu comme tu as victimisé son frère, elle va peut-être se détourner de toi
-Elle n’est pas tournée vers moi
-Rien n’est moins sûr
Et Furkan me dit une Furkan : il mit ses lunettes de soleil (il faisait nuit issou) et s’enfonça dans son transat en regardant le ciel, lâchant sa petite punchline qui faisait réfléchir : lui avait-il dit quelque chose ? Avait-il ressenti quelque chose ? Que se passait-il ? Quid ? Quoi ? Quand ? Comment ? B*rdel je me triturais l’esprit comme un fou pour savoir ce qui se passait et AUCUNE réponse ne me venait, j’étais proprement PERDU.
il me fallait cependant prendre une décision, alors je pris mon portable et décidais d’écrire :
-Demain soir, 20h ?
-Mmmh plutôt 21h, je reste étudier jusque tard !
-Ca marche
...
-Voilà, débrouille-toi pour être fixé
-Mec, arrête de regarder mes messages
-Ok ok ok !
En rentrant chez moi ce soir-là –j’avoue que Furkan m’avait un peu blasé, je ne voulais pas dormir chez lui-, j’étais un peu hésitant quant à la suite à donner à tous ces évènements, et je ne me faisais pas d’illusions. Je devais partir du principe qu’il ne se passerait rien. Sinon, ça allait me faire une Yağmur bis et ce serait une catastrophe. Pour ceux qui ont zappé : c’est l’une des premières relations romantiques sérieuses qui est partie en steack à cause de sa famille
allez relire, parce que moi je n’ai aucune envie de me remmémorer cette catastrophe monumentale, ne serait-ce qu’en l’écrivant, alors hop.
Alors en bon STRATEGE que je suis (
), j’ai décidé de mettre au point un petit plan : il me fallait organiser une RONDE pour aller récolter les trois avis qui m’étaient nécessaires pour comprendre ce que je devais faire :
FRITZ
même s’il avait pris ses distances et qu’on n’entendait plus trop parler de lui, il me fallait son avis. Faiblesse de l’amitié, me dira-t-on, c’est vrai, mais il avait quand même été l’un des gars les plus fidèles que j’avais eus ici alors je ne pouvais me passer de son conseil. Au pire je m’en servirais d’une boussole Sud pour faire exactement l’inverse.
TUTKU
évidemment, je ne faisais rien sans elle, absolument rien, non pas que j’ai BESOIN de son avis mais je ne supporterais pas l’idée de la décevoir et de faire quelque chose qui lui ferait de la peine.
ALI
brave type, faudrait quand même savoir comment il est avec sa sœur
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