Cimer, chef !
On continue avec l'expérience de Stanford !
Prisonniers pour la science
IL Y A 45 ANS, au cours de l'Ă©tĂ© 1971, avait lieu une expĂ©rimentation psychologique aussi fascinante que controversĂ©e Ă la prestigieuse universitĂ© Stanford, Ă Palo Alto (Californie). Conduite par le professeur Philip Zimbardo, elle est connue aujourdâhui sous le nom dâexpĂ©rience de Stanford. Lâobjectif consistait Ă comprendre comment et pourquoi les situations arrivaient Ă se dĂ©grader dans les prisons militaires. LâidĂ©e a donc germĂ© de crĂ©er une prison dans les locaux de lâuniversitĂ©. Une petite annonce a donc Ă©tĂ© publiĂ©e, qui invitait des Ă©tudiants masculins, contre une rĂ©munĂ©ration de 15 dollars par jour (environ 90 dollars dâaujourdâhui), Ă participer Ă cette expĂ©rience qui devait durer une Ă deux semaines, pendant les grandes vacances de cette annĂ©e 1971. Plus de 70 volontaires ont rĂ©pondu Ă lâappel et 24 dâentre eux ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s sur des critĂšres dâĂ©quilibre mental et de forme physique. En tirant Ă pile ou face, 9 ont Ă©tĂ© affectĂ©s au groupe des "prisonniers", 9 Ă celui des "gardiens", les 6 derniers servant de remplaçants.
Trois cellules contenant chacune trois dĂ©tenus avaient Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©es dans le sous-sol du bĂątiment de psychologie, oĂč les gardiens, divisĂ©s en Ă©quipes de trois, devaient se relayer toutes les huit heures. Les chercheurs leur avaient dĂ©nichĂ© des uniformes kaki dans un surplus de lâarmĂ©e, ainsi que des lunettes de soleil Ă verres rĂ©flĂ©chissants, destinĂ©es Ă Ă©viter le contact visuel avec les Ă©tudiants-prisonniers. Pour ces derniers, tout Ă©tait fait afin quâils se sentent dĂ©shumanisĂ©s, dĂ©munis, humiliĂ©s, dĂ©possĂ©dĂ©s dâeux-mĂȘmes : tout dâabord, ils avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s chez eux par la vĂ©ritable police de Palo Alto, qui avait acceptĂ© de participer Ă lâexpĂ©rience.
Chaque Ă©tudiant avait donc subi lâarrestation, la prise des empreintes digitales et des fameuses photos de face et de profil, avant dâĂȘtre conduit "en prison". LĂ il sâĂ©tait retrouvĂ© avec un bas nylon sur la tĂȘte, pour modifier son apparence (comme si on lui avait rasĂ© le crĂąne, voir la photo ci-dessus), privĂ© de tout vĂȘtement Ă lâexception dâune longue chemise de nuit sur laquelle Ă©tait cousu son numĂ©ro de matricule, des tongs inconfortables en guise de chaussures, un matelas Ă mĂȘme le sol et, pour faire bonne mesure, une chaĂźne cadenassĂ©e Ă ses pieds non pour lâentraver mais juste pour lui rappeler Ă tout moment lâoppression que lui faisait subir le monde extĂ©rieur. MĂȘme si les pseudo-"matons" Ă©taient Ă©quipĂ©s de matraques, ils nâĂ©taient pas censĂ©s en faire usage. Les chercheurs commirent nĂ©anmoins lâerreur de sâimpliquer eux-mĂȘmes dans lâexpĂ©rience en jouant le rĂŽle des administrateurs de la prison. Ils nâavaient pas encore saisi Ă quel point tous les participants allaient finir par investir leurs rĂŽles respectifsâŠ
Organiser la zizanie
Pourtant, il ne se passa rien de spĂ©cial la premiĂšre journĂ©e. De fait, Philip Zimbardo, interviewĂ© Ă lâoccasion dâun article paru en 2011 dans la revue des anciens Ă©lĂšves de Stanford, expliqua que les "gardes", comme beaucoup dâĂ©tudiants de lâĂ©poque (les annĂ©es 1970, les fameuses seventies), Ă©taient imprĂ©gnĂ©s de la "mentalitĂ© antiautoritĂ©. Ils se sentaient gauches dans leurs uniformes. Ils ne sont pas entrĂ©s dans leur rĂŽle de gardiens jusquâĂ ce que les prisonniers se rĂ©voltent."
On est au matin du deuxiĂšme jour et tout va basculer. Au moment de la relĂšve, les prisonniers retirent le bas quâils avaient sur la tĂȘte, arrachent leur numĂ©ro et se barricadent dans leurs cellules en mettant leurs matelas contre la porte. Les trois gardiens du matin appellent en renfort les trois gardiens de lâaprĂšs-midi, qui viennent, tandis que les trois gardiens de nuit restent. A lâaide des extincteurs de sĂ©curitĂ© dont ils se servent pour asperger les dĂ©tenus de neige carbonique, les neuf hommes entrent dans les cellules, en extraient les matelas, obligent les prisonniers Ă se dĂ©vĂȘtir, mettent le "chef" des rebelles Ă lâisolement. Bref, ils reprennent la situation en main. Bien conscients quâils ne peuvent rester de garde 24 heures sur 24 pour maintenir lâĂ©galitĂ© numĂ©rique, ils se rĂ©unissent et dĂ©cident dâutiliser leur pouvoir pour contraindre les prisonniers Ă lâobĂ©issance.
Tullius DĂ©tritus, le mĂ©chant de lâalbum dâAstĂ©rix La Zizanie paru juste un an avant lâexpĂ©rience de Stanford, nâaurait pas reniĂ© la stratĂ©gie adoptĂ©e par les gardes. Ceux-ci vont diviser les prisonniers en deux camps, les "bons", choyĂ©s, bien nourris, et les "mauvais", brimĂ©s, afin de crĂ©er des clans et de briser leur solidaritĂ©. Puis, ils vont mĂ©langer de nouveau les dĂ©tenus afin que les "privilĂ©giĂ©s" passent pour des informateurs. Mais cela ne va pas sâarrĂȘter lĂ . Appels Ă toute heure du jour et de la nuit, privation de sommeil, interdiction dâutiliser les toilettes, remplacĂ©es par des seaux malodorants, corvĂ©es de chiottes Ă mains nues, sĂ©ries de pompes Ă effectuer⊠Tout va trĂšs vite. Au bout de seulement 36 heures dâexpĂ©rience, un des prisonniers craque moralement mais il nâest pas autorisĂ© Ă partir tout de suite (il le sera un peu plus tard) et, renvoyĂ© en cellule, va convaincre ses co-dĂ©tenus quâil sâagit dâune vĂ©ritable prison.
Les "parloirs" organisĂ©s avec les parents et amis donnent aussi des rĂ©sultats surprenants car les visiteurs, mĂȘme s'ils sont Ă©tonnĂ©s de la rapide dĂ©gradation physique et morale des jeunes hommes, ne sâen offusquent pas plus que cela et, au lieu dâexiger la fin immĂ©diate de lâexpĂ©rience, jouent le rĂŽle du "parent-qui-va-voir-son-fils-en-prison"⊠A maints Ă©gards, tout cela rappelle la trĂšs cĂ©lĂšbre expĂ©rience de Milgram, rĂ©alisĂ©e exactement dix ans auparavant, qui a mis en lumiĂšre lâincroyable soumission Ă lâautoritĂ© que lâon peut obtenir dâindividus lambda.
Les chercheurs organisent ensuite, pour tous les prisonniers, une audition pour une libĂ©ration conditionnelle, prĂ©sidĂ©e de maniĂšre impitoyable par le consultant de lâexpĂ©rience, qui nâest autre⊠quâun ancien vĂ©ritable dĂ©tenu. Quand on leur demande sâils sont prĂȘts Ă quitter la prison en renonçant Ă leur "salaire" de cobayes, la plupart disent oui, inconscients quâil leur suffirait de demander Ă mettre fin Ă lâexpĂ©rience pour que celle-ci sâarrĂȘte ! Toutes les libĂ©rations conditionnelles sont refusĂ©es et chacun retourne dans sa cellule sans rechigner, complĂštement soumis, dĂ©sormais incapable de sâapercevoir quâil a perdu pied avec la rĂ©alitĂ©.
Gardiens ouvertement sadiques
LâexpĂ©rience de Stanford a montrĂ© dâune maniĂšre spectaculaire et brutale que lâon pouvait en quelques jours transformer de jeunes hommes Ă©quilibrĂ©s et en bonne santĂ© en loques ou en gardiens zĂ©lĂ©s, ouvertement sadiques pour certains. Cette expĂ©rimentation sâarrĂȘta le 20 aoĂ»t 1971, au bout de seulement six jours sur les deux semaines prĂ©vues Ă lâorigine. Sur son site, Philip Zimbardo explique quâil y a eu deux causes Ă cette fin prĂ©maturĂ©e. Tout dâabord, les chercheurs se sont aperçus que les gardiens avaient tendance Ă ĂȘtre cruels la nuit, ne se croyant pas observĂ©s (alors quâils Ă©taient secrĂštement filmĂ©s et enregistrĂ©s).
Mais câest sans doute grĂące Ă Christina Maslach, la future Madame Zimbardo, que le calvaire des prisonniers et la dĂ©rive de leurs geĂŽliers se sont achevĂ©s. Christina Maslach venait de soutenir sa thĂšse de doctorat et sâen fut visiter "l'expĂ©rience" un soir. Elle vit les dĂ©tenus enchaĂźnĂ©s, un sac en papier sur la tĂȘte, se faire hurler dessus par les gardes. Les larmes lui vinrent aux yeux, elle ne put supporter le spectacle et sortit du bĂątiment, poursuivie par son petit ami. Philip Zimbardo raconte ainsi la scĂšne : "Elle dit : "Câest terrible ce que vous faites Ă ces garçons. Comment ne pas voir ce que jâai vu et ne pas sâoccuper de cette souffrance ?" Mais je nâavais pas vu ce quâelle avait vu. Et jâai soudain commencĂ© Ă avoir honte. Câest alors que jâai rĂ©alisĂ© que lâĂ©tude mâavait transformĂ© en administrateur de la prison. Je lui ai dit : "Tu as raison. Nous devons arrĂȘter lâĂ©tude.""
Deux mois aprĂšs lâexpĂ©rience, un des "dĂ©tenus", Clay, numĂ©ro de matricule 416, fit ce tĂ©moignage sur ce quâil avait ressenti au cours de ces quelques jours : "Jâai commencĂ© Ă sentir que je perdais mon identitĂ©, que la personne que jâappelais Clay, la personne qui mâavait mis Ă cet endroit, la personne qui sâĂ©tait portĂ©e volontaire pour aller dans cette prison â parce que câĂ©tait une prison pour moi et câen est toujours une, je ne considĂšre pas cela comme une expĂ©rience ou une simulation parce que câĂ©tait une prison dirigĂ©e par des psychologues au lieu dâĂȘtre dirigĂ©e par lâEtat â, jâai commencĂ© Ă sentir que cette identitĂ©, la personne que jâĂ©tais et qui avait dĂ©cidĂ© dâaller en prison, sâĂ©loignait de moi, Ă©tait lointaine jusquâĂ ce que, finalement, je ne sois plus elle, je sois 416. JâĂ©tais rĂ©ellement mon numĂ©ro."
Lorsque le scandale des tortures pratiquĂ©es par des militaires amĂ©ricains dans la prison irakienne dâAbou GhraĂŻb a Ă©clatĂ© en 2004, tous ceux qui avaient participĂ© Ă lâexpĂ©rience de Stanford se sont rappelĂ© ce quâils avaient vĂ©cu, un Ă©tĂ© de 1971, sur le campus de lâuniversitĂ©. LâĂ©tude avait Ă lâĂ©poque reçu lâaval du ComitĂ© sur la recherche sur des sujets humains.
En bonus, un article démontrant la non-fiabilité des résultats de cette "expérience": https://www.lesinrocks.com/2018/04/22/actualite/actualite/pourquoi-la-mythique-experience-de-stanford-est-une-imposture/
PS: ce soir, diffusion d'EnquĂȘtes paranormales sur C8, avis aux amateurs !
Je ne sais pas si ça a dĂ©jĂ Ă©tĂ© postĂ©, mais au cas oĂč... (ceux qui ont regardĂ© IT Crowd feront le rapprochement)
Armin Meiwes est né en 1961. Le pÚre d'Armin, Detlef Meiwes, policier de son état, est le troisiÚme époux de Waltraud, son aßnée de dix-neuf ans, déjà mÚre de deux enfants. Detlef abandonne la famille quand Armin a huit ans. Ayant emmené avec lui ses deux fils aßnés, il laisse ainsi seul Armin avec Waltraud dans l'immense manoir familial de 50 piÚces. Sa mÚre est trÚs autoritaire et le jeune adolescent introverti sert de souffre-douleur à Waltraud, y compris en public.
Il découvre petit à petit son homosexualité et ses fantasmes sadomasochistes. Il passe de longues heures sur son ordinateur, et l'arrivée d'Internet lui permet de découvrir de nombreux sites de rencontres homosexuelles ainsi que des sites sur le sadomasochisme, le cannibalisme et la torture. Il s'invente une personnalité virtuelle, "Franky le Boucher".
à la mort de sa mÚre en 1999, il hérite du manoir et le réaménage selon ses fantasmes. Il y crée notamment dans l'ancien fumoir au deuxiÚme étage une véritable salle de torture, recouverte de carrelage et équipée d'un systÚme de poulies et crochets ainsi que d'une table de dissection d'animaux.
Depuis 1999, Armin Meiwes publie plusieurs annonces sur Internet, faisant part de son dĂ©sir de trouver un homme voulant ĂȘtre mangĂ©. Cette annonce est tout Ă fait sĂ©rieuse et le fait de manger la personne est Ă prendre au sens propre.
En 2001, il entre en contact, sur le site The Cannibal CafĂ©, avec Bernd JĂŒrgen Armando Brandes, un ingĂ©nieur berlinois de 42 ans qui rĂ©pond prĂ©sent. La rencontre entre les deux hommes a lieu au domicile d'Armin Meiwes Ă Rotenburg dans la nuit du 9 au 10 mars 2001. AprĂšs avoir eu des rapports sexuels, ils dĂ©cident d'un commun accord de sectionner le pĂ©nis de Bernd JĂŒrgen Armando Brandes. Ils le cuisinent et le mangent ensemble.
Une fois le repas terminé, toujours avec l'accord de son hÎte, Armin Meiwes le tue de plusieurs coups de couteau à la gorge. Dans sa cave, il l'étripe et découpe plusieurs morceaux de chair, dont il gardera certains au congélateur pour les manger plus tard. Sur ce point, il déclare : « Je l'ai pendu par les pieds, éviscéré. J'ai découpé quelque 30 kilos de viande, les meilleurs morceaux ont été conservés dans mon congélateur ».
Le 10 dĂ©cembre 2002, alors qu'il recherche, par les mĂȘmes moyens, une seconde victime consentante, il est arrĂȘtĂ© par la police, aprĂšs qu'un Ă©tudiant en mĂ©decine d'Innsbruck a alertĂ© les autoritĂ©s autrichiennes. La police trouve dans son immense manoir la salle de boucherie, dans le congĂ©lateur des sacs de plastique remplis de viande humaine. Il passe alors aux aveux, rĂ©vĂ©lant notamment l'existence dans une cachette de cassettes VHS sur lesquelles il a enregistrĂ© intĂ©gralement la scĂšne de cannibalisme qui dure plus de neuf heures.
Armin Meiwes dĂ©clare regretter son geste, mais garder tout de mĂȘme un « souvenir intense et positif » de sa victime.
Plusieurs experts psychiatres le dĂ©clarent pĂ©nalement responsable et pouvant donc ĂȘtre jugĂ©. Son avocat, Harald Ermel, plaide un homicide sur demande pour lui Ă©viter la perpĂ©tuitĂ©. Le 30 janvier 2004, il est condamnĂ© Ă huit ans et demi de prison pour homicide involontaire par le tribunal de Kassel.
En avril 2005, le Parquet jugeant la peine insuffisante, saisit d'un pourvoi en cassation la Cour fédérale allemande pour rejuger Armin Meiwes, cette fois-ci pour assassinat à caractÚre sexuel. Le procÚs s'ouvre le 12 janvier et la perpétuité est demandée par l'accusation. Le 9 mai 2006, le tribunal de grande instance de Francfort condamne Meiwes à la réclusion criminelle à perpétuité.
Fin 2007, Armin Meiwes se déclare désormais végétarien.
Source: wikipédia.
PS: je vais avoir du mal Ă me connecter au forum ces prochains jours, donc je pourrai pas poster d'articles pendant un moment. Make the topic great again, les kheys !


Le 12 septembre 2019 à 11:04:07 Foi_Jaune a écrit :
Une petite anecdote historique en passant:Les "bouches inutiles" du ChĂąteau-Gaillard
Septembre 1203. Le roi Philippe Auguste en a gros : il veut assiéger le chùteau de Chùteau-Gaillard et reprendre la place aux Anglais, non mais ! Ca ne sera pas facile : un siÚge de 4 longs mois va commencer... Et à un moment se déroule le célÚbre épisode des « Bouches inutiles ».
L'horreur dans les fossésLes villageois des Andelys (1500 ùmes) subissent le siÚge de plein fouet. Ils ont peur. Ils viennent se réfugier derriÚre les murs du chùteau, pendant un moment. Mais les Anglais finissent par les chasser. Le motif ? Pas assez de provisions pour tout le monde (hé, ils ont un siÚge à tenir).
Hommes et femmes nâont plus quâĂ rebrousser chemin vers Les Andelys... Les Français laissent passer 1000 dâentre eux, mais les derniers nâont plus lâautorisation de passer leurs lignes, Ă la fin. Alors, coincĂ©s dans la 2e enceinte, repoussĂ©s des deux cĂŽtĂ©s, tous vont mourir de froid et de faim. Lentement.
TrÚÚÚs lentement, dans les fossĂ©s du chĂąteau, allant jusquâĂ sâentre-dĂ©vorer. Achille Deville dans son Histoire du ChĂąteau-Gaillard (1829) dĂ©crit les horreurs qui se passent dans ces fossĂ©s quâon voit toujours aujourdâhui. Les pauvres gens mangent ce qui leur passent sous la main : mousses, herbes rares, chiens errants.
Un jour, une poule passe les lignes françaises et tombe dans le fossĂ©. Ceux qui restent la dĂ©vorent entiĂšre, « avec ses plumes et la fiente de ses intestins. » Aussi, un jour, une femme accouche. A peine le bĂ©bĂ© pousse son premier cri quâon lui arrache pour le dĂ©vorer morceau par morceau !
Source: https://fr.anecdotrip.com/anecdote/les-bouches-inutiles-du-chateau-gaillard-par-vinaigrette
Un immense tableau représentant les scÚnes de cannibalisme est exposé dans la salle principale de la mairie
Le 31 octobre 2019 à 13:52:02 Murshtok a écrit :
Le 12 septembre 2019 à 11:04:07 Foi_Jaune a écrit :
Une petite anecdote historique en passant:Les "bouches inutiles" du ChĂąteau-Gaillard
Septembre 1203. Le roi Philippe Auguste en a gros : il veut assiéger le chùteau de Chùteau-Gaillard et reprendre la place aux Anglais, non mais ! Ca ne sera pas facile : un siÚge de 4 longs mois va commencer... Et à un moment se déroule le célÚbre épisode des « Bouches inutiles ».
L'horreur dans les fossésLes villageois des Andelys (1500 ùmes) subissent le siÚge de plein fouet. Ils ont peur. Ils viennent se réfugier derriÚre les murs du chùteau, pendant un moment. Mais les Anglais finissent par les chasser. Le motif ? Pas assez de provisions pour tout le monde (hé, ils ont un siÚge à tenir).
Hommes et femmes nâont plus quâĂ rebrousser chemin vers Les Andelys... Les Français laissent passer 1000 dâentre eux, mais les derniers nâont plus lâautorisation de passer leurs lignes, Ă la fin. Alors, coincĂ©s dans la 2e enceinte, repoussĂ©s des deux cĂŽtĂ©s, tous vont mourir de froid et de faim. Lentement.
TrÚÚÚs lentement, dans les fossĂ©s du chĂąteau, allant jusquâĂ sâentre-dĂ©vorer. Achille Deville dans son Histoire du ChĂąteau-Gaillard (1829) dĂ©crit les horreurs qui se passent dans ces fossĂ©s quâon voit toujours aujourdâhui. Les pauvres gens mangent ce qui leur passent sous la main : mousses, herbes rares, chiens errants.
Un jour, une poule passe les lignes françaises et tombe dans le fossĂ©. Ceux qui restent la dĂ©vorent entiĂšre, « avec ses plumes et la fiente de ses intestins. » Aussi, un jour, une femme accouche. A peine le bĂ©bĂ© pousse son premier cri quâon lui arrache pour le dĂ©vorer morceau par morceau !
Source: https://fr.anecdotrip.com/anecdote/les-bouches-inutiles-du-chateau-gaillard-par-vinaigrette
Un immense tableau représentant les scÚnes de cannibalisme est exposé dans la salle principale de la mairie
Il y a des photos en ligne de ce tableau, khey ?

La Mouche de Satan
Parmi les mouches, la lucilie bouchĂšre est lâune des espĂšces les plus redoutĂ©es. DĂ©signĂ©e sous le nom de Cochliomyia hominivorax (anciennement Lucilia hominivorax), câest-Ă -dire « la dĂ©voreuse dâhommes », cette mouche a engagĂ© une vĂ©ritable guerre contre lâhumanitĂ© quâelle a dâailleurs failli gagner il y a quelques annĂ©es.
Cochliomyia hominivorax fait partie de la famille des Calliphoridae que lâon appelle communĂ©ment « mouches Ă viande ».
La lucilie bouchĂšre doit son nom scientifique aux circonstances de sa dĂ©couverte. En effet, en 1858, Charles Coquerel identifia pour la premiĂšre fois ce diptĂšre sur les cadavres de ses victimes, des bagnards français dĂ©tenus au bagne de lâĂźle du Diable au large de Cayenne.
Entre 1859 et 1893, ces mouches ont tuĂ© dans cette rĂ©gion plus dâune centaine de personnes.
Depuis le 19e siÚcle, Cochliomyia hominivorax continue ses guerres éclair sur le continent nord-américain.
Les AmĂ©ricains lâont baptisĂ©e « screw worm » qui signifie le « ver qui se visse » en raison de ses pratiques sanguinaires. AprĂšs de longues annĂ©es de lutte et plusieurs milliards de dollars dĂ©pensĂ©s, les Ătats-Unis ont rĂ©ussi Ă Ă©radiquer la lucilie bouchĂšre de leur territoire dans les annĂ©es 1980.
Cependant, loin de sâĂȘtre avouĂ©e vaincue, cette mouche a entrepris la conquĂȘte de lâAfrique et notamment de la Libye.
Les armées de Cochliomyia hominivorax ont été stoppées in extremis en Afrique du Nord en novembre 1991.
A part quelques rares dĂ©pĂȘches de lâAFP, le monde nâa pas Ă©tĂ© mis au courant du flĂ©au qui a failli sâabattre sur tous les continents.
Caractéristiques de la lucilie bouchÚre
Cette mouche est légÚrement plus grande que la mouche domestique (Musca domestica). Elle possÚde des yeux rouge orangé qui ressortent sur un corps noir, rayé de stries bleues et vertes, souvent à reflets cuivrés.
Cette mouche est incapable de percer lâĂ©piderme. De ce fait, elle recherche les plaies aussi petites soient-elles pour y pondre ses Ćufs.
Imaginez que vous ĂȘtes piquĂ© par un insecte quelconque. La piqĂ»re va provoquer un minuscule orifice dans votre Ă©piderme.
La lucilie bouchĂšre dĂ©tecte cette Ă©raflure et se prĂ©cipite alors. Elle contracte son abdomen et la femelle fĂ©condĂ©e vous injecte en une dizaine de secondes jusquâĂ 400 Ćufs qui ont lâapparence dâune masse blanchĂątre.
Une femelle peut ainsi renouveler ce type de ponte dans un hĂŽte et dĂ©poser jusquâĂ 5 000 Ćufs au cours de sa trĂšs brĂšve existence qui ne dĂ©passe pas 20 jours.
Les Ćufs Ă©closent en quelques heures et donnent naissance Ă des larves de moins dâun millimĂštre. Ces larves carnivores sont munies de crochets qui leur permettent de sâenfoncer dans la peau dâoĂč le nom « ver qui se visse ».
Les larves se nourrissent de la chaire animale ou humaine ainsi que des tissus liquidiens. En quelques jours, la petite plaie se transforme en plaie béante qui peut atteindre 10 cm de profondeur.
Au fur et à mesure que le trou grandit, les asticots grandissent également.
La plaie devient purulente et dĂ©gage une odeur dâammoniaque. Cette odeur attire dâautres lucilies bouchĂšres qui, Ă leur tour, pondent leurs Ćufs.
La victime est rongĂ©e de lâintĂ©rieur par des centaines, voire des milliers de vers, et succombe en moins de 15 jours dâinfections diverses.
Malheureusement, on ne peut se protĂ©ger de ce flĂ©au car si lâhĂŽte nâa aucune plaie, cette mouche pĂ©nĂštre dans lâorganisme par les orifices naturels : sexe, rectum, narines, bouche ou oreilles et mĂȘme les yeux.
Dans ce cas, les asticots dĂ©vorent lâintĂ©rieur du crĂąne en provoquant des hĂ©morragies.
Une fois repus, les asticots tombent sur le sol, sây enfoncent pour se transformer en pupes. Les nymphes se mĂ©tamorphosent en mouches adultes en six jours environ. Ces mouches sont mĂątures et prĂȘtent Ă recommencer le processus destructeur sur un nouvel hĂŽte.
La lucilie bouchĂšre ne peut survivre sous des tempĂ©ratures infĂ©rieures Ă â10°C. Elle ne survit pas plus de quelques jours Ă des gelĂ©es consĂ©cutives.
La lucilie bouchĂšre en Libye
La lucilie bouchÚre est normalement endémique des régions tropicales et subtropicales du continent américain.
Actuellement, cette espÚce est toujours présente en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et dans certaines ßles des Caraïbes.
La lucilie bouchĂšre nâattaque pas en masse mais par petites unitĂ©s, voire mĂȘme de maniĂšre individuelle.
Cette technique de harcÚlement rend son éradication encore plus difficile.
On ne sait pas comment ce redoutable diptĂšre est arrivĂ© Ă Tripoli, en Libye. Les scientifiques supposent que ce sont des moutons infestĂ©s en provenance dâUruguay qui ont apportĂ© ce flĂ©au en Afrique.
Elles ont été officiellement découvertes en Libye en 1988 par des paysans qui ont apporté à une école vétérinaire libyenne des cadavres de moutons présentant des plaies sanguinolentes.
Les prĂ©lĂšvements ont Ă©tĂ© envoyĂ©s au British Museum of Natural History de Londres ce qui a permis aux entomologistes dâidentifier lâespĂšce.
Au début, les autorités libyennes ne se sont pas inquiétées ce qui a permis à la lucilie bouchÚre de proliférer.
En quelques mois, elle a envahi toutes les zones autour de Tripoli soit environ 20 000 kmÂČ.
Des rapports sont arrivĂ©s d'un peu partout Ă lâĂ©cole vĂ©tĂ©rinaire de Tripoli et sont si horribles que je vais Ă©viter de vous les donner en dĂ©tail.
Sachez simplement que les animaux meurent dans dâhorribles souffrances.
Fin juin 1989, le colonel Kadhafi a enfin admis la gravitĂ© de la situation et a reconnu que sur 6 millions dâanimaux (ovins, caprins, bovins et camĂ©lidĂ©s), 2 millions Ă©taient dĂ©jĂ morts.
Des hÎpitaux de Tripoli ont également reçu des hommes et des femmes infectés par cette mouche.
Suite Ă lâappel de dĂ©tresse lancĂ© par le gouvernement libyen, une mission internationale sâest rendue sur place pour Ă©valuer la situation.
Cette derniĂšre sâest avĂ©rĂ©e catastrophique et dâautant plus que la lucilie bouchĂšre pouvait passer la frontiĂšre et sâinstaller en Egypte ou en Tunisie.
Câest donc tout le Maghreb qui Ă©tait menacĂ© et Ă moyen terme le Moyen-Orient, lâAsie et lâEurope.
Cette mouche est capable de parcourir 300 km grĂące aux vents favorables. Les dĂ©troits de Messine et de Gibraltar nâauraient donc pas Ă©tĂ© un obstacle pour elle.
De plus, le pourtour méditerranéen possÚde un climat trÚs favorable à son expansion.
Les frontiÚres ont été fermées avec ces pays et la transhumance a été interdite. Autant dire que ces mesures étaient dérisoires.
Les mĂ©thodes artisanales employĂ©es par les Libyens Ă©taient inefficaces et au rythme oĂč les animaux mouraient, il n'aurait pas fallu plus de 2 ans pour que lâensemble du cheptel national disparaisse.
Cela signifiait Ă©galement la famine pour la population, majoritairement paysanne, puis la recherche de nouvelles victimes par la lucilie bouchĂšre, Ă savoir lâhomme et enfin sa migration vers de nouveaux territoires.
De plus en plus dâĂȘtres humains ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s dĂ©vorĂ©s et de nombreux enfants ont Ă©tĂ© admis dans les hĂŽpitaux.
La technique de « lâinsecte stĂ©rile »
Les AmĂ©ricains connaissent bien cette mouche contre laquelle ils ont engagĂ© des moyens colossaux pour lâĂ©radiquer de leur territoire.
Les entomologistes ont heureusement découvert son point faible.
La femelle ne sâaccouple quâune seule fois au cours de sa vie. Par contre, le mĂąle passe sa courte existence Ă se reproduire, quatre Ă huit fois.
Seule une minoritĂ© de mĂąles arrive Ă sâaccoupler tandis que les autres meurent sans avoir pu se reproduire.
Câest aux biologistes amĂ©ricains, les docteurs Bushland et Knipling, que lâon doit la technique de âlâinsecte stĂ©rile », mise en Ćuvre dans les annĂ©es 50.
La thĂ©orie est simple et gĂ©niale Ă la fois : il suffit dâintroduire des milliers de mĂąles stĂ©riles dans une zone infectĂ©e. Les femelles ont alors trĂšs peu de chances dâĂȘtre fĂ©condĂ©es. Plus dâĆufs donc plus de larves carnivores qui dĂ©vorent leurs hĂŽtes.
Ces deux biologistes ont eu lâidĂ©e dâutiliser la physique nuclĂ©aire et dâirradier les larves au cĂ©sium 137.
Dans les années 1950, le cheptel texan a été lourdement frappé par la lucilie bouchÚre et une centaine de personnes sont mortes.
Le Texas avait déjà été touché dans les années 30. 80% des troupeaux avaient été décimés.
Le fléau touchait également le Mexique.
Le gouvernement américain a alors employé les grands moyens. Il a construit des usines destinées à produire des milliards de lucilies bouchÚres irradiées et donc stériles.
Les mouches ont Ă©tĂ© larguĂ©es par avion au-dessus des zones infestĂ©es sur une superficie de plus de 2 millions de kmÂČ.
Le Texas et les territoires frontaliers mexicains ont effectivement Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s de ce flĂ©au, aprĂšs 5 ans de lutte, mais les lucilies bouchĂšres Ă©taient toujours prĂ©sentes dans le sud du Mexique et dans de nombreuses rĂ©gions entre le Guatemala et lâArgentine.
En 1976, les Américains, inquiets de cette présence proche, ont construit une usine à mouches stériles à Tuxtla Gutiérrez, au Mexique.
Ce site existe toujours. Câest dâailleurs le seul au monde Ă produire des lucilies bouchĂšres stĂ©riles.
Elle produit environ 400 millions de mouches par semaine.
GrĂące Ă cette usine gĂ©ante, la mouche tueuse a pu ĂȘtre Ă©radiquĂ©e du Mexique ainsi que de nombreuses zones dâAmĂ©rique Centrale et dâAmĂ©rique du Sud.
Un fléau catastrophique évité de justesse
En 1990 soit un an aprĂšs lâinvasion des lucilies bouchĂšres en Libye, le gouvernement amĂ©ricain doit prendre une dĂ©cision vitale pour lâensemble du monde, qui lâignore dâailleurs : Les Etats-Unis vont-il accepter dâintervenir en Libye ou non ?
Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été interrompues depuis 1986 sous la présidence de Ronald Reagan.
Le prĂ©sident Bush (George Herbert Walker Bush) va-t-il accepter de renouer des relations et de faire un transfert de technologie en faveur dâun pays hostile aux Etats-Unis ?
En cas de réponse favorable, la Libye va-t-elle accepter de transmettre aux pilotes américains des cartes suffisamment détaillées pour un largage efficace ?
Sans une collaboration totale entre les deux pays, rien nâest possible. Mais, certaines zones infectĂ©es se situent dans des rĂ©gions oĂč se trouvent des usines fabriquant des armes chimiques.
Sans rentrer dans tous les dĂ©tails, sachez simplement quâil a fallu toute la persuasion des reprĂ©sentants des diffĂ©rentes organisations internationales (FAO et FIDA notamment) pour que le prĂ©sident demande lâaval du CongrĂšs.
Note: FAO = Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'Agriculture. FIDA = Fonds international de développement agricole
Le 15 mars 1990, lâadministration Bush a fait officiellement connaĂźtre sa position aprĂšs accord du CongrĂšs.
Le programme peut ĂȘtre mis en Ćuvre mais reste Ă trouver les 120 millions de dollars nĂ©cessaires.
En octobre 1990, les fonds nâont toujours pas Ă©tĂ© rĂ©unis et la lucilie bouchĂšre est passĂ©e en Tunisie.
La trésorerie de la Banque africaine de développement et la Banque islamique de Développement avancent alors 3 millions de dollars. Cette somme est suffisante pour tester le programme sur le terrain.
La premiÚre cargaison de larves irradiées arrive à Tripoli le 19 décembre 1990 et dÚs le lendemain, elles ont donné naissance à plusieurs millions de mouches adultes qui sont larguées dans des boßtes sur les zones les plus touchées.
LâopĂ©ration est un succĂšs mais il faut lâĂ©largir Ă toutes les rĂ©gions et pour cela, il faut rĂ©unir beaucoup plus dâargent.
Les pays europĂ©ens les plus au sud et donc directement concernĂ©s se montrent plutĂŽt rĂ©ticents. Assez paradoxalement, ce sont des pays qui ne sont pas directement concernĂ©s comme le Canada, la Belgique, les Pays-Bas, lâAustralie ou la SuĂšde, qui versent immĂ©diatement un million de dollars chacun.
AprĂšs quelques hĂ©sitations, la France versera un million de dollars et lâItalie, 800 000 dollars. La Grande-Bretagne a toujours refusĂ© la moindre participation et est restĂ©e inflexible.
AprÚs de nombreuses réticences, 14 pays donateurs arrivent à rassembler la somme nécessaire.
AprÚs un an de lutte et 100 millions de dollars dépensés, la guerre des mouches prend fin avec la capitulation des lucilies bouchÚres.
En novembre 1991, la mouche dĂ©voreuse dâhommes est officiellement Ă©radiquĂ©e de Libye.
DâaprĂšs des rapports de lâAFP, au moins 2000 personnes ont Ă©tĂ© victimes du flĂ©au mais le taux de mortalitĂ© exact est inconnu.
Au moment oĂč se dĂ©roulait cette guerre biologique, une autre guerre se dĂ©roulait, la guerre du Golfe.
Les mĂ©dias europĂ©ens ont passĂ© sous silence ce qui aurait pu ĂȘtre lâune des plus grandes catastrophes de lâhumanitĂ©.
En effet, si lâAfrique avait Ă©tĂ© atteinte par le flĂ©au, comment aurions-nous pu en venir Ă bout et contrĂŽler toute la faune africaine ?
Quand on connaĂźt les conditions dâhygiĂšne prĂ©caires dans ces pays, on imagine le dĂ©sastre humanitaire et Ă©cologique qui se serait alors produit.
Combien de mouches stériles aurions nous dû produire si tous les continents avaient été infectés ?
Heureusement pour nous, pour une fois, le gouvernement amĂ©ricain a fait passer lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral avant ses propres intĂ©rĂȘts politiques.
La PlanĂšte des Mouches a bien failli voir le jour et nul doute que lâHomme devra engager de nombreux combats dans le futur face Ă un ennemi aussi implacable.
Les mouches ont certes perdu cette bataille mais bien dâautres guerres se dĂ©roulent actuellement un peu partout dans le monde. Nous sommes un peu plus de 6 milliards mais il existe environ 80 000 espĂšces de mouches.
La population globale de ces insectes est incalculable.
Source :
https://www.dinosoria.com/lucilie.html
L'article wiki (celui en anglais est bien complet) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucilie_bouch%C3%A8re

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Puisque vous avez l'air d'apprĂ©cier les gentilles petites bĂȘtes, je vous prĂ©sente le charmant ver de GuinĂ©e :
La dracunculose, autrefois filariose de Médine, est une maladie parasitaire causée par un ver parasite appelé communément ver de Guinée, ou Dracunculus medinensis. Elle fait partie des maladies tropicales négligées.
La larve du parasite est prĂ©sente dans des crustacĂ©s microscopiques, les Cyclops, vivant dans lâeau stagnante. La contamination humaine se fait par ingestion d'eau contaminĂ©e. Devenu adulte, le ver filiforme se dĂ©place dans les tissus sous-cutanĂ©s vers les extrĂ©mitĂ©s infĂ©rieures du corps. Il perce la peau pour pondre ses embryons au contact de l'eau.
Cette maladie peut ĂȘtre invalidante durant plusieurs semaines. FlĂ©au connu depuis l'antiquitĂ© dans les rĂ©gions subtropicales, elle touchait encore, en 1976, 10 millions de personnes dans 20 pays endĂ©miques.
Depuis les annĂ©es 1980, elle fait l'objet d'une campagne d'Ă©radication mondiale, basĂ©e sur l'Ă©ducation et l'hygiĂšne de l'eau. En 2017, on ne compte plus que 30 cas humains en 2 pays endĂ©miques (Tchad et Ăthiopie).
Contamination humaine
Une eau contaminée contient des crustacés minuscules, les cyclops, dont la taille moyenne est de l'ordre du mm. Ces cyclops, de la sous-classe des copépodes, peuvent contenir une larve parasitaire (en général une seule larve par cyclops).
La contamination se fait par ingestion dâeau contaminĂ©e (non filtrĂ©e). Lâacide gastrique digĂšre les crustacĂ©s, mais pas les larves du ver de GuinĂ©e abritĂ©es Ă l'intĂ©rieur. Ces larves gagnent ensuite lâintestin grĂȘle pour en traverser la paroi et se dissĂ©miner Ă lâintĂ©rieur du corps, probablement dans le tissu rĂ©tro-pĂ©ritonĂ©al.
Phase interne
Les larves parviennent au stade adulte en trois mois environ. L'accouplement a lieu lorsque mĂąle et femelle ont encore la mĂȘme taille. AprĂšs l'accouplement, le mĂąle, dont la longueur ne dĂ©passe pas les 4 cm, meurt et disparaĂźt par rĂ©sorption. Les femelles fĂ©condĂ©es continuent leur croissance pour atteindre une longueur allant jusqu'Ă 100 cm (60-80 cm en moyenne), pour un diamĂštre de moins de 2 mm.
La femelle fĂ©condĂ©e se dĂ©place Ă l'intĂ©rieur du corps, attirĂ©e par les rĂ©gions dĂ©clives, dans 90 % des cas vers la rĂ©gion des pieds et des chevilles. Ses Ćufs fĂ©condĂ©s Ă©closent dans son utĂ©rus sous forme d'embryons, au nombre de un Ă trois millions.
Son corps n'est plus qu'un long sac presque entiĂšrement occupĂ© par l'utĂ©rus clos bourrĂ© d'embryons, son tube digestif est complĂštement aplati et non fonctionnel. Au bout d'un an environ aprĂšs l'infestation, arrivĂ©e Ă ce stade, et Ă proximitĂ© de la peau, la femelle cherche une issue en sĂ©crĂ©tant une toxine irritante pour percer le revĂȘtement cutanĂ©.
Il se forme ainsi une plaie oĂč se prĂ©sente l'utĂ©rus du parasite. Il suffit d'un contact avec de l'eau pour que l'utĂ©rus se contracte et se rompe en expulsant plusieurs centaines de milliers d'embryons. Le processus peut se rĂ©pĂ©ter Ă chaque contact hydrique pendant une dizaine de jours.
Lorsque l'utĂ©rus est vidĂ©, le ver parasite meurt pour se rĂ©sorber ou ĂȘtre expulsĂ© par fragments dans du pus.
La maturation du ver dans l'organisme humain est le plus souvent silencieuse. Le ver qui cherche Ă s'extĂ©rioriser est solitaire prĂšs d'une fois sur deux, mais il est possible de dĂ©nombrer plus de vingt parasites chez un mĂȘme sujet.
Le ver peut mourir avant ou au cours de son déplacement. Le cadavre du ver se calcifie en quelques mois en étant visible à la radiographie. Cette éventualité constitue une forme de guérison, mais selon la localisation (proximité d'un tronc nerveux, d'une articulation...), des patients peuvent ressentir des douleurs.
Ăvolution non compliquĂ©e
Lorsque la femelle fĂ©condĂ©e commence Ă se dĂ©placer et se rapproche de la peau, des manifestations de type allergique peuvent survenir : urticaire, nausĂ©es, troubles respiratoires d'allure asthmatique... Une Ă©ruption locale avec dĂ©mangeaisons peut se produire au niveau du point oĂč se formera la plaie de sortie du ver.
Ă cet endroit, se constitue un empĂątement profond et douloureux, recouvert d'une peau inflammatoire, sur laquelle apparait une cloque de quelques mm Ă 4 cm de diamĂštre. Cette cloque ou phlyctĂšne finit par se rompre. Elle laisse une ulcĂ©ration au fond laquelle une portion blanchĂątre du ver peut ĂȘtre visible.
Au voisinage et sous la peau, le reste du ver est palpable sous la forme d'un cordon induré ou d'une masse pelotonnée, il peut aussi rester caché dans une masse inflammatoire. Le sujet atteint ressent des douleurs à type de brûlures.
AprÚs rupture de la peau, et vidange de ses embryons, le ver meurt et son cadavre s'élimine peu à peu. En l'absence de complications, l'orifice de sortie cicatrise en quelques semaines. La maladie peut souvent durer des mois lorsqu'il existe plusieurs vers.
Complications
Les complications sont fréquentes : surinfections, ruptures du ver, égarements du ver et complications de voisinage. Ces complications peuvent immobiliser le patient jusqu'à un an.
La surinfection est due au manque d'hygiÚne de la plaie de sortie : ulcÚre infecté, phlegmon, voire fiÚvre élevée et septicémie. Les surinfections par tétanos ou gangrÚne gazeuse sont rares mais possibles.
Les ruptures du ver peuvent ĂȘtre spontanĂ©es ou plus souvent liĂ©es Ă des tentatives maladroites d'extraction. Le morceau de ver se rĂ©tracte au fond des tissus, occasionnant des rĂ©actions allergiques (inflammations musculaires) et suppurations.
En se déplaçant au voisinage d'une articulation, le ver peut provoquer une réaction d'hydarthrose (épanchement articulaire). S'il pénÚtre dans l'articulation, il entraine une arthrite septique ou non, avec des risques de séquelles articulaires et musculaires définitives (risque historique).
Au cours de ses déplacements, le ver peut s'égarer (environ 10 % des cas) et chercher à s'extraire en dehors de la région du pied et de la cheville. Toutes les localisations de sortie possibles ont été observées : à la face, à la langue, au bras, au dos, au sein chez la femme, au scrotum chez l'homme... Le ver peut aussi manquer la peau et finir par mourir au niveau d'un organe thoracique ou abdominal, ou comprimer des troncs nerveux, voire la moelle épiniÚre. Ces localisations peuvent simuler des urgences médicales ou chirurgicales, de diagnostic plus difficile que les sorties cutanées.
L'infection ne procure pas d'immunité, et la maladie peut se répéter chaque année.
Méthode traditionnelle
Il n'existe aucun mĂ©dicament ou vaccin susceptibles de prĂ©venir ou traiter efficacement la dracunculose. Le traitement repose sur la mĂ©thode traditionnelle. Vieille de trois mille ans, cette mĂ©thode consiste Ă enrouler le ver autour d'un bĂątonnet, au niveau de l'orifice de sortie. La femelle adulte est extraite du patient Ă raison de quelques cm par jour. On enroule d'un tour ou plus, sans jamais forcer, en s'arrĂȘtant Ă la moindre rĂ©sistance. Ce processus trĂšs lent peut prendre plusieurs jours et, dans certains cas, jusqu'Ă quelques semaines, mais il est nĂ©cessaire pour Ă©viter la rupture du parasite.
Cette technique nécessite un agent de santé entrainé (sinon une rupture survient prÚs d'une fois sur deux), pouvant aussi prodiguer des soins infirmiers réguliers (désinfection cutanée, pansements humides, bandage, recommandations...).
La chirurgie est utilisée lors de complications sévÚres, notamment les phlegmons des parties molles, les abcÚs articulaires, les compressions médullaires... Elles associent incisions, drainages, libération ou ponction évacuatrice.
Source, infos supplémentaires et photos gouleyantes (ùmes sensibles s'abstenir) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracunculose

Une des histoires les plus bizarres et grotesques que j'ai entendues:
Tarrare, parfois orthographiĂ© Tarare, nĂ© vers 1772 et mort en 1798, Ă©tait un artiste de rue et soldat français, notable pour ses habitudes alimentaires inhabituelles. Ayant constamment faim, il Ă©tait capable de manger en grandes quantitĂ©s. Ses parents, incapables de subvenir Ă ses besoins, le chassĂšrent de la maison familiale lorsqu'il Ă©tait adolescent. Il se mit Ă parcourir la France en compagnie d'une bande de voleurs et de prostituĂ©es, avant de servir d'attraction comme phĂ©nomĂšne de foire, pour un charlatan ambulant qui lui faisait avaler en public, bouchons de liĂšge, pierres, animaux vivants et pommes entiĂšres. Il est ensuite allĂ© Ă Paris oĂč il a travaillĂ© comme artiste de rue.
Au déclenchement de la guerre de la PremiÚre Coalition, Tarrare rejoint l'Armée révolutionnaire française. Les rations militaires étant insuffisantes pour satisfaire son grand appétit, il dut manger la nourriture qu'il trouvait dans les caniveaux et les tas d'ordures. Mais la faim et le manque de nourriture détériora son état de santé. Souffrant d'épuisement, il a été hospitalisé et a fait l'objet d'une série d'expériences médicales pour tester sa capacité à manger, dans laquelle, entre autres choses, il a mangé un repas destiné à quinze personnes en une seule séance. Il mangeait également des chats vivants, des serpents, des lézards et des chiots, et avala une anguille entiÚre sans la mùcher. En dépit d'un régime alimentaire inhabituel, Tarrare était de taille et d'apparence normale, et ne montrait aucun signe de maladie mentale autre que ce qui a été décrit comme un tempérament apathique.
Le gĂ©nĂ©ral Alexandre de Beauharnais dĂ©cida de mettre Ă profit les capacitĂ©s de Tarrare en l'employant comme courrier pour l'armĂ©e française. L'objectif Ă©tait qu'il avale les documents, passe Ă travers des lignes ennemies et les remette en toute sĂ©curitĂ© Ă leurs destinataires. Malheureusement, incapable de parler allemand, il est capturĂ© dĂšs sa premiĂšre mission par les forces prussiennes. RouĂ© de coups, il subit un simulacre d'exĂ©cution avant d'ĂȘtre renvoyĂ© dans le camp français.
ĂchaudĂ© par cette expĂ©rience, il accepte de se soumettre Ă tout traitement qui permettrait de guĂ©rir son appĂ©tit. Il a Ă©tĂ© traitĂ© avec du laudanum, des pilules de tabac, du vinaigre de vin et des Ćufs Ă la coque. Mais tous ces remĂšdes ont Ă©chouĂ©, et les mĂ©decins ont Ă©tĂ© incapables de contrĂŽler son appĂ©tit : il se faufilait hors de l'hĂŽpital pour rĂ©cupĂ©rer des abats dans les caniveaux, dans les tas d'ordures et les boucheries, tentant mĂȘme de boire le sang d'autres patients et de manger des cadavres dans la morgue de l'hĂŽpital. AprĂšs avoir Ă©tĂ© accusĂ© d'avoir mangĂ© un enfant en bas Ăąge, il a Ă©tĂ© expulsĂ© de l'hĂŽpital. Il rĂ©apparait quatre ans plus tard Ă Versailles, souffrant d'une tuberculose sĂ©vĂšre. Il mourut peu de temps aprĂšs, des suites d'une longue diarrhĂ©e sĂ©crĂ©toire.
L'article wikipédia, avec encore plus de détails... intéressants: https://fr.wikipedia.org/wiki/Tarrare
Vidéo de Syl: https://www.youtube.com/watch?v=ADF_wkeVjDY
Bon appétit !
Le 20 novembre 2019 à 09:58:52 Foi_Jaune a écrit :
Vu que mon post a été supprimé, je vous conseille de chercher des infos sur Fred et Mary Rose West sur le net. Leur place sur le topic est complÚtement justifiée.
WTF
Le 21 novembre 2019 à 11:00:22 PersonneAgee a écrit :
Le 20 novembre 2019 à 09:58:52 Foi_Jaune a écrit :
Vu que mon post a été supprimé, je vous conseille de chercher des infos sur Fred et Mary Rose West sur le net. Leur place sur le topic est complÚtement justifiée.WTF
L'affaire, la modération ou les 2 ? _.gif)
Une affaire Ă suivre sur google actu:
Sans nouvelle dâune octogĂ©naire, le centre communal dâaction social de Mont-Saint-Aignan a dĂ©pĂȘchĂ© des pompiers chez cette vieille dame pour vĂ©rifier si elle allait bien. En arrivant sur place, les pompiers constatent que tous les volets sont fermĂ©s. En cassant le carreau dâune fenĂȘtre du premier Ă©tage dont le volet Ă©tait mal fermĂ©, ils ont fini par rentrer dans la maison, explique un voisin dans le journal local, Paris-Normandie.
Au rez-de-chaussĂ©e, ils trouvent lâoctogĂ©naire Ă©tendue au sol dans son entrĂ©e. Elle souffrait de dĂ©shydratation. Ils lâont immĂ©diatement transfĂ©rĂ©e au CHU.
Elle continuait Ă sâen occuper
En inspectant le reste de la maison, les pompiers vont faire une macabre dĂ©couverte au 1er Ă©tage. Dans la baignoire de la salle bain, il retrouve le corps momifiĂ© dâun homme.
LâoctogĂ©naire va expliquer aux services de secours, que son fils de 51 ans est dĂ©cĂ©dĂ© depuis six ans. Et que depuis cette date, elle continuait Ă sâen occuper en lui faisant un brin de toilette ou en lui mettant des vĂȘtements.
Chez les voisins du quartier, câest la stupĂ©faction. « On ne lâavait pas vu depuis des annĂ©es. On pensait quâil Ă©tait parti continuer sa vie ailleurs, confie une voisine dans Paris-Normandie. Avant, on les voyait tous les deux quand ils sortaient pour aller faire leurs courses. Lui marchait Ă quinze mĂštres derriĂšre elle. Depuis on la voyait faire la mĂȘme chose, mais seule ».
Toujours selon cette voisine, lâoctogĂ©naire « nâavait plus toute sa tĂȘte » : « Elle parlait Ă voix haute toute seule. Elle ne sortait que pour ses courses, sinon elle vivait seule, elle nâouvrait Ă personne. »
L'histoire qui a inspiré le roman et le film qui sort en salles aujourd'hui:
En 2012, Ă New York, Yoselyn Ortega a tuĂ© deux des trois enfants de ses employeurs. Elle les a poignardĂ©s Ă maintes reprises avant de tenter de se suicider. Elle est jugĂ©e depuis deux semaines. Retour sur le parcours de la ânourrice tueuseâ qui a inspirĂ© le roman avec lequel Leila Slimani a obtenu le prix Goncourt en 2016.
"Le bébé est mort." La phrase prend aux tripes. Elle se fige sur la rétine. Il a été tué par "l'autre", par "la nounou". Quand ces mots sont les premiers de Chanson douce, de Leïla Slimani, ce ne sont que des mots. On se rassure en serrant fort l'ouvrage entre ses mains. C'est "seulement" un livre haletant qui commence par la fin. Une histoire parmi d'autres, sortie de l'imagination d'une écrivaine qui interroge la maternité, la place et la liberté de la femme, la confiance placée en l'étranger qui veille sur la chair de sa chair.
Quand on se penche sur l'histoire de Yoselyn Ortega, source d'inspiration de Chanson douce, cette mĂȘme phrase glace le sang. Le bĂ©bĂ© est vraiment mort. La nounou l'a vraiment tuĂ©. Elle l'a poignardĂ© cinq fois. Il avait 2 ans. Il a eu une jugulaire tranchĂ©e et la moelle Ă©piniĂšre perforĂ©e. Sa grande sĆur, 6 ans, est morte elle aussi. Elle s'est dĂ©battue pour tenter de parer la trentaine de coups de couteau. Les deux enfants se sont vidĂ©s de leur sang dans la baignoire.
Léo, 2 ans et Lucia, 6 ans
Il y a cinq ans et demi, cette tragique histoire a secoué New York et l'Amérique tout entiÚre. Un jeudi d'octobre 2012, aux alentours de 17 h, Marina Krim, une mÚre de 36 ans, sort d'une leçon de natation avec sa cadette, Nessie, 3 ans. Elle doit retrouver sa nourrice, Yoselyn Ortega, dit "Yosi", et son fils Léo, 2 ans, à la sortie du cours de danse de sa fille Lucia, 6 ans. Ces derniers n'y sont pas.
AprĂšs avoir envoyĂ© un texto sans rĂ©ponse Ă la nounou, Marina Krim rentre chez elle. L'appartement est plongĂ© dans le noir. Elle descend demander au portier s'il a vu sortir la nourrice et les deux enfants. Il n'a vu personne, ils doivent toujours ĂȘtre dans l'appartement. La mĂšre remonte avec Nessie et aperçoit de la lumiĂšre dans la salle de bains. Elle y dĂ©couvre les corps sans vie de ses deux enfants dans la baignoire maculĂ©e de sang. La nourrice qui s'est tranchĂ© les poignets est en train de s'enfoncer un couteau dans la gorge.
Un cri des profondeurs
Au procÚs, l'un des ambulanciers décrit "la pire scÚne de crime jamais vue avec le 11 Septembre". Les premiers témoins cités par les journaux américains, ceux qui ont vu la mÚre sortir de l'immeuble en courant se souviennent d'un "bloodcurdling scream", un "cri à glacer le sang". Dans Chanson douce, Leila Slimani parle d'un "cri des profondeurs", d'un "hurlement de louve".
Une photo de la mÚre, visage dévasté et poings collés contre la vitre d'une ambulance a fait le tour du monde. Imprimée dans tous les esprits qui assistent au procÚs de Yoselyn Ortega, sauvée de justesse par les secours. Jugée depuis le 1er mars, elle encourt la prison à perpétuité pour les meurtres de Léo, 2 ans et Lucia, 6 ans. Témoins, experts et contre-experts cités par les deux parties se succÚdent à la barre, dessinant le portrait tortueux de Yoselyn Ortega, la nourrice tueuse.
Impassible
Depuis le dĂ©but son procĂšs, Yoselyn Ortiga n'a pas cillĂ©. Elle regarde tour Ă tour ses genoux et ses mains, secoue parfois la tĂȘte. Sa peau est un peu grisĂ©e par les cinq annĂ©es de dĂ©tention. Elle a vieilli depuis les photos d'elle qui ont circulĂ©, elle est un peu plus rabougrie. Au niveau de sa trachĂ©e, on distingue une grosse cicatrice. LĂ oĂč elle s'Ă©tait plantĂ© le couteau aprĂšs avoir exĂ©cutĂ© les deux enfants.
Son visage n'a trahi aucune expression alors que la mĂšre dĂ©livrait un tĂ©moignage dĂ©chirant. Elle n'a pas non plus bougĂ© quand cette derniĂšre lui a criĂ© qu'elle Ă©tait le "diable". Pas plus de gestes quand, en larmes, le pĂšre a racontĂ© sa visite Ă la morgue, oĂč il a dĂ©couvert ses enfants "beaux et Ă©tranges Ă la fois", parce qu'ils "Ă©taient de la mauvaise couleur, vidĂ©s de leur sang" et donc "un peu bleutĂ©s".
Une seule fois, Yoselyn Ortega a rĂ©agi. Lorsqu'un expert a racontĂ© leur entrevue, expliquant qu'elle avait Ă©clatĂ© en sanglots quand elle parlĂ© des nombreux morts dans sa propre famille. C'est l'unique moment oĂč Yoselyn Ortega a dĂ©tournĂ© la tĂȘte pour pleurer.
"Vous n'aurez peut-ĂȘtre jamais de rĂ©ponse satisfaisante"
Deux thÚses s'affrontent à ce procÚs qui devrait durer plusieurs mois. D'un cÎté, l'avocate générale qui soutient que Yoselyn Ortega a tué les enfants parce qu'elle estimait que les Krim la traitaient mal, jalousant leur richesse, désespérée par ses propres difficultés financiÚres.
En face, les avocats de l'accusĂ©e, menĂ©s par Me Valerie Van Leer-Greenberg, veulent faire reconnaĂźtre l'aliĂ©nation mentale de leur cliente pour obtenir son irresponsabilitĂ© pĂ©nale. Une ligne de dĂ©fense ardue. Aux termes du droit de l'Etat de New York, il ne faut pas simplement prouver qu'Ortega est une dĂ©mente. Il faut dĂ©montrer qu'elle Ă©tait folle et ne pouvait comprendre les consĂ©quences de ses actes Ă l'instant mĂȘme oĂč elle a commis les meurtres. Selon ses avocats, l'absence de mobile constitue une preuve en ce sens. Et c'est tout l'enjeu du procĂšs. DĂšs la premiĂšre audience, l'avocate gĂ©nĂ©rale a prĂ©venu les jurĂ©s et, au-delĂ , l'opinion publique : "Vous vous demanderez pourquoi, malheureusement, vous n'aurez peut-ĂȘtre jamais de rĂ©ponse satisfaisante Ă cette question."
"L'acte de confiance final"
Kevin et Marina Krim ont embauchĂ© Yoselyn Ortiga deux ans avant les faits, pour garder leurs trois enfants et Ă©pauler la mĂšre, femme au foyer. Une pratique courante chez les couples aisĂ©s du trĂšs chic Uper West Side. Le faits divers a d'autant plus traumatisĂ© le quartier que les "nounous" font partie intĂ©grante de la vie de famille. Elles sont lĂ pour les repas des enfants, leurs couchers, les anniversaires et mĂȘme les vacances. Selon une voisine interrogĂ©e par le New York Times, embaucher une "nanny" est "l'acte de confiance final". La quasi-intĂ©gration d'un nouveau membre de la famille.
Les Krim ne faisaient pas exception. A premiĂšre vue, les rapports qu'ils entretenaient avec "Yosi" Ă©taient au beau fixe. Sur le blog de Marina Krim oĂč elle relatait le quotidien de ses trois enfants, Lucia, Nessie et LĂ©o, la jeune mĂšre avait dĂ©crit leurs vacances en RĂ©publique dominicaine oĂč ils rendaient visite Ă la famille de Yoselyn Ortega. Elle y racontait Ă grand renfort de dĂ©tails et de photos la relation intime qui les liait Ă leur nourrice. Parmi les indices allant dans ce sens, il y avait les cadeaux des Krim, comme cette veste en cuir Ann Taylor qu'ils lui avaient offerte. Ou bien quand, par deux fois au moins, ils lui ont payĂ© l'aller-retour en RĂ©publique dominicaine alors qu'elle avait des urgences familiales.
Quelques jours aprÚs les meurtres, une des voisines et rares amies de la nourrice, Maria Lajara, raconte qu'Ortega parlait de sa joie de vivre au travail qu'elle aimait, s'estimant bien payée et bien traitée. "Elle les a vraiment aimés. Elle a aimé les enfants. Elle les emmenait au parc, et elle a dit que la mÚre était vraiment une bonne personne."
JvArchive compagnon