Topic de kongstrong :

Topic du Glauque

Cimer, chef !

On continue avec l'expérience de Stanford !

Source: https://www.lemonde.fr/passeurdesciences/article/2016/07/31/prisonniers-pour-la-science_6001825_5470970.html

Prisonniers pour la science

IL Y A 45 ANS, au cours de l'été 1971, avait lieu une expérimentation psychologique aussi fascinante que controversée à la prestigieuse université Stanford, à Palo Alto (Californie). Conduite par le professeur Philip Zimbardo, elle est connue aujourd’hui sous le nom d’expérience de Stanford. L’objectif consistait à comprendre comment et pourquoi les situations arrivaient à se dégrader dans les prisons militaires. L’idée a donc germé de créer une prison dans les locaux de l’université. Une petite annonce a donc été publiée, qui invitait des étudiants masculins, contre une rémunération de 15 dollars par jour (environ 90 dollars d’aujourd’hui), à participer à cette expérience qui devait durer une à deux semaines, pendant les grandes vacances de cette année 1971. Plus de 70 volontaires ont répondu à l’appel et 24 d’entre eux ont été sélectionnés sur des critères d’équilibre mental et de forme physique. En tirant à pile ou face, 9 ont été affectés au groupe des "prisonniers", 9 à celui des "gardiens", les 6 derniers servant de remplaçants.

Trois cellules contenant chacune trois détenus avaient été aménagées dans le sous-sol du bâtiment de psychologie, où les gardiens, divisés en équipes de trois, devaient se relayer toutes les huit heures. Les chercheurs leur avaient déniché des uniformes kaki dans un surplus de l’armée, ainsi que des lunettes de soleil à verres réfléchissants, destinées à éviter le contact visuel avec les étudiants-prisonniers. Pour ces derniers, tout était fait afin qu’ils se sentent déshumanisés, démunis, humiliés, dépossédés d’eux-mêmes : tout d’abord, ils avaient été arrêtés chez eux par la véritable police de Palo Alto, qui avait accepté de participer à l’expérience.

Chaque étudiant avait donc subi l’arrestation, la prise des empreintes digitales et des fameuses photos de face et de profil, avant d’être conduit "en prison". Là il s’était retrouvé avec un bas nylon sur la tête, pour modifier son apparence (comme si on lui avait rasé le crâne, voir la photo ci-dessus), privé de tout vêtement à l’exception d’une longue chemise de nuit sur laquelle était cousu son numéro de matricule, des tongs inconfortables en guise de chaussures, un matelas à même le sol et, pour faire bonne mesure, une chaîne cadenassée à ses pieds non pour l’entraver mais juste pour lui rappeler à tout moment l’oppression que lui faisait subir le monde extérieur. Même si les pseudo-"matons" étaient équipés de matraques, ils n’étaient pas censés en faire usage. Les chercheurs commirent néanmoins l’erreur de s’impliquer eux-mêmes dans l’expérience en jouant le rôle des administrateurs de la prison. Ils n’avaient pas encore saisi à quel point tous les participants allaient finir par investir leurs rôles respectifs…

Organiser la zizanie

Pourtant, il ne se passa rien de spécial la première journée. De fait, Philip Zimbardo, interviewé à l’occasion d’un article paru en 2011 dans la revue des anciens élèves de Stanford, expliqua que les "gardes", comme beaucoup d’étudiants de l’époque (les années 1970, les fameuses seventies), étaient imprégnés de la "mentalité antiautorité. Ils se sentaient gauches dans leurs uniformes. Ils ne sont pas entrés dans leur rôle de gardiens jusqu’à ce que les prisonniers se révoltent."

On est au matin du deuxième jour et tout va basculer. Au moment de la relève, les prisonniers retirent le bas qu’ils avaient sur la tête, arrachent leur numéro et se barricadent dans leurs cellules en mettant leurs matelas contre la porte. Les trois gardiens du matin appellent en renfort les trois gardiens de l’après-midi, qui viennent, tandis que les trois gardiens de nuit restent. A l’aide des extincteurs de sécurité dont ils se servent pour asperger les détenus de neige carbonique, les neuf hommes entrent dans les cellules, en extraient les matelas, obligent les prisonniers à se dévêtir, mettent le "chef" des rebelles à l’isolement. Bref, ils reprennent la situation en main. Bien conscients qu’ils ne peuvent rester de garde 24 heures sur 24 pour maintenir l’égalité numérique, ils se réunissent et décident d’utiliser leur pouvoir pour contraindre les prisonniers à l’obéissance.

Tullius Détritus, le méchant de l’album d’Astérix La Zizanie paru juste un an avant l’expérience de Stanford, n’aurait pas renié la stratégie adoptée par les gardes. Ceux-ci vont diviser les prisonniers en deux camps, les "bons", choyés, bien nourris, et les "mauvais", brimés, afin de créer des clans et de briser leur solidarité. Puis, ils vont mélanger de nouveau les détenus afin que les "privilégiés" passent pour des informateurs. Mais cela ne va pas s’arrêter là. Appels à toute heure du jour et de la nuit, privation de sommeil, interdiction d’utiliser les toilettes, remplacées par des seaux malodorants, corvées de chiottes à mains nues, séries de pompes à effectuer… Tout va très vite. Au bout de seulement 36 heures d’expérience, un des prisonniers craque moralement mais il n’est pas autorisé à partir tout de suite (il le sera un peu plus tard) et, renvoyé en cellule, va convaincre ses co-détenus qu’il s’agit d’une véritable prison.

Les "parloirs" organisés avec les parents et amis donnent aussi des résultats surprenants car les visiteurs, même s'ils sont étonnés de la rapide dégradation physique et morale des jeunes hommes, ne s’en offusquent pas plus que cela et, au lieu d’exiger la fin immédiate de l’expérience, jouent le rôle du "parent-qui-va-voir-son-fils-en-prison"… A maints égards, tout cela rappelle la très célèbre expérience de Milgram, réalisée exactement dix ans auparavant, qui a mis en lumière l’incroyable soumission à l’autorité que l’on peut obtenir d’individus lambda.

Les chercheurs organisent ensuite, pour tous les prisonniers, une audition pour une libération conditionnelle, présidée de manière impitoyable par le consultant de l’expérience, qui n’est autre… qu’un ancien véritable détenu. Quand on leur demande s’ils sont prêts à quitter la prison en renonçant à leur "salaire" de cobayes, la plupart disent oui, inconscients qu’il leur suffirait de demander à mettre fin à l’expérience pour que celle-ci s’arrête ! Toutes les libérations conditionnelles sont refusées et chacun retourne dans sa cellule sans rechigner, complètement soumis, désormais incapable de s’apercevoir qu’il a perdu pied avec la réalité.

Gardiens ouvertement sadiques

L’expérience de Stanford a montré d’une manière spectaculaire et brutale que l’on pouvait en quelques jours transformer de jeunes hommes équilibrés et en bonne santé en loques ou en gardiens zélés, ouvertement sadiques pour certains. Cette expérimentation s’arrêta le 20 août 1971, au bout de seulement six jours sur les deux semaines prévues à l’origine. Sur son site, Philip Zimbardo explique qu’il y a eu deux causes à cette fin prématurée. Tout d’abord, les chercheurs se sont aperçus que les gardiens avaient tendance à être cruels la nuit, ne se croyant pas observés (alors qu’ils étaient secrètement filmés et enregistrés).

Mais c’est sans doute grâce à Christina Maslach, la future Madame Zimbardo, que le calvaire des prisonniers et la dérive de leurs geôliers se sont achevés. Christina Maslach venait de soutenir sa thèse de doctorat et s’en fut visiter "l'expérience" un soir. Elle vit les détenus enchaînés, un sac en papier sur la tête, se faire hurler dessus par les gardes. Les larmes lui vinrent aux yeux, elle ne put supporter le spectacle et sortit du bâtiment, poursuivie par son petit ami. Philip Zimbardo raconte ainsi la scène : "Elle dit : "C’est terrible ce que vous faites à ces garçons. Comment ne pas voir ce que j’ai vu et ne pas s’occuper de cette souffrance ?" Mais je n’avais pas vu ce qu’elle avait vu. Et j’ai soudain commencé à avoir honte. C’est alors que j’ai réalisé que l’étude m’avait transformé en administrateur de la prison. Je lui ai dit : "Tu as raison. Nous devons arrêter l’étude.""

Deux mois après l’expérience, un des "détenus", Clay, numéro de matricule 416, fit ce témoignage sur ce qu’il avait ressenti au cours de ces quelques jours : "J’ai commencé à sentir que je perdais mon identité, que la personne que j’appelais Clay, la personne qui m’avait mis à cet endroit, la personne qui s’était portée volontaire pour aller dans cette prison – parce que c’était une prison pour moi et c’en est toujours une, je ne considère pas cela comme une expérience ou une simulation parce que c’était une prison dirigée par des psychologues au lieu d’être dirigée par l’Etat –, j’ai commencé à sentir que cette identité, la personne que j’étais et qui avait décidé d’aller en prison, s’éloignait de moi, était lointaine jusqu’à ce que, finalement, je ne sois plus elle, je sois 416. J’étais réellement mon numéro."

Lorsque le scandale des tortures pratiquées par des militaires américains dans la prison irakienne d’Abou Ghraïb a éclaté en 2004, tous ceux qui avaient participé à l’expérience de Stanford se sont rappelé ce qu’ils avaient vécu, un été de 1971, sur le campus de l’université. L’étude avait à l’époque reçu l’aval du Comité sur la recherche sur des sujets humains.

En bonus, un article démontrant la non-fiabilité des résultats de cette "expérience": https://www.lesinrocks.com/2018/04/22/actualite/actualite/pourquoi-la-mythique-experience-de-stanford-est-une-imposture/

PS: ce soir, diffusion d'Enquêtes paranormales sur C8, avis aux amateurs ! https://image.noelshack.com/fichiers/2018/02/7/1515955042-luma-ghostfag.gif

Je ne sais pas si ça a déjà été posté, mais au cas où... (ceux qui ont regardé IT Crowd feront le rapprochement)

Armin Meiwes est né en 1961. Le père d'Armin, Detlef Meiwes, policier de son état, est le troisième époux de Waltraud, son aînée de dix-neuf ans, déjà mère de deux enfants. Detlef abandonne la famille quand Armin a huit ans. Ayant emmené avec lui ses deux fils aînés, il laisse ainsi seul Armin avec Waltraud dans l'immense manoir familial de 50 pièces. Sa mère est très autoritaire et le jeune adolescent introverti sert de souffre-douleur à Waltraud, y compris en public.

Il découvre petit à petit son homosexualité et ses fantasmes sadomasochistes. Il passe de longues heures sur son ordinateur, et l'arrivée d'Internet lui permet de découvrir de nombreux sites de rencontres homosexuelles ainsi que des sites sur le sadomasochisme, le cannibalisme et la torture. Il s'invente une personnalité virtuelle, "Franky le Boucher".

À la mort de sa mère en 1999, il hérite du manoir et le réaménage selon ses fantasmes. Il y crée notamment dans l'ancien fumoir au deuxième étage une véritable salle de torture, recouverte de carrelage et équipée d'un système de poulies et crochets ainsi que d'une table de dissection d'animaux.

Depuis 1999, Armin Meiwes publie plusieurs annonces sur Internet, faisant part de son désir de trouver un homme voulant être mangé. Cette annonce est tout à fait sérieuse et le fait de manger la personne est à prendre au sens propre.

En 2001, il entre en contact, sur le site The Cannibal Café, avec Bernd Jürgen Armando Brandes, un ingénieur berlinois de 42 ans qui répond présent. La rencontre entre les deux hommes a lieu au domicile d'Armin Meiwes à Rotenburg dans la nuit du 9 au 10 mars 2001. Après avoir eu des rapports sexuels, ils décident d'un commun accord de sectionner le pénis de Bernd Jürgen Armando Brandes. Ils le cuisinent et le mangent ensemble.

Une fois le repas terminé, toujours avec l'accord de son hôte, Armin Meiwes le tue de plusieurs coups de couteau à la gorge. Dans sa cave, il l'étripe et découpe plusieurs morceaux de chair, dont il gardera certains au congélateur pour les manger plus tard. Sur ce point, il déclare : « Je l'ai pendu par les pieds, éviscéré. J'ai découpé quelque 30 kilos de viande, les meilleurs morceaux ont été conservés dans mon congélateur ».

Le 10 décembre 2002, alors qu'il recherche, par les mêmes moyens, une seconde victime consentante, il est arrêté par la police, après qu'un étudiant en médecine d'Innsbruck a alerté les autorités autrichiennes. La police trouve dans son immense manoir la salle de boucherie, dans le congélateur des sacs de plastique remplis de viande humaine. Il passe alors aux aveux, révélant notamment l'existence dans une cachette de cassettes VHS sur lesquelles il a enregistré intégralement la scène de cannibalisme qui dure plus de neuf heures.

Armin Meiwes déclare regretter son geste, mais garder tout de même un « souvenir intense et positif » de sa victime.

Plusieurs experts psychiatres le déclarent pénalement responsable et pouvant donc être jugé. Son avocat, Harald Ermel, plaide un homicide sur demande pour lui éviter la perpétuité. Le 30 janvier 2004, il est condamné à huit ans et demi de prison pour homicide involontaire par le tribunal de Kassel.

En avril 2005, le Parquet jugeant la peine insuffisante, saisit d'un pourvoi en cassation la Cour fédérale allemande pour rejuger Armin Meiwes, cette fois-ci pour assassinat à caractère sexuel. Le procès s'ouvre le 12 janvier et la perpétuité est demandée par l'accusation. Le 9 mai 2006, le tribunal de grande instance de Francfort condamne Meiwes à la réclusion criminelle à perpétuité.

Fin 2007, Armin Meiwes se déclare désormais végétarien.

Source: wikipédia.

PS: je vais avoir du mal à me connecter au forum ces prochains jours, donc je pourrai pas poster d'articles pendant un moment. Make the topic great again, les kheys !

Je me dois de uper ce topic de qualité :hap:
Ça a bien été posté :oui:

Le 12 septembre 2019 à 11:04:07 Foi_Jaune a écrit :
Une petite anecdote historique en passant:

Les "bouches inutiles" du Château-Gaillard

Septembre 1203. Le roi Philippe Auguste en a gros : il veut assiéger le château de Château-Gaillard et reprendre la place aux Anglais, non mais ! Ca ne sera pas facile : un siège de 4 longs mois va commencer... Et à un moment se déroule le célèbre épisode des « Bouches inutiles ».
L'horreur dans les fossés

Les villageois des Andelys (1500 âmes) subissent le siège de plein fouet. Ils ont peur. Ils viennent se réfugier derrière les murs du château, pendant un moment. Mais les Anglais finissent par les chasser. Le motif ? Pas assez de provisions pour tout le monde (hé, ils ont un siège à tenir).

Hommes et femmes n’ont plus qu’à rebrousser chemin vers Les Andelys... Les Français laissent passer 1000 d’entre eux, mais les derniers n’ont plus l’autorisation de passer leurs lignes, à la fin. Alors, coincés dans la 2e enceinte, repoussés des deux côtés, tous vont mourir de froid et de faim. Lentement.

Trèèès lentement, dans les fossés du château, allant jusqu’à s’entre-dévorer. Achille Deville dans son Histoire du Château-Gaillard (1829) décrit les horreurs qui se passent dans ces fossés qu’on voit toujours aujourd’hui. Les pauvres gens mangent ce qui leur passent sous la main : mousses, herbes rares, chiens errants.

Un jour, une poule passe les lignes françaises et tombe dans le fossé. Ceux qui restent la dévorent entière, « avec ses plumes et la fiente de ses intestins. » Aussi, un jour, une femme accouche. A peine le bébé pousse son premier cri qu’on lui arrache pour le dévorer morceau par morceau !

Source: https://fr.anecdotrip.com/anecdote/les-bouches-inutiles-du-chateau-gaillard-par-vinaigrette

Un immense tableau représentant les scènes de cannibalisme est exposé dans la salle principale de la mairie

Le 31 octobre 2019 à 13:52:02 Murshtok a écrit :

Le 12 septembre 2019 à 11:04:07 Foi_Jaune a écrit :
Une petite anecdote historique en passant:

Les "bouches inutiles" du Château-Gaillard

Septembre 1203. Le roi Philippe Auguste en a gros : il veut assiéger le château de Château-Gaillard et reprendre la place aux Anglais, non mais ! Ca ne sera pas facile : un siège de 4 longs mois va commencer... Et à un moment se déroule le célèbre épisode des « Bouches inutiles ».
L'horreur dans les fossés

Les villageois des Andelys (1500 âmes) subissent le siège de plein fouet. Ils ont peur. Ils viennent se réfugier derrière les murs du château, pendant un moment. Mais les Anglais finissent par les chasser. Le motif ? Pas assez de provisions pour tout le monde (hé, ils ont un siège à tenir).

Hommes et femmes n’ont plus qu’à rebrousser chemin vers Les Andelys... Les Français laissent passer 1000 d’entre eux, mais les derniers n’ont plus l’autorisation de passer leurs lignes, à la fin. Alors, coincés dans la 2e enceinte, repoussés des deux côtés, tous vont mourir de froid et de faim. Lentement.

Trèèès lentement, dans les fossés du château, allant jusqu’à s’entre-dévorer. Achille Deville dans son Histoire du Château-Gaillard (1829) décrit les horreurs qui se passent dans ces fossés qu’on voit toujours aujourd’hui. Les pauvres gens mangent ce qui leur passent sous la main : mousses, herbes rares, chiens errants.

Un jour, une poule passe les lignes françaises et tombe dans le fossé. Ceux qui restent la dévorent entière, « avec ses plumes et la fiente de ses intestins. » Aussi, un jour, une femme accouche. A peine le bébé pousse son premier cri qu’on lui arrache pour le dévorer morceau par morceau !

Source: https://fr.anecdotrip.com/anecdote/les-bouches-inutiles-du-chateau-gaillard-par-vinaigrette

Un immense tableau représentant les scènes de cannibalisme est exposé dans la salle principale de la mairie

Il y a des photos en ligne de ce tableau, khey ?

Topic en fav direct merci les kheys :ok:

La Mouche de Satan

Parmi les mouches, la lucilie bouchère est l’une des espèces les plus redoutées. Désignée sous le nom de Cochliomyia hominivorax (anciennement Lucilia hominivorax), c’est-à-dire « la dévoreuse d’hommes », cette mouche a engagé une véritable guerre contre l’humanité qu’elle a d’ailleurs failli gagner il y a quelques années.

Cochliomyia hominivorax fait partie de la famille des Calliphoridae que l’on appelle communément « mouches à viande ».

La lucilie bouchère doit son nom scientifique aux circonstances de sa découverte. En effet, en 1858, Charles Coquerel identifia pour la première fois ce diptère sur les cadavres de ses victimes, des bagnards français détenus au bagne de l’île du Diable au large de Cayenne.
Entre 1859 et 1893, ces mouches ont tué dans cette région plus d’une centaine de personnes.

Depuis le 19e siècle, Cochliomyia hominivorax continue ses guerres éclair sur le continent nord-américain.
Les Américains l’ont baptisée « screw worm » qui signifie le « ver qui se visse » en raison de ses pratiques sanguinaires. Après de longues années de lutte et plusieurs milliards de dollars dépensés, les États-Unis ont réussi à éradiquer la lucilie bouchère de leur territoire dans les années 1980.

Cependant, loin de s’être avouée vaincue, cette mouche a entrepris la conquête de l’Afrique et notamment de la Libye.
Les armées de Cochliomyia hominivorax ont été stoppées in extremis en Afrique du Nord en novembre 1991.

A part quelques rares dépêches de l’AFP, le monde n’a pas été mis au courant du fléau qui a failli s’abattre sur tous les continents.

Caractéristiques de la lucilie bouchère

Cette mouche est légèrement plus grande que la mouche domestique (Musca domestica). Elle possède des yeux rouge orangé qui ressortent sur un corps noir, rayé de stries bleues et vertes, souvent à reflets cuivrés.

Cette mouche est incapable de percer l’épiderme. De ce fait, elle recherche les plaies aussi petites soient-elles pour y pondre ses œufs.

Imaginez que vous êtes piqué par un insecte quelconque. La piqûre va provoquer un minuscule orifice dans votre épiderme.
La lucilie bouchère détecte cette éraflure et se précipite alors. Elle contracte son abdomen et la femelle fécondée vous injecte en une dizaine de secondes jusqu’à 400 œufs qui ont l’apparence d’une masse blanchâtre.

Une femelle peut ainsi renouveler ce type de ponte dans un hôte et déposer jusqu’à 5 000 œufs au cours de sa très brève existence qui ne dépasse pas 20 jours.

Les œufs éclosent en quelques heures et donnent naissance à des larves de moins d’un millimètre. Ces larves carnivores sont munies de crochets qui leur permettent de s’enfoncer dans la peau d’où le nom « ver qui se visse ».

Les larves se nourrissent de la chaire animale ou humaine ainsi que des tissus liquidiens. En quelques jours, la petite plaie se transforme en plaie béante qui peut atteindre 10 cm de profondeur.
Au fur et à mesure que le trou grandit, les asticots grandissent également.

La plaie devient purulente et dégage une odeur d’ammoniaque. Cette odeur attire d’autres lucilies bouchères qui, à leur tour, pondent leurs œufs.

La victime est rongée de l’intérieur par des centaines, voire des milliers de vers, et succombe en moins de 15 jours d’infections diverses.

Malheureusement, on ne peut se protéger de ce fléau car si l’hôte n’a aucune plaie, cette mouche pénètre dans l’organisme par les orifices naturels : sexe, rectum, narines, bouche ou oreilles et même les yeux.
Dans ce cas, les asticots dévorent l’intérieur du crâne en provoquant des hémorragies.

Une fois repus, les asticots tombent sur le sol, s’y enfoncent pour se transformer en pupes. Les nymphes se métamorphosent en mouches adultes en six jours environ. Ces mouches sont mâtures et prêtent à recommencer le processus destructeur sur un nouvel hôte.

La lucilie bouchère ne peut survivre sous des températures inférieures à –10°C. Elle ne survit pas plus de quelques jours à des gelées consécutives.

La lucilie bouchère en Libye

La lucilie bouchère est normalement endémique des régions tropicales et subtropicales du continent américain.
Actuellement, cette espèce est toujours présente en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et dans certaines îles des Caraïbes.

La lucilie bouchère n’attaque pas en masse mais par petites unités, voire même de manière individuelle.
Cette technique de harcèlement rend son éradication encore plus difficile.

On ne sait pas comment ce redoutable diptère est arrivé à Tripoli, en Libye. Les scientifiques supposent que ce sont des moutons infestés en provenance d’Uruguay qui ont apporté ce fléau en Afrique.

Elles ont été officiellement découvertes en Libye en 1988 par des paysans qui ont apporté à une école vétérinaire libyenne des cadavres de moutons présentant des plaies sanguinolentes.
Les prélèvements ont été envoyés au British Museum of Natural History de Londres ce qui a permis aux entomologistes d’identifier l’espèce.

Au début, les autorités libyennes ne se sont pas inquiétées ce qui a permis à la lucilie bouchère de proliférer.
En quelques mois, elle a envahi toutes les zones autour de Tripoli soit environ 20 000 km².

Des rapports sont arrivés d'un peu partout à l’école vétérinaire de Tripoli et sont si horribles que je vais éviter de vous les donner en détail.
Sachez simplement que les animaux meurent dans d’horribles souffrances.
Fin juin 1989, le colonel Kadhafi a enfin admis la gravité de la situation et a reconnu que sur 6 millions d’animaux (ovins, caprins, bovins et camélidés), 2 millions étaient déjà morts.

Des hôpitaux de Tripoli ont également reçu des hommes et des femmes infectés par cette mouche.

Suite à l’appel de détresse lancé par le gouvernement libyen, une mission internationale s’est rendue sur place pour évaluer la situation.
Cette dernière s’est avérée catastrophique et d’autant plus que la lucilie bouchère pouvait passer la frontière et s’installer en Egypte ou en Tunisie.
C’est donc tout le Maghreb qui était menacé et à moyen terme le Moyen-Orient, l’Asie et l’Europe.

Cette mouche est capable de parcourir 300 km grâce aux vents favorables. Les détroits de Messine et de Gibraltar n’auraient donc pas été un obstacle pour elle.
De plus, le pourtour méditerranéen possède un climat très favorable à son expansion.

Les frontières ont été fermées avec ces pays et la transhumance a été interdite. Autant dire que ces mesures étaient dérisoires.

Les méthodes artisanales employées par les Libyens étaient inefficaces et au rythme où les animaux mouraient, il n'aurait pas fallu plus de 2 ans pour que l’ensemble du cheptel national disparaisse.
Cela signifiait également la famine pour la population, majoritairement paysanne, puis la recherche de nouvelles victimes par la lucilie bouchère, à savoir l’homme et enfin sa migration vers de nouveaux territoires.

De plus en plus d’êtres humains ont été retrouvés dévorés et de nombreux enfants ont été admis dans les hôpitaux.

La technique de « l’insecte stérile »

Les Américains connaissent bien cette mouche contre laquelle ils ont engagé des moyens colossaux pour l’éradiquer de leur territoire.
Les entomologistes ont heureusement découvert son point faible.
La femelle ne s’accouple qu’une seule fois au cours de sa vie. Par contre, le mâle passe sa courte existence à se reproduire, quatre à huit fois.
Seule une minorité de mâles arrive à s’accoupler tandis que les autres meurent sans avoir pu se reproduire.

C’est aux biologistes américains, les docteurs Bushland et Knipling, que l’on doit la technique de ‘l’insecte stérile », mise en œuvre dans les années 50.
La théorie est simple et géniale à la fois : il suffit d’introduire des milliers de mâles stériles dans une zone infectée. Les femelles ont alors très peu de chances d’être fécondées. Plus d’œufs donc plus de larves carnivores qui dévorent leurs hôtes.

Ces deux biologistes ont eu l’idée d’utiliser la physique nucléaire et d’irradier les larves au césium 137.

Dans les années 1950, le cheptel texan a été lourdement frappé par la lucilie bouchère et une centaine de personnes sont mortes.
Le Texas avait déjà été touché dans les années 30. 80% des troupeaux avaient été décimés.

Le fléau touchait également le Mexique.

Le gouvernement américain a alors employé les grands moyens. Il a construit des usines destinées à produire des milliards de lucilies bouchères irradiées et donc stériles.

Les mouches ont été larguées par avion au-dessus des zones infestées sur une superficie de plus de 2 millions de km².

Le Texas et les territoires frontaliers mexicains ont effectivement été libérés de ce fléau, après 5 ans de lutte, mais les lucilies bouchères étaient toujours présentes dans le sud du Mexique et dans de nombreuses régions entre le Guatemala et l’Argentine.

En 1976, les Américains, inquiets de cette présence proche, ont construit une usine à mouches stériles à Tuxtla Gutiérrez, au Mexique.
Ce site existe toujours. C’est d’ailleurs le seul au monde à produire des lucilies bouchères stériles.
Elle produit environ 400 millions de mouches par semaine.

Grâce à cette usine géante, la mouche tueuse a pu être éradiquée du Mexique ainsi que de nombreuses zones d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud.
Un fléau catastrophique évité de justesse

En 1990 soit un an après l’invasion des lucilies bouchères en Libye, le gouvernement américain doit prendre une décision vitale pour l’ensemble du monde, qui l’ignore d’ailleurs : Les Etats-Unis vont-il accepter d’intervenir en Libye ou non ?

Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été interrompues depuis 1986 sous la présidence de Ronald Reagan.
Le président Bush (George Herbert Walker Bush) va-t-il accepter de renouer des relations et de faire un transfert de technologie en faveur d’un pays hostile aux Etats-Unis ?

En cas de réponse favorable, la Libye va-t-elle accepter de transmettre aux pilotes américains des cartes suffisamment détaillées pour un largage efficace ?

Sans une collaboration totale entre les deux pays, rien n’est possible. Mais, certaines zones infectées se situent dans des régions où se trouvent des usines fabriquant des armes chimiques.

Sans rentrer dans tous les détails, sachez simplement qu’il a fallu toute la persuasion des représentants des différentes organisations internationales (FAO et FIDA notamment) pour que le président demande l’aval du Congrès.

Note: FAO = Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'Agriculture. FIDA = Fonds international de développement agricole

Le 15 mars 1990, l’administration Bush a fait officiellement connaître sa position après accord du Congrès.
Le programme peut être mis en œuvre mais reste à trouver les 120 millions de dollars nécessaires.

En octobre 1990, les fonds n’ont toujours pas été réunis et la lucilie bouchère est passée en Tunisie.

La trésorerie de la Banque africaine de développement et la Banque islamique de Développement avancent alors 3 millions de dollars. Cette somme est suffisante pour tester le programme sur le terrain.

La première cargaison de larves irradiées arrive à Tripoli le 19 décembre 1990 et dès le lendemain, elles ont donné naissance à plusieurs millions de mouches adultes qui sont larguées dans des boîtes sur les zones les plus touchées.

L’opération est un succès mais il faut l’élargir à toutes les régions et pour cela, il faut réunir beaucoup plus d’argent.
Les pays européens les plus au sud et donc directement concernés se montrent plutôt réticents. Assez paradoxalement, ce sont des pays qui ne sont pas directement concernés comme le Canada, la Belgique, les Pays-Bas, l’Australie ou la Suède, qui versent immédiatement un million de dollars chacun.

Après quelques hésitations, la France versera un million de dollars et l’Italie, 800 000 dollars. La Grande-Bretagne a toujours refusé la moindre participation et est restée inflexible.
Après de nombreuses réticences, 14 pays donateurs arrivent à rassembler la somme nécessaire.

Après un an de lutte et 100 millions de dollars dépensés, la guerre des mouches prend fin avec la capitulation des lucilies bouchères.
En novembre 1991, la mouche dévoreuse d’hommes est officiellement éradiquée de Libye.
D’après des rapports de l’AFP, au moins 2000 personnes ont été victimes du fléau mais le taux de mortalité exact est inconnu.

Au moment où se déroulait cette guerre biologique, une autre guerre se déroulait, la guerre du Golfe.
Les médias européens ont passé sous silence ce qui aurait pu être l’une des plus grandes catastrophes de l’humanité.
En effet, si l’Afrique avait été atteinte par le fléau, comment aurions-nous pu en venir à bout et contrôler toute la faune africaine ?
Quand on connaît les conditions d’hygiène précaires dans ces pays, on imagine le désastre humanitaire et écologique qui se serait alors produit.

Combien de mouches stériles aurions nous dû produire si tous les continents avaient été infectés ?

Heureusement pour nous, pour une fois, le gouvernement américain a fait passer l’intérêt général avant ses propres intérêts politiques.

La Planète des Mouches a bien failli voir le jour et nul doute que l’Homme devra engager de nombreux combats dans le futur face à un ennemi aussi implacable.
Les mouches ont certes perdu cette bataille mais bien d’autres guerres se déroulent actuellement un peu partout dans le monde. Nous sommes un peu plus de 6 milliards mais il existe environ 80 000 espèces de mouches.
La population globale de ces insectes est incalculable.

Source :
https://www.dinosoria.com/lucilie.html

L'article wiki (celui en anglais est bien complet) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucilie_bouch%C3%A8re

vraiment horrible cette histoire de mouche :malade:
je me suis gratté la peau tout le long de la lecture, presque :)

Puisque vous avez l'air d'apprécier les gentilles petites bêtes, je vous présente le charmant ver de Guinée :

La dracunculose, autrefois filariose de Médine, est une maladie parasitaire causée par un ver parasite appelé communément ver de Guinée, ou Dracunculus medinensis. Elle fait partie des maladies tropicales négligées.

La larve du parasite est présente dans des crustacés microscopiques, les Cyclops, vivant dans l’eau stagnante. La contamination humaine se fait par ingestion d'eau contaminée. Devenu adulte, le ver filiforme se déplace dans les tissus sous-cutanés vers les extrémités inférieures du corps. Il perce la peau pour pondre ses embryons au contact de l'eau.

Cette maladie peut être invalidante durant plusieurs semaines. Fléau connu depuis l'antiquité dans les régions subtropicales, elle touchait encore, en 1976, 10 millions de personnes dans 20 pays endémiques.

Depuis les années 1980, elle fait l'objet d'une campagne d'éradication mondiale, basée sur l'éducation et l'hygiène de l'eau. En 2017, on ne compte plus que 30 cas humains en 2 pays endémiques (Tchad et Éthiopie).

Contamination humaine

Une eau contaminée contient des crustacés minuscules, les cyclops, dont la taille moyenne est de l'ordre du mm. Ces cyclops, de la sous-classe des copépodes, peuvent contenir une larve parasitaire (en général une seule larve par cyclops).

La contamination se fait par ingestion d’eau contaminée (non filtrée). L’acide gastrique digère les crustacés, mais pas les larves du ver de Guinée abritées à l'intérieur. Ces larves gagnent ensuite l’intestin grêle pour en traverser la paroi et se disséminer à l’intérieur du corps, probablement dans le tissu rétro-péritonéal.

Phase interne

Les larves parviennent au stade adulte en trois mois environ. L'accouplement a lieu lorsque mâle et femelle ont encore la même taille. Après l'accouplement, le mâle, dont la longueur ne dépasse pas les 4 cm, meurt et disparaît par résorption. Les femelles fécondées continuent leur croissance pour atteindre une longueur allant jusqu'à 100 cm (60-80 cm en moyenne), pour un diamètre de moins de 2 mm.

La femelle fécondée se déplace à l'intérieur du corps, attirée par les régions déclives, dans 90 % des cas vers la région des pieds et des chevilles. Ses œufs fécondés éclosent dans son utérus sous forme d'embryons, au nombre de un à trois millions.

Son corps n'est plus qu'un long sac presque entièrement occupé par l'utérus clos bourré d'embryons, son tube digestif est complètement aplati et non fonctionnel. Au bout d'un an environ après l'infestation, arrivée à ce stade, et à proximité de la peau, la femelle cherche une issue en sécrétant une toxine irritante pour percer le revêtement cutané.

Il se forme ainsi une plaie où se présente l'utérus du parasite. Il suffit d'un contact avec de l'eau pour que l'utérus se contracte et se rompe en expulsant plusieurs centaines de milliers d'embryons. Le processus peut se répéter à chaque contact hydrique pendant une dizaine de jours.

Lorsque l'utérus est vidé, le ver parasite meurt pour se résorber ou être expulsé par fragments dans du pus.

La maturation du ver dans l'organisme humain est le plus souvent silencieuse. Le ver qui cherche à s'extérioriser est solitaire près d'une fois sur deux, mais il est possible de dénombrer plus de vingt parasites chez un même sujet.

Le ver peut mourir avant ou au cours de son déplacement. Le cadavre du ver se calcifie en quelques mois en étant visible à la radiographie. Cette éventualité constitue une forme de guérison, mais selon la localisation (proximité d'un tronc nerveux, d'une articulation...), des patients peuvent ressentir des douleurs.

Évolution non compliquée

Lorsque la femelle fécondée commence à se déplacer et se rapproche de la peau, des manifestations de type allergique peuvent survenir : urticaire, nausées, troubles respiratoires d'allure asthmatique... Une éruption locale avec démangeaisons peut se produire au niveau du point où se formera la plaie de sortie du ver.

À cet endroit, se constitue un empâtement profond et douloureux, recouvert d'une peau inflammatoire, sur laquelle apparait une cloque de quelques mm à 4 cm de diamètre. Cette cloque ou phlyctène finit par se rompre. Elle laisse une ulcération au fond laquelle une portion blanchâtre du ver peut être visible.

Au voisinage et sous la peau, le reste du ver est palpable sous la forme d'un cordon induré ou d'une masse pelotonnée, il peut aussi rester caché dans une masse inflammatoire. Le sujet atteint ressent des douleurs à type de brûlures.

Après rupture de la peau, et vidange de ses embryons, le ver meurt et son cadavre s'élimine peu à peu. En l'absence de complications, l'orifice de sortie cicatrise en quelques semaines. La maladie peut souvent durer des mois lorsqu'il existe plusieurs vers.

Complications

Les complications sont fréquentes : surinfections, ruptures du ver, égarements du ver et complications de voisinage. Ces complications peuvent immobiliser le patient jusqu'à un an.

La surinfection est due au manque d'hygiène de la plaie de sortie : ulcère infecté, phlegmon, voire fièvre élevée et septicémie. Les surinfections par tétanos ou gangrène gazeuse sont rares mais possibles.

Les ruptures du ver peuvent être spontanées ou plus souvent liées à des tentatives maladroites d'extraction. Le morceau de ver se rétracte au fond des tissus, occasionnant des réactions allergiques (inflammations musculaires) et suppurations.

En se déplaçant au voisinage d'une articulation, le ver peut provoquer une réaction d'hydarthrose (épanchement articulaire). S'il pénètre dans l'articulation, il entraine une arthrite septique ou non, avec des risques de séquelles articulaires et musculaires définitives (risque historique).

Au cours de ses déplacements, le ver peut s'égarer (environ 10 % des cas) et chercher à s'extraire en dehors de la région du pied et de la cheville. Toutes les localisations de sortie possibles ont été observées : à la face, à la langue, au bras, au dos, au sein chez la femme, au scrotum chez l'homme... Le ver peut aussi manquer la peau et finir par mourir au niveau d'un organe thoracique ou abdominal, ou comprimer des troncs nerveux, voire la moelle épinière. Ces localisations peuvent simuler des urgences médicales ou chirurgicales, de diagnostic plus difficile que les sorties cutanées.

L'infection ne procure pas d'immunité, et la maladie peut se répéter chaque année.

Méthode traditionnelle

Il n'existe aucun médicament ou vaccin susceptibles de prévenir ou traiter efficacement la dracunculose. Le traitement repose sur la méthode traditionnelle. Vieille de trois mille ans, cette méthode consiste à enrouler le ver autour d'un bâtonnet, au niveau de l'orifice de sortie. La femelle adulte est extraite du patient à raison de quelques cm par jour. On enroule d'un tour ou plus, sans jamais forcer, en s'arrêtant à la moindre résistance. Ce processus très lent peut prendre plusieurs jours et, dans certains cas, jusqu'à quelques semaines, mais il est nécessaire pour éviter la rupture du parasite.

Cette technique nécessite un agent de santé entrainé (sinon une rupture survient près d'une fois sur deux), pouvant aussi prodiguer des soins infirmiers réguliers (désinfection cutanée, pansements humides, bandage, recommandations...).

La chirurgie est utilisée lors de complications sévères, notamment les phlegmons des parties molles, les abcès articulaires, les compressions médullaires... Elles associent incisions, drainages, libération ou ponction évacuatrice.

Source, infos supplémentaires et photos gouleyantes (âmes sensibles s'abstenir) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracunculose

Vu que mon post a été supprimé, je vous conseille de chercher des infos sur Fred et Mary Rose West sur le net. Leur place sur le topic est complètement justifiée.

Une des histoires les plus bizarres et grotesques que j'ai entendues:

Tarrare, parfois orthographié Tarare, né vers 1772 et mort en 1798, était un artiste de rue et soldat français, notable pour ses habitudes alimentaires inhabituelles. Ayant constamment faim, il était capable de manger en grandes quantités. Ses parents, incapables de subvenir à ses besoins, le chassèrent de la maison familiale lorsqu'il était adolescent. Il se mit à parcourir la France en compagnie d'une bande de voleurs et de prostituées, avant de servir d'attraction comme phénomène de foire, pour un charlatan ambulant qui lui faisait avaler en public, bouchons de liège, pierres, animaux vivants et pommes entières. Il est ensuite allé à Paris où il a travaillé comme artiste de rue.

Au déclenchement de la guerre de la Première Coalition, Tarrare rejoint l'Armée révolutionnaire française. Les rations militaires étant insuffisantes pour satisfaire son grand appétit, il dut manger la nourriture qu'il trouvait dans les caniveaux et les tas d'ordures. Mais la faim et le manque de nourriture détériora son état de santé. Souffrant d'épuisement, il a été hospitalisé et a fait l'objet d'une série d'expériences médicales pour tester sa capacité à manger, dans laquelle, entre autres choses, il a mangé un repas destiné à quinze personnes en une seule séance. Il mangeait également des chats vivants, des serpents, des lézards et des chiots, et avala une anguille entière sans la mâcher. En dépit d'un régime alimentaire inhabituel, Tarrare était de taille et d'apparence normale, et ne montrait aucun signe de maladie mentale autre que ce qui a été décrit comme un tempérament apathique.

Le général Alexandre de Beauharnais décida de mettre à profit les capacités de Tarrare en l'employant comme courrier pour l'armée française. L'objectif était qu'il avale les documents, passe à travers des lignes ennemies et les remette en toute sécurité à leurs destinataires. Malheureusement, incapable de parler allemand, il est capturé dès sa première mission par les forces prussiennes. Roué de coups, il subit un simulacre d'exécution avant d'être renvoyé dans le camp français.

Échaudé par cette expérience, il accepte de se soumettre à tout traitement qui permettrait de guérir son appétit. Il a été traité avec du laudanum, des pilules de tabac, du vinaigre de vin et des œufs à la coque. Mais tous ces remèdes ont échoué, et les médecins ont été incapables de contrôler son appétit : il se faufilait hors de l'hôpital pour récupérer des abats dans les caniveaux, dans les tas d'ordures et les boucheries, tentant même de boire le sang d'autres patients et de manger des cadavres dans la morgue de l'hôpital. Après avoir été accusé d'avoir mangé un enfant en bas âge, il a été expulsé de l'hôpital. Il réapparait quatre ans plus tard à Versailles, souffrant d'une tuberculose sévère. Il mourut peu de temps après, des suites d'une longue diarrhée sécrétoire.

L'article wikipédia, avec encore plus de détails... intéressants: https://fr.wikipedia.org/wiki/Tarrare

Vidéo de Syl: https://www.youtube.com/watch?v=ADF_wkeVjDY

Bon appétit !

Le 20 novembre 2019 à 09:58:52 Foi_Jaune a écrit :
Vu que mon post a été supprimé, je vous conseille de chercher des infos sur Fred et Mary Rose West sur le net. Leur place sur le topic est complètement justifiée.

WTF

Le 21 novembre 2019 à 11:00:22 PersonneAgee a écrit :

Le 20 novembre 2019 à 09:58:52 Foi_Jaune a écrit :
Vu que mon post a été supprimé, je vous conseille de chercher des infos sur Fred et Mary Rose West sur le net. Leur place sur le topic est complètement justifiée.

WTF

L'affaire, la modération ou les 2 ? :)

Une affaire à suivre sur google actu:

Sans nouvelle d’une octogénaire, le centre communal d’action social de Mont-Saint-Aignan a dépêché des pompiers chez cette vieille dame pour vérifier si elle allait bien. En arrivant sur place, les pompiers constatent que tous les volets sont fermés. En cassant le carreau d’une fenêtre du premier étage dont le volet était mal fermé, ils ont fini par rentrer dans la maison, explique un voisin dans le journal local, Paris-Normandie.

Au rez-de-chaussée, ils trouvent l’octogénaire étendue au sol dans son entrée. Elle souffrait de déshydratation. Ils l’ont immédiatement transférée au CHU.

Elle continuait à s’en occuper

En inspectant le reste de la maison, les pompiers vont faire une macabre découverte au 1er étage. Dans la baignoire de la salle bain, il retrouve le corps momifié d’un homme.

L’octogénaire va expliquer aux services de secours, que son fils de 51 ans est décédé depuis six ans. Et que depuis cette date, elle continuait à s’en occuper en lui faisant un brin de toilette ou en lui mettant des vêtements.

Chez les voisins du quartier, c’est la stupéfaction. « On ne l’avait pas vu depuis des années. On pensait qu’il était parti continuer sa vie ailleurs, confie une voisine dans Paris-Normandie. Avant, on les voyait tous les deux quand ils sortaient pour aller faire leurs courses. Lui marchait à quinze mètres derrière elle. Depuis on la voyait faire la même chose, mais seule ».

Toujours selon cette voisine, l’octogénaire « n’avait plus toute sa tête » : « Elle parlait à voix haute toute seule. Elle ne sortait que pour ses courses, sinon elle vivait seule, elle n’ouvrait à personne. »

Source: https://www.ouest-france.fr/normandie/rouen-76000/l-octogenaire-conservait-le-corps-de-son-fils-mort-depuis-six-ans-dans-sa-baignoire-6622731

L'histoire qui a inspiré le roman et le film qui sort en salles aujourd'hui:

En 2012, à New York, Yoselyn Ortega a tué deux des trois enfants de ses employeurs. Elle les a poignardés à maintes reprises avant de tenter de se suicider. Elle est jugée depuis deux semaines. Retour sur le parcours de la “nourrice tueuse” qui a inspiré le roman avec lequel Leila Slimani a obtenu le prix Goncourt en 2016.

"Le bébé est mort." La phrase prend aux tripes. Elle se fige sur la rétine. Il a été tué par "l'autre", par "la nounou". Quand ces mots sont les premiers de Chanson douce, de Leïla Slimani, ce ne sont que des mots. On se rassure en serrant fort l'ouvrage entre ses mains. C'est "seulement" un livre haletant qui commence par la fin. Une histoire parmi d'autres, sortie de l'imagination d'une écrivaine qui interroge la maternité, la place et la liberté de la femme, la confiance placée en l'étranger qui veille sur la chair de sa chair.

Quand on se penche sur l'histoire de Yoselyn Ortega, source d'inspiration de Chanson douce, cette même phrase glace le sang. Le bébé est vraiment mort. La nounou l'a vraiment tué. Elle l'a poignardé cinq fois. Il avait 2 ans. Il a eu une jugulaire tranchée et la moelle épinière perforée. Sa grande sœur, 6 ans, est morte elle aussi. Elle s'est débattue pour tenter de parer la trentaine de coups de couteau. Les deux enfants se sont vidés de leur sang dans la baignoire.

Léo, 2 ans et Lucia, 6 ans

Il y a cinq ans et demi, cette tragique histoire a secoué New York et l'Amérique tout entière. Un jeudi d'octobre 2012, aux alentours de 17 h, Marina Krim, une mère de 36 ans, sort d'une leçon de natation avec sa cadette, Nessie, 3 ans. Elle doit retrouver sa nourrice, Yoselyn Ortega, dit "Yosi", et son fils Léo, 2 ans, à la sortie du cours de danse de sa fille Lucia, 6 ans. Ces derniers n'y sont pas.

Après avoir envoyé un texto sans réponse à la nounou, Marina Krim rentre chez elle. L'appartement est plongé dans le noir. Elle descend demander au portier s'il a vu sortir la nourrice et les deux enfants. Il n'a vu personne, ils doivent toujours être dans l'appartement. La mère remonte avec Nessie et aperçoit de la lumière dans la salle de bains. Elle y découvre les corps sans vie de ses deux enfants dans la baignoire maculée de sang. La nourrice qui s'est tranché les poignets est en train de s'enfoncer un couteau dans la gorge.

Un cri des profondeurs

Au procès, l'un des ambulanciers décrit "la pire scène de crime jamais vue avec le 11 Septembre". Les premiers témoins cités par les journaux américains, ceux qui ont vu la mère sortir de l'immeuble en courant se souviennent d'un "bloodcurdling scream", un "cri à glacer le sang". Dans Chanson douce, Leila Slimani parle d'un "cri des profondeurs", d'un "hurlement de louve".

Une photo de la mère, visage dévasté et poings collés contre la vitre d'une ambulance a fait le tour du monde. Imprimée dans tous les esprits qui assistent au procès de Yoselyn Ortega, sauvée de justesse par les secours. Jugée depuis le 1er mars, elle encourt la prison à perpétuité pour les meurtres de Léo, 2 ans et Lucia, 6 ans. Témoins, experts et contre-experts cités par les deux parties se succèdent à la barre, dessinant le portrait tortueux de Yoselyn Ortega, la nourrice tueuse.

Impassible

Depuis le début son procès, Yoselyn Ortiga n'a pas cillé. Elle regarde tour à tour ses genoux et ses mains, secoue parfois la tête. Sa peau est un peu grisée par les cinq années de détention. Elle a vieilli depuis les photos d'elle qui ont circulé, elle est un peu plus rabougrie. Au niveau de sa trachée, on distingue une grosse cicatrice. Là où elle s'était planté le couteau après avoir exécuté les deux enfants.

Son visage n'a trahi aucune expression alors que la mère délivrait un témoignage déchirant. Elle n'a pas non plus bougé quand cette dernière lui a crié qu'elle était le "diable". Pas plus de gestes quand, en larmes, le père a raconté sa visite à la morgue, où il a découvert ses enfants "beaux et étranges à la fois", parce qu'ils "étaient de la mauvaise couleur, vidés de leur sang" et donc "un peu bleutés".

Une seule fois, Yoselyn Ortega a réagi. Lorsqu'un expert a raconté leur entrevue, expliquant qu'elle avait éclaté en sanglots quand elle parlé des nombreux morts dans sa propre famille. C'est l'unique moment où Yoselyn Ortega a détourné la tête pour pleurer.

"Vous n'aurez peut-être jamais de réponse satisfaisante"

Deux thèses s'affrontent à ce procès qui devrait durer plusieurs mois. D'un côté, l'avocate générale qui soutient que Yoselyn Ortega a tué les enfants parce qu'elle estimait que les Krim la traitaient mal, jalousant leur richesse, désespérée par ses propres difficultés financières.

En face, les avocats de l'accusée, menés par Me Valerie Van Leer-Greenberg, veulent faire reconnaître l'aliénation mentale de leur cliente pour obtenir son irresponsabilité pénale. Une ligne de défense ardue. Aux termes du droit de l'Etat de New York, il ne faut pas simplement prouver qu'Ortega est une démente. Il faut démontrer qu'elle était folle et ne pouvait comprendre les conséquences de ses actes à l'instant même où elle a commis les meurtres. Selon ses avocats, l'absence de mobile constitue une preuve en ce sens. Et c'est tout l'enjeu du procès. Dès la première audience, l'avocate générale a prévenu les jurés et, au-delà, l'opinion publique : "Vous vous demanderez pourquoi, malheureusement, vous n'aurez peut-être jamais de réponse satisfaisante à cette question."

"L'acte de confiance final"

Kevin et Marina Krim ont embauché Yoselyn Ortiga deux ans avant les faits, pour garder leurs trois enfants et épauler la mère, femme au foyer. Une pratique courante chez les couples aisés du très chic Uper West Side. Le faits divers a d'autant plus traumatisé le quartier que les "nounous" font partie intégrante de la vie de famille. Elles sont là pour les repas des enfants, leurs couchers, les anniversaires et même les vacances. Selon une voisine interrogée par le New York Times, embaucher une "nanny" est "l'acte de confiance final". La quasi-intégration d'un nouveau membre de la famille.

Les Krim ne faisaient pas exception. A première vue, les rapports qu'ils entretenaient avec "Yosi" étaient au beau fixe. Sur le blog de Marina Krim où elle relatait le quotidien de ses trois enfants, Lucia, Nessie et Léo, la jeune mère avait décrit leurs vacances en République dominicaine où ils rendaient visite à la famille de Yoselyn Ortega. Elle y racontait à grand renfort de détails et de photos la relation intime qui les liait à leur nourrice. Parmi les indices allant dans ce sens, il y avait les cadeaux des Krim, comme cette veste en cuir Ann Taylor qu'ils lui avaient offerte. Ou bien quand, par deux fois au moins, ils lui ont payé l'aller-retour en République dominicaine alors qu'elle avait des urgences familiales.

Quelques jours après les meurtres, une des voisines et rares amies de la nourrice, Maria Lajara, raconte qu'Ortega parlait de sa joie de vivre au travail qu'elle aimait, s'estimant bien payée et bien traitée. "Elle les a vraiment aimés. Elle a aimé les enfants. Elle les emmenait au parc, et elle a dit que la mère était vraiment une bonne personne."

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Auteur
kongstrong
Date de création
11 janvier 2019 à 16:05:48
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