Topic de Savarino :

Carnet d'un khey

11 jours plus tard, up du khey Savarino
J'ai eu des gros soucis de famille dernièrement, ça m'a niqué le moral et je suis resté 10 jours sans rien foutre, mais finalement me revoici, je suis sorti de ma torpeur aujourd'hui et j'ai fait qq trucs utiles. J'ai pas pu participer au second concours de nouvelle, j'ai beaucoup écrit mais je suis pas parvenu à finir dans les temps. Tant pis, je participerai à un autre concours c'est pas si grave

Chronique demain du prochain livre.
Rien à signaler du reste à part que niveau du départ à l'étranger, ça avance petit à petit

Bon, enfin fini le bouquin que je devais finir depuis un moment. J'ai eu un autre coup de mou à la suite de trucs extérieurs, bref. Ca continue d'avancer pour l'étranger, le reste stagne. Mon moral est extrêmement mauvais, je vais essayer de me reprendre

Chronique dans le prochain message

Livres : 6/50

L'Honneur perdu de Katharina Blum, Heinrich Boll, 1974
Nombre de pages : 136

Mini résumé de l'intrigue : Une jeune femme modèle danse avec un inconnu lors d'un bal costumé, sans se douter qu'il s'agissait d'un criminel recherché. La justice et la presse à scandales s'emballent ; son honneur souillé, jusqu'où ira la vengeance de Katharina Blum ?

Petit commentaire : Le livre retrace l'histoire de Katharina Blum en étant assez précis sur les détails, y compris juridiques. Ce qui rapproche parfois la structure du texte d'une plaidoirie, un procédé plutôt intéressant. Le sous-titre se veut didactique : "Comment naît la violence et où peut-elle conduire ?". Ce qui semble annoncer un roman à thèse. Et pourtant, Boll utilise un humour très caustique tout au long de la nouvelle, ce qui contribue au grand mélange des genres et des tonalités de ce court roman. Cependant, ce roman de Boll naît de sa brouille avec le journal allemand BILD, qui est largement parodié ici : c'est en réalité un roman à charge très caustique contre les méthodes de la presse à scandale et contre l'opinion publique allemande de l'époque. Boll a néanmoins tenté de l'élargir pour en faire un roman plus général sur les raisons qui peuvent pousser à la violence (dans un contexte de montée de la violence par l'extrême-gauche allemande de l'époque et de chasse aux sorcières en RFA)

La citation du livre :

Elle avait demandé à son collègue Huften de la remplacer quelques minutes, le temps d'aller chercher d'autres journaux dont les articles rendaient compte d'une manière tout à fait objective de l'implication de Katharina Blum dans l'affaire Gotten. [...] En dépit de leur nombre, ces feuilles n'avaient pas réussi à réconforter Katharina qui s'était simplement exclamée :
"Mais qui donc lit ce genre de journaux, tous les gens que je connais lisent LE JOURNAL"

Appréciation : 12

Je sais pas trop quoi penser de ce bouquin. Ca fait quelques bouquins de suite que j'aime pas trop c'est peut-être lié à mon moral actuel mais au fond je pense pas. En fait, je trouve ce livre - écrit à charge contre la presse à scandale de l'époque - ne respecte pas vraiment son sous-titre "Comment naît la violence et où peut-elle conduire", je m'attendais à quelque chose de plus développé et de moins manichéen. Dans ce livre, les ordures sont les ordures, les gentils sont les gentils, c'est franchement binaire. Ca n'est pas gênant dans certains livres, dans celui-là ça m'a dérangé. Finalement on n'apprend pas grand chose sur la naissance de cette violence : et notamment de la violence exercée par l'opinion publique sur Katharina Blum. C'est par le besoin de cette opinion publique que ces journaux existent : et Boll ne développe pas dessus, comme si le mal causé par la presse à scandale sortait de terre, ex nihilo.

Cela dit, ce (court) roman est plutôt plaisant à lire et assez drôle. Mais franchement j'en ai pas retenu grand chose. Je pense que j'attendais beaucoup plus vu le sous-titre : quelque chose qui explore davantage la banalité du mal chez le citoyen moyen de la RFA, puisque la presse à scandales n'est jamais qu'une caisse de résonnance.

Livres lus pour le moment

1/ L'Inassouvissement, S.Witkiewicz, 1930 [Pologne]
2/ Le Moulin de Pologne, J.Giono, 1952 [France]
3/ Un Crime, G.Bernanos, 1935 [France]
4/ Le Capitalisme de la Séduction, M.Clouscard, 1981 [France]
5/ Qui a tué Palomino Molero, M.Vargas Llosa, 1986 [Pérou]
6/ L'Honneur perdu de Katharina Blum, H.Boll, 1974 [Allemagne / RFA]

Objectif livres : 6/50

Courage khey, merci pour ce topic, je crois qu'il a fait renaître un peu de motivation en moi, avec quelques nouvelles idées de lectures au passage. Je reviendrai pour les prochaines chroniques.

Tu réussis à rencontrer des filles intéressantes, ayant des centres d'intérêt similaires aux tiens sur Tinder ? Ou bien n'es-tu à la recherche que de plaisirs charnels ?

Peut-on lire tes textes quelque part ? Tu as vraiment piqué ma curiosité. (ou en MP si tu préfères)

Le 26 mars 2022 à 23:02:57 :
Courage khey, merci pour ce topic, je crois qu'il a fait renaître un peu de motivation en moi, avec quelques nouvelles idées de lectures au passage. Je reviendrai pour les prochaines chroniques.

Tu réussis à rencontrer des filles intéressantes, ayant des centres d'intérêt similaires aux tiens sur Tinder ? Ou bien n'es-tu à la recherche que de plaisirs charnels ?

Peut-on lire tes textes quelque part ? Tu as vraiment piqué ma curiosité. (ou en MP si tu préfères)

Salut khey, je suis vraiment content que tu me dises ça, j'essaie de faire ça pour donner envie aux gens de lire et garder une trace, mais j'avoue que la motivation c'est parfois compliqué en ce moment. Mais bon franchement sans ces objectifs je deviens fou je pense https://image.noelshack.com/fichiers/2017/39/3/1506524542-ruth-perplexev2.png

Pas vraiment justement, après là je suis toujours dans mon bled paumé donc j'essaie pas trop je t'avoue. Mais bon je sais bien que même si j'étais chez moi ça changerait rien pour le moment. Je suis plus en recherche d'une meuf qui pique vraiment ma curiosité, niveau cul j'attends d'avoir confiance dans la personne avant de toute manière. Mais assez peu de matchs sur Tinder et les discussions m'emmerdent :(

Hésite pas à passer pour les MP oui. Généralement j'évite de donner mes textes comme ça mais on peut toujours échanger un peu et on verra ensuite

1/2

J'en profite vu l'heure tardive pour parler un peu du rapport à l'écriture et de d'autres trucs. Je sais que peu de gens suivent ce topic mais ça me dérange pas au contraire, souvent dans la vie on grind un peu dans l'oubli, et les gens voient uniquement le côté visible une fois les résultats obtenus. J'aimerais bien faire un topic un peu différent des autres topics reprise en main en mentionnant aussi les phases de doutes, parce que quand on est un dépressif qui veut se sortir de sa vie un peu flinguée, en vérité c'est la majorité du quotidien https://image.noelshack.com/fichiers/2019/13/1/1553533690-52331996-576000506233965-5633282837572762438-n-removebg.png

Le truc qui a le plus avancé, pour ceux qui ont suivi, c'est pas l'écriture ou la lecture, qui sont normalement des passions : c'est le départ à l'étranger, sur lequel je suis resté un peu évasif. Je pense que c'est pas pour rien, en ce moment je prends aucun plaisir à lire et à écrire, j'ai juste envie de fuir très loin. Je sais aussi pourquoi je veux partir, sans me l'avouer complètement : pour me tester, mais aussi pour me faire "souffrir" d'une certaine manière https://image.noelshack.com/fichiers/2016/47/1480078862-1474550150-1474285363-1473785672-picsart-09-13-06-45-55-1.png

Actuellement, je vis seul dans un grand appart qui appartient à un membre de ma famille normalement. Un truc vraiment magnifique et très confortable, bien mieux que l'appartement de doomer shit-tier dans lequel je réside habituellement. Et pourtant, je m'y sens tout aussi mal, alors que mes conditions de vie, matériellement, y sont excellentes. Certaines personnes sont heureuses quand elles mangent bien et habitent un bel endroit : j'en fais pas partie. Si l'intérieur de soi est pourri, peu importe l'environnement extérieur : ça ne change rien. J'arrive plus à écrire, j'ai l'impression de régresser, j'ai du mal à lire... et pourtant j'ai renoncé à plein de trucs pour gagner du temps pour mes projets, y compris quand ça me coûtait

J'ai besoin d'un coup de pied dans ma vie, et ce coup de pied, pour moi c'est partir en vadrouille à l'étranger dans un pays où je biterai même pas la langue. Pour moi, l'étranger c'est le seul truc où je suis en droit de dire "j'ai fait ce qu'il fallait" pour l'instant. J'étais pas si mal parti en Mars, mais des pbs extérieurs m'ont rattrapé et m'ont un peu consumé. Le plus dur dans ces cas-là, c'est qu'après deux jour à glander tu te dis juste que t'es une énorme merde et que tu t'en sortiras jamais. Et surtout, de vouloir avancer, mais de pas savoir pourquoi

2/2

Après le mot d'humeur du skyblog du coin, les futures échéances

Pour mars j'ai rien de prévu, avril y a les présidentielles (mais blc) et je vais ptet capter une personne que je connais histoire de prendre des nouvelles, ça me fera sortir un peu. Sûrement capter mes deux meilleurs amis aussi dans le même temps, ça me fait du bien en ce moment.

Le départ à l'étranger sera probablement dans une fourchette entre Mai et Août vu comment ça se passe actuellement. Mais faut que je trouve un employeur d'abord. C'est vraiment le gros objectif de cette année pour l'instant, parce que ça peut me dérouiller niveau social et ça m'assure de sortir un maximum de ma zone de confort. Il faudra sûrement aussi que je fasse un concours de nouvelles entre temps pour tenir mon objectif, si possible avec un bon cashprize histoire de dire

Pour les bouquins, j'en suis seulement à 6 avec pas mal de bouquins courts. Ca serait bien que j'en lise encore un autre pour fin Mars (je pense pas pouvoir) et que j'aie un bon rythme en Avril. Une fois revenu, j'en profiterai aussi pour traîner dans les bibliothèques associatives du coin, histoire de sortir un peu de ma zone de confort vite fait sans trop me mouiller

Normalement le prochain bouquin, je vais spoiler pour une fois : c'est un Faulkner.
Niveau matos son etc, je vais filer un ultimatum à mon pote : mi-avril si je reçois toujours rien, il ira se faire foutre et je commanderai autre part. Pour le texte de 40 000 mots, j'avoue qu'actuellement, j'ai aucune idée de comment je peux tenir ça... enfin on verra bien.

Voilà, j'ai commencé le prochain bouquin et je vais essayer de reprendre un rythme correct.

Khey Savarino, comme d'habitude

J'ai écrit aujourd'hui, ça faisait un moment, ça ne donnera sûrement rien mais c'est déjà ça, ca me redonne confiance pour les 40 000 mots. Niveau Faulkner je suis assez régulier, demain j'aurai du temps à tuer en plus.

Moral vraiment en berne. J'ai été assez actif aujourd'hui mais j'en retire pas de fierté, rien. Vraiment une mauvaise période, j'essaie de tenir la barre droit comme un capitaine dans la houle

Sur le point de faire un pas décisif vers l'étranger, il manque plus grand chose. Je me démène en ce moment à ce niveau

Voilà, c'est tout pour l'update. Mars a été horrible, j'espère qu'Avril sera un peu mieux.

Bon, j'arriverai pas à dormir manifestement ce soir, une fois encore.

Du coup vu que ce topic commence à être un peu déprimant, je vous propose une petite sélection de romans pas piquée des hannetons pour les kheys de nuits et ceux qui iraient voir le topic plus tard. J'aime bien, ça apporte un peu de valeur ajoutée. Un petit medley des livres qui ont pu me marquer lors de ma courte vie de lecteur. Je vais pas faire une analyse détaillée ou littéraire, c'est pas le but : plutôt de donner envie de lire

La Conscience de Zeno, Italo Svevo, 1923 [Italie / Autriche-Hongrie]

La Conscience de Zeno est mon roman préféré, tout simplement.
Grosso modo, c'est l'histoire d'un loser qui raconte sa vie en se psychanalysant, donc forcément ça me parle un peu. J'aime pas trop analyser une oeuvre à partir de la vie de son auteur, mais s'il y a un roman où c'est peut-être permis, c'est bien celui-là. Svevo (pseudonyme d'Ettore Schmitz) a une vie assez triste aussi : il n'a pas vraiment connu le succès de son vivant, et meurt dans un accident stupide alors qu'il s'apprêtait enfin à être reconnu. Il partage avec son personnage éponyme, Zeno Cosini, une addiction pour le tabac et une certaine poisse.

Cosini est maladroit, paresseux, mal à l'aise en société mais il n'est pas dépourvu d'autodérision. C'est un khey du 20e siècle, littéralement. Néanmoins, sa principale qualité est sa force mentale : même si toutes ses entreprises se soldent par des échecs et qu'il est largement considéré comme l'enfant raté de la famille, il arrive pourtant à survivre à tous les personnages.

C'est pour moi le roman qui symbolise le plus la résilience, qui est une valeur qui m'est vraiment chère. Ne vous y trompez pas : c'est également un des romans majeurs du 20e siècle et plus généralement de la littérature mondiale, même si c'est un des classiques les moins connus en France. C'est un roman extrêmement psychologisant, d'une rare finesse et surtout assez drôle malgré la gravité du sujet. Beaucoup de procédés sont très intéressants dans la manière de jouer avec la temporalité ( le "tempo misto") et même la prose, mais la traduction française a un peu de mal à rendre tout ça. Bref, mon roman favori.

Le Château, Franz Kafka, 1926 [République Tchèque / Allemagne]

Le Château est un de mes romans favoris, mais c'est surtout celui qui a bouleversé ma conception de la littérature et de la modernité. C'est le genre de roman, tu l'ouvres, tu lis, et quand tu le refermes tu as l'impression que tu ne comprendras plus jamais le monde pareil

J'aurais pu parler du Procès, ou même de l'Amérique. J'adore Kafka et je considère à titre personnel qu'il s'agit du plus grand écrivain de tous les temps. Mais je préfère parler du Château parce que c'est le premier roman que j'ai lu de lui, le plus difficile et sans doute un des Kafka les moins lus, parce que c'est un roman inachevé et qu'il est extrêmement ambigu.
Le Château raconte l'histoire d'un certain K. qui doit s'établir dans un mystérieux village comme arpenteur. Seulement, pour avoir l'autorisation de s'établir dans le village et de travailler, il doit obtenir une autorisation, que seul un homme haut-placé habitant un château surplombant le village peut délivrer. Seulement voilà : impossible de savoir qui délivre cette autorisation, impossible de savoir comment atteindre cet homme, entouré d'une nébuleuse de bureaucrates.
K. se retrouve donc à errer dans un village fantômatique, où il rencontre divers personnages qui tenteront de l'aider dans sa quête ou lui mettront des bâtons dans les roues.

Le Château est un roman métaphysique, très atmosphérique. Il peut très vite tomber des mains, généralement soit on est happé tout de suite, soit on décroche directement. N'attendez pas que je vous fournisse une analyse valable : aucun spécialiste de Kafka n'est réellement d'accord dessus et la plupart se cassent les dents sur la nature de l'ouvrage, même si une lecture théologique est assez populaire : elle voudrait que l'univers du Château soit en réalité un purgatoire.

Ce que je retiens de Kafka, c'est sa capacité à anéantir toute vie dans ses écrits, à transformer tout ce qu'il touche en spectre, tout en recourant beaucoup au grotesque par endroits. Il façonne des personnages inquiétants à partir de rien, comme les "messieurs" de son oeuvre, bureaucrates lubriques qui ressemblent cruellement à ce qu'on peut trouver de nos jours aux plus hautes sphères de l'état. C'est aussi un écrivain "maniaque", qui a des motifs esthétiques et des archétypes de personnages récurrents qui lui sont complètement endémiques. Un écrivain absolument unique : il n'y aura jamais deux Kafka.

De la vraie littérature. Exigeante, difficile, mais qui élève. Je considère que le Château est un des romans qui marquent ce qui peut se faire de mieux en littérature, un pinacle. Toute l'oeuvre de Kafka est une immense source d'inspiration pour moi.

Up du khey Savarino https://image.noelshack.com/fichiers/2017/03/1484606580-risitasmilitaire3.png

Je vais pas pouvoir lire le Faulkner dans l'immédiat, j'ai dû le prêter à quelqu'un qui en avait davantage besoin que moi. Je vais donc lire autre chose, ça fait chier mais bon. Je sais pas encore ce que je vais lire, on va voir.

J'ai encore avancé pour l'étranger. Ca a été la croix et la bannière pour choper certains documents. Y a quelques jours, j'ai dû me taper 16 km à pied + 3h de trajet aller-retour en bus / train pour aller chercher le document qu'il me fallait

Je pense que je suis assez déterminé pour partir. J'ai un peu écrit aussi. Le reste, on verra. Je vais faire une petite pause dans les récaps je pense

Khey Savarino au rapport https://image.noelshack.com/fichiers/2017/03/1484606580-risitasmilitaire3.png

Ca faisait longtemps.
Avril a été plus ou moins aussi ignoble que ce à quoi je pouvais m'attendre. Concrètement j'ai pas branlé grand chose, je me suis un peu noyé dans ma gangue pendant tout le mois. Je suis sorti un peu, j'ai quand même fait quelques trucs mais c'est insatisfaisant. Je me jette pas la pierre cela dit parce que je me dis que j'aurais vraiment pu craquer mentalement, pour l'instant je tiens tant bien que mal mais je suis en damage control

Les bonnes nouvelles :

- Le matos audio a enfin été envoyé, je devrais le recevoir assez vite
- J'ai fait ce que je pouvais sur l'étranger en chopant un document important. J'ai aussi postulé à quelques autres offres pour maximiser mes chances, mais toujours aucune garantie
- J'ai lu un livre, et c'est pour ça que je reviens
- Eu quelques matchs en plus et conversations via Tinder, mais vite avortées

Le mauvais c'est plus ou moins tout le reste, mentalement je suis un peu au fond. J'ai des pbs de sommeil assez préocuppants, physiquement aussi je tiens moins bien. Mais je vais éviter de trop me plaindre, je me suis un peu remobilisé hier et j'ai beaucoup lu ajd.

Bref, chronique à venir. Le temps est toujours aussi long mais tant pis. Je continuerai ce topic jusqu'à la fin même si je dois foirer tous mes objectifs

Livres : 7/50

La Cloche de Détresse, Sylvia Plath, 1963
Nombre de pages : 269

Mini-résumé de l'intrigue : Esther Greenwood, jeune femme brillante qui se destine à une carrière littéraire, gagne un séjour à New York au milieu de la bourgeoisie new-yorkaise. Profondément névrosée, Esther finit par sombrer lorsqu'elle retourne dans sa ville de province, jusqu'à la tentative de suicide et l'internement en asile psychiatrique. La généalogie d'une chute.

Petit commentaire : Unique roman de Sylvia Plath, cette oeuvre est indissociable de la vie de son auteure, qui sera plutôt reconnue après sa mort pour sa poésie. Le texte s'ancre à la fois dans la tradition du roman psychologique, mais surtout du roman à clé, puisque les références à la vie de Plath et à son entourage sont à peine masquées. Il convient de faire ici un petit point biographique : Plath se suicide un mois après la parution de son roman. Il s'agit d'une oeuvre crépusculaire, qui peut difficilement être lue sans prendre en compte la vie de Plath, qu'on suspecte largement d'avoir été atteinte d'un trouble bipolaire tout au long de sa vie.

Le roman se découpe grossièrement en deux parties : le séjour d'Esther à New York, puis le retour estival douloureux dans la maison familiale. Les névroses qu'on devine déjà dans le personnage d'Esther lors de son séjour new-yorkais s'accentuent alors jusqu'au point de non-retour : tentative de suicide, puis internement. L'écriture de Plath détaille la psychologie de chaque personnage de manière extrêmement fine, jusque dans les décors qui les entourent à la manière d'un Flaubert. La narratrice voit le monde sous une cloche de verre - d'où le titre du roman - qui influe sur sa perception du monde. La lecture est assez éprouvante. Des thèmes dits "féministes" sont assez largement abordés : difficulté de trouver sa place dans un monde littéraire majoritairement composé d'hommes, obsession sur la sexualité et la pureté. L'héroine a du mal à savoir sur quel pied danser, et tout son périple est marqué par son instabilité et ses échecs.

La citation du livre : Pour celui qui se trouve sous la cloche de verre, vide et figé comme un bébé mort, le monde lui-même n'est qu'un mauvais rêve

Appréciation : 17

Ce livre m'a vraiment touché pour des raisons assez personnelles. Je me retrouve beaucoup dans le caractère de la narratrice et dans une partie de sa vie y compris sur des détails biographique très précis, et j'avais souvent l'impression que j'aurais pu avoir ses propres réactions. Le livre est évidemment d'une grande qualité, littérairement parlant, mais si je l'ai autant apprécié c'est sans doute parce qu'il a pu me toucher personnellement, ce qui n'est arrivé avec aucun des autres livres que j'ai lu cette année. Je pense que c'est le genre de livre qui nous happe directement ou qu'on lâche tout de suite, il y a pas vraiment de milieu.

Bref, j'ai adoré ce bouquin.

Livres lus pour le moment

1/ L'Inassouvissement, S.Witkiewicz, 1930 [Pologne]
2/ Le Moulin de Pologne, J.Giono, 1952 [France]
3/ Un Crime, G.Bernanos, 1935 [France]
4/ Le Capitalisme de la Séduction, M.Clouscard, 1981 [France]
5/ Qui a tué Palomino Molero, M.Vargas Llosa, 1986 [Pérou]
6/ L'Honneur perdu de Katharina Blum, H.Boll, 1974 [Allemagne / RFA]
7/ La Cloche de Détresse, S.Plath, 1963 [Etats-Unis]

Objectif livres : 7/50

Ok bon on m'a fait sauter une chronique comme ça, gratuitement. Ca me prend un certain temps de rédiger ça

Evidemment la seule chronique d'un livre écrit par une femme, je sais pas quel idiot a signalé mais ça fout le démon

bon bah je vais re-rédiger hein. :)

Khey Savarino au rapport https://image.noelshack.com/fichiers/2016/52/1482961181-soldatrisitas.png

Bon, un peu de nouveau. J'ai terminé un autre livre et j'ai enfin reçu une grosse partie du matériel audio, donc un peu de positif cette semaine, on reprend courage. Je vais aussi aller voir des potes cette semaine et ptet essayer d'accélérer sur Tinder vu que je suis plus dans mon bled

Je vous refais une chronique plus succinte du livre de Plath et j'écris l'autre chronique

La Cloche de Détresse, Sylvia Plath, 1963
Nombre de pages : 289

Mini-résumé de l'intrigue : Récit de la lente descente aux enfers d'Esther Greenwood, jeune lauréate d'un prix de poésie dans l'Amérique des années 60.

Petit commentaire : Le roman est à mi-chemin entre le roman psychologique et le roman à clé, puisque le roman fait écho à la vie de son auteur : Sylvia Plath, qui se suicidera peu après la parution de son livre. Le roman restitue de manière fidèle les impressions de l'héroine, ses difficultés et ses pensées suicidaires dans le monde aliénant de la bourgeoisie américaine. Les sujets traités sont assez divers : maladies mentales, sexualité, difficulté à trouver sa place dans un monde composé majoritairement d'hommes. L'ensemble semble assez hétérogène mais suit en réalité une dialectique cohérente qui progresse au fur et à mesure des chapitres.

La citation du livre : Je me sentais très calme, très vide, comme doit se sentir l'oeil d'une tornade qui se déplace tristement au milieu du chaos généralisé.

Appréciation : 16.5
J'aurais bien aimé développer davantage mais j'ai horreur de rédiger plusieurs fois la même chose, je vais donc faire assez court : c'est un excellent roman, ça se lit bien et je me suis beaucoup identifié à l'héroine, pourtant c'est rare que je m'identifie à un personnage féminin. Lisez-le même si le résumé ne vous parle pas, ça vaut vraiment le coup d'oeil. L'analyse psychologique est extrêmement fine, le style est élégant et casse par son aspect poétique le côté très sombre et formel de ce qui est décrit, à savoir une pauvre fille perdue qui finit en HP à force de lutter contre une société qui l'écrase. Et surtout, à force de lutter contre elle-même.

Livres lus pour le moment

1/ L'Inassouvissement, S.Witkiewicz, 1930 [Pologne]
2/ Le Moulin de Pologne, J.Giono, 1952 [France]
3/ Un Crime, G.Bernanos, 1935 [France]
4/ Le Capitalisme de la Séduction, M.Clouscard, 1981 [France]
5/ Qui a tué Palomino Molero, M.Vargas Llosa, 1986 [Pérou]
6/ L'Honneur perdu de Katharina Blum, H.Boll, 1974 [Allemagne / RFA]
7/ La Cloche de Détresse, S.Plath, 1963 [Etats-Unis]
8/ Satyricon, Pétrone, 1463 [Empire Romain]

Objectif livres : 8/50
Critique à venir du Satyricon de Pétrone

Satyricon, Pétrone, 1463 (date de publication en latin, texte antérieur)
Nombre de page : 219 (dans mon édition)

Mini-résumé de l'intrigue : Les tribulations de deux jeunes amants sans le sou dans une Rome décadente, entre pannes sexuelles, bastons et orgies romaines. Une véritable Odyssée du ridicule.

Petit commentaire :
A boire et à manger dans ce texte de Pétrone.
Pour le contexte, il s'agit d'un roman assez énigmatique, qui n'est pas terminé et ne nous est parvenu que par fragments, même si nous en avons déjà assez pour que le roman soit déjà intéressant. Ce roman est probablement l'un des romans à lire avant de mourir pour tout littéraire pour plusieurs raisons : premièrement, c'est un OVNI pour son époque. On parle de l'un des premiers romans répertoriés de l'histoire de l'humanité, rien que ça. C'est aussi un texte dont la connaissance est fondamentale pour tous les antiquisants : il y a énormément de références à des textes classiques, notamment à l'Odyssée d'Homère mais aussi au Banquet de Platon par exemple, d'ailleurs c'était parfois difficile de saisir toute l'intertextualité du Satyricon pour un néophyte comme moi. Enfin, c'est un texte satirique très drôle qui, je trouve, n'a pas pris une ride, et on peut facilement faire des rapprochements entre beaucoup d'auteurs modernes et le Satyricon. A titre personnel, j'ai perçu une filiation avec Sade par exemple sur certains aspects. Certains extraits du texte sont très connus comme le Diner chez Trimalchion, mais aussi des paraboles comme celles de la Matrone d'Ephèse. Si vous avez la flemme de tout lire, lisez au moins ces deux-là. Mais en vrai c'est très court, donc vous n'avez aucune raison de vous passer du reste du texte.

La citation du livre : Vois-tu, dit-il, l'homme qui découpe le plat ? Il s'appelle "Découpe". Aussi, chaque fois que Trimalchion dit "Découpe", il appelle et ordonne en même temps.

Appréciation : 17

Très drôle, très abordable même sans comprendre toute l'intertextualité, une symbolique foisonnante, une histoire intéressante : un roman fondateur de l'histoire de l'humanité. Parfois c'est inutile de trop épiloguer, lisez-le, c'est à la fois un texte complexe et accessible, ça serait bête de se priver !

Petit résumé aussi des notes données jusque là
Evidemment, ce n'est qu'une appréciation. Mon jugement n'est pas une valeur absolue, et je juge sur mes préférences

1/ L'Inassouvissement, S.Witkiewicz. 19/20
2/ Le Moulin de Pologne, J.Giono 16/20
3/ Un Crime, G.Bernanos 11/20
4/ Le Capitalisme de la Séduction, M.Clouscard 14/20
5/ Qui a tué Palomino Molero, M.Vargas Llosa 10/20
6/ L'Honneur perdu de Katharina Blum, H.Boll 12/20
7/ La Cloche de Détresse, S.Plath 16,5/20
8/ Satyricon, Pétrone 17/20

Prochain livre à venir dans ... je sais pas trop quand. Mais espérons pas trop longtemps !

Données du topic

Auteur
Savarino
Date de création
30 décembre 2021 à 03:13:56
Nb. messages archivés
83
Nb. messages JVC
79
Voir le topic sur JVC

Afficher uniquement les messages de l'auteur du topic

En ligne sur JvArchive
JvArchive compagnon
Découvrez JvArchive compagnon, l'userscript combattant la censure abusive sur le 18-25 !