
En gros Thésée n'est pas là, sa femme Phèdre dit à Hippolyte qu'elle l'aime, c'est le fils de Thesée mais d'une autre femme, Phedre croyait que Thesée était mort, mais il revient le bougre, Phèdre lui dit qu'Hyppolyte l'a draguée, Thesée crise, implore les Dieux, Hyppolyte crève, Thesée a un doute, il va voir Phedre qui crève dans ses bras et lui raconte la vérité, Thesée re-crise...
Voila
, apres il s'envole, se brule les ailes et tombe dans l'eau, fait un raz de marée et coule l'Atlantide





ACTE I - La culpabilité
Scène 1, Hippolyte confie à Théramène son amour pour Aricie.
Scène 2 ( Hippolyte, Oenone ) : C'est la transition et Oenone annonce l'arrivée de Phèdre. Fuite d'Hippolyte. Scène 3 : Phèdre, Oenone : Phèdre confie à Oenone son amour pour Hippolyte.
Scène 4 : Phèdre, Oenone, Panope : Péripétie : Panope annonce la mort de Thésée.
Scène 5 : Phèdre, Oenone. Réflexion politique : Phèdre doit s'unir à Hippolyte pour combattre Aricie. L'acte I est avant tout l'exposition.
ACTE II - Les aveux.
Scène 1 : Aricie, Ismène.
Aricie confie à Ismène son amour pour Hippolyte.
Scène 2 : Hippolyte, Aricie, Ismène.
Aveus amoureux d'Hippolyte à Aricie.
Scène 3 : Hippolyte, Aricie, Théramène, Ismène.
Transition : Théramène anonce l'arrivée de Phèdre.
Scène 4 : Hippolyte, Théramène.
Transition : Hippolyte prépare son départ et voit s'avancer Phèdre avec angoisse.
Scène 5 : Phèdre, Hippolyte, Oenone.
Aveu amoureux de Phèdre à Hippolyte.
Scène 6 : Hippolyte, Théramène.
Péripéties : horreur d'Hippolyte, annonce du triomphe politique du fils de Phèdre, rumeur du retour de Thésée
.
ACTE III - Le retour de Thésée.
Scène 1 : Phèdre, Oenone.
Réflexion politique et amoureuses : espoirs de Phèdre.
Scène 2 : Phèdre.
Monologue : prière de Phèdre à Vénus.
Scène 3 : Phèdre, Oenone.
Péripétie : annonce du retour de Thésée. Oenone conseille à Phèdre de calomnier Hippolyte.
Scène 4 : Thésée, Hippolyte, Phèdre, Oenone, Théramène.
Arrivée de Thésée, fuite de Phèdre qui lui annonce qu'il a été offensé.
Scène 5 : Thésée, Hippolyte, Théramène.
Silence d'Hippolyte qui annonce son départ.
Scène : Hippolyte, Théramène.
Tirade d'Hippolyte : constat tragique de la situation.
ACTE IV - La calomnie.
Scène 1 : Thésée, Oenone.
Péripérie : Oenone vient de calomnier Hippolyte.
Scène 2 : Thésée,Hippolyte.
Confrontation de Thésée et d'Hyppolyte : malédiction de Thésée, défense d'Hippolyte qui garde cependant le silence sur la vraie coupable.
Scène 3 : Thésée.
Monologue : douleur et trouble de Thésée.
Scène 4 : Phèdre, Thésée.
ACTE IV - La calomnie.
Scène 1 : Thésée, Oenone.
Péripétie : Oenone vient de calomnier Hippolyte.
Scène 2 : Thésée, Hippolyte.
Confrontation de Thésée et d'Hyppolyte : malédiction de Thésée, défense d'Hippolyte qui garde cependant le silence sur la vraie coupable.
Scène 3 : Thésée.
Monologue : douleur et trouble de Thésée.
Scène 4 : Phèdre, Thésée.
Péripétie : Phèdre s'apprête à avouer sa culpabilité, mais garde finalement le silence car elle apprend qu'elle a une rivale : Aricie.
Scène 5 : Phèdre.
Monologue : Phèdre, jalouese, refuse de défendre Hippolyte.
Scène 6 : Phèdre, Oenone.
Désespoir de Phèdre qui prononce une malédiction contre Oenone.
Acte V - Le dénouement.
Scène 1 : Hippolyte, Aricie.
Scène galante : les amants envisagent de s'unir par des voeux sacrés et de fuir ensemble.
Scène 2 : Thésée, Aricie, Ismène.
Transition : arrivée de Thésée et départ d'Ismène.
Scène 3 : Thésée, Aricie.
Confrontation, mise en garde et silence d'Aricie au sujet de la vraie coupable.
Scène 4 : Thésée.
Monologue : doutes de Thésée qui veut revenir sur son jugement.
Scène 5 : Thésée, Panope.
Récit de la mort d'Oenone par Panope.
Scène 6 : Thésée, Théramène.
Récit de la mort d'Hippolyte par Théramène.
Scène 7 : Thésée, Phèdre, Théramène, Panope, gardes.
Aveu et mort de Phèdre.
Voilà la structure de l'oeuvre.
Pour ce qui est des grands thèmes de la pièce, on peut distinguer la passion amoureuse. Dans ce domaine, il y a 2 passions amoureuses. L'amour innocent d'Hippolyte et d'Aricie, fait de dévouement et de respect mutuel, dans la tradition galante. De l'autre, on a la passion dévorante de Phèdre qui déchire l'être et plonge dans la folie furieuse. Mais qu'il soit pur ou coupable, l'amour naît souvent de l'interdit : Aricie ne doit rien espérer d'Hippolyte car il ne se laisse séduire par personne, Hippolyte n'a pas le droit d'aimer Aricie à cause d'une loi dictée par Thésée, et Phèdre ne peut pas aimer Hippolyte car c'est son beau fils. L'amour, quand il est contrarié est une souffrance, c'est pourquoi les métaphores du feu, du mal et de l'asservissement lui sont associées. Un autre grand thème est la fatalité, qui dans cette tragédie a plusieurs visages : celui de la divinité, celui du devoir et celui de la passion. Dans Phèdre, elle est le fait des dieux. Phèdre répète sans cesse que c'est Vénus qui par vengeance, a allumé dans son coeur un amour fou et coupable pour Hippolyte. Dans ses aveux à Oenone " C'est Vénus toute entière à sa proie attachée ". Acte I, scène 3, vers 306. Ou encore dans ses lamentations solitaires : " Implacable Vénus, suis-je assez confondue? ". Acte III, scène 2, vers 814. Elle nomme la déesse responsable de la situation. C'est ensuite le Dieu Neptune qui provoque la mort d'Hippolyte, répondant à la prière de Thésée. Dans cette tragédie, les dieux semblent prendre plaisir à persécuter les hommes. Mais derrière cette cruauté divine se cache aussi l'erreur humain. En effet, Phèdre laisse Oenone accuser Hippolyte, et renonce à se dénoncer par jalousie quand elle apprend qu'elle a une rivale : Acte IV, scène V. Thésée laisse libre cours à sa colère sans chercher à vérifier la culpabilité de son fils. Phèdre et Thésée ont chacun fait preuve d'une démesure tragique ( hybris en grec à, qui les a précipité dans le malheur.
Ensuite il y a la question du pouvoir qui s'organise autour du personnage de Thésée. L'annonce de sa mort laisse une place libre sur le trône. " Le roi n'est plus, Madame, il faut prendre sa place. " Acte I, scène 5, vers 342. 2 personnes peuvent y prétendre, à savoir le fils de Phèdre, héritier légitime, reconnu par Athènes. Ensuite Hippolyte, certes héritier illégitime, fils d'un amour adultère mais que Trézène considère comme son souverain. Enfin Aricie, soeur des Pallantides que Thésée a jadis exterminés, alors qu'ils étaient ses cousins, car ils menaçaient ses prétentions au trône. S'il a interdit à Aricie de se marier, c'est pour mettre fin à cette lignée rivale. Dans cette situation triangulaire, constituer des alliances pour obtenir le pouvoir. C'est pourquoi Oenome conseille à Phèdre de s'unir à Hippolyte pour combattre Aricie, Acte I, scène 5, vers 355 - 362. Or, Hippolyte offre à la fois le trône et son coeur à la fille de Pallante durant l'Acte II, scène 2. Mais la nouvelle du retour de Thésée rendue officielle à la scène 3 de l'Acte III vient mettre fin à ce conflit politique.
Ensuite, Phèdre est souvent qualifié de tragédie de la parole. Les mots prononcés ou non ont une grande importance. Les aveux structurent les deux premiers actes : aveu d'Hippolyte à Théramène durant l'acte I scène 1 et de Phèdre à Oenone durant l'acte I, scène 3. Puis d'Hippolyte à Aricie durant l'acte II, scène 2. Et de Phèdre à Hippolyte durant l'acte II, scène 5. Vécu comme une faiblesse, l'aveu ne se fait pas facilement car la parole fait peur.. Tenue pour secrète, elle fait souffrir mais une fois prononcée, elle concrétise la passion coupable. Hippolyte utilise donc l'euphémisme pour avouer son amour pour Aricie. " Si je la haissais, je ne la fuirais pas ". Acte I, scène 1, vers 56. Et Phèdre laisse Oenone nommer Hippolyte à sa place durant l'acte I, scène 3, vers 264. Or une fois le silence rompu, la parole se déverse sans se contrôler. Phèdre et Hippolyte se répandent dans de longues tirades sur l'histoire de leur passion tout au long de l'Acte II, scène 2, ainsi que durant l'Acte II, scène 5. Mais le silence est tout aussi fatal aux personnages car le malheur d'Hippolyte et d'Aricie vient de leur obstination à taire la vérité dans les 2 derniers actes. Ce silence finit par faire douter Thésée, mais il est trop tard. Il a déjà maudit son fils et attiré la colère de Neptune sur lui durant l'Acte IV, scène 2. Les mots prononcés ne peuvent se reprendre.
Que ce soit au sens propre ou figuré, les monstres peuplent cette tragédie et Hippolyte se souvient sans cesse de ceux que son père a tués pour prouver sa valeur que ce soit durant l'Acte I, scène 1 puis l'Acte III, scène 5. Et il finit par en affronter 1, envoyé par Neptune. Cependant, rongés par leurs passions, les hommes eux mêmes deviennent monstrueux et chacun est le monstre d'un autre : Phèdre se désigne comme un monstre affreux face à Hippolyte durant l'Acte II, scène 5, vers 703, avant de le voir lui même comme un " monstre effroyable " : Acte III, scène 3, vers 884. Ensuite c'est au tour de Thésée de considérer ainsi son fils durant l'Acte IV, scène 2, vers 1045. Puis, Oenone est qualifiée de " monstre exécrable " par sa maîtresse durant l'Acte IV, scène 6, vers 1317. Enfin, Aricie désigne Phèdre comme le " monstre que Thésée n'a pas encore tué : Acte V, scène 3, vers 1443 - 1446. Pour le spectateur, ce sont bel et bien Phèdre et Thésée qui se rendent monstrueux par leurs crimes : l'infanticide et le désir incestueux.
C'est aux environs du Vème siècle avant J C en Grèce que la tragédie est née. Dans les tragédies antiques, un coeur dialoguait avec les acteurs, commentant les souffrances des héros accablés par le destin. Aristote a analysé et codifié le genre dans sa Poétique au IVème siècle avant J-C. En France, c'est dans la deuxième moitié du XVIème siècle que la tragédie apparaît, quand on redécouvre des textes antiques. D'abord liée à des sujets religieux, elle constitue un sujet grave et noble. Jusqu'au milieu du XVIIème siècle, elle rivalise avec la tragi-comédie, plus spectaculaire et mêlant des registres variés. Puis elle finit par s'imposer, théorisée par l'abbé d'Aubignac dans sa Pratique du théâtre en 1657, par Corneille dans ses 3 " Discours sur le poème dramatique " en 1660, et par Boileau dans son ' Art poétique " en 1674. Les règles de la tragédie classique trouvent leur fondement dans " La Poétique d'Aristote " qui envisage l'art comme une imitation du réel ( mimesis ). La règle essentielle induisant toutes les autres est celle de la vraisemblance : ce qui se passe sur la scène doit sembler vrai au spectateur. De ce principe découle la règle des 3 unités : unités de temps d'abord, l'action devant se dérouler entre le lever et le coucher du soleil, ou au pire en 24 heures ( le spectateur n'étant présent dans la salle que quelques heures. Ensuite, l'unité de lieu, les personnages ne pouvant évoluer qu'en un seul lieu. Enfin, l'unité d'action, la pièce devant se composer que d'une seule intrigue principale vers laquelle convergent les intrigues secondaires ( en une journée et en un seul lieu, il ne peut en effet se réaliser une multitude d'actions ). Phèdre respecte ses principes car l'action se situe à Trézène, dans le palais royal et ne dure que quelques heures, car peu de temps s'écoule entre chaque acte.
On apprend qu'Hippolyte a cherché à voir Aricie avant son départ entre l'Acte I et l'Acte II. L'annonce du retour de Thésée à la fin de l'Acte II se confirme à l'ouverture de l'Acte III. L'ellipse entre la fin de l'Acte III et le début de l'Acte IV ne laisse que le temps à Oenone de calomnier Hippolyte. Enfin, Hippolyte poursuit les préparatifs de son départ entre l'Acte IV et l'Acte V. Enfin même si la pièce comporte 2 intrigues, l'une amoureuse, l'autre politique, la seconde est indissociable de la première : c'est parce que Phèdre est mariée à Thésée qu'elle peut aimer Hippolyte et tant que le roi et vivant, Hippolyte ne peut aimer Aricie. La figure de Thésée concentre donc à la fois le pouvoir politique et les interdits amoureux. A ses règles fondées sur la vraisemblance s'ajoute la règle des bienséances : la tragédie est un genre noble, il faut respecter son raffinement et ne pas choquer son public. Les personnages ne peuvent accomplir que des actions élevées qui correspondent à leur statut, c'est pourquoi Racine a préféré confier la calomnie à Oenone, une action si basse ne convenant pas à une reine. La violence et la mort sont bannies de la scène, et ne peuvent apparaître qu'indirectement dans un récit. Panope raconte ainsi la mort d'Oenone, et Théramène celle d'Hippolyte. Certes, Phèdre agonise sur scène, mais d'une mort relativement douce puisqu'elle absorbe du poison. Conformément à ce que préconise Aristote, la tragédie doit inspirer la terreur, et la pitié afin de susciter la catharsis, c'est à dire la purgation des passions : en voyant représentés sur scène les excès et les passions funestes des héros tragiques, le spectateur s'identifie aux personnages et il est lui même libéré de ces mauvaises passions. Racine ne manque pas de rappeler cette fonction didactique de la tragédie dans le premier paragraphe de sa préface.
3 registres sont liés à ce genre : le registre tragique chargé de susciter terreur et pitié. Il met en évidence le poids du destin sur les personnages. Les thèmes qui lui sont liés sont la fatalité, les passions, les malheurs et la mort. Ainsi Phèdre est un long chant de douleur du personnage principal, ne cessant de rappeler dans ses tirades la malédiction de Vénus qui pèse sur sa famille et la folle douleur qui lui inspire sa passion coupable pour Hippolyte. Ensuite il y a le registre pathétique qui est nécessairement lié au registre tragique, car il a pour but de susciter la pitié. Phèdre est représentée tout au long de la pièce comme " une femme mourante, et qui cherche à mourir " : Acte 1, scène 1, vers 44. Ses lamentations expriment sa souffrance, ses cris et ses prières touchent le spectateur. Enfin le registre épique où les personnages de la tragédie sont des héros antiques. Ils suscitent donc l'admiration des spectateurs en racontant leurs exploits guerriers. Ainsi, les combats de Thésée contre des monstres légendaires sont évoqués par Hippolyte durant l'Acte I, scène 1 et par Thésée lui même durant l'Acte III, scène 5. Mais c'est surtout le récit de Théramène, racontant la lutte héroique d'Hippolyte contre le monstre envoyé par Neptune, qui introduit le registre épique dans la pièce, multipliant les procédés d'amplification pour effrayer le spectateur.
Le classicisme. A l'époque de Racine, le terme ne s'utilisait pas et c'est au XIXème siècle que cela a été défini. Elle rassemble les auteurs de la deuxième moitié du XVIIème siècle donc lors du règne de Louis XIV. Et dont les écrits manifestent un goût pour l'ordre, la simplicité et l'harmonie. Cette tendance artistique apparaît en réaction au mouvement baroque, traduisant les incertitudes de l'homme à travers une esthétique de la profusion et du mouvement, ainsi qu'une réflexion sur l'illusion et la vanité de la vie terrestre. Au théâtre, l'esthétique classique sur les genres baroques, comme la tragi comédie ou la tragédie lyrique. Le classicisme distingue désormais la tragédie de la comédie et impose des règles strictes dans la littérature. S'opposant aux incertitudes baroques, le classicisme veut imiter la nature dans sa simplicité et son harmonie. Il s'inspire pour cela d'une conception de l'art comme mimesis qui veut dire imitation en grec. Imitation du réel énoncée par Aristote au IVème siècle avant J-C dans sa " Poétique ". Les auteurs classiques cherchent donc l'ordre et la clarté dans leurs écrits, imposant pour cela des règles de compositions rigoureuses, notamment en ce qui concerne les genres théâtraux. Là où la comédie baroque multipliait les personnages, intrigues, rebondissements spectaculaires et allongeaient la durée de l'action, la tragédie classique privilégie l'unité de temps, de lieu et d'action, ainsi que la vraisemblance. La style doit aussi être épuré pour énoncer clairement la pensée sans la dissimuler sous l'artifice littéraire. Dans son " Art poétique " traité de 1674, Boileau rappelle les règles de l'écriture classique : " Que jamais du sujet le discours s'écartant/ N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant. " Il y a aussi cette idée d'imitation des Anciens avec des écrivains latins et grecs en modèles. Ils considèrent que ces Anciens ont atteint la perfection dans l'art et qu'il faut les imiter pour faire des oeuvres de qualité.
Phèdre est la réécriture d'un mythe antique. Racine évoque ses sources dans sa préface, à savoir les tragédies d'Euripide datant du Vème siècle avant J-C, et les tragédies de Sénèque également, auxquels s'ajoutent les écrits latin Virgile et de l'historien grec Plutarque, du Ier siècle après J-C. Il fait aussi allusion aux théories littéraires d'Aristote. A la fin du XVIIème siècle, les auteurs classiques se divisent sur le sujet de l'imitation des auteurs antiques. On l'a vu avec la Querelle des Anciens et des Modernes. Avec les Anciens comme Racine, Boileau ou La Fontaine considérant les auteurs antiques comme une référence absolue qu'on doit imiter sans chercher à innover. Les " Modernes é quant à eux, pensent, avec Charles Perrault, que les auteurs contemporains peuvent rivaliser avec les auteurs antiques et même les dépasser dans la création artistique. Les 2 partis finissent par se réconcilier en 1694. Les oeuvres classiques ont une ambition double, celle d'instruire et de plaire. Docere et Placere en latin. Racine rappelle dans sa préface la portée didactique de la tragédie : " Les passions n'y sont présentées aux yeux que pour montrer tout le désordre dont elles sont cause ". Page 12. La peinture du vice doit inspirer le dégoût au spectateur et l'en éloigner. C'est pourquoi le dramaturge offre une image cruelle et pathétique du personnage de Phèdre : mourant d'un odieux secret à l'Acte I, elle se laisse gagner par la fureur lorsqu'elle avoue son amour incestueux à Hippolyte à l'Acte II, permet la calomnie d'un innocent à la fin de l'Acte III, et sombre dans la jalousie à l'Acte IV quand elle apprend qu'elle a une rivale. Quant à Thésée, il ne peut que faire horreur par sa colère dévastatrice lorsqu'il maudit son fils et appelle sur lui la colère de Neptune à la scène 2 de l'Acte IV.
Enfin il y a l'idéal de l'honnête homme car le classicisme possède un idéal humain également. L'honnête homme, de noble naissance, est doué de qualités morales lui permettant de garder sang-froid en tout situation. Il a également des qualités sociales : homme du monde, il sait faire preuve de bon goût et d'esprit tout en restant humble et naturel. L'honnête homme ne se laisse pas gagner par les désordres et de la passion. Il est au contraire tout entier gouverné par la raison. Cet idéal humain se trouve dans le personnage d'Hippolyte qui est un jeune homme chaste et vertueux ayant toujours repoussé les pièges de la séduction et qui préfère se laisser accuser injustement plutôt que de dénoncer les perversions de Phèdre à la scène 2 de l'Acte IV, et qui voue un amour fidèle et respectueux à la jeune Aricie, lui proposant de l'épouser avant de prendre la fuite avec elle à la scène 1 de l'Acte V. Il est en cela l'opposé de son père, séducteur colérique caractérisé par ses excès.
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