L'homme qui gouvernait l'Europe s'effondre sur une chaise. Ses bottes sont sales. Son chapeau est par terre.
Le 4 avril 1814, à Fontainebleau, Napoléon rédige son abdication. Il est seul dans un bureau qui n'est même pas le sien, c'est celui du roi.
La veille, le Sénat l'a déclaré déchu. Ses maréchaux refusent de marcher sur Paris. Marmont, son plus ancien compagnon d'armes, a retourné ses troupes. L'homme qui commandait 600 000 soldats n'en a plus assez pour défendre un château.
Il signe sur un petit guéridon rond. Le texte fait cinq lignes. Il propose d'abdiquer en faveur de son fils de trois ans. Les Alliés refuseront. Deux jours plus tard, il signera sans conditions.
Le 20 avril, il descend l'escalier en fer à cheval, embrasse un drapeau devant ses grognards en larmes, et monte dans une voiture qui l'emmène vers l'île d'Elbe. Le trajet est si hostile qu'il devra se déguiser pour échapper à la foule en Provence.
Dix mois plus tard, il reviendra.