Le Blues du Maître Kébabier...
Imagines... Imagines simplement deux secondes...
Tu es un Maître Kebabier.
Tu te lève à 8h30 (oui, ces mecs font 11h-00/1h en général), et tu finis de préparer les gosses.
Tu démarre ta journée en les amenant à l'école, dans ta 208 en leasing à 175 euros par mois.
Tes gosses scrollent pendant tout le trajet en parlant de croustymachin (la trahison bordel, tu gardes les dents serrées, tu ramasses)... Tu déposes.
Tu traces ensuite à la Kebaberie, (attention, il te reste deux points sur le permis), et tu embrayes.
Faire la mise en place, préparer les couverts, le service, les nappes, mettre un coup de propre devant le restau, en jartant les clodos déjà bourrés éparpillés devant, préparer ta caisse, sortir les viandes du frigo...
Tu bois ton huitième café, frappes ton comptoir d'énervement parce que Galatasaray à fait un nul hier, te tape le service du midi, de l'après-midi, du soir, sans pause parce que t'as pas le temps
En te tapant des "chef" alors que t'as une moustache de Lieutenant-colonel de Gaziantep.
T'es en pilote automatique, tes yeux nostalgiques s'attardant sur une carte d'Istanbul.
Tu finis de servir les schlags de fin de soirée, qui payent en pièces de 20 centimes, tu rêve de les embrocher par dessus le comptoir.
Et LÀ... À CE moment LÀ...
T'as un TARÉ maigrichon, habillé comme un sac, 60 kilos au compteur, yeux exorbités, qui démonte ta porte d'entrée, qui trace comme une fusée vers les guogues, une fusée Space-X le type, en hurlant "ILS VONT ME TUER LA POLICE VITE!", et court se cacher dans les chiottes sans même te regarder.
Puis arrivent dans les deux minutes des flics de nuit surarmés, La Bac N, putain, qui déboulent dans ton échoppe comme des cinglés et ruinent ton sol que tu viens de récurer, et tambourinent comme des fous furieux sur la porte du chiottard pour le faire sortir...
Pauvre Kebabier