Je suis un homme de goût, un connaisseur du sublime abject.
Sur mon corps, le cachemire le plus fin caresse la peau avec une douceur presque indécente ; la veste sur mesure épouse mes épaules dans un silence absolu ; le pantalon en lin et soie tombe avec cette élégance nonchalante qui ne s’achète pas, elle se porte.
Et pourtant, sous ces étoffes immaculées, mon cul demeure inchangé : une fosse abyssale, violacée, une excavation de chair putride où mes vers blancs, ces petits seigneurs de la nécrose, se lovent dans leur bain de sécrétions brun-noir, épaisses comme une réduction oubliée depuis des décennies.
Ce soir, dans le parking souterrain désert de la rue de Rivoli celui réservé aux résidents les plus discrets , je m’assieds sur le cuir pleine fleur d’un vieux Chesterfield que j’ai fait livrer exprès pour l’occasion, encore imprégné de l’odeur fantôme d’un précédent occupant de haut rang.
Je défais lentement la braguette, révélant une bite lourde, veinée, ornée d’un prépuce qui n’a jamais connu ni savon ni remords.
L’odeur monte, discrète d’abord, puis souveraine : gorgonzola millésimé, œuf de cent ans, viande faisandée au point de noblesse, et cette douceur vineuse de merde qui a fermenté dans le luxe de l’abandon.
Je crache dans ma paume gantée de pécari un glaviot opalescent, presque précieux et je saisis ma verge avec la même élégance que si je tenais un verre de Romanée-Conti.
Le geste est lent, maîtrisé, celui d’un homme qui pratique l’onanisme comme on savoure un cigare cubain : sans hâte, en laissant chaque couche de pourriture s’épanouir.
Puis le premier pet royal s’échappe.
Long, grave, presque musical, un ronflement de contrebasse qui fait vibrer les chairs flasques de mon anus comme les cordes d’un Stradivarius détraqué.
Quelques vers sont propulsés, perles blanches nacrées qui roulent sur le cuir avec un petit ploc délicat.
Je souris un sourire de sphinx repu et j’accélère imperceptiblement.
J’enfonce deux doigts dans mon gouffre, racle avec la précision d’un sommelier qui décante, ramène une pâte brun-vert, tiède, granuleuse, constellée de vers écrasés comme du caviar noir écrasé.
J’en badigeonne ma verge avec la délicatesse d’un geste d’orfèvre, transformant chaque va-et-vient en une symphonie de schlack humides, de glaires nobles, de merde liquide et de pré-cum vieilli.
Les bulles de pet remontent en chapelet, chaque explosion gazeuse projetant des gouttelettes fécales sur mes cuisses gainées de cachemire.
Le pet devient un continuum, un bourdonnement grave et aristocratique, une flatulence de grand cru.
Mon trou palpite comme une bouche gourmande.
Les vers dansent en extase sous la friction.
Et lorsque l’orgasme arrive, ce n’est pas une vulgaire éjaculation : c’est une éruption contrôlée, un millésime de sperme épais, jaunâtre, presque solidifié, qui se mêle à la merde tartinée dans une alchimie parfaite.
Simultanément, un pet final, monumental, déchire l’air confiné long, liquide, presque une diarrhée gazeuse qui constelle le cuir et le sol de marbre d’éclaboussures somptueuses.
Je reste assis, haletant avec retenue, verge encore dans la main, couverte de ce mélange princier qui goutte avec une lenteur étudiée.
Mes vers reprennent leur reptation languide.
Un dernier pet, discret, presque timide, s’échappe comme un soupir de satisfaction.
Je remonte dans mon appartement en terrasse, ajustant le col de ma chemise avec une nonchalance souveraine.
Demain, je recommencerai.
Dans le même luxe.
Avec la même élégance.
Jusqu’à ce que mon anus cède dans un ultime spasme de raffinement extrême, jusqu’à ce que les vers me consument de l’intérieur comme des invités trop longtemps conviés à un banquet infini.
Ce soir encore, j’ai fait venir mes trois préférés.
Pas n’importe quels clochards : ceux que je sélectionne avec le même discernement qu’un amateur choisit ses grands crus.
Gros Jacquot, avec son ventre de Bacchus déchu ; Dédé la Plaie, dont le chancre au gland évoque une tulipe noire fanée ; Le Jeune, toujours un peu trop propre pour être honnête, mais dont le sperme garde cette âcreté sauvage.
Je les fais entrer dans la cave à vin climatisée de mon hôtel particulier température parfaite, hygrométrie idéale.
Je m’agenouille sur le tapis persan du XVIIe, encore imprégné de l’odeur des siècles.
Pas de hâte.
D’abord Jacquot.
J’attrape ses couilles molles comme on pèse un fruit rare, et j’engloutis sa queue entière avec la révérence due à un mets exceptionnel.
Le goût explose en bouche : pisse millésimée, fromage de pénitence, vieux sperme confit dans le prépuce comme un vin liquoreux.
Il me baise la gorge avec une brutalité paysanne que je savoure comme le contraste parfait à mon raffinement.
Derrière, Dédé écarte ses fesses ravinées, enfonce trois doigts et ramène une poignée de merde tiède, vivante, parsemée de vers minuscules qui frétillent comme des grains de riz sauvage.
Il m’en oint le visage avec la délicatesse d’un maquilleur de théâtre kabuki joues, nez, lèvres.
Puis il force ma bouche ouverte et y déverse le reste : une cuillerée de cette pâte fécale granuleuse, presque onctueuse, qui glisse sur ma langue comme un foie gras trop faisandé.
Le Jeune s’assoit sur ma poitrine, m’écrase contre le tapis.
Sa queue longue et maigre, recouverte de cette pellicule blanche qui s’effrite comme du vieux plâtre précieux.
Quand il jouit, c’est en jets épais, jaunâtres, filandreux, avec des grumeaux qui surnagent comme des perles dans un consommé trouble.
L’odeur : mort sucrée, poisson noble laissé à l’air libre, sperme d’un corps qui n’a jamais connu le savon de luxe.
J’avale tout, lentement, religieusement.
Je mâche les grumeaux, je fais éclater les vers entre mes dents comme du tapioca exotique.
Chaque gorgée est une communion : sperme rance, merde palpitante, pus précieux, glaires de gorge.
Les rots qui remontent sont chargés de méthane et de pourriture je les laisse s’épanouir dans ma bouche comme un arrière-goût de grand vin.
Quand Jacquot déverse enfin son nectar épais, moutarde sale, presque masticable , je le garde en bouche le temps d’un Kyrie eleison silencieux, puis j’avale, yeux mi-clos, extase contenue.
Après, je les congédie avec un geste discret.
Je reste seul dans la cave, visage maculé, ventre distendu, costume taché de façon artistique.
Je souris dans le noir climatisé.
Demain, je les ferai revenir.
Ou d’autres.
Dans le même luxe absolu.
Parce que pour moi, le summum de la sophistication, c’est précisément cela :
porter les étoffes les plus rares tout en avalant la mort la plus crue, la plus organique, la plus abjecte, et en la savourer comme le plus rare des nectars.

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