La matière n’est pas inerte : elle évolue, se complexifie, et à un certain stade cette complexité engendre la vie. La vie n’est donc pas une rupture avec la matière, mais le produit de son développement historique. De la même manière, le genre humain est compris comme une forme particulièrement avancée de la vie, parce qu’il est capable de conscience, de langage et surtout de travail. Par le travail, l’être humain transforme la nature et se transforme lui-même, ce qui marque un saut qualitatif par rapport aux autres espèces. La pensée, la culture et les institutions sociales ne tombent pas du ciel : elles émergent de conditions matérielles bien déterminées. Cette conception permet de penser l’histoire humaine comme un processus naturel et social, régi par des lois objectives. Elle fonde enfin l’idée que les sociétés peuvent être comprises et transformées rationnellement, puisque leurs bases sont matérielles et non immuables.