J’ai 39 ans aujourd’hui, et je fonce à toute vitesse sur l’autoroute des quarante. Jamais je ne me suis senti aussi proche de me retrouver… fini.
Malgré tout, je suis extrêmement chanceux sur un point : ma vie familiale. J’ai une femme et un fils qui m’aiment ; ils sont le pilier qui me tient debout au milieu des ruines, et en même temps ceux qui m’empêchent malheureusement de fuir et d’abandonner.
Il y a un an, j’ai monté ma boîte. J’y ai mis tout ce que je suis et tout ce que je sais.
Le constat est cruel : tout ce que je touche professionnellement semble se transformer en catastrophe, même quand l’idée paraît bonne et que j’y mets du cœur.
Je suis au volant d’une Formule 1 lancée vers un mur, pleine vitesse, sans frein.
Travaillant dans l’IT et approchant de la quarantaine, je me retrouve sans porte de sortie, trop vieux, pas assez talentueux.
Il y a eu des instants de frémissement, de faux succès qui m’ont fait croire que mon projet décollait. Ces lueurs d’espoir servent parfois à mieux vous rabaisser et à vous détruire mentalement, pour vous ramener ensuite au néant. Elles m’ont aussi révélé que la seule personne que je croyais pouvoir appeler un ami n’en était pas un. J’ai lu dans son regard une inquiétude, comme s’il avait lui aussi cru, puis redouté, que j’allais m’en sortir.
Je suis fini.