Au fin fond des fesses crevassées d’un vieux clodo alcoolique, une de ces épaves qui titubent depuis cinq ans sans jamais voir une douche, les poils du cul forment une jungle noire, grasse, collée par la sueur rance, le vomi séché et les chiures accumulées. Entre ces touffes crasseuses pendent des grelots de merde fossilisée : des boules compactes, dures comme du béton, gorgées de cinq années de déjections jamais rincées. La première couche, celle d’hier ou d’il y a six mois, est un magma brun-noir, incrusté de poils pubiens, de miettes de pain moisi, de mégots écrasés et de croûtes de pus jaunâtre qui suintent encore.
Quand la nuit d’hiver tombe à 20 °C sur le carton trempé où il cuve, le froid s’infiltre jusqu’à l’anus béant.
L’humidité fétide mélange d’urine, de diarrhée alcoolique et de sang de fissures anales gèle en cristaux verdâtres qui percent la croûte. Les boules de merde, déjà lourdes comme des cailloux, se couvrent d’une carapace de givre sale : des aiguilles de glace translucide, striées de filaments de mucus figé et de vers nécrophages blanchâtres qui n’ont pas eu le temps de fuir. À l’intérieur, les gaz putrides se condensent en bulles noires qui éclatent parfois avec un petit « ploc » glaireux quand le clodo pète dans son sommeil.
Chaque mouvement fait tinter les grelots : un cliquetis humide et gras, comme des os pourris dans un sac de cuir moisi. Certains pendent si bas qu’ils raclent le sol, ramassant gravier, cheveux de chien errant et flaques de pisse gelée. Quand il se gratte, les ongles noirs arrachent des éclats : des fragments de merde cristallisée qui tombent en pluie brune, laissant des traînées de sang et de matière fécale sur ses cuisses purulentes. L’odeur ? Un nuage toxique de cadavre, de vin tourné et de chiottes publiques bouchées depuis la guerre, figé par le froid en une aura qui fait reculer même les rats.




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