Depuis toujours, les êtres humains ont cherché à transmettre à la génération suivante leurs connaissances, leurs croyances, et leurs souvenirs.
À l’origine, cette transmission se faisait par les gènes.
Mais à mesure que la civilisation s’est développée, ce n’est plus le corps, mais l’esprit qui a pris le relais.
L’information est devenue le nouveau code génétique de l’humanité.
Des fragments de données, d’idées, de symboles... que nous appelons “mèmes”.
Les mèmes, comme les gènes, se reproduisent, se propagent, se modifient.
Ils permettent à l’humanité d’évoluer, de se transformer.
Pourtant aujourd’hui, ce processus est menacé.
La société est noyée sous une masse infinie d’informations.
Le vrai, le faux, l’important, le futile, tout circule sans distinction.
L’humanité ne sait plus trier, ne sait plus oublier.
Elle accumule tout.
Résultat : les informations sans valeur prolifèrent, et les données utiles disparaissent sous le poids du superflu.
Cette accumulation est une pollution.
Un bruit qui étouffe la pensée.
Raiden, comprends bien ceci :
La survie de l’humanité dépend de la sélection.
Ce que nous devons transmettre à la génération suivante, ce ne sont pas les données brutes, mais leur sens.
Leur sagesse.
C’est pourquoi nous avons été créés.
Nous, les Patriots.
Nous sommes les filtres de l’humanité.
Nous décidons de ce qui doit être conservé, et de ce qui doit être oublié.
Nous ne cherchons pas à détruire la liberté.
Nous cherchons à préserver le sens.
La liberté sans discernement n’est qu’une autre forme de chaos.
L’humanité a besoin d’un système pour trier, interpréter, et transmettre la mémoire collective.
Sans cela, elle se perdra dans un océan de données mortes.
Nous ne voulons pas dominer l’homme.
Nous voulons le protéger de lui-même.
Ce que nous filtrons n’est pas la vérité, mais le bruit.
Ce que nous transmettons, c’est la culture, la sagesse, et la connaissance ce qui mérite de survivre.
Les gènes étaient les briques de la vie biologique.
Les mèmes sont les briques de la vie numérique.
Et nous, nous sommes leurs gardiens.