Je me sens comme le jeune homme embarqué, pris au port de Palos, dans la chaleur andalouse, il déambulait ses vingt ans sur le quai, innocent, inculte, en vadrouille sur les mers, puis jeté dans les plaines fécondes du Nouveau Monde, il a vu le roi Motecuhzoma et ses troupes barbares, sanguinaires, il a donné tout son corps à la lutte, il a tranché, percé, avec son épée sanglante, tous ces corps bruns, jusqu’au repos du sien, son buste haut, sa poitrine vaillante, ses reins bien solides, lui ont valu la reconnaissance de quelque Pizarro, de quelques Francisco de Montejo, et voilà sa dot, une prisonnière enlevée à sa tribu, ses cuisses glabres, infinies, comme une autre vallée interdite, de longs cheveux couleur de jais, un regard vengeur, bientôt dompté, vigoureusement dompté, soumis, puis se glissant dans cette croupe tranquille, blotti entre les seins moites, tièdes, le jeune homme dort, las, et se rejoue son voyage
