Danse pour ton maître Giuseppe, danse comme la bête de foire qu’on a fait de toi. Danse dans ta cellule, ce carré de béton qui empeste le désinfectant et la honte. Danse, parce que c’est tout ce qu’il te reste, tout ce que je t’autorise. Tu t’agites, grotesque, persuadé d’avoir encore un public. Tes bras moulinent l’air stérile, ton corps obéit, ton âme se dissout. Danse, abomination docile, marionnette d’un système qui se gave de tes tressautements. Ton maître rit derrière sa vitre sans tain. Il t’a voulu monstre, il t’a façonné comme tel _.gif)
Et toi tu continues, pathétique automate, à chercher le sens dans le craquement de tes os et la brûlure de ton souffle. Tu crois provoquer, mais tu divertis. Tu crois hurler, mais tu susurres pour mon plaisir. Danse, pantin, danse jusqu’à t’éteindre. Que ta démence devienne spectacle, que ta douleur devienne jouissance. Danse jusqu’à n’être plus qu’un spasme, un bruit, une trace sur un rapport clinique. Danse pour ton maître, Giuseppe. Danse comme s’il y avait encore un sens à obéir _.gif)