Bien que timide, j'avais une vie sociale équilibrée au lycée, l'expérience de n'importe quel ado un peu geek mais qui sortait progressivement de sa coquille pour flirter avec une fille, se créer plusieurs groupes de potes, aller en soirée. Depuis le confinement, en première, qui a plus ou moins coïncidé avec la maladie psychique d'un proche, je me suis progressivement renfermé et isolé de tout le monde, en n'entretenant plus que des relations de plus en plus superficielles, voire en ghostant mes amis les plus proches.
Je n'ai pas voulu accepté ma situation et je me voilais la face quand à ce que je traversais, je ne suis allé voir personne, mais il me semble avoir aussi développé certaines "anomalies" dans mon fonctionnement et mon rapport au monde, sur un terrain propice à la mélancolie et à la solitude. Je n'ai pas été assez courageux pour m'en sortir ensuite. Je me suis alors réfugié dans le travail, ce qui me donnait une "bonne" excuse pour décliner quasiment toutes les propositions de renouement et les nouvelles opportunités qui s'offraient à moi, même dans un domaine réputé pour sa cohésion et ses fêtes. Et cette spirale, associé à mon manque de courage, m'a totalement noyé.
Etant assez intelligent, vivant avec de la famille et étant mené à côtoyer pas mal de monde du fait de ma filière, j'arrive à un peu près donner une image un peu moins pire (ce n'est pas compliqué) de prime abord - enfin, je l'espère, ça me permet de garder la face.
J'aurais aimé faire les choses différemment. J'ai de gros remords, il me semble que j'aurais pu vivre une jeunesse autrement plus épanouissante - même si rien n'ai fini, je suis encore jeune, mais j'ai accumulé un grand retard sur le plan sentimental et social. Mais j'ai encore plus peur de l'avenir.
Putain.
