Patient : « Bonjour docteur, j’aimerais bien une ordonnance pour un peu d’alcool, juste quelques verres par jour, pour m’aider à gérer le stress.
Médecin : « Bonjour. D’accord, mais avant tout, je vois dans votre dossier que votre tension artérielle est élevée et que vous êtes en surpoids. L’alcool aggrave ces problèmes. Ce n’est pas une bonne idée.
Patient : « Oui, mais justement, ça me détend, ça fait baisser mon stress, ce qui doit aider à contrôler la tension, non ?
Médecin : « Non, pas du tout. À court terme, ça peut sembler relaxant, mais l’alcool élève la tension sur le long terme. C’est dangereux dans votre cas.
Patient : « D’accord, mais je fume aussi, alors si je dois arrêter l’alcool, il faudrait au moins que je puisse continuer à fumer un peu, non ? »
Médecin : « Je vois aussi dans votre dossier que vous avez des difficultés respiratoires. Fumer empire cela énormément. Ce n’est pas une bonne idée. »
Patient : « Bon, alors au moins l’alcool, ça aide à me détendre, à oublier tout ça… »
Médecin : « Vous dites ça, mais votre foie est aussi en mauvais état, et l’alcool le surchargerait encore plus. Il est hors de question de vous prescrire ça. »
Patient : « Ça veut dire que je ne peux rien avoir ? Ni alcool, ni tabac ? Je me sens un peu enfermé, là… »
Médecin : « Je comprends, mais il faut être réaliste : votre mode de vie actuel met déjà votre santé en danger. Vous avez besoin d’aide, pas de plus de risques. »
Patient (avec un ton plus sec) : « Mais c’est toujours facile pour vous de juger ! Vous ne savez pas ce que c’est de gérer tout ça sans rien !
Médecin : « Je ne juge pas, mais je constate. Et je dois vous dire que ce que vous me décrivez, c’est une situation qui s’apparente à une toxicomanie.
Patient (exaspéré) : « Vous vous foutez de moi ? Moi, toxicomane ? Je veux juste un peu d’aide pour tenir le coup, pas être traité comme un délinquant !
Médecin : « Je suis désolé, mais il faut que vous preniez conscience de la gravité. Votre consommation d’alcool et de tabac vous détruit petit à petit. Ce n’est pas un jugement moral, c’est un constat médical.
Patient : « Eh bien, moi, je vous dis que votre système est complètement débile ! Pourquoi certains peuvent boire et fumer sans problème, et moi je suis un danger pour moi-même parce que je demande juste un peu d’aide ?
Médecin : « Parce que chaque cas est différent. Votre état est déjà fragile. Vous ne pouvez pas ignorer cela. Je peux vous aider à changer, mais pas en vous donnant plus de poison.
Patient (en colère) : « Vous ne m’aidez pas, vous me condamnez !
Médecin : « Je vous propose un suivi, un vrai, avec un soutien médical adapté, mais pas une ordonnance qui aggrave votre santé. Il faut faire un choix : la facilité ou la vraie prise en charge.
Patient (râlant, agacé) : « Vous êtes complètement à côté de la plaque, docteur ! Je ne suis pas un toxicomane comme ces gens-là, moi je contrôle ma consommation, je suis pas un drogué, c’est pas pareil !
»
Médecin (calme, posé) : « Vous êtes sûr ? Pourtant, vous m’avez dit que vous buvez presque tous les soirs pour décompresser, et que vous fumez une bonne vingtaine de cigarettes par jour. Vous trouvez ça contrôlé, vous ?
Patient (hésitant, fronçant les sourcils) : « Oui, mais c’est différent… c’est social, c’est pas une addiction, c’est un choix. »
Médecin (regard perçant) : « Vous vous moquiez justement de ceux qui avaient des dépendances aux médicaments, non ? Vous les considériez faibles, malades. Mais vous êtes dans la même situation, peut-être même pire. »
Patient (d’un ton sec) : « Non, non, vous vous trompez, c’est pas comparable. Moi je peux arrêter quand je veux. »
Médecin : « Ah oui ? Et quand avez-vous arrêté la dernière fois ? Combien de fois avez-vous essayé ? Combien de fois avez-vous ressenti ce besoin irrépressible malgré vous ? »
Patient (soupirant, évitant le regard) : « … Je… je sais pas, mais je peux arrêter quand je veux. »
Médecin : « Pourtant, c’est exactement ce que disent beaucoup de personnes en dépendance, qu’elles peuvent arrêter quand elles veulent. Mais en pratique, c’est une autre histoire. »
Patient (plus sur la défensive) : « Moi c’est différent, je suis pas comme eux, je suis responsable, je gère ma vie. »
Médecin (légèrement ironique) : « Justement, la responsabilité, c’est de reconnaître quand on est en difficulté. Ignorer que vous avez une dépendance, c’est nier une partie de la réalité. Vous comprenez que c’est un problème de santé, pas une faiblesse morale ? »
Patient (les mâchoires serrées) : « Je ne suis pas malade, je suis juste stressé. »
Médecin : « Le stress peut mener à des comportements addictifs. Et en refusant d’admettre que vous êtes dépendant, vous vous empêchez d’aller vers une solution. »
Patient (plus calme, presque hésitant) : « Peut-être… mais ça reste mon choix. »
Médecin : « Le choix est réel quand on est libre. La dépendance, elle, restreint cette liberté. Et vous êtes ici aujourd’hui parce que ce choix vous échappe un peu, non ? »
Patient (baissant la tête) : « … Peut-être que vous avez raison. »
Médecin (doucement) : « Ce n’est pas une question de jugement, mais de soin. Reconnaître cela est déjà un premier pas. »
JvArchive compagnon