Ses frères l'ont tous trahi à un moment donné, son propre père était un tyran violent qui le laissait s'occuper de sa bergerie même quand une tempête de neige s'abattait (mon père a failli en mourir à l'âge de sept ans, on l'a retrouvé en hypothermie, inconscient, recouvert de flocons) et qui favorisait toujours sa femme (ma grand-mère est morte quand mon père était un enfant en bas âge, mon grand-père s'est vite remarié).
Je crois que je ne connais personne qui ait autant souffert et pourtant, c'est aussi celui qui pardonne le plus, celui qui cherche toujours la réconciliation, celui qui tend la main.
Dieu, que j'ai eu de la chance de l'avoir comme père. Je ne peux qu'être reconnaissant quand je vois les malades qu'il y avait autour de lui. Bien sûr, comme tout le monde, il a ses torts, il a fait des erreurs et il s'est trouvé parfois victime de ses circonstances à défaut d'être maitre de lui-même. Mais je crois que de lui, j'ai hérité ce sens de l'émerveillement.
J'espère avoir, un jour, sa capacité à pardonner ceux qui m'ont heurté.