Dans ce monde encore enchâssé dans le sacré, l’homme ne se croyait pas maître de l’univers, mais prêtre de la création. Il ne réduisait pas la nature à des lois mécaniques, mais la contemplait comme un livre vivant, écrit par le Verbe.
La violence , la rudesse de la vie, les ténèbres de l’ignorance n’éteignaient pas la lumière intérieure de cette vision : un monde symbolique, hiérarchique, sacramentel.
Le génie médiéval a su réconcilier la foi et la raison, non pas en les confondant, mais en les ordonnant harmonieusement.
La raison, éclairée par la logique aristotélicienne, démontrait la nécessité d’un Dieu unique, cause première, acte pur.
La foi, nourrie de l’Écriture et de la Tradition, révélait ce Dieu comme Trinité d’amour, Dieu incarné, mystère pascal.
Loin de s’opposer, la théologie et la philosophie s’étreignaient comme l’âme et le corps.
Saint Thomas d’Aquin n’a pas écrasé le mystère sous les syllogismes , il l’a entouré d’une forteresse lumineuse, laissant au cœur la part de la contemplation, et à Dieu l’abîme de Sa liberté.
Le monde médiéval ne confondait pas les sexes, mais il les ordonnait selon une dialectique spirituelle
L’homme, figure du logos, portait la verticalité, l’ordre, la justice.
La femme, image de l’âme, portait la grâce, la douceur, la profondeur intuitive.
Dans l’amour courtois, ce n’était pas l’instinct qui parlait, mais la quête sacrée du cœur. La Dame, souvent inatteignable, devenait symbole de la Beauté divine, celle que l’on sert sans posséder.
Dans la chevalerie, le courage n’était pas brutalité, mais force offerte, régie par un code, dirigée vers la protection du faible et le service du Ciel.
C’était un monde où la force et la tendresse, la rigueur et la miséricorde, la terre et le ciel se répondaient comme deux voix d’un même chant.