Attention, je vous préviens, il y a quelques strophes à venir 
J'attends vos remarques en tout genre si vous en avez...
La Libraire
Lorsque je découvris pour la première fois
Par un heureux hasard sa modeste boutique
C'est parce qu'à travers la vitrine je crois
Que j'avais aperçu un morceau d'Amérique.
La foule bigarrée des livres d'occasion
Et les quelques clients fouillant les étagères
Me rappelèrent mon séjour en Oregon.
Je fus entraîné par ces pensées passagères.
J'entrai, elle était là, dans son royaume blanc,
De sa voix assurée, et presque intimidante,
Conseillant les clients, mais moi pour être franc
Je restais anonyme ; attitude fuyante.
Ce désordre ordonné était d'un charme exquis.
Assurément il vous donnait l'envie de lire !
Gentiment intriguant, je fus vite conquis.
Je choisi donc un livre, cassant ma tirelire.
Elle me dévisagea de son regard perçant,
Ses yeux bleus soulignés d'un trait de maquillage.
Cet intense examen ne me fut point glaçant.
Étonnante libraire, étrange personnage !
Je revins très bientôt, trouvant l'endroit charmant.
Profitant du paiement, j'évoquais mon voyage.
Quelle drôle de surprise, un hasard amusant :
Elle fut à New York lors d'un précédent stage.
Quel échange plaisant ce fut à ce moment
Et la vivacité de l'esprit de la dame
Suscita dans mon être un vieux sentiment.
Je la croyais éteinte, elle alluma la flamme.
Et chaque vendredi, c'était le coeur léger
Que quittant mon emploi, je descendais la rue
Allant à sa rencontre afin de partager
Un moment suspendu, une grâce incongrue.
Même si je craignais de lui voler son temps,
C'était plus fort que moi, j'aimais trop sa présence.
Elle éclairait vraiment la fin de mon printemps
Par sa douceur et par sa grande intelligence.
Ses jolis cheveux blonds qu'elle portait tirés ;
Sa peau d'albâtre blanc venue d'Hyperborée ;
Ses jolis yeux d'azur bleu des cieux déchirés ;
Sa silhouette jolie et bien équilibrée.
Tout cela souligné par un style élégant :
Une tenue soignée, mais toujours convenable ;
Des bijoux raffinés, mais rien de trop clinquant.
Cette fille a du goût, cela est indéniable !
Quand nous discutions, c'était désarçonnant
Car petit à petit, derrière sa réserve
Je découvris bientôt un être passionnant,
Femme pleine de vie, ne manquant point de verve !
Avec ses convictions, ses goûts et sa D-A
Elle croyait être snob, cette esthète élitiste.
Son naturel hautain, oui, cela me charma,
Mais je crois bien qu'en fait elle était un peu triste.
Dans son comportement, dans ses emportements
Sur la médiocrité, contre les imbéciles
Je trouvais du plaisir et des ravissements
A n'être pas inclus parmi les malhabiles.
Je ne crois pas pourtant que nous soyons méchants.
D'ailleurs les livres sont sa seule marchandise
Pour ses contemporains qu'elle voudrait brillants
Mais qui la désespèrent emplis de leur bêtise.
Car c'est plus fort que nous, et nous surestimons
Le spleen d'un autre temps, époque révolue
Qui jamais n'exista mais que nous fantasmons
Où le beau se trouvait au coin de chaque rue.
Je ne le montrais pas, mais je l'admirais tant
D'avoir eu la folie, d'avoir eu le courage
De céder à l'appel de son égo géant
Et de lancer ainsi une affaire à son âge.
Je souhaitai alors emmêler nos destins :
Qu'elle guide mes choix de toute sa culture
Je crois que grâce à elle, chacun de mes matins
Aurait pu être comme une belle aventure.
Je l'invitai un jour à nous voir en dehors
De son fief de papier, de son modeste empire.
J'attendais sa réponse, exalté et dès lors,
J'attendais sa réponse, et je craignais le pire.
"Je réponds un peu tard à ta proposition
Car ces jours-ci ce n'est vraiment pas très pratique :
Mes beaux parents ainsi que mon fier compagnon
Viendront me visiter, viendront dans ma boutique."
Quelle déconfiture, et quelle déception !
L'exaltante chaleur de la jolie rencontre
Devint une brûlure faute d'inattention.
Je suis un grand bêta, et cela le démontre.
Le béguin que j'avais, elle le soupçonnera.
Cela demeurera à jamais platonique.
De la mélancolie, c'est ce qu'il restera
De mon inclination idiote à sens unique.
Maintenant vient l'été, et je suis impuissant.
Dégoûté, désœuvré, accablé de lumière
Qui souligne l'état de mon cœur pourrissant.
Je me sens à nouveau comme une serpillère.
Je reviendrai la voir quand viendra vendredi
Car je tiens à ma face autant qu'à son estime.
Elle n'est pas mon amante, elle peut être un ami.
C'est à ce pis aller que dès lors je m'arrime.
La laisser sans combattre, était-ce impardonnable ?
J'ai bien parfois envie de bousculer nos plans.
Il y a trop à perdre, ce n'est pas raisonnable.
On est bien trop sérieux lorsque l'on a trente ans.
Le 26 juin 2025 à 20:26:27 :
CA FAIT TRENTE CINQ ANS QUE JECRIS DE LA POESIE JAI EU DES PRIX LITTERAIRES
J'ai pas la ref, tu peux faire tourner ?
nocturne si jamais des kheys noctambules ont du temps à perdre 
nocturne si jamais des kheys noctambules ont du temps à perdre 
Le 27 juin 2025 à 00:56:09 :
nocturne si jamais des kheys noctambules ont du temps à perdre
Je m'arrêterai là dans le forcing si bide il y a 
JvArchive compagnon