C’est une substance pathologique, une mixture sérique, tirée de glandes paresseuses et pourries, plus proche de l’exsudat que de l’éjaculat. Elle suinte, épaisse, laiteuse, striée de filaments visco-sanguins. Une sorte de liquide lymphatique grumeleux, échappé d’un organe qui ne reconnaît plus sa fonction.
Le pénis, lui, est une excroissance livide, tuméfiée, striée de veinules noirâtres, qui bat faiblement comme un cœur à l’agonie. Il est lourd, chargé d’œdème, son méat entrouvert ressemble à un œil suppurant, un petit bec gluant par lequel le corps régurgite une semence déjà corrompue avant même d’être émise.
Le vieux, jambes ouvertes, halète comme une bête blessée. Il gratte son scrotum flasque, des croûtes jaunâtres sous les ongles, pendant que sa main, veineuse et tavelée, manœuvre le sexe comme un instrument médical souillé. Le gland, pelé, suinte déjà, avant même la première contraction.
Quand ça vient, ça ne sort pas. Ça déborde. Ça infuse par poussées petites convulsions internes, comme des tremblements intestinaux, et la substance jaillit en caillots tièdes, en filaments collants, avec une lenteur ignoble, comme un tube digestif qui rend sa bile.
L’odeur est celle de la fin. Un mélange d’urine stagnante, de chair macérée, de latex moisi, de pied nécrosé. Une note de sucre corrompu plane, comme si le sperme avait fermenté à l’intérieur, nourri de cellules mortes, d’inflammations chroniques, de vieilles infections jamais traitées.
Le bruit est écœurant. Un pouic mouillé, suivi d’un glop étouffé, puis du silence le genre de silence qui précède la mort d’un organe. La main lâche le sexe, qui pend désormais comme un escargot vidé de sa coquille, encore frémissant par réflexe nerveux.
Et là, dans le slip souillé, le sperme s’étale, s’étire, se coagule, formant une nappe semi-solide, marbrée de sécrétions, qui colle à la peau comme une langue nécrotique. On ne l’essuie plus. On laisse sécher. La chaleur du corps le cuira pendant la sieste.
Il n’y a plus de désir. Plus de plaisir. Juste ce besoin reptilien de se purger, d’expulser un trop-plein de cellules séniles avant qu’elles ne remontent au cerveau et ne le noient d’oubli.
Le sperme masturbatoire gériatrique est une agonie rythmée, un dernier râle gluant du système reproducteur, un liquide pré-mortuaire, déjà à moitié digéré par le corps avant d’être expulsé. Il n’y a plus rien à faire avec. Ni joie. Ni jouissance.
Seulement ça.
Et demain, peut-être, un peu de pus.
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