Topic de Bourgeonnement :

Mes yeux te peignent

Mais je corrige les rayons du soleil qui ont été mauvais peintres, et je découvre que mes yeux, tellement abîmés par la lumière des lampes et le tabac, peuvent peindre malgré tout, pas seulement en rêve mais aussi lorsque je suis éveillé. Tu es là devant moi, incarnée, et je te porte dans mes bras, et je te couvre de baisers de la tête aux pieds, et je tombe à genoux devant toi, et je soupire : « Madame, je vous aime. » Et je vous aime en réalité, plus que le Maure de Venise n’a jamais aimé.
Je n’ai pas passé un jour sans t’écrire ; je n’ai pas passé une nuit sans te serrer entre mes bras ; je n’ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l’ambition qui me tiennent éloigné de l’âme de ma vie.
Tu m’as promis de te suivre, tu me l’as promis en m’embrassant, tu me l’as juré, je te crois ; Et y eût-il mille 17, jamais je ne me tromperai au langage de ton cœur, et c’était lui qui parlait quand tu me l’as promis. Si tu ne me tiens pas parole, tu m’exposeras à mille extravagances en sortant, car je te proteste, sur tout ce que j’ai de plus cher au monde, que rien ne sera capable de m’arrêter, et de m’empêcher de t’aller arracher aux entrailles de la terre, dût-ce être là que l’on voulut te cacher pour te soustraire à moi. Que toutes les foudres du ciel puissent m’écraser, qu’elles engloutissent avec moi ma fortune, mes enfants, tout ce que je possède dans le monde, que je ne puisse plus faire un pas dans l’univers sans trouver des poignards ou des abîmes, si je respire huit jours hors des chaînes sans toi.
Aime-moi de même, et le jour où tu prendras mon sang, je baiserai ta main qui m’aura frappé. Mais non, rien de tout cela. Nous nous aimerons. Tu seras heureuse. Moi, je relis ta lettre, je suis à tes pieds, je suis au ciel.
Vous êtes la première femme que j’aime et je suis peut-être le premier homme qui vous aime à ce point. Si ce n’est pas là une sorte d’hymen que le ciel bénisse, le mot amour n’est qu’un vain mot !
Tu m’avais promis plus d’exactitude ; ta langue était cependant bien d’accord alors avec ton cœur… Toi, à qui la nature a donné douceur, aménité et tout ce qui plaît, comment peux-tu oublier celui qui t’aime avec tant de chaleur ?

Le 30 mai 2025 à 22:28:43 :
Mais je corrige les rayons du soleil qui ont été mauvais peintres, et je découvre que mes yeux, tellement abîmés par la lumière des lampes et le tabac, peuvent peindre malgré tout, pas seulement en rêve mais aussi lorsque je suis éveillé. Tu es là devant moi, incarnée, et je te porte dans mes bras, et je te couvre de baisers de la tête aux pieds, et je tombe à genoux devant toi, et je soupire : « Madame, je vous aime. » Et je vous aime en réalité, plus que le Maure de Venise n’a jamais aimé.

Le 30 mai 2025 à 22:28:59 :
Je n’ai pas passé un jour sans t’écrire ; je n’ai pas passé une nuit sans te serrer entre mes bras ; je n’ai pas pris une tasse de thé sans maudire la gloire et l’ambition qui me tiennent éloigné de l’âme de ma vie.

Ces deux là sont franchement bien.

J’ai voulu en vain me le cacher à moi-même, j’ai voulu en vain te le cacher toujours, à toi. Je peux mourir mais je ne peux pas aimer un autre que toi. Ils ont voulu me donner un fiancé, c’est toi qui es le fiancé de mon âme ! Je ne me donnerai pas à un autre sur la terre, car je me suis donnée en secret à toi ! Toi sur la terre, ou Dieu dans le ciel ! c’est le vœu que j’ai fait le premier jour où j’ai compris que mon cœur était malade de toi. Je sais bien que je ne suis qu’une pauvre fille indigne de toucher seulement tes pieds par sa pensée. Aussi je ne t’ai jamais demandé de m’aimer. Je ne te demanderai jamais si tu m’aimes. Mais moi, je t’aime, je t’aime, je t’aime !
Et maintenant, méprise-moi, raille-moi, foule-moi aux pieds ! Moque-toi de moi, si tu veux, comme d’une folle qui rêve qu’elle est reine dans ses haillons. Livre-moi à la risée de tout le monde ! Oui, je leur dirai moi-même : « Oui, je l’aime ! et si vous aviez été à ma place, vous auriez fait comme moi, vous seriez mortes ou vous l’auriez aimé !
Docteur, je bafoue la science gentilhomme, je déchire mon nom prêtre, je fais du missel un oreiller de luxure, je crache au visage de mon Dieu ! Tout cela pour toi, enchanteresse ! Pour être plus digne de ton enfer : et tu ne veux pas du damné !
Je croyais t’aimer, il y a quelques jours ; mais, depuis que t’ai vue, je sens que je t’aime mille fois plus encore. Depuis que je te connais, je t’adore tous les jours davantage : cela prouve combien la maxime de La Bruyère, que l’amour vient tout d’un coup, est fausse. Tout, dans la nature, a un cours et différents degrés d’accroissement. Ah ! je t’en prie, laisse-moi voir quelques-uns de tes défauts ! Sois moins belle, moins gracieuse, moins tendre, moins bonne surtout ; ne sois jamais jalouse, ne pleure jamais ; tes larmes m’ôtent la raison, brûlent mon sang. Crois bien qu’il n’est plus en mon pouvoir d’avoir une pensée qui ne soit pas à toi et une idée qui ne te soit pas soumise.
Mon âme est brisée de douleur et il n’est point de repos pour votre ami, mais en est-il donc davantage pour moi, lorsque me livrant au sentiment profond qui me maîtrise, je puise sur vos lèvres, sur votre cœur, une flamme qui me brûle ? Ah ! c’est cette nuit que je me suis bien aperçu que votre portrait n’est pas vous. Tu pars à midi, je te verrai dans trois heures. En attendant, mio dolce amor, un millier de baisers, mais ne m’en donne pas, car ils brûlent mon sang.
Le jour que tu me diras : je t’aime moins, sera ou le dernier de mon amour ou le dernier de ma vie. Si mon cœur était assez vil pour aimer sans retour, je le hacherais avec les dents.
Par votre ordre, j’ai pris avec un autre habit un autre cœur, afin de vous montrer que vous étiez le maître unique de mon cœur aussi bien que de mon corps. Jamais, Dieu m’en est témoin, je n’ai cherché en vous que vous-même ; c’est vous seul, non vos biens que j’aimais.
Je pense à toi sans cesse.
On dirait tu fais un mauvais cosplay d'ambition
Hier quand je me suis sauvée de la maison après avoir passé toute la nuit à combattre et à pleurer à ta porte ; quand je suis arrivée ici à travers la tempête, j’y suis venue croyant ne plus te revoir jamais, et comme une morte qui marcherait d’elle-même à la tombe. Je devais me faire religieuse demain, aussitôt le jour venu. Quand je suis arrivée la nuit à l’île et que je suis allée frapper au monastère, il était trop tard, la porte était fermée. On a refusé de m’ouvrir. Je suis venue ici pour passer la nuit et baiser les murs de la maison de mon père avant d’entrer dans la maison de Dieu et dans le tombeau de mon cœur. J’ai écrit par un enfant à une amie de venir me chercher demain. J’ai pris la clef. J’ai allumé la lampe devant la madone. Je me suis mise à genoux et j’ai fait un vœu, un dernier vœu, un vœu d’espérance jusque dans le désespoir. Car tu sauras, si jamais tu aimes, qu’il reste toujours une dernière lueur de feu au fond de l’âme, même quand on croit que tout est éteint. Sainte protectrice, lui ai-je dit, envoyez-moi un signe de ma vocation pour m’assurer que l’amour ne me trompe pas et que je donne véritablement à Dieu une vie qui ne doit appartenir qu’à lui seul !

Le 30 mai 2025 à 22:36:31 :
On dirait tu fais un mauvais cosplay d'ambition

Dieu m'en préserve, ma mie, ton ambition est de ces hommes que la grâce ne touche pas

Faites que ce soit lui ! ai-je ajouté. Faites ce miracle de plus, si c’est votre dessein et celui de Dieu ! Pour l’obtenir je vous fais un don, le seul que je puisse faire, moi qui n’ai rien. Voici mes cheveux, mes pauvres et longs cheveux qu’il aime et qu’il dénoua si souvent en riant pour les voir flotter au vent sur mes épaules. Prenez-les, je vous les donne, je vais les couper moi-même pour vous prouver que je ne me réserve rien, et que ma tête subit d’avance le ciseau qui les couperait demain en me séparant du monde.

Le 30 mai 2025 à 22:37:36 :

Le 30 mai 2025 à 22:36:31 :
On dirait tu fais un mauvais cosplay d'ambition

Dieu m'en préserve, ma mie, ton ambition est de ces hommes que la grâce ne touche pas

Il a une belle purple bar :(

Données du topic

Auteur
Bourgeonnement
Date de création
30 mai 2025 à 22:28:43
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