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L’histoire de Rougeyron, le soldat politique

Dans les dernières années d’un empire mourant, alors que les frontières craquelaient sous les assauts de la dissidence et que les villes s’embrasaient sous le poids des inégalités, un homme s’éleva du tumulte : Rougeyron. Fils d’un ouvrier typographe et d’une institutrice syndicaliste, il naquit entre les murs d’une ville grise, là où les livres brûlaient plus vite que les injustices. Dès son plus jeune âge, il choisit de conjuguer les idéaux aux armes.

Soldat politique : c’est ainsi qu’il se nommait. Non pas un chef de parti, ni un simple militaire, mais un homme de combat dont chaque tir visait une idée, et chaque marche, un principe. Il dirigeait un bataillon autonome, formé de volontaires convaincus que justice et discipline pouvaient cohabiter dans une même caserne.

Rougeyron n’était pas seul. À ses côtés, deux lieutenants veillaient sur la flamme de cette cause.

Lieutenant Arvès, le stratège poète, croyait que chaque bataille devait avoir la beauté d’un vers bien écrit. Il planifiait les offensives comme on compose un chant funèbre - avec gravité et rythme.

Lieutenant Mérian, l'ancien mineur devenu tacticien, portait la rage des oubliés. Il n’avait jamais oublié les entrailles de la terre, ni les cris des hommes écrasés par les machines du profit.

C’est sur les plaines de Varnasse, lors d’une offensive contre une milice corporatiste lourdement armée, que tout bascula. Le ciel était de cendre, et l’horizon, un champ de croix futures.

Rougeyron mena la charge, ses mots galvanisant plus sûrement que les tambours. Mais la supériorité technologique de l’ennemi eut raison de leur bravoure. Arvès fut atteint alors qu’il s’interposait pour sauver un jeune recrue. Mérian, quant à lui, choisit de rester en arrière pour couvrir la retraite. Il fit sauter le pont derrière eux, emportant avec lui un détachement ennemi… et sa propre vie.

Rougeyron survécut. Pas intact. Son uniforme était maculé de sang, mais c’est le vide dans son regard qui témoignait des vraies blessures. Il ramena les carnets d’Arvès, couverts de vers griffonnés entre deux frappes d’artillerie. Il garda l’alliance de Mérian, fondue dans la poignée de son arme.

Depuis ce jour, Rougeyron ne s’est plus battu pour la victoire. Il se battait pour la mémoire. Chaque discours devenait une tombe verbale. Chaque geste, un rappel : que l’idéal ne soit pas trahi par le silence.

Il devint une légende - non pas pour ses victoires, mais pour ses pertes. Le soldat politique qui avait tout sacrifié sauf sa foi. Il finit ses jours dans une république nouvelle, née sur les ruines de l’ancienne. On raconte qu’il refusait les statues. Il voulait seulement que l’on se souvienne des noms d’Arvès et de Mérian.

C'est beau putain :snif:

On sent toute l'épaisseur du personnage https://image.noelshack.com/fichiers/2019/39/5/1569573930-rougeyron3.png

Ce n'est pas l'auteur qui a écrit ça https://image.noelshack.com/fichiers/2016/48/1480832666-risitas-zoom2.png

Le 16 mai 2025 à 16:05:07 :
Ce n'est pas l'auteur qui a écrit ça https://image.noelshack.com/fichiers/2016/48/1480832666-risitas-zoom2.png

Si l'auteur est un père de famille je te conseillerais de te méfier de sa colère camarade https://image.noelshack.com/fichiers/2024/23/5/1717769487-degaulle-removebg-preview-1.png

Données du topic

Auteur
zsf
Date de création
16 mai 2025 à 07:00:02
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