La plus grande injustice, c’est celle dont personne ne parle : celle de la naissance. Avant même de dire un mot, tout est déjà décidé. Tu ne choisis pas ton corps, ton visage, ta famille, ton pays. Tu arrives dans un monde qui t’évalue sans te connaître.
Si tu nais beau, les portes s’ouvrent plus facilement. Les gens te sourient sans raison, te pardonnent plus vite, t’écoutent davantage. Tu n’as rien fait, mais tu plais. Et parce que tu plais, tu avances.
Si au contraire tu nais avec un physique jugé « banal » ou « laid », tu ressens rapidement une distance, une froideur. Les regards sont plus secs, les gestes moins ouverts. Les autres te testent, te jugent, te mettent en concurrence. Tu dois prouver ta valeur sans arrêt, pendant que d’autres récoltent l’affection gratuitement.
Ton apparence détermine la manière dont on te traite, les opportunités qu’on te donne, et même la façon dont tu te perçois. Cette mécanique est invisible, mais elle façonne toute ton existence.
Ajoute à cela ta famille, riche ou pauvre, aimante ou absente, ton lieu de naissance, ta santé, ton éducation. Chaque détail pèse. Certains naissent au sommet sans effort, d’autres naissent au fond du puits, sans corde. On parle de mérite, mais le départ est déjà faussé.
Le monde fait semblant de croire en l’égalité, mais tout est biaisé dès la première seconde. Et cette vérité dérange : ta vie dépend plus de ce que tu es à la naissance que de ce que tu fais ensuite.