C'était ça la France.
Aller aider mon grand père au bois, entendre sa chanson préférée à la radio, la chanter et voir qui s'en rappelait le mieux. Aller jouer avec les copains après l'école, aller pêcher, souvent en improvisant le leurre ou l'appat, le silence, les ragots et les discussions simples, la joie et la fierté les fois où nous sommes revenus avec une prise. Les pièges que l'on installait pour attraper des oiseaux (comme avec de la glue sur un perchoir) ou d'autres. Cette fois où un copain avait reçu un fusil pour ses 14 ans. On était aller tirer dans les champs, des cannettes, des bouteilles, et le carreau d'une voisine (je sens encore les coups de martinet qu'elle nous avait passé) l'odeur de la poudre, le bruit des coups tirés. La nationale 7 quand on partait en vacances dans la deux chevaux, le voyage était long mais il faisait presque partie des vacances, c'était un petit séjour à chaque arrêt, on y découvrait des gens, on en retrouvait d'autres, que c'était simple. Le moteur qui vrombit, les valises qui débordent à l’arrière, la chaleur sur la nuque, les haltes qui sentent la lavande ou les frites selon la région.
C'était ça la France