L'élan spontané de la vie est altruiste; un homme en bonne santé aura immédiatement tendance (sans effort ni calcul) à se dévouer, à se donner aux autres.
L'égoïste est un malade, c'est celui qui manque de vitalité, qui a trop peu de ressources pour les dépenser au dehors et qui consacre le peu de forces qui lui reste à se sauver lui-même, à construire une barrière protectrice entre lui et le monde.
La vie morale, c'est tout simplement la vie, car d'elle-même la vie est ouverture, générosité, sacrifice.
Il ne s'agit pas d'obéir à une règle, de mutiler sa propre nature pour se soumettre de façon résignée à un devoir sévère et transcendant. Il suffit d'être soi-même, de céder à cet élan généreux qui est le fond de notre être.
On ne s'accomplit pleinement qu'en se donnant aux autres : voilà l'élan même de la vie