Le porteur de noms qui a oublié,
Comment on le nommait.
Depuis, plus personne n'évente
Des bribes, des souvenirs éteints.
Le sort qui porte un coup
Des trombones saouls
Qui caracolent, distincts,
Aux notes d'un fou.
Le sable marchande ses grains
Et le sommier des misérables
Etend ses plumes d'airain
Ma nuit est interminable
Le sort qui porte ses coups
Le trombone saoul
Joue des refrains minables
Pour oublier que nos paroles
Cousues d'or,
Se sont effilées en oboles
C'est le signe qui chante, qui chante.
Simplement des mots dont on a oublié le sens.
Tambourine, drue et galopante,
La vigueur des ombres, sans offense
Sur le sol gorgé de sang
De ceux dont Dieu a oublié le nom
Et la vigueur des hommes, sans offrande
Qui ont étouffé le son
Des malheureux qui épelaient Dieu.