Il en créé, ni ne transforme rien. Il interprète. Ce qui est permanent, il le rend passager. Ce qui était inéluctable, il le rend contingent. Il fournit une nouvelle interprétation de la vie, moins riche, plus artificielle et empreinte d'une certaine rigidité. Partant, il permet de donner le change. Il aide les hommes à vivre, ou du moins à ne pas mourir, du moins durant un certain temps.
La mort, cependant, finit par s'imposer. L'armure moléculaire se fendille, le processus de desagration reprend son cours. C'est plus rapide, pour ceux qui n'ont jamais apprtenu au monde, qui n'ont jamais exprimé le désir d'aimer ou d'être aimé. Je ne suis pas dans le même cas.
J'aurai pû rendre une femme heureuse, enfin deux, j'ai dit lesquelles. Tout était clair, extrêmement clair, mais nous n'avions pas tenu compte. Avons-nous cédé à des illusions de liberté individuelle, de vie ouverte, d'infini des possibilités ?
Cela se peut, ces idées étaient dans l'air du temps, nous ne les avons pas formalisées, nous n'en avions pas le goût. Nous nous sommes contentes de nous y conformer, et puis très longuement d'en souffrir.
Dieu s'occupe de nous en réalité, il pense à nous à chaque instant et il nous envoie des directives très précises. Toutes ces illuminations, ces extases, inexplicables de part de notre nature biologique, et je comprends, maintenant, le point de vie du Christ, son agacement répète contre l'endurcissement des coeurs, ils ont tous les signes et n'en tiennent pas compte. Est-ce qu'il faut que je donne ma vie pour ces minables ? Est-ce qu'il faut, de surcroît, être explicite ?
Il semblerait que oui.