Je sais ce qui gouverne le monde. Il n’y a, ici-bas, qu’un seul Dieu, qu’un seul principe, qu’une seule valeur respectée par tous : c’est l’argent.
Cizia, mon fils âgé d'un an, est mort dans mes bras, en une seconde, d'une maladie inconnue. La drogue et le jeu ont toujours fait partie de ma vie; mais cette fois, pour noyer notre spleen, nous avons plongé à fond dedans: l'Asie, Hongkong,Macao, autant d'échecs qui m'ont finalement amené à Osa.
Je recherche tous les plaisirs, par tous les moyens. Je me suis vite aperçu que l’interdit est toujours meilleur.
Les villes sont des repaires de violence, sans hygiène, sans organisation, où rien ne s’obtient sans argent. Ce sont des mondes absurdes, comme ces frontières tracées par les colonisateurs, leurs armées, leur administration, et tous les domaines où les Noirs se sont mis à singer leurs modèles. Les douaniers auxquels nous avons eu affaire étaient tous des enfoirés, tatillons et corrompus. Les flics, des salopards, les juges également
Tous les adultes sont des hypocrites. Personne ne dit ce qu’il pense vraiment. Tout le monde joue un rôle. On le voit quand ils ont des ennuis : ils changent complètement, ils font n’importe quoi.
Je n’ai que deux plaisirs, l’action et le beau sexe. Ces deux centres d’intérêt ont un point commun : l’émotion ponctuelle qu’ils procurent et dont il ne reste ensuite que des souvenirs. Je suis un jouisseur, uniquement intéressé par le moment présent.
C’est tellement bon de prendre le meilleur d’un pays, d’y vivre une aventure, d’en honorer les occupantes, et d’aller voir ailleurs. Je me prépare des souvenirs pour mes vieux jours. Ma gentillesse et mon assurance, masquant une hypocrisie à toute épreuve, sont les garants de ma positivité.
Notre point commun, c’était notre même conception de la liberté, c’est-à-dire entière, sans concession et quoi qu’elle coûte. Il était, comme moi, un individualiste. Nous avions toujours vécu en dehors, si ce n’est en opposition aux normes.
Recherche de liberté et d’action ? Quête de sensations ? Envie de vivre le plus fort et de goûter au maximum les émotions qui peuvent être ressenties par un homme, il est bien difficile de définir l’aventure et les raisons qui poussent à choisir une telle vie. C’est un monde à part, dont les règles et les destins diffèrent de toute autre société.
Qu’on n’aille pas croire que je suis timide, mais elle m’impressionnait, sans doute parce que c’était une femme blanche. Je suis, bien sûr, blanc moi-même, mais je vis toujours dans des coins perdus. Ça ne veut pas dire que je suis un moine. Loin de là. J’adore le plaisir et je m’y adonne le plus possible. Mais si les femmes abondent dans une vie d’aventurier, la séduction, la grâce du port, et cent autres détails n’appartiennent qu’aux blanches. Il faut comprendre. C’est difficile d’avoir un pas de reine quand on est née dans une rizière !
Le remords n'existe pas.
C'est une pure invention de la morale destinée à nous faire peur dans un but dissuasif.
Elle est sympa, cette grosse. Rien ne l'effraie et toutes les conneries l'amusent.
On pense volontiers qu’il y a une part d’exagération ou de mensonge dans un discours ; mais le commun des mortels ne soupçonne jamais que tout, autour de lui, puisse être falsifié du début à la fin, qu’il se balade dans un théâtre où tout est faux.
Les Africains baisent dans tous les coins, et tout le monde se retrouve avec un tas de frères. Un « même-père-même-mère », c’est un vrai, beaucoup plus important qu’un simple « même-mère ».
Pour les Arabes, depuis que les touristes ont envahi l’Afrique du Nord, la femme européenne est une pute et rien d’autre. Elle s’accouple sans être mariée.
Li-Han, à mi-voix, me tente en me proposant des pipes d'opium et celles de sa petite cousine.
" - Tu te rappelles ? Les massages ?"
J'ai déjà pratiqué des femelles américaines et j'ai beaucoup souffert de leur manque de féminité.
La personnalité ! Il n'y a pas de point plus important. C'est le secret de la réussite que de bien se connaître. Repérer ses faiblesses pour les combattre, et ses qualités pour les développer.
L’Afrique a au moins un point commun avec les autres pays du tiers monde, d’Asie et d’Amérique, que je connais. Il semble que l’amour soit une maladie occidentale. La romance passe après la survie et il faut avoir le ventre plein pour les envols amoureux.
Cette sensation d’être une vedette entourée de paparazzi est plaisante au début mais devient vite lassante. Impossible de soulever une pierre sans qu’un négrillon en jaillisse et demande d’une voix criarde : « Cadeau pat’on ? »
On se rend difficilement compte du degré de racisme qui règne en Afrique entre les différentes peuplades. Alors qu’en Europe tout le monde prône l’abolition de la ségrégation entre Blancs et Noirs, ceux-ci se massacrent allègrement entre eux. Comment font-ils pour se reconnaître, c’est un mystère. Pour moi, ils sont tous pareils. On peut mesurer aussi l’aberration que constituent ces frontières instituées selon des critères géographiques, sans tenir compte de l’histoire des peuples