Moi qui me targue d'avoir lu tout Proust avant même d'avoir perdu mes cheveux, ce qui tendrait à démontrer le brio de mon esprit, j'étale à l'heure de jouer aux échecs, toute la médiocrité qui m'habite. J'ai honte à l'avouer mais quand bien même passerais-je mes journées à étudier toute la littérature échiquéenne, je demeurerai un de ces joueurs pitoyables qu'on exhibe dans les clubs d'échecs comme l'exemple à ne pas suivre.
Je ne pense pas être plus idiot qu'un autre –quoique– mais depuis tout petit, j'ai les pires difficultés à imaginer comment un objet peut bien se mouvoir dans l'espace. À l'école, j'étais si irréductible aux notions géométriques que, convoqué au tableau pour résoudre un quelconque problème, je demeurais là, hagard, aussi stupide qu'une poule à qui vous demanderiez d'ouvrir une boîte de thon.
lucide le gars