Les caricatures contre Luther
Bon, on a vu avec « L’ane-Pape » l’utilisation de la caricature contre les catholiques par les protestants.
Pour rappel, l’ouvrage principal était composé de deux monstres : L’ane Pape et le Veau-Moine
Je ferais peut-être une analyse comme pour l’Ane Pape plus tard, c’est le même procédé.
Voilà l’ouvrage : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k114600c/f2.item.zoom
Donc ici, nous allons voir les caricatures qui ont pris Luther pour cible
Commençons par l’œuvre de Thomas Murner, théologien catholique et humaniste alsacien resté dans l'histoire pour ses œuvres satiriques : « Le grand fou Lutherien » (1522)
Sa fiche wiki pour les curieux : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Murner
Pour info, l’œuvre a été considérée comme si violente que le Magistrat de Strasbourg l’a fait censurer puis bruler. Je n’ai pas réussi à retrouver l’œuvre entière donc je vais vous donner quelques passages. Pour ceux qui suivent, on est sur quelque chose d’équivalent au Roman de Fauvel, c’est-à-dire une histoire imaginaire et imagée de manière satirique.
La couverture :
On notera qu’encore une fois le travestissement en animal est utilisé, mais pour une fois, il s’agit de mettre en valeur.
Thomas Murner se représente en Chat (son surnom attribué par ses détracteurs) en train d’exorciser Luther (le fou) : Il extrait de la bouche du Grand Fou Lutherien plein de petits fous Lutherien, le texte indique que c’est de cette manière que les imbéciles Luthériens devraient être convoqués
Autre exemple :
A gauche : On voit Le Fou Lutherien qui s’adresse à un diable et…. à un canard.
Pour le diable c’est simple, pour le canard en revanche, on suppose (donc rien de certain) qu’il s’agit d’une référence à un ouvrage de Luther qui disait des turcs qu’ils étaient « des oies qui n’ont ni intelligence ni raison »
On notera le petit coussin sous les fesses du diable et de l’oie, choses auxquels n’ont pas le droit le Chat et le Mendiant sur l’image de droite.
Thomas Murner montre donc l’idéologie de Luther qui pactise avec le Diable et les musulmans au détriment des catholiques.
La première representation de Luther dans l’ouvrage est ici, au centre, en train de marier le Grand Fou Lutherien avec le Diable. :
Il est plus tard representé en train de chevaucher des animaux connotés négativement (Truie et Escargot)
On voit une chaussure sur son bouclier, symbole de « Bundschuh », signe de ralliement des paysans Allemands ( https://www.jds.fr/tourisme-et-loisirs/guide-de-l-alsace/bundschuh-et-guerre-paysanne-en-alsace-34574_A)
Ces anciens gilets jaunes réclamaient, outre des allègements sur leur charge économiques, des reformes religieuses comme l’élection des prêtres et sociales comme la suppression du servage et de la peine de mort.
Il est temps de passer à la caricature la plus connue de l’ouvrage :
On voit le grand fou Lutherien marcher au milieu des églises, la tête de Luther dépassant de sa botte droite alors qu’une main tenant une chaussure (encore une reference au Bundschuh) dépasse de sa botte gauche.
Son baton est au sol, et le bout représente une tête de diable.
Bref, y a au total 52 caricatures, les critiques portent sur la libre interprétation de la bible par Luther, sou souhait de supprimer l’obligation de célibat des prêtres, etc,etc, …
Nouvel ouvrage sur Luther : 1529 : Les sept têtes de Martin Luther
Référence : Chapitre 13 de l’Apocalypse (Quand on vous que ca a toujours été invoqué)
Alors, j’ai vu monter de la mer une Bête ayant dix cornes et sept têtes, avec un diadème sur chacune des dix cornes et, sur les têtes, des noms blasphématoires.
https://www.aelf.org/bible/Ap/13
La caricature suggère que Luther a plusieurs visages et a des ensignements contradictoire.
Les 7 têtes de gauche à droite : Docteur, Moine, Ennemi de l’église (Turc), ecclésiastique, « fanatique », visiteur de l’église portant la coiffe du pape, Barabas (personnage de l’Evangile libéré au détriment de Jésus).
Et pour finir, en 1600, donc après la mort de tout ce beau monde : La Dispute Sprituelle :
Facile à comprendre, à gauche, les luttes intestines de la chrétienté entre Calvin, Luther et le Pape. A droite, un simple berger priant paisiblement.
C’est tout (et c’est déjà pas mal) pour aujourd’hui 

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