CHAPITRE 90 : The Old Devils
Le cliffhanger avec lequel je vous ai tenu en haleine dans le dernier chapitre, les kheys, était vraiment un joli leurre, car il n’a pas eu sur moi jadis l’impact qu’il a dans cette rédaction, bien au contraire ; je peux même dire que mes larmes étaient probablement assez épaisses pour voir à peine ce qui se passait sur mon portable à ce moment-là, d’autant plus que j’appuyais systématiquement sur [ACCEPTER] à toutes les invitations que je recevais ; mes petites storys et photos d’Istanbul avaient commencé à rameuter du monde
Sur le coup, mon esprit était ailleurs –encore-, je ne savais toujours pas comment réagir à ce qui s’était passé avec Yağmur ; j’avais essayé de reprendre contact avec elle : impossible, elle ne m’avait pas bloqué mais ne me répondait pas, ne me laissait même pas de « Vu » en fait. J’ai essayé une ou deux fois encore de joindre une amie à elle, mais rien à faire
Je commençais à sombrer dans une dépression sérieuse, et profonde, vraiment. Je ne savais pas si cela était lié uniquement à Yağmur ou bien à un ensemble qui, après l’euphorie de l’EVG d’Ali, venait subitement de retomber sur mes épaules ; la départ de Jo, les cours de l’université qui étaient mine de rien assez prenants bien que j’en parle assez peu, mon cœur brisé… bref, une profonde tristesse s’était emparée de moi
C’est l’une des périodes les plus sombres que j’ai pu connaître durant mon voyage et mon séjour en Turquie : pendant plusieurs jours, je suis resté prostré dans mon lit, à regarder les étoiles par la fenêtre pendant la nuit et à jouer à des jeux vidéos pendant la journée. Je refusais toutes les offres de sortie de Furkan et de Fritz, qui ont rapidement compris que quelque chose n’allait pas. Et petit à petit, ça empirait, au fur et à mesure du temps que je passais dans mon petit appart exigu, mon temps de sommeil augmentait, et tout le reste diminuait, les crises de larmes devenaient régulières. Je suis resté ainsi… peut-être 5 jours, ou 6, à attendre des messages qui n’arrivaient jamais
…
Puis un matin, je me suis levé.
Et j’ai éclaté de rire.
Un éclat de rire comme j’en ai rarement eu.
Couché sur mon lit, je me suis redressé d’un bond et j’ai regardé par la fenêtre, et je me souviens très bien m’être dit à voix haute :
-Tu vas te mettre dans cet état-là pour une femme ?
Une libération presque instantanée et immédiate, comme un poids qui pesait sur le cœur et qui d’un coup était retiré ; en un instant, je m’étais rendu compte d’une évidence absolue qui me pesait et que j’avais comme vaincu en la verbalisant ; Yağmur m’avait viré de sa vie. Elle devait choisir entre moi et sa famille, elle a choisi sa famille. Comment lui en vouloir ? Elle était jeune, belle, frétillante, avec l’avenir devant elle, pourquoi aurait-elle tout flingué pour pouvoir me suivre, moi, qu’elle connaissait finalement si peu et à qui elle s’était donnée quelques fois ? B*rdel, je lui ai limite demandé de LOVEQUIT sa vie pour un mystèrieux inconnu dont elle ne savait rien
et elle a dit NON, mais j’aurais fait exactement PAREIL à sa place en fait !!! J’ai éclaté de rire, encore une fois, et j’ai eu une terrible crise de fou rire pendant une bonne partie de l’heure qui a suivi : rien n’était anormal dans ce qui venait de se passer, et tout avait un ordre tout à fait normal.
Au bout d’un moment, j’ai pris mon portable et j’ai scrollé les actualités de l’université, et BINGO. Les beaux jours revenaient, il y avait forcément plein de soirées et tout et là, sur quoi je tombe ? Un FESTIVAL de pop turc à côté d’une petite ruralité à une vingtaine de km en dehors d’Istanbul. Ni une ni deux, je partage à Fritz, Furkan, et le brave Ali (on avait décidé de l’intégrer plus souvent dans nos sorties, pour se faire un peu pardonner
)
-Eveeeet les kheys je connais, j’y étais l’an dernier, l’ambiance est DINGUE
-Ok j’veux bien tenter
-J’demande à Melis
-VIENS AVEC ELLE B*RDEL on va s’éclater
-Alleeeeer on va se faire ça
En un instant je me sentais revivre : le fait d’avoir un objectif, une échéance, aussi ridicule soit-elle, est un premier pas pour sortir d’un cercle dépressif. On garde en tête l’échéance, puis dès qu’on y est, on regard dans le rétroviseur et on admire tout ce qu’on a accompli, le chemin qu’on a déjà parcouru, et on en est fiers et c’est ce que je voulais rechercher pour ce FESTIVAL dans quelques jours
bon en vrai, j’étais pas un grand fan de pop turc (ni de musique tout court d’ailleurs) mais là, ces festivals, c’était des dingueries sans nom, d’après les réputations que j’en avais entendu, alors il fallait assurer et se préparer à toute éventualité ; après tout, mon cœur est libre et léger maintenant
je crois que c’est la deuxième étape de sortie ; se fixer un objectif qui « compense » une des pertes à l’origine de notre cercle dépressif. Se vider les co*illes en était un.
-Ca va bien, ma jolie ?
-Tu es sortie de ta crise de dépression ?
-Pardon ?
-Tu étais en dépression là, non ?
-Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Je savais qu’Yağmur allait te tej, j’attendais juste une série de trois/quatre jours pendant lesquels tu ne donnerais aucun signe de vie pour le prouver
-Tu sais que parfois, j’ai l’impression que le diable t’a envoyé sur ma route pour m’égarer ?
-Ou au contraire pour te sauver ?
-Toi, je ne sais pas ce que je devrais faire avec toi…
-Moi j’ai ma petite idée
B*rdel mais Tutku, de toutes les femmes que j’ai pu rencontrer en Turquie, je crois que c’est bien elle qui m’a été la plus fidèle, toujours à répondre présent quand j’avais besoin d’elle, et pas seulement pour ça mais pour d’autres choses aussi. J’ai longtemps cherché à comprendre pourquoi elle s’accrochait à moi comme ça et je crois que la réponse est la suivante ; elle a été ma première fois, et elle l’a clairement ressenti. Elle m’a TOUT appris à ce niveau-là, elle m’a initié… je crois que d’une certaine manière, je suis comme sa création, son œuvre, je me demande s’il y a pas un Œdipe étrange là en-dessous, un instinct maternel mal débouché qu’elle a déversé sur moi
aller, peu m’importait, sur le coup, la psychanalyse de bazar, je voulais juste profiter. Mais j’avais oublié un petit point ; c’est que Tutku parlait à d’autres filles que je connaissais, notamment une, et il n’a pas fallu une heure pour que cette dernière soit au courant de mon changement de situation amoureuse, témoin le petit message bien tordu que j’ai reçu le lendemain matin au réveil.
-Célibataire après une relation toxique ? Bienvenu au club, ça fait du bien hein ?!
Le 05 octobre 2021 à 20:48:23 :
issou les kheys mais vous faites une fixette sur Tutku depuis le début de ce risitas![]()
c'est parce que c'est la première fille que j'ai introduite (issou) dans ce risitas ou c'est juste celle que je décris le mieux ?
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La 1ère que tu as rencontré mais aussi celle qui est là à chaque fois pour te guider ou t'écouter
, l'aventure avance et elle est toujours à tes côtés c'est respectable mon khey
Le 05 octobre 2021 à 20:48:23 :
issou les kheys mais vous faites une fixette sur Tutku depuis le début de ce risitas![]()
c'est parce que c'est la première fille que j'ai introduite (issou) dans ce risitas ou c'est juste celle que je décris le mieux ?
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Ton alliée la plus fidèle depuis le début de l'histoire
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