Et m'inonde de sentiments contraires, je décide dès lors d'appliquer les préceptes du saint forum et de sortir, pourtant dès les premiers échanges, lorsque je me remémore comme d'un lointain souvenir, qui peuple ce monde qui me dégoutait tant, j'ai envie de disparaitre à nouveau et de taire à jamais les insignifiants borborygmes que laissent échapper les masses fades et effacées.
Pas une âme pour se distinguer de la foule, et mes yeux se perdent à travers un mouvement gris, bruyant, et puant.
Je suis à nouveau seul parmi tous lorsque quelques heures auparavant j'étais seul parmi personne.
J'essaye d'être affable. De sourire, d'être tolérant. Mais ce n'est pas la tolérance qui accroche le cœur, ce n'est pas la tolérance qui nous définit des âmes-sœurs.
Au souper je me retrouve ainsi à nouveau seul... et soulagé du poids des Hommes frustres.
Mais le lendemain tout recommencera à nouveau, comme une infernale litanie.
Une litanie stridente qui lime mon existence ténue entre l'enfer du vide et l'enfer des autres.
Ma vie est ce rien qui s'éparpille en poussière, plissée dans l'interstice d'un parquet sale, caché du monde par une commode à trois francs six sous, entre dégout profond et vaines conciliations.
Je suis de ces choses qu'on ne veut pas voir. Une bête née de laideur et de tristesse. Mes rires douloureux sont des râles effrayants. Et quand je l'ai deviné dans les yeux des autres, l'enfant en moi est mort. Depuis, plus d'innocence, plus de gaité. La vie est pale. Comme un cadavre. Mon corps est lourd. Comme un cadavre d'enfant.