Je suis un homme du ciel Frère des mouettes et des goélands Invisible comme le vent Je travers la ville indolente Effleure le tissu des vêtements D'une foule de gens indifférents Qui n'ont d'yeux que pour le ciel Un ciel que j'ai quitté à la naissance Pour une terre de laquelle je suis absent
Dans ma gorge un charbon ardent Dur comme un caillot de sang Brûle en emportant mes mots Et l'eau de mes yeux s'évapore Je la regarde quitter mon corps Sous forme d'une brume sans espoir Tandis que mes jambes s'enracinent dans la terre Que mes mots refluent vers mon cœur Pour y inscrire une dernière note Et une signature de la Mort
Combien de pieds fouleront la terre Sous laquelle je suis allongé Combien de mains toucheront la tombe Dans laquelle je repose en paix Y laisseront-ils leur empruntes Que je puisse les identifier ? Me rendront-ils visite souvent Avec des fleurs, des larmes ou leurs enfants ? Les connais-je seulement déjà Ceux présents à mon enterrement ? Il est peut-être encore temps Si je m'y prends maintenant D'inscrire mon nom dans quelques mémoires Histoire de ne pas mourir seul.
Me voilà de retour sur terre Canne à la main je sonde l'espace Comme un milan qui bat de l'aile Je ne m'habitue pas à votre air. Précédé par la pollution Mes yeux de taupe traquent la lumière Mes mains tendues traquent une silhouette La prémisse de l'idée Le semblant de l'espoir D'un début de contact humain