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Ils ont validé ma peine, la période d'essai est terminée ; plus que 700 jours.

Une des personnes de l'équipe a souhaité rentrer avec moi quand elle a vu que je préparais mes affaires, tandis qu'elle s'apprêtait à s'en aller du bureau. C'est à coup sûr celle que je préfère, malgré notre différence d'âge. Elle est de manière significative plus petite que moi, et pas moins frêle, à vue de nez.

Elle a une drôle de manière de parler ; enfin, "drôle"... "Singulière" irait probablement mieux. Elle prend le temps d'articuler, sans que cela semble forcé, c'est fort amène à l'oreille. Elle m'évoque une image unique, c'est intéressant. Elle m'a posé des questions d'ordre personnel ; quant à moi, je n'ai pas osé entrer sur ce terrain. Enfin, rien de bien extraordinaire, mais ce que je retiens premièrement de cette conversation, c'est qu'elle est capable d'apporter de la valeur aux propos échangés, car elle s'intéresse foncièrement, et elle est capable de nourrir le tout par des éléments non redondants vis-à-vis de ce qui a été dit quelques secondes plus tôt. Il était par exemple question du rapport à l'argent, c'est un sujet que je sais très clivant et tabou ici, pourtant elle a de suite creusé la chose en se livrant quelque peu.

Donc, j'apprécie parler avec cette individue, détail assez rare pour être souligné. Mais la seconde chose que je retiens, c'est qu'elle m'attire physiquement, et c'est un problème certain, car je n'ai même pas envie de lui toucher la manche en retour lorsqu'elle se permet de me frôler le bras en me parlant. Le plus troublant, c'est lorsqu'elle me regarde longuement en débitant des informations plus ou moins pertinentes : je suis mal à l'aise, incommodé, malgré le fait qu'il ne s'agit que d'une discussion entre deux collègues. C'est une attirance paradoxale, que je ne maîtrise pas, mais que j'aimerais voir disparaître, parce qu'elle est absurde.

J'ai souhaité écrire car je suis face à un problème concret : je n'arrive plus à penser. Je n'arrive plus à me pencher sur les sujets qui m'ont tenu en haleine il y a de cela quelques mois. C'est quelque chose qui m'inquiète, car je n'arrive même pas à comprendre certaines phrases que j'ai pu écrire par le passé, le sens m'échappant. Voilà un exemple : "[...] Dans cette perspective, la recherche de compréhension est toujours liée au désir, un désir qui nous asservit parce qu'il est insatiable et qu'il pousse l’individu à s'efforcer continuellement de se définir et de comprendre. Mais cette compréhension n’est jamais atteinte de manière pure, car elle est toujours un jeu de volonté de domination sur le monde et sur soi-même."

C'est affreux car j'ai l'horrible impression de lire un étranger. Est-ce que j'ai voulu dire que cette volonté de comprendre (et comprendre quoi, en fait ?) tient de la domination car l'on essaie de marquer le reste du monde de notre empreinte spirituelle ? Ou en tout cas qu'il y a cette idée de s'approprier ce qui nous entoure ?

Soit je reprends tout de zéro, soit je traite de sujets que j'avais laissés de côté. J'aurais dû prévoir cette situation, qui était largement prévisible. Le problème, désormais, c'est que je n'ai plus aucune énergie, les journées en cellule sont exigeantes ; et la fatigue me guette dès que j'ose cligner des yeux. Je n'ai pas l'envie de me relire, de plus que j'ai l'impression d'avoir rédigé de piteux paragraphes.

Ce serait mentir que de dire que l'envie d'écrire me prend. Mais j'ai ce sentiment qu'il me "faut" m'activer, au moins ce mois-ci.

Depuis fin novembre, et donc depuis presque 100 jours, il ne s'est pas passé énormément de choses. Je croise toujours des regards inconnus chaque matin et chaque après-midi ; ces mêmes invitations aussitôt déniées qu'elles sont lancées. Ces personnes m'indiffèrent, autant que ce même sentiment que je leur inspire. Je préfère épargner le monde de mon existence du mieux possible, mais ces regards sans récupération m'interrogent autant qu'ils me troublent et me plaisent parfois. Ces femmes désirables me renvoient leur beauté, cela sans que je ne puisse rien y faire. J'en suis presque à me retrouver désolé de témoigner de leur existence, mais que puis-je y changer ?

C'est vrai, pourquoi feindre son altérité ? Nous n'avons pas l'occasion de discuter, alors que nous demandons le pardon à chaque arrêt ou maladresse, à cause du trop grand nombre de gens se trouvant autour de nous. Nos conventions ne m'apparaissent pas comme anormales ou bizarres, mais je n'arrive pas à m'y faire. Quelle hérésie que de restreindre sa propre singularité sans pouvoir modifier quoi que ce soit.

Enfin. Au travail, c'est la surcharge. Je me noie dans les tâches à réaliser, elles sont d'autant plus difficiles que peu complexes et stimulantes. Quelle fatigue que de nager dans ces eaux de morosité.

Il y a toujours cette femme qui m'attendrit de ses airs et manières. Que j'aimerais jouer son jeu en me sachant gagnant d'avance. Ses courbes et traits pourraient me guérir quelque temps si les miennes pouvaient se fondre en les siennes. Mais ces pulsions ne m'honorent pas, aussi je les ignore au mieux, d'autant qu'elles ne peuvent aboutir sur rien. Je trouve important d'écrire à ce propos, car cela me gêne, bien que je ne sois pas fautif de ces goûts.

Autrement, j'écris à propos de sujets qui m'importent (car ils ne me concernent pas directement !) dans un document inaccessible. Peut-être aurais-je l'occasion de développer un jour. Ce qui est à retenir, c'est que je n'ai pas arrêté d'écrire, simplement, je n'écris plus régulièrement ici (pour l'instant).

Je ne rencontre personne, mes pensées vagabondent en des terres isolées. Les personnes de mon âge avec qui je discute au travail me font regretter mes années. Où se trouvent ces personnes de mon genre ? Celles qui ne se plaisent pas à la discussion creuse de fond ; celles qui se perdent dans l'ordre afin de débusquer le sens des voies tracées sans notre avis ; celles qui aiment à penser et écrire. Se cachent-elles, ces personnes qui, comme moi, s'amusent d'étrangetés ? Ces personnes qui s'amusent à s'interroger ; ces personnes qui cherchent à comprendre sans nier le réel.

Finalement, que chercher ? Que trouver ? Des idées ? Des personnes (si cela a seulement un sens) ? Je puis assurer que l'ensemble de mes cogitations passent pour des évidences et des indifférences pour la très grande majorité des personnes que je croise. Encore une fois, je ne suis pas surpris. Je ne cherche jamais à creuser, car ce serait un bien bel investissement que d'offrir sa foi à ces normalités. Je me sauve du vain travail qu'effectuent les Danaïdes, pauvres d'elles, mais rien ne m'occupe alors. Aussi, j'erre. J'erre tandis que je me languis de déguerpir de mon poste d'observation. Ma manière d'être n'est absolument pas alignée à celle des autres, et c'est un fait qui ne me dérange pas, mais ce temps perdu m'est cher, d'autant que je ne pourrai partir le rechercher.

Je ne supporte plus les acquiescements hâtifs de ceux qui adoptent la forme de leur indifférence. Ces personnes qui accueillent toutes les idées sans défendre de point de vue substantiel. J'aime l'humilité, les aspérités dû à l'inconfort d'idées mal comprises. J'aime la sincérité, aussi j'essaye de ne pas m'en dévêtir quand je suis face à moi-même. Qu'y a-t-il de mal à ne pas saisir du premier coup un concept ? Pourquoi se refuser à ce point de croître ?

Je n'ai pas marché depuis très longtemps, mais le temps me manque considérablement. La fatigue me saisit chaque jour et me fait savoir que je ne suis que son hôte. Je pourrais écrire à propos de bien des choses finalement, mais je manque d'invitations.

Ce serait mentir que de dire que cela ne m'a pas plu de poser ces mots. Je regrette simplement leur caractère immatériel.

Le mois de juin arrive encore, peut-être sera-t-il mon dernier, qu'en sais-je après tout ?

J'ai de temps en temps cette drôle d'impression qui me laisse coi, cette impression où je cesse de vivre, cette seconde où je me dis "ça y est, mon cœur s'arrête". Ces moments me laissent penser que l'expérience de la mort n'est pas si effrayante, comme s'il s'agissait de dormir, et que je le faisais, pour la première fois, en toute conscience. Il ne s'agit que d'une projection, et elle m'ennuie pour être très précis. Pas de cet ennui qui passe, mais de celui qui alourdit l'esprit.

Ce même ennui que je traîne en tout lieu comme une lourde charge inutile qui me gâche l'existence. Si je souhaite être honnête, et peut-être ne le suis-je pas même en cet instant de solitude absolue, la vie, ou plutôt "ma" vie m'indiffère presque. Si je ne compte que mes sensations propres qui ne concernent que ma personne, je puis affirmer qu'il ne s'agit que d'un ricochet que l'on observe absent, les yeux mi-clos. Cette perceptible présence aux confins de mes inlassables pensées me pèse le double de tous les poids du monde. L'écrire autrement reviendrait à décrire les amas de fumée noire dans ces peintures du XIXe siècle.

C'est comme si sans cesse il y avait un filtre qui empêchait de passer les amènes sensations que je devrais capter d'une manière ou d'une autre. Se faut-il l'accepter ou le réduire du mieux possible ?

Je dormais il y a encore une petite heure. D'ici à la prochaine je devrais retrouver l'inconscience ; que mes doigts pèsent.

Tout est à propos de nos limites me dis-je. Le rire, la joie, et le reste. Cette intuition probablement bien fondée inhibe l'agréable que je présume exister. J'ai cette intuition qui m'indique que notre cerveau est à propos d'habitudes, et que sa configuration le pousse à réagir malgré "notre" volonté. Nous sommes capables de maîtriser des concepts, de les manipuler, de réaliser des abstractions, et c'est parce qu'il s'agit d'acceptable ou de condamnation que nous continuons à alimenter notre environnement de notre présence. Peu importe l'endroit, peu importe ce qui mène à notre identité, nous sommes obligé de réagir selon des codes qui nous échappent dans leur fonctionnement le plus fondamental.

La beauté des femmes anonymes commence même à me laisser perplexe. Enfin, seulement lorsque j'y pense. La plupart du temps, je place de côté ces cogitations pour au moins ressentir cette petite dose de je ne sais trop quoi, dopamine ou autre hormone du plaisir, à la vue de ces amas de chair et d'os. C'est souvent ce qui m'anime au fond qui me procure le plus de calme, cette part certainement naïve et blanche de toute mauvaise humanité.

C'est cette charge qui me fait remettre en doute mon envie de m'améliorer. "À quoi bon ?" Et aussitôt je rétorque à cette diaphane conscience qu'il n'existe pas, au risque de la surprendre, de concrète alternative. Ces incessants allers-retours finiront par pourrir.

Je me fais l'impression d'un fond de verre que l'on remue et que l'on ne quitte pas du regard. Je m'observe tournoyer dans ce récipient que je connais tout à fait sans m'attendre à rien de plus que le mouvement précédent.

Est-ce l'heure ou le temps d'écrire ?

J'ai failli vivre libre.

Ainsi soit-il. Une lettre après l'autre, seulement. Le rythme est effréné, et qu(o)i le décide ? Faudrait-il s'user sans pousser cri pour enfin entièrement s'en aller ? Retenir de fuiter par mes pores la moindre parcelle de ce qui me définit suffirait-il à laisser le monde tranquille ?

Poussière redeviendra poussière, une fois le vent passé.

Le travail inlassable gagne en chair grâce à mes gestes sans volonté propre. Nourrir la bête rend idiot, quelle béate lubie que de s'oublier.

"C'est quoi la solitude ?". J'imagine parfois prendre le temps de répondre, voilà une façon d'oublier ce qui attire mon attention. Pile là où je me tiens s'étendaient deux jambes dénudées au contact de ma peau. Ces souvenirs ne vont jamais bien loin, à mon image bien polie.

La solitude, si je m'arrête à l'une de ses trop nombreuses manières de la décrire (ou de l'interpréter), est le fruit pourri d'un arbre solidement enraciné à une terre dont l'origine est ignorée par quiconque la foulant.

Le prix de la satisfaction de mon égoïsme est à peine soutenable. Ai-je bien vendu le produit à mon esprit ? Est-ce la folie qui m'atteint que de me lever chaque matin à un horaire m'évoquant l'ennui sans jamais renoncer ?

Aujourd'hui, comme la veille, et comme demain, est un jour sans. Un jour sans amour. Un jour sans paix. Un jour sans veille. Que faisais-je hier ? Était-ce autre chose qu'aujourd'hui ?

420 jours en vue, 419 nuits sans moi, encore.

Qu'est-ce que mon ennui ? Ces derniers temps, depuis plusieurs années, il s'agit de chercher un moyen de vivre sans jamais parvenir à aligner deux semblants de solution.

Lorsque l'on fait le tour d'un périmètre, on est contraint à ne pas voir plus loin que ce qu'il nous offre. Et ce qui peut nous aider à dépasser cette contrainte sera la recherche de sens (qui peut ne pas être tout à fait une recherche, mais une contrainte elle aussi).

Le sens, si je devais en écrire une définition via mon esprit, est un résultat obtenu après avoir tissé un ou plusieurs liens entre au moins deux idées/concepts/objets de pensée. C'est cette destination cognitive (ou ce cercle/chemin cognitif) qui dépend de notre mémoire, et qui s'efface, ou bien se perd, au fil du temps passant.

C'est une construction permanente d'une forme d'harmonie (au "sens" où un cerveau normal (comme si je pouvais l'attester avec certitude) va chercher à optimiser les chemins d'accès entre les dits objets de pensée, de sorte à éviter tout problème qui ne saurait être résolu) pouvant être constituée de biens des cauchemars, qui ne tient pas à grand chose. C'est un terrain dont les bases ne tiennent qu'à "nous" (l'identité n'étant qu'une des nombreuses expressions possibles du sens, selon ce que j'en pense), sachant que d'innombrables paramètres qui nous échappent s'ajoutent à la construction que j'évoque.

Cela dit, je veux en venir au fait que je fais chaque jour le tour de mon périmètre personnel, ce petit trajet auquel je trouve du sens lorsque je relis les événements qui m'ont mené à le prendre, mais auquel je manque à trouver une quelconque satisfaction, quelle qu'elle soit. Quel sens passionnel voudrais-je alors donner à cela ? Parce que c'est dont cela il s'agit malgré tout : de volonté.

La coutume est un luxe qui m'évite bien des soucis, comme l'idée de vouloir changer par exemple. C'est une chose (dont je suis en partie responsable et liée à mon identité) qui m'éloigne de toutes sortes de perspectives. Si je veux rentrer tôt, il faut bien que je prenne directement le métro pour retrouver mon confort superficiel. Ceci m'éloigne donc de possibles rencontres, et c'est vraiment de ça dont il s'agit, quand je parle d'ennui. En prenant en compte cette impossibilité, qui se traduit, si je veux bien me l'avouer une petite seconde, par de la frustration, je ne trouve pas de sens à mon quotidien.

Il y a quelques semaines, lorsque je prenais un train de retour d'une ville de la région Bretagne, une collègue me faisait part de sa "peur" vis-à-vis du gâchis que je faisais de ma vie. Malgré cette intrusion maladroite dans cette bulle personnelle (dont j'ai offert bêtement et gratuitement l'accès), j'y vois là une réalité face à laquelle j'aime à tenir impuissant. Que faire ? Sincèrement ?

J'ai ici l'espace de penser, chose que je ne fais pas tant que ça au quotidien : j'observe, j'analyse, puis je laisse courir sans plus d'intérêt que cela, puisque mon but est inatteignable. Je ne brusque pas ma paresse, je la laisse me guider par les vents de la vie salariale, sans que je sache vraiment pourquoi je me tiens dans la même pièce que ces gens qui s'obstinent à trouver des solutions à des problèmes qui n'ont de valeur que parce qu'on veut bien leur extraire leur potentiel financier, cela en s'assurant de les transformer en produits qui sauront satisfaire un besoin de consommation alimentant une machine dont les moyens sont absolus pour nous obliger à garder le rythme.

Je réponds parfois au hasard, lorsque ma langue engourdie se délie ces rares fois-là où d'autres l'appelle pour avancer sur un "sujet".

Je perds mes cheveux à cause du stress, je crois. Du moins, sur une partie de mon crâne. J'ai, depuis une année je dirais, pendant toute la journée, une sensation de chaleur cuisante sur un point précis de ma tête. Je serais encore moins désirable chauve, je pense même que ce serait la fin pour ma vie sociale, déjà très pauvre.

Je m'égare, mais tout est lié ici. Je me dis qu'il me faudrait bouger pour trouver quelqu'un. En attendant, je continue de compenser cela par la consommation de contenus dégradants pour la femme. Cette addiction est un poids aussi, mais elle maintient à son niveau le plus minime la dopamine dont j'ai besoin pour me lever. Ce n'est pas la seule source, mais je n'en compte pas plus que deux. Je me dis parfois que cela me sauve, au même titre que la musique. C'est comme ramasser l'homme tombé à l'eau pour l'énième fois, jusqu'au jour où cela ne suffira plus.

Plus que 369 jours.

À ce propos, je crois que j'ai une chance de rester, mais cela reste à confirmer. Ce serait une bêtise de leur part, et même si je ne souhaite pas leur attribuer la moindre qualité, je ne pense pas qu'ils soient suffisamment aveugles pour ne pas voir à quel point je ne leur sers à rien.

369 jours, rendez-vous compte.

La solitude pille l'esprit, mais elle l'occupe.

Je suis d'humeur à vouloir me voir écrire un poème. Je vais plutôt rédiger les derniers mots de cette année volée.

Quels ont été les événements de ces douze derniers mois, finalement ? Il suffit simplement d'imaginer une source lumineuse clignoter en boucle : un schéma se répète sans surprise. Mais par quoi est-elle alimentée ? Que suis-"je" en tant que source ?

Je préfère ne pas penser au manque à vivre d'une telle réalité dont il m'est impossible de me défaire. Ces heures subies travaillent ma patience et mon humilité. Il n'y aurait rien de ce malaise sans cette lourde et peu utile conscience.

Les fleurs poussent parmi les tombes.

Elle m'a envoyé un message il y a deux jours, le dernier datait d'août 2023. Elle me demande une banalité. Elle est en couple avec un nouveau (futur ?) malheureux, j'imagine qu'il lui fera un ou plusieurs enfants, qu'il s'agisse de lui ou du prochain. J'hésite à lui répondre, si je le fais, je romps le silence que j'ai établi depuis plus de deux ans, même l'espace d'un instant. Je ne vois pas pourquoi je le ferais, mais peut-être devrais je le faire pour elle, puisque le sujet ne semble pas pouvoir être traité par quelqu'un d'autre.

"Elle était pas dans ta classe cette fille ?" : Quel est l'intérêt ? Qu'est-ce qui fait que cette interrogation puisse être formulée ? Est-ce une envie de communiquer avec la personne qu'elle a connue à travers un certain nombre d'interactions il y a près de trois ans, ou bien est-ce réellement un sujet qui mérite d'être creusé ?

Lui répondre ne m'avancerait à rien, car je ne veux plus la revoir ou ne serait-ce que lui parler, étant donné que nous ne sommes pas compatibles pour former un couple, et que je ne recherche pas d'amie.

Ce n'est rien, mais là se trouve mon existence.

Mon corps se déchire d'ennui, lorsque je n'alimente pas mon cerveau de quelque divertissement. Je ne me fais aucune promesse.

L'anthropomorphisme est un divertissement dont je me passe, car je le trouve déplacé, puisqu'en faire usage revient à dessiner le monde selon notre manière de le concevoir. C'est un concept qui, mine de rien, occupe une place certaine de notre quotidien. Par exemple, affirmer que la lune est mélancolique me parait être une aberration, car cela sous tend une façon de penser et de vivre basée sur notre seule humanité.

Un souffle encore et l'hiver s'éloignera. Ce qui se passera en 2026 sera similaire à ce qui s'est tramé sous mes yeux ces cinquante dernières semaines.

De la terre s'échappe par delà le trou qui siège devant des photos que je n'ai pas et plus. Je ne sais pas si je les enterre ou les sors de sous la surface. Des figures inanimées d'êtres infiniment chers, qui ne comptent pour personne d'autre que ce que je suis piètrement devenu, semblent s'amuser sur ces clichés ; que je voudrais serrer ces corps figés, ces boules de poils abandonnées malgré toute la force de l'amour qui leur a jadis été porté. L’existence peut être arrachée, elle peut être terrassée avant que l'on puisse en être attristé. J'en suis le témoin ignoré. Pauvre vie que la nôtre, maman.

C'est rare, je voudrais hurler de peine ; ce serait lamentable, et puis les voisins dorment.

Des larmes coulent, j'avais oublié leur goût salé. Je pleure, et cela ne change rien.

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LaBonneMixture
Date de création
19 juin 2019 à 19:52:45
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