Je stickerise et j'envoie.
Bon la prochaine fois, je posterai directement sans dire quand j'attaque si vous voulez. 
V : Les études supérieures, quel calvaire
Je ne savais pas où me diriger. J’étais perdu dans le choix de mon orientation. A vrai dire, avant le lycée, je me voyais bien au RSA, devant mon ordinateur à geeker toute la journée. Maintenant que cette activité avait perdu de son charme, on me demandait de trouver ma voie et je n’avais aucune envie de choisir.
La fac ? La prépa ? Une formation ? Trouver du boulot directement ?
En fait, j’avais énormément de domaines qui me plaisaient, dont l’histoire par exemple mais mon rêve profond c’était de vivre de la musique, peu importe le métier.
Je pouvais donner des cours de piano en indépendant, ou chanter et devenir musicien de bohème mais mes parents n’approuvèrent pas mes choix de carrières. C’était, après tout des rêves bien futiles, selon eux.
On m’emmena donc voir un conseiller d’orientation. Un énorme type qui avait le cul collé sur sa chaise toute la journée et qui « conseillait » des pauvres jeunes comme moi qui n’avaient aucune ambition.
_ Célestin ? Tu vas me remplir ce questionnaire de 300 questions et nous déterminerons ensemble quel serait un avenir idéal.
Le mec n’y connaissait rien. Il ne me posa aucunes questions personnelles et se contenta de me refourguer son questionnaire trouvé dans un mauvais numéro de Femme Actuelle.
Bref, je le remplissais chez moi assez facilement et en essayant de ne pas le biaiser en répondant ce qui me ferait plaisir, mais en étant le plus neutre possible.
J’y retournai quelques jours plus tard. Il me reprit le questionnaire et me redonna rendez-vous.
_ Alors… MMmh. D’après les résultats, tu es beaucoup plus fait pour une carrière dans le domaine de la musique.
_ Oui, je sais. C’est ce que j’aime faire.
_ Je vois aussi que tu serais intéressé par une carrière dans la psychologie.
_ Oui, la psychologie te conviendrait très bien. Connais-tu le métier de psychologue ?
_ C-connaissez-vous vraiment le métier de conseiller d’o-orientation ?
_ Oui mon petit. Alors, laisse-moi te donner des fascicules de l’université. Je te donne celui de psychologie et de musicologie. Tu pourras faire ton choix. Si tu as d’autres question, n’hésite pas à revenir l’année prochaine, quand tu seras fixé.
J’étais bien avancé. J’ai essayé de me renseigner de mon côté pour savoir ce qui pourrait potentiellement me plaire mais j’étais perdu dans les méandres du supérieur sans jamais y avoir foutu les pieds. Psychologue ? Professeur ? Artiste ? Commissaire-priseur ? RSA ?
Je voyais tous les mecs en S qui souhaitaient devenir médecin, les ES qui voulaient partir en prépa et faire de grandes écoles de commerce.
Moi ? Je n’avais aucune ambition si ce n’est de mener une vie tranquille et de rattraper le temps perdu.
En cours, j’étais désormais au fond, avec Antoine et je ne subissais plus trop de remarques. Ma vie avait changé et même si j’étais toujours incapable de parler aux filles, je me faisais bien à ma nouvelle situation. J’avais traversé les colles, l’exclusion du lycée, celle par mes camarades, les coups, le cross du collège qui me terrifiait. Je pouvais enfin mener une vie à peu près normale.
Sauf qu’un soir, alors que je sortais du lycée, Simon est venu me chercher avec quelques-uns de ses amis qui étaient dans ma classe d’allemand, à la fin des cours. Il avait changé lui aussi. Il s’était coupé les cheveux et faisait beaucoup plus homme. Malheureusement pour moi, il faisait toujours du rugby et me terrifiait toujours autant.
J’avais relâché ma garde ce jour-là. Moi qui d’habitude faisait tout pour l’esquiver et ne jamais le croiser, c’était perdu.
_ Ca fait quoi d’être dans une classe de meufs Célestin ? T’es gay maintenant ?
_ C’est vrai qu’on l’a jamais vu avec une fille.
_ Tu t’es vu avec tes cheveux longs ? Tu pensais vraiment qu’on allait te foutre la paix ? Tu sais ce qu’on fait aux mecs dans ton genre ?
_ On leur fait la même chose qu’aux meufs, on les utilise et on les jette.
C’est ce qu’il fit. Il me jeta contre le sol et ma tête frappa contre le béton. Je les entendis partir et s’esclaffer. Ce jour-là, je n’avais rien demandé, je n’avais rien fait et je me retrouvai avec le goût du sang dans la bouche.
Je pensais avoir retrouvé la paix et finalement, cet acte m’aura fait retomber les pieds sur terre. Ma plus grande crainte du collège était que mon numéro de téléphone circule, ce fut le cas cette année et il m’arrivait de temps en temps de recevoir des textos ou des appels intempestifs auxquels je ne répondais pas.
Nous étions en 2007, Facebook n’existait pas encore, ni les smartphones d’ailleurs. MSN disparaissait petit à petit et on ne m’avait toujours pas pardonné mon existence.
Le 06 février 2018 à 22:47:24 TheRedligne a écrit :
Le 06 février 2018 à 22:46:24 PEMousse a écrit :
Le 06 février 2018 à 22:44:42 TheRedligne a écrit :
Le 06 février 2018 à 22:17:14 PEMousse a écrit :
J'espère que le pied-tendre est prêt, si la suite est vraiment bientôt cette fois![]()
Tu parles de moi cowboy ? Je suis toujours devant le saloon
![]()
J'attend que le shériff se ramène à l'heure au lieu de venir en retard![]()
Promis, prochaine fois je post uniquement quand c'est prêt.
Le 07 février 2018 à 00:08:02 CroutePubienne2 a écrit :
Y'a beaucoup de points commun entre nous l'auteur![]()
J'espere que tu va t'en sortir, la confiance en soi c'est indispensable pour reussir, mais quand tu te fais harceler...![]()
Merci Khey. Tout ça est désormais loin.
Le 06 février 2018 à 22:54:15 KermitSavage a écrit :
plus que 1h7minutes l'op
ça doit être horrible de raconter ça, mais c'est vraiment très bien écrit "on ne m’avait toujours pas pardonné mon existence." putain ça résonne dans ma tête. Allez souiteJvArchive compagnon